• Cinéma: critiques de 7 films à l'affiche

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    IMG_3100.jpg4 étoiles. « Adieu les Cons ». Lorsque Suze Trappet apprend à 43 ans que ses jours sont comptés, elle décide d’entreprendre les démarches pour retrouver l’enfant qu’elle a été forcée d’abandonner quand elle avait 15 ans. Ses recherches vont l’amener à faire la connaissance, dans des circonstances bien particulières, de JB, quinquagénaire dépressif, et de M. Blin, archiviste aveugle à l’enthousiasme débordant. Ce trio détonnant ne va reculer devant aucun obstacle pour tenter de retrouver l’enfant de Suze Trappet. Oscillant constamment entre comédie et drame, « Adieu les Cons » est trépidant, émouvant, tendre, romanesque, drôle, tragique, poétique, délirant, satirique, extravagant, déroutant et absurde. Le long-métrage d’Albert Dupontel tient le cap de la satire sociale du début à la fin en utilisant, suivant les scènes, un ton drôle, dramatique, tragique ou encore émouvant dans une grande cohérence jusqu’à la scène finale tout aussi réussie que celle du début. Alors, certes, le trait est parfois un peu grossier et répétitif, principalement avec le personnage de l’aveugle, mais l’ensemble, porté par une excellente distribution, dégage une indéniable impression positive. Lors de la cérémonie des César 2021, le film a été récompensé à sept reprises. 

    IMG_3105.jpg4 étoiles. « Les enfants du Platzspitz ». Adapté de l’autobiographie de Michelle Halbheer, « Les enfants du Platzspitz » raconte l’histoire de Mia une fille de 11 ans dont la mère est toxicomane. Après la fermeture du Platzspitz, scène emblématique de la drogue zurichoise dans les années 80-90, Mia et sa mère s’installe dans un village de l’Oberland. Contrainte de s’occuper de sa mère, qu’elle aime profondément et qui lutte avec plus ou moins de succès contre sa toxicomanie, Mia va affronter, souvent bien seule, des épreuves d’une grande dureté. La lecture de ce synopsis pourrait en effrayer plus d’un.e, et à raison. Certaines scènes ou situations sont très dures et leur répétition, rendues nécessaires pour comprendre pour quelles raisons Mia a pu supporter l’insupportable, mettent parfois mal à l’aise. Au même titre d’ailleurs que les services sociaux qui sont en-dessous de tout. Mais « Les enfants du Platzspitz », c’est aussi une histoire d’amour déchirante entre une enfant et sa mère et la formidable capacité d’une gosse de 11 ans d’être par moment non plus la mère de sa mère, mais simplement une petite fille avec ses rêves d’enfant. Un film dur et bouleversant, avec dix dernières minutes d’une folle intensité émotionnelle, qu’on n’oublie pas juste après l’avoir vu.

    IMG_3084.jpg3 étoiles. « 30 jours max ». Rayane est entré dans la police pour faire comme son père mort dans l’exercice de sa fonction. Mais il est trouillard et accumule les faux pas. Ses collègues n’ont de cesse de se moquer de lui. Toutefois, le jour où son médecin lui apprend qu’il n’a plus que 30 jours à vivre, ses peurs s’envolent. Il décide de vivre pleinement ses deniers jours après avoir tenté d’escroquer un gros bonnet de la drogue (José Garcia) qui ne l’entend bien évidemment pas de cette oreille. Rayane (Tarek Boudali devant et derrière la caméra) va alors prendre tous les risques pour sauver sa grand-mère (Marie-Anne Chazel délirante), mettre à l’ombre ce dangereux malfaiteur et tenter d’attirer l’attention de sa collègue Stéphanie à qui il n’ose pas déclarer sa flamme. Après « Epouse-moi mon pote », comédie pleine de clichés, stupide mais plutôt drôle, le duo Tarek Boudali-Philippe Lacheau remet le couvert, mais en mieux, car moins caricatural. Ceci dit, il n’en reste pas moins que « 30 jours max » s’adresse uniquement à un public qui apprécie les comédies déjantées, délirantes, outrancières avec quelques bonnes idées et sans grande finesse. Si tel est le cas, les éclats de rire sont garantis. 

