Mariage égalitaire : « Oui, je le veux ! »

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IMG_2992.jpgLes adversaires du mariage égalitaire ont donc « réussi » – qualifier de « réussite » une action qui va retarder une avancée attendue depuis plus de vingt ans pour l’égalité des droits pour toutes et tous n’est pas le terme approprié – à récolter environ 60 000 signatures contre la loi votée par le Parlement en décembre dernier instaurant le mariage pour toutes et tous.

Cette nouvelle n’est malheureusement pas une surprise, tant les forces conservatrices présentes au sein de notre pays (UDF, PEV, UDC et une partie du bien mal nommé Le Centre en l’occurrence) ont déjà montré à plusieurs reprises leur pouvoir de nuisance quand il s’agit de faire progresser la Suisse sur le plan sociétal. 

S’il y a fort à parier que ce combat d’arrière-garde se conclura par un grand OUI dans les urnes, probablement en septembre ou en novembre, il n’en demeure pas moins qu’il sera une fois de plus pénible pour les personnes directement concernées d’entendre ou de lire des propos tels que ceux du secrétaire général de l’Alliance évangélique suisse qui a déclaré «qu’il n’y a pas de raison impérative d’assurer une égalité de traitement absolue entre les partenariats hétérosexuels et homosexuels, qui diffèrent sur un aspect central, soit la capacité à se reproduire naturellement. » Et pour les couples hétérosexuels qui n’arrive pas à « se reproduire naturellement », on leur retire le droit au mariage ? 

Toutefois, grâce à l’extension de la norme pénale antiraciste aux actes homophobes votée par le peuple en février 2020, il ne sera plus possible de dire n’importe quoi sans risquer un dépôt de plainte (1). Les partisans du mariage égalitaire (https://www.mariage-oui.ch) y veilleront. 

Vivement 2022 pour que toutes celles et tous ceux qui le souhaitent puissent dire « Oui, je le veux ! » et que l’égalité des droits ajoute une nouvelle pierre à son édifice qui ne sera pas pour autant terminé après cette votation. Mais une chose après l’autre.  

L’amour est l’amour (Love is Love). Un point, c’est tout !

(1) A ce titre, aucun commentaire aux relents homophobes ne sera publié.

Lien permanent Catégories : Air du temps 6 commentaires

Commentaires

  • Une question Monsieur Bonny, pourquoi tenez-vous tant à appeller ce contrat un "mariage", plutôt qu'un PACS ou une assurance vie ?

  • C’est une question d’égalité. À partir du moment que le mot « mariage » existe, il doit pouvoir être utilisé par tout le monde.

  • Donc si je vous comprends bien, pour vous permettre d'utiliser des mots comme vous vous l'entendez, par exemple le mot "mariage", par exemple pour dire n'importe quoi, vous menacez d'autres congénères, par exemple les non-homophiles, de "dépôt de plainte" si eux-mêmes disent n'importe quoi ?

    Comprenez que je cherche "l'égalité" de protection juridique entre les homophiles et les non-homophiles dans votre raisonnement.

  • "C’est une question d’égalité. À partir du moment que le mot « mariage » existe, il doit pouvoir être utilisé par tout le monde."


    Y compris par le juge pour en rappeller les obligations, qui elles ne le sont certainement pas "égalitaires", par exemple lorsqu'il devra trancher les questions du divorce ?

  • Nous voterons sur l’extension du mariage au couple de même sexe. C’est la loi qui a été votée. Libre à vous de ne pas être d’accord sur cette extension, notamment parce que le mot « mariage » vous dérange. Il suffit de l’exprimer dans le respect, comme pour n’importe quel autre débat et à partir de là pas besoin de parler de « protection juridique ». C’est tellement simple.

  • "Il suffit de l’exprimer dans le respect, comme pour n’importe quel autre débat et à partir de là pas besoin de parler de « protection juridique ». C’est tellement simple"


    Eh bien pas vraiment, parce que ce vous semblez demander de cette loi, c'est de ... protocoler ... un certain respect ... que vous vous attendez des non-homophiles. Ou vous arroger le droit de vous faire délateur public de non-respect, ou d'anti-respect, selon bien sûr le sens que vous donnez au mot "respect".

    Est-ce que cela ne serait pas plus simple de faire savoir que vous attendez ce respect d'une façon visuelle, à la façon de membres de certaines communautés religieuses qui arborent des symboles de leur appartenance à un système de croyances différent des autres, de préférence autrement qu'avec des lettres de l'alphabet latin constitutives des langages écrits occidentaux ?

    Ca pour des transactions entre citoyens de communautés différentes.

    Est-ce que par hasard vous escomptez la mise en place d'une censure publique des sujets traitant des contrats, ce que vous désignez par "partenariats" donc, entre ce que vous désignez par "hétérosexuels et homosexuels" ?

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