• Du grand au petit écran : du fantastique, du rire et de l'aventure

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    IMG_1703.jpgElisa est nettoyeuse dans un laboratoire gouvernemental ultrasecret en pleine guerre froide à la fin des années 50. Elle est muette et mène une vie solitaire dans un appartement qu’elle partage avec un homosexuel âgé tout aussi seul qu’elle. Sa vie va basculer lorsqu’elle va tomber amoureuse d’une créature emprisonnée au sein de ce laboratoire et en danger de mort en raison des expériences qui sont faites sur elle.

    Conte fantastique érigé en hymne (trop) appuyé à la tolérance (l’héroïne est muette, son colocataire est homosexuel, sa meilleure amie noire et son amoureux une créature à la E.T., n’en jetez plus la coupe est pleine), « La forme de l’eau » a un défaut rédhibitoire : après dix minutes de film, on devine ce qui va arriver jusqu’à la dernière minute. La conséquence est que l’ennui n’est jamais bien loin et qu’on peine franchement à s’intéresser aux péripéties de ce couple hautement improbable. 

    Alors, certes, c’est plutôt agréable à regarder avec des couleurs qui font inévitablement penser à « Amélie Poulain » et c’est soigné jusque dans les moindres détails. Les actrices et acteurs sont à la hauteur avec une mention spéciale au méchant « très méchant » de l’histoire, Michael Shannon, et à l’amie d’Elisa, Octavia Spencer, une fois encore formidable. Mais cela ne suffit toutefois pas à susciter ce qui fait la marque des grands films : l’émotion. Tout est tellement prévisible et fait pour tirer sur la corde sensible du spectateur que cela en devient artificiel. Ce qui n’a pas empêché « La forme de l’eau » de recevoir l’Oscar 2018 du meilleur film… 

    2 étoiles. « La forme de l’eau ». France 2, dimanche 30 mai, 21h05.

    Dans son rôle de mère et veuve qui accueille à bras ouverts sa fille de 40 ans contrainte de retourner dans le domicile familial après avoir tout perdu, Josiane Balasko est parfaite. A la fois drôle, émouvante et espiègle, elle donne une grande crédibilité à son personnage de mère dévouée, mais aussi de femme d’un certain âge qui n’entend pas pour autant renoncer à sa vie intime dont ses enfants ignorent tout. Le potentiel comique de cette double vie est fort bien exploité dans le film et conduit à des scènes vraiment très drôles. 

    Il y a certes des facilités scénaristiques, spécialement la fin digne d’un happy end à l’américaine, et la mise en scène n’est pas très inventive. Mais ces défauts n’empêchent pas de passer un bon moment grâce à des dialogues bien écrits alternant entre humour vache et doux-amer, des scènes à pleurer de rire et des quiproquos bien trouvés. « Retour chez ma mère » est donc une comédie familiale plutôt réussie.

    3 étoiles. « Retour chez ma mère ». TF1, dimanche 30 mai, 21h05.

    Lors d’une expédition sur Mars, une terrible tempête oblige l’équipe à décoller précipitamment de la planète rouge. L’astronaute Mark Watney (Matt Damon), après avoir été heurté violemment par un objet, perd le contact avec ses camarades qui n’ont pas d’autre choix que de le laisser, le pensant mortellement blessé. Les aventures d’un homme seul, dans ce qui ressemble à un désert orange, pourraient a priori retenir celles et ceux qui auraient peur de s’ennuyer. Or, il n’en est rien. Il y a de l’action en permanence et le suspense, à la limite du soutenable dans la dernière partie, est présent de bout en bout. Les décors sont grandioses et la réalisation de Ridley Scott, un grand habitué des super productions, excellente. 

    La distribution est au diapason avec de nombreux seconds rôles auxquels on s’attache facilement. D’ailleurs, le côté « humain » du film prend le dessus sur son côté production américaine à gros budget, c’est tout dire. Le patriotisme souvent agaçant dans ce genre de film n’est pas complètement absent, il ne faut tout de même pas rêver, mais reste très acceptable : pour avoir une chance de sauver Mark, les USA devront même compter sur la Chine. Un excellent spectacle cinématographique qui risque toutefois de souffrir de son passage du grand au petit écran.  