    IMG_1989.jpg3 étoiles. « Petite sœur » se concentre sur le personnage de Lisa, sœur jumelle de Sven, qui donne tout ce qu’elle a, y compris sa moelle osseuse, pour aider son frère à combattre sa leucémie et ainsi lui permettre de remonter sur la scène berlinoise dont il a été une figure très en vue au cours de sa carrière. Quand bien même le théâtre occupe une place importante dans le film, on pourrait justement lui reprocher sa forme un peu trop théâtrale avec des scènes qui se multiplient et des personnages secondaires pas assez développés. Par moment, surtout dans la première partie, un sentiment d’éparpillement domine et nuit à la fluidité du récit.  Mais heureusement, ce défaut est largement atténué grâce à Nina Hoss présente dans pratiquement toutes les scènes. Elle incarne avec justesse et émotions le rôle de Lisa. Lars Eidinger, dans un rôle qui s’apparente à celui du clown triste, est lui aussi très émouvant. Grâce à leur performance, leur amour fraternel, qui relève du fusionnel et qui balaie tout sur son passage, sonne juste avec comme point d’orgue une magnifique scène qui mêle leurs deux voix sur une version revisitée de Hansel et Gretel.

    Miss.jpg2 étoiles. « Miss ». Le film du réalisateur Ruben Alves déçoit malgré la formidable performance d’Alexandre Wetter. A propos de l’acteur, dont c’est le premier rôle, Ruben Alves précise « qu’il a été frappé par la façon dont il passait avec simplicité et naturel d’un physique assez masculin à une féminité assumée. » Il lui a demandé s’il envisageait une transition, ce à quoi Alexandre Wetter lui a répondu que ce n’était pas le cas, mais qu’il se sentait juste « plus fort en femme ». Cette force se ressent très bien à l’écran, Alexandre Wetter rendant parfaitement crédible son désir d’enfant de devenir Miss France. Il est totalement bluffant dans son rôle, à tel point qu’on en oublie par moment qu’il n’est pas une femme. Pas suffisant toutefois pour faire oublier la faiblesse d’un scénario qui aligne les noix sur un bâton et qui hésite constamment sur la direction à suivre. Alors, certes, « Miss » est un bel hymne à la différence, avec quelques scènes très touchantes et une distribution convaincante, dans ce monde des Miss codifié à l’extrême. Mais malgré ces qualités, c’est un sentiment d’inachevé qui domine avec une dernière scène qui en est la parfaite illustration, si l’on ose dire.

    IMG_3090.jpg2 étoiles. « Mank ». 1941. Herman J. Mankiewicz est choisi par Orson Wells pour écrire le scénario de « Ctizen Kane ». Le réalisateur lui met une forte pression pour que le scénario soit terminé dans les temps alors que Mankiewicz est blessé suite à un accident de voiture et que son alcoolisme est problématique. L’écriture du scénario est le fil rouge de « Mank » qui multiplie les flashbacks dans les années 30 où l’on découvre les relations de Mankiewicz avec le producteur Louis B. Meyer, le magnat William Hearst et sa maîtresse, l’actrice Marion Davis, avec laquelle il se lie d’amitié, et l’élection du gouverneur de Californie en 1934. Autant de flashbacks qui mettent en avant l’évolution d’Hollywood après la Grande Dépression liée au krach boursier de 1929 et qui perdent petit à petit le spectateur. En effet, la complexité du récit, la multiplication des dialogues, les nombreuses références aux personnages des années 30 que seuls les cinéphiles seront à même de comprendre, et encore, ont comme conséquence que le spectateur finit par décrocher malgré une sublime reconstitution en noir et blanc (Oscars 2021 pour la photographie et les décors amplement mérités) qui est un régal pour l’œil, une mise en scène au cordeau et une brillante distribution parfaitement dirigée.    

