Du grand au petit écran : quand la parole libère

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IMG_2855.jpgAdapté de la pièce d’Andréa Bescond et d’Eric Métayer, qui sont passés pour la première fois à la réalisation, « Les Chatouilles » raconte l’histoire d’Odette basée sur la vie d’Andréa Bescond qui tient le rôle principal dans le film. Abusée dans son enfance par un ami très proche de ses parents, Odette décide une fois devenue adulte d’aller déposer ce fardeau qui l’empêche d’avancer dans la vie auprès d’une psychologue. En libérant la parole, elle va recoller les morceaux de son puzzle intérieur qui a explosé lors de son enfance en raison des agressions sexuelles qu’elle a connues.

Cette reconstruction de longue haleine prend différentes formes, à l’image des morceaux du puzzle, dans le film : des flashbacks, des souvenirs imaginaires, des entretiens avec la psychologue et la réalité de la vie d’adulte d’Odette. Le tout est incroyablement vivant. Le spectateur passe régulièrement des rires aux larmes, de la joie à la haine ou encore de la compréhension à l’incompréhension, à l’instar de l’état psychologique d’Odette. Les ruptures sont parfois surprenantes, mais l’ascenseur émotionnel n’en souffre jamais. Un véritable exploit pour un film qui part dans tous les sens, mais seulement en apparence, tant son propos est cohérent.

Pour qu’un film sur un sujet aussi délicat puisse emporter l’adhésion, il est indispensable d’avoir une distribution à la hauteur. Et tel est bien le cas. Andréa Bescond étale avec brio toute la palette de ses sentiments, Karin Viard est remarquable dans le rôle de cette mère qui ne comprend pas sa fille, Clovis Cornillac est touchant dans celui du père qui n’a rien vu venir et enfin Pierre Deladonchamps joue tout en finesse un pédophile à qui l’on donnerait le bon Dieu sans confession. Au final, un film bouleversant, mais jamais pesant, et porteur d’espoir. Magnifique.

Inédit. 5 étoiles. « Les Chatouilles ».  RTS 1, lundi 15 mars, 20h40.

IMG_2856.jpg1864. La guerre de Sécession fait rage. Dans le Sud, une jeune fille découvre en cueillant des champignons dans la forêt un soldat nordiste blessé. Elle décide de l’aider à rejoindre le pensionnat dans lequel elle vit avec cinq autres femmes d’âge différent, dont la directrice et une enseignante, afin qu’il puisse être soigné. Cette présence masculine, qui plus est ennemie, va petit à petit déclencher des tensions de plus en plus fortes entre les pensionnaires. 

Remake du film de Don Siegel avec Clint Eastwood, « Les Proies » est quasiment un huis clos qui régale l’œil : les images, les décors, les costumes, la lumière, magnifiques éclairages à la bougie, la photographie sont superbes. La mise en scène de Sofia Coppola, récompensée au dernier Festival de Cannes, est d’une très grande précision avec comme conséquence que la tension augmente imperceptiblement quand bien même les événements qui se déroulent au sein du pensionnat ne sont finalement pas si nombreux. 

Alors que dans la version de Don Siegel de 1971, le soldat était très clairement le prédateur, dans le film de Sofia Coppola, la notion de proie est beaucoup plus floue. Les actrices, toutes excellentes, le démontrent d’ailleurs à merveille dans leur jeu subtil, tout particulièrement dans le dernier tiers du film sous très haute tension. Un film à la beauté glaçante.

4 étoiles. « Les Proies ».  ARTE, dimanche 14 mars, 20h55.

IMG_2857.jpgDiana est la fille de la reine des Amazones et vit sur une île paradisiaque à l’abri des regards. Elle est entraînée durement pendant sa jeunesse afin de devenir une guerrière imbattable au cas où les Amazones seraient attaquées, ce que craint sa mère qui lui a caché ses véritables origines. Mais avant de régler ses comptes avec le passé, Diana va affronter le monde réel et utiliser ses super pouvoirs au service de la paix.

« Wonder Woman » commence gentiment dans une ambiance kitsch assumée pour souligner le côté mythologique des origines des Amazones, puis prend tout son sens au fur et à mesure que l’histoire avance rendant d’autant plus jubilatoire l’arrivée totalement décalée de Diana dans le Londres très masculin de 1918. Femme libérée et en tenue légère, Diana se trouve plongée dans un monde qui est son exact opposé, ce qui donne lieu à des scènes fort drôles tout en permettant à l’intrigue d’avancer d’un bon pas. On ne s’ennuie en effet pas une seconde durant les deux heures et vingt minutes que dure le film, les rebondissements étant nombreux et parfois inattendus. Le seul reproche que l’on peut faire est que la confrontation finale pourrait durer facilement cinq minutes de moins. 

Pour le reste, les effets spéciaux sont à la hauteur de ce que l’on peut attendre d’un film de super héroïne, les scènes d’action sont captivantes et s’intègrent fort bien avec des scènes plus intimes sans mièvrerie, les personnages secondaires sont très sympathiques ou très inquiétants et enfin Gal Gadot est une Wonder Woman très crédible et à la plastique irréprochable, comme il se doit pour le personnage. « Wonder Woman » est donc un très bon divertissement.

4 étoiles. « Wonder Woman ».  TF1, dimanche 14 mars, 21h05.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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