    5 étoiles, « Seul sur Mars ». TMC, lundi 31 mai, 21h15.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : pour tous les goûts, ou presque

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    Everybody knows.jpg« Everybody knows » emprunte les codes du thriller psychologique pour mettre en scène un secret familial, pas si secret que ça d’ailleurs, d’où le titre du film, qui va éclater au grand jour à l’occasion d’un mariage.

    L’action de situe en Espagne dans un village où tout se sait, mais sans forcément se dire. C’est sur ce principe de réalité qu’« Everybody knows » est construit, ce qui permet au scénario de jouer sur les sentiments, souvent contradictoires, entre les (trop) nombreux personnages, mais aussi d’y inclure des rebondissements. Pas très original. Ce ne serait pas très grave si ces derniers donnaient un rythme soutenu à l’action et qu’ils étaient un tant soit peu crédibles. 

    Or, force est de constater que le film a des longueurs. Elles sont dues au fait que l’action manque par moment de clarté et de crédibilité et qu’il n’est pas toujours facile de savoir où le réalisateur veut en venir. Le dénouement dans la précipitation de l’intrigue et une fin bâclée en sont d’ailleurs la parfaite illustration. 

    Ceci étant dit, la mise en scène est réussie, la photographie magnifique et la distribution est excellente avec une mention toute particulière pour Javier Bardem qui crève l’écran. Ce n’est déjà pas si mal, mais tout de même insuffisant pour effacer le sentiment de déception qui domine. 

    Inédit. 2 étoiles. « Everybody knows ». RTS 1, lundi 24 mai, 20h55.

    IMG_1944.jpgDepuis 2002, l’Homme-Araignée tisse sa toile sur le grand écran : première apparition avec l’excellent film de Sam Raimi qui sera suivi de deux autres qui donneront eux-mêmes naissance à deux nouveaux, qui n’ont rien à voir avec les précédents, et qui finiront par accoucher d’une apparition de Spider-Man dans « Captain America – Civil War ». Spidey est donc entré dans l’univers Marvel, et peut à son tour attirer des Avengers dans sa toile comme Iron Man ou Captain America.

    C’est dans ce contexte cinématographique pour le moins complexe que s’inscrit « Spider-Man : Homecoming ». Le célèbre héros a désormais 15 ans (!), avec ses problèmes d’adolescent pubère pas intéressants pour deux sous, l’occasion de tout recommencer avec un mentor qui se nomme Iron Man bien décidé à ne pas (trop) faciliter la vie de l’apprenti Homme-Araignée pour devenir un Avenger à part entière. 

    Cette troisième renaissance de Spider-Man est à la hauteur concernant les effets spéciaux, mais c’est le moins que l’on puisse attendre de ce genre de film, et quelques scènes d’action sont réussies, notamment celles avec le Vautour interprété par un Michael Keaton convaincant. Il y a aussi parfois de quoi arracher quelques sourires. Mais ce super-héros-apprenti-qui-se-cherche, avec qui plus est un sacré coup de mou au milieu du film, met à mal la légende de l’Homme-Araignée et finit même par agacer.

    2 étoiles. « Spider-Man : Homecoming ». TF 1, dimanche 23 mai, 21h05.

    IMG_6487.jpgMai 1940. 400 000 soldats anglais sont pris en tenaille entre la mer du Nord et l’armée allemande sur les plages de Dunkerque. Pour éviter un massacre à grande échelle et rapatrier les troupes de sa Majesté, il va falloir compter sur les troupes françaises pour qu’elles empêchent le plus longtemps possible la Wehrmacht d’avancer, sur la Royal Air Force pour combattre les avions de chasse allemands prêts à larguer leurs bombes et enfin sur la flotte militaire et…civile anglaise. 
    Pour raconter cet épisode relativement peu connu de la seconde guerre mondiale, Christopher Nolan, le réalisateur, entre autres, de la trilogie Batman, d’Inception et d’Interstellar, a pris trois angles d’attaque avec des espaces-temps différents qui se rejoindront à la fin du film : une semaine pour les événements qui se déroulent sur terre, un jour pour ceux qui ont lieu sur mer et une heure pour ceux qui ont comme décor le ciel. 