    IMG_1868.jpg1 étoile. « Tenet ». Le dernier film de Christopher Nolan tient ses promesses en matière de « pur » cinéma : c’est spectaculaire et remarquablement mis en scène. Mais cela ne suffit pas à faire un bon film. Pour sauver le monde, le « protagoniste » doit se battre contre un méchant sans foi ni loi qui a comme seul objectif de détruire la planète. Pour avoir une chance d’accomplir sa mission, il devra se projeter dans une dimension qui dépasse le temps. Pourtant, il ne s’agit pas d’un voyage dans le temps, mais d’un renversement temporel. Ce concept du temps inversé donne à « Tenet » son originalité, car pour le reste il n’a rien à envier à un James Bond, l’humour en moins et la prise de tête en plus. Cette inversion du temps montre en effet ses limites. Elle tourne finalement à l’exercice de style, souligné par une musique assourdissante. « Tenet » abandonne en route ses personnages et surtout le spectateur qui après s’être accroché tant bien que mal à cette histoire indigeste, trop bavarde et longue (2h30) finit par lâcher prise se contentant d’assister à des scènes certes spectaculaires, mais vides de sens et sans aucune émotion.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas désagréable, mais pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : 6 films dont un thriller épatant et inédit

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    2.jpgAsger est un policier visiblement mal dans sa peau. Il a été déplacé au centre d’appels des urgences (le 112) de la police danoise où il répond de mauvaise grâce aux téléphones qu’il reçoit jusqu’au moment où il est mis en communication avec une femme qui dit être victime d’un enlèvement. Son instinct de policier va alors reprendre le dessus et le conduire à mener l’enquête avec comme seules armes la représentation qu’il se fait de la situation et son téléphone.

    S’inspirant d’un véritable appel reçu au 112 par une femme kidnappée, le réalisateur Gustav Möller « a compris que chaque personne écoutant cet enregistrement verrait des images différentes. Au cinéma, on peut créer tout un univers à l’intérieur d’une seule pièce. Avec « The Guilty », j’espère avoir réalisé un thriller haletant qui offre à chaque spectateur une expérience qui lui est propre. »

    Objectif parfaitement atteint, le spectateur se faisant ses propres images tout au long du film, puisque la caméra ne quitte pas une seule seconde le centre d’appels. A l’instar du policier Asger, le spectateur écoute très attentivement les sons et les voix pour imaginer non seulement les lieux où l’action se déroule à l’extérieur ou encore le visage des différents personnages, mais surtout pour essayer de comprendre ce qui se cache derrière cet enlèvement. 

    On ne s’ennuie pas une seule seconde grâce à une mise en scène efficace et à de nombreux rebondissements vocaux qui permettent de découvrir petit à petit la personnalité complexe des deux personnages principaux de l’intrigue et conduisent à une fin à grand suspense et pleine d’émotions. Epatant.

    Inédit. 5 étoiles. « The Guilty ». ARTE, mercredi 28 avril, 22h15.

    IMG_2968.jpg« Spotlight » est basé sur des faits réels. En 2002, un réseau pédophile au sein de l’Eglise catholique de Boston est découvert, mais les preuves ne sont pas évidentes. Une équipe de journalistes d’investigation du Boston Globe, baptisée Spotlight, décide de mener sa propre enquête pour faire toute la lumière sur cette sombre affaire et en informer les lectrices et lecteurs du journal. Plus de 600 articles seront publiés sur cette enquête récompensée par le Prix Pulitzer.

    « Spotlight », qui a reçu l’Oscar du meilleur film de 2015, raconte donc comment ces reporters, régulièrement confrontés à la loi du silence et aux pressions pour les faire taire tout au long des 12 mois que vont durer leurs investigations, ont fait éclater la vérité sur ces hommes d’Eglise abuseurs d’enfants. Pour les suivre dans leur enquête, « Spotlight » s’appuie sur un scénario très bien écrit, des acteurs tous excellents et une mise en scène classique. C’est rondement mené et efficace. Presque trop. L’émotion est en effet peu présente dans « Spotlight », les enquêteurs s’effaçant devant l’enquête. Mais c’était le but poursuivi par le réalisateur. Objectif atteint.

    3 étoiles. « Spotlight ».  RTL 9, dimanche 25 avril, 20h50.

    IMG_1704.jpgDallas, 22 novembre 1963, assassinat du président des Etats-Unis John Fitzgerald Kennedy, sous les yeux de son épouse, Jacqueline Kennedy. Le film s’attache à raconter la semaine de la désormais ex-First Lady qui a suivi cet événement particulièrement traumatisant pour elle et son combat pour que son mari ait le droit à des funérailles grandioses pour marquer l’Histoire. 

    Il faut bien reconnaître que le film de Pablo Larrain soigne les détails et est très agréable pour l’œil. Le choix de le tourner en 16 mm pour donner un aspect brut à l’image est une excellente idée qui permet de faciliter l’intégration de séquences d’archives, une belle réussite. Les costumes et les décors sont également à la hauteur. Mais « Jackie » est trop bavard, les allers et retours entre le présent et le passé coupent trop souvent le rythme déjà très lent du film et la musique est par moment insupportable. Mais à ces défauts déjà majeurs, il faut en rajouter un qui est rédhibitoire : le manque d’émotions qui se dégage du film, à l’image de son personnage principal pour lequel on éprouve très peu d’empathie.

    2 étoiles. « Jackie ». ARTE, dimanche 25 avril, 20h55.

    IMG_8350.jpgLa famille Payan est constamment au bord du gouffre. Alors quand celle qui tient tant bien que mal tout son petit monde en équilibre tombe enceinte à 49 ans, la menace d’y tomber définitivement se profile. « Le petit locataire » dresse le portrait d’une famille déjantée, mais sans tomber dans la caricature, et brinquebalante qui veille pourtant, à sa manière, les uns sur les autres. On s’engueule, puis on se réconcilie, avant de recommencer. C’est souvent drôle, parfois même hilarant, vachard sans être toutefois méchant, mais aussi émouvant.

    Malgré son côté « too much », on s’attache à cette famille qui vit simplement et dont on suit les péripéties avec plaisir. Il y a certes des petites baisses de rythme en chemin et des situations un peu trop répétitives, mais l’ensemble tient la route grâce tout particulièrement à une distribution qui mérite tous les éloges. Karin Viard, égale à elle-même, est remarquablement entourée par Philippe Rebbot, qui excelle dans son rôle de mari qui se donne de la peine et en a beaucoup, par Hélène Vincent, qui dans son rôle de grand-mère un peu à l’ouest est à la fois drôle et touchante, et par le reste des comédiens tous à la hauteur. De quoi passer un bon moment, sans se prendre la tête.

    3 étoiles. « Le petit locataire », France 2, dimanche 25 avril, 21h05.

    IMG_3026.jpgAssigné à résidence et brouillé avec Hope van Dyne (la Guêpe) et son père le Dr Hank Pym après les événements survenus dans « Captain America – Civil War », Scott Lang va se voir offrir une chance de réhabilitation, puisqu’il est apparemment la clé qui permettrait de faire revenir sur Terre la mère de Hope, et donc l’épouse du Dr Pym, qui erre dans un autre univers depuis plus de trente ans. Pour tenter d’y parvenir, il va devoir, entre autres, affronter, une créature fantomatique qui pour sauver sa peau, si l’on ose dire, va semer la zizanie dans le laboratoire du Dr Pym. Et pour atteindre l’objectif final, il va bien évidemment devoir compter sur sa capacité à se faire tout petit, mais aussi, nouveauté, tout grand, sur la Guêpe et sur sa bande de copains déjantée.

    On reprend donc peu ou prou les mêmes éléments que dans le premier épisode, on les secoue un peu plus fort, histoire de compenser l’effet de surprise qui a disparu, on y ajoute, pour la première fois dans le monde Marvel, une super-héroïne et le tour est joué. Il y a par conséquent dans cette suite une surenchère d’effets spéciaux, d’actions et d’humour. Il faut bien reconnaître que c’est de très bonne facture, qu’on ne s’ennuie pratiquement pas malgré un scénario qui a une tendance certaine à tourner en rond et que c’est un plaisir de retrouver cet excellent casting. Mais toutes ces qualités ne sauraient cacher ce manque d’âme et d’émotion qui faisait indiscutablement le charme d’un premier épisode bien plus humain. 

    3 étoiles. « Ant-Man et la Guêpe ». Dimanche 25 avril, TF1, 23h40.

    IMG_3027.jpg« La Finale » met en scène un grand-père qui perd la mémoire et son petit-fils qui va devoir s’en occuper bien malgré lui deux jours durant pour disputer sa finale de basket qui a lieu à Paris. Comme on peut aisément l’imaginer, les situations rocambolesques et les embûches ne vont pas épargner les deux protagonistes sur le parcours qui les mènera dans la capitale française.

    « La Finale » est un road-movie qui manque par moment un peu de rythme, ce qui n’est toutefois pas très grave pour un film qui dure moins de 1h30. Les rebondissements sont parfois attendus, voire répétitifs, mais également parfois surprenants, les meilleurs étant ceux qui mettent au centre l’émotion. 

    C’est d’ailleurs un des deux points forts du film qui, tout en étant une comédie, fait le plus souvent avec bonheur la part belle à l’émotion au service de la relation entre le grand-père et son petit-fils. Le second point fort de « La Finale » est son duo d’acteurs Thierry Lhermitte/Rayane Bensetti qui fonctionne très bien, le premier jouant à merveille sur les deux registres du comique et de l’émotion et le second mettant au service du film toute son énergie et son indéniable charisme.

    3 étoiles. « La Finale ». Jeudi 29 avril, France 3, 21h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : la lune, l'homme-fourmi, la perte de mémoire et de l'espoir

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    IMG_3024.jpg« First Man » retrace l’histoire, qui rejoindra finalement l’Histoire avec un grand H, de celui qui restera à tout jamais le plus célèbre des astronautes. Le film prend le parti d’explorer la part de fragilité de celui qui sera le premier homme à marcher sur le satellite de la Terre le 21 juillet 1969.

    Si « First Man » est ce qu’on appelle une « grosse production », il est également un film à maints égards intimistes et le mélange des deux fonctionne fort bien. Si tel est le cas, c’est grâce au fait que les scènes spectaculaires, au demeurant fort bien réparties dans le film avec notamment une séquence d’ouverture à couper le souffle, sont tournées en caméra portée et ne lâchent par conséquent pas d’une semelle les astronautes, comme si on y était, pour le meilleur, mais aussi parfois pour le pire. 

    Il ne faut en effet pas oublier que la conquête de la lune ne s’est pas faite sans dommages collatéraux avec plusieurs décès d’astronautes. Cet aspect sombre est bien présent dans le film et montre à quel point Neil Amstrong était déterminé à réussir, ce qui fait presque froid dans le dos. A ce titre, Ryan Gosling est excellent dans le rôle du héros impassible et torturé. 

    On relèvera encore que « First Man », et c’est tout à son honneur, tire très peu sur la corde patriotique, ce qui est cohérent avec l’image du personnage principal, et qu’il va même jusqu’à montrer des manifestations contre cette conquête spatiale. « First Man » est-il dès lors un film parfait ? Presque, à vrai dire. On pourrait sans doute lui reprocher quelques petites longueurs dues à un schéma un peu trop répétitif, mais pas de quoi bouder son plaisir. 

    Inédit. 5 étoiles. « First Man ». Dimanche 18 avril, France 2, 21h05.

    IMG_3026.jpgAssigné à résidence et brouillé avec Hope van Dyne (la Guêpe) et son père le Dr Hank Pym après les événements survenus dans « Captain America – Civil War », Scott Lang va se voir offrir une chance de réhabilitation, puisqu’il est apparemment la clé qui permettrait de faire revenir sur Terre la mère de Hope, et donc l’épouse du Dr Pym, qui erre dans un autre univers depuis plus de trente ans. Pour tenter d’y parvenir, il va devoir, entre autres, affronter, une créature fantomatique qui pour sauver sa peau, si l’on ose dire, va semer la zizanie dans le laboratoire du Dr Pym. Et pour atteindre l’objectif final, il va bien évidemment devoir compter sur sa capacité à se faire tout petit, mais aussi, nouveauté, tout grand, sur la Guêpe et sur sa bande de copains déjantée.

    On reprend donc peu ou prou les mêmes éléments que dans le premier épisode, on les secoue un peu plus fort, histoire de compenser l’effet de surprise qui a disparu, on y ajoute, pour la première fois dans le monde Marvel, une super-héroïne et le tour est joué. Il y a par conséquent dans cette suite une surenchère d’effets spéciaux, d’actions et d’humour. Il faut bien reconnaître que c’est de très bonne facture, qu’on ne s’ennuie pratiquement pas malgré un scénario qui a une tendance certaine à tourner en rond et que c’est un plaisir de retrouver cet excellent casting. Mais toutes ces qualités ne sauraient cacher ce manque d’âme et d’émotion qui faisait indiscutablement le charme d’un premier épisode bien plus humain et rediffusé juste après, histoire de comparer. 

    Inédit. 3 étoiles. « Ant-Man et la Guêpe ». Dimanche 18 avril, TF1, 21h05.

    IMG_3027.jpg« La Finale » met en scène un grand-père qui perd la mémoire et son petit-fils qui va devoir s’en occuper bien malgré lui deux jours durant pour disputer sa finale de basket qui a lieu à Paris. Comme on peut aisément l’imaginer, les situations rocambolesques et les embûches ne vont pas épargner les deux protagonistes sur le parcours qui les mènera dans la capitale française.

    « La Finale » est un road-movie qui manque par moment un peu de rythme, ce qui n’est toutefois pas très grave pour un film qui dure moins de 1h30. Les rebondissements sont parfois attendus, voire répétitifs, mais également parfois surprenants, les meilleurs étant ceux qui mettent au centre l’émotion. 

    C’est d’ailleurs un des deux points forts du film qui, tout en étant une comédie, fait le plus souvent avec bonheur la part belle à l’émotion au service de la relation entre le grand-père et son petit-fils. Le second point fort de « La Finale » est son duo d’acteurs Thierry Lhermitte/Rayane Bensetti qui fonctionne très bien, le premier jouant à merveille sur les deux registres du comique et de l’émotion et le second mettant au service du film toute son énergie et son indéniable charisme.

    Inédit. 3 étoiles. « La Finale ». Jeudi 22 avril, RTS 2, 20h55.

    IMG_3025.jpgDoté de pouvoirs qui lui permettent de se faire aussi petit qu'une fourmi, mais avec une force inversement proportionnelle à sa taille, « Ant-Man » va devoir affronter le méchant de service, lui aussi en possession de cette technologie, pour l'empêcher de la vendre à des fins guerrières. Rien de bien neuf par rapport au film de ce genre sur le fond, mais on n'en dira pas autant sur le forme. 

    En effet, l'humour est omniprésent et on rit franchement à plusieurs reprises. Les clins d'œil aux Avengers, la bande de copains déjantée de Scott ou encore les effets comiques dus au contraste « grand-petit » sont très drôles. Les effets spéciaux sont formidables. Ils sont au service du film et non le contraire, ce qui n'est pas toujours le cas dans ce genre de production. Au final, un divertissement de bonne facture avec, en plus, un excellent casting.

    4 étoiles. « Ant-Man ». Dimanche 18 avril, TF1, 23h20.

    IMG_3028.jpgCe documentaire, qui a reçu le César 2016 dans sa catégorie, rassemble différentes initiatives prises dans le monde en matière d’agriculture, d’énergie, d’économie, d’éducation et de démocratie. Elles montrent que face aux dangers qui menacent chaque jour un peu plus la survie de notre planète, des solutions existent. Un film qui tranche avec les documentaires alarmistes qui traitent d’habitude de l’état de plus en plus dégradé de la Terre. 

    Certes, tout n’est pas parfait, les chapitres sur l’éducation et la démocratie participative ne sont pas très convaincants au contraire de celui sur les énergies renouvelables, par exemple. Il n’en demeure pas moins que « Demain » est un film plein d’espoir, ce qui explique probablement son immense succès pour un documentaire au moment de sa sortie. 

    3 étoiles. « Demain ». Mercredi 21 avril, TMC, 21h15.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : un film émouvant

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    IMG_3013.jpgSuite au décès brutal de sa sœur dont il est très proche, David, 24 ans, se retrouve en charge de sa nièce de 7 ans, car mis à part une grand-tante vieillissante, la petite Amanda ne peut compter que sur son oncle. Ce dernier sera-t-il capable non seulement de faire face à ce défi de devenir « père » malgré lui, mais aussi de surmonter et de faire surmonter à sa nièce la perte de l’être cher ?

    « Amanda » est un film sur la construction et la reconstruction. Construction d’une relation entre un jeune adulte qui se cherche encore et une enfant qui voit son monde s’écrouler en une nuit, et reconstruction après un deuil d’une grande brutalité. La relation entre Amanda et David est donc au cœur du film. Il est dès lors essentiel qu’elle fonctionne à l’écran. 

    Tel est bien le cas grâce à Isaure Multrier qui joue, selon le vœu du réalisateur Mikhaël Hers, une Amanda « très juvénile et poupon, mais avec un petit côté adulte ». Et bien sûr grâce à Vincent Lacoste à qui le réalisateur a confié le rôle car « son visage, sa façon de parler, sa douceur, sa grâce, sa beauté un peu gauche » étaient d’indéniables atouts pour jouer David et on ne peut que lui donner raison. Son jeu est d’une grande finesse aussi bien dans les rires – le sujet grave d’« Amanda » n’empêche pas le film d’avoir de nombreux moments plus légers à l’image de la vie – que dans les larmes. 

    Malgré quelques petites longueurs par-ci, par-là et une fin un peu trop démonstrative, « Amanda » est un film plein de douceur, de bienveillance, de justesse et de délicatesse. En un mot, émouvant. 

    Inédit. 4 étoiles. « Amanda ». ARTE, mercredi 14 avril, 20h55.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Mariage égalitaire : « Oui, je le veux ! »

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    IMG_2992.jpgLes adversaires du mariage égalitaire ont donc « réussi » – qualifier de « réussite » une action qui va retarder une avancée attendue depuis plus de vingt ans pour l’égalité des droits pour toutes et tous n’est pas le terme approprié – à récolter environ 60 000 signatures contre la loi votée par le Parlement en décembre dernier instaurant le mariage pour toutes et tous.

    Cette nouvelle n’est malheureusement pas une surprise, tant les forces conservatrices présentes au sein de notre pays (UDF, PEV, UDC et une partie du bien mal nommé Le Centre en l’occurrence) ont déjà montré à plusieurs reprises leur pouvoir de nuisance quand il s’agit de faire progresser la Suisse sur le plan sociétal. 

    S’il y a fort à parier que ce combat d’arrière-garde se conclura par un grand OUI dans les urnes, probablement en septembre ou en novembre, il n’en demeure pas moins qu’il sera une fois de plus pénible pour les personnes directement concernées d’entendre ou de lire des propos tels que ceux du secrétaire général de l’Alliance évangélique suisse qui a déclaré «qu’il n’y a pas de raison impérative d’assurer une égalité de traitement absolue entre les partenariats hétérosexuels et homosexuels, qui diffèrent sur un aspect central, soit la capacité à se reproduire naturellement. » Et pour les couples hétérosexuels qui n’arrive pas à « se reproduire naturellement », on leur retire le droit au mariage ? 

    Toutefois, grâce à l’extension de la norme pénale antiraciste aux actes homophobes votée par le peuple en février 2020, il ne sera plus possible de dire n’importe quoi sans risquer un dépôt de plainte (1). Les partisans du mariage égalitaire (https://www.mariage-oui.ch) y veilleront. 

    Vivement 2022 pour que toutes celles et tous ceux qui le souhaitent puissent dire « Oui, je le veux ! » et que l’égalité des droits ajoute une nouvelle pierre à son édifice qui ne sera pas pour autant terminé après cette votation. Mais une chose après l’autre.  

    L’amour est l’amour (Love is Love). Un point, c’est tout !

    (1) A ce titre, aucun commentaire aux relents homophobes ne sera publié.

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