    Ce choix de départ donne une très grande densité à l’action de la première seconde du film à sa quasi fin, cette dernière n’étant pas tout à fait à la hauteur du reste avec un côté héroïque qui s’accorde mal avec un film qui, justement, ne met pas particulièrement en avant un personnage plutôt qu’un autre. Il n’y a pas de temps mort dans « Dunkerque » et très peu de dialogues. Le film met en scène avec brio, et par moments émotion, ces soldats pris au piège sur terre et sur mer, le danger venant en premier lieu du ciel. A ce propos, les combats aériens sont à couper le souffle. 

    « Dunkerque » est un blockbuster, mais avec toutefois l’ambition d’être également un film d’auteur. Ambition réussie grâce à une maîtrise technique époustouflante, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard, une narration originale et, pour couronner le tout, une très belle distribution. Impressionnant.

    4 étoiles. « Dunkerque ». RTS 1, lundi 24 mai, 21h05.

    Blade runner 2049.jpgK est chasseur de réplicants (sorte d’esclaves créés par les humains) récalcitrants et lui-même réplicant, mais avec un supplément d’âme qui lui viendrait des souvenirs qu’on lui a fabriqués. Il a pour mission de chercher et d’éliminer celui ou celle qui apparemment serait né.e de la liaison entre un réplicant et un humain car si cela se vérifiait, alors l’équilibre du monde en serait bouleversé. 

    A partir de ce synopsis, on pourrait imaginer que « Blade Runner 2049 » est un film d’action qui se déroule dans un univers futuriste – pourquoi faut-il que cet univers, même s’il est en l’occurrence visuellement réussi, soit toujours sombre, à moitié détruit, que la pluie tombe sans arrêt, que les gens soient sales, pauvres et désespérés et que les voitures volent ? – et qui questionne sur la relation entre les humains et les créatures qu’ils ont créées. 

    Or, sur l’extrême longueur du film (2h45), il doit y avoir un tiers, et encore, d’actions et les questions existentielles sont à peine effleurées. C’est le sentiment d’un vide abyssal qui domine, une bonne partie du film consistant à suivre K (Ryan Gosling peu concerné) dans ses déplacements. Les coups de corne de brume exagérément forts qui font office de musique, et à la longue insupportables, tiennent « heureusement » le spectateur éveillé. Il y a bien un sursaut au moment où Harrison Ford fait enfin son apparition après 1h45 (!) de film. C’est à n’en pas douter le meilleur moment de « Blade Runner 2049 » dont la fin est aussi décevante que le reste.

    1 étoile. « Blade Runner 2049 ». TMC, lundi 24 mai, 21h15.

    Victoria.jpgVictoria est une superwoman qui évolue sur le fil du rasoir : avocate, deux enfants qu’elle élève seule tant bien que mal et des aventures sans lendemain, il n’en faut pas beaucoup plus pour que ce fragile équilibre soit rompu. Et c’est ce qui arrive quand son ami Vincent se voit accusé de meurtre et que Sam, un ex-dealer qu’elle a jadis défendu avec succès, s’immisce peu à peu dans sa vie. 

    La grande force de « Victoria », c’est sa direction d’acteurs. Ils sont tous impeccables qu’ils aient les rôles principaux ou secondaires. On a un plaisir jubilatoire à les voir jouer avec leur langage corporel et des dialogues percutants. Il y a des scènes loufoques et hilarantes, mais aussi d’autres où l’on rit jaune, car le drame n’est jamais très loin à l’image des hauts et des bas de son héroïne. Hauts et bas également présents dans le film avec un début poussif, quelques scènes répétitives et un « happy end » convenu. Mais pas de quoi toutefois gâcher la bonne impression générale. 

    3 étoiles. « Victoria ». RTS 2, jeudi 27 mai, 21h40.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : des films poignants sur l'exclusion

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    IMG_3166.jpgInspiré du livre de Claire Lajeunie intitulé « Sur la route des invisibles », le film de Louis-Julien Petit se plonge dans l’univers d’un centre d’accueil qui héberge des femmes SDF. Il raconte le quotidien des travailleuses sociales qui viennent en aide à ces femmes au moment où le centre va devoir fermer suite à une décision de la municipalité. Prêtes à tout pour tenter de réinsérer leurs protégées avant la date fatidique, ces travailleuses sociales ne vont pas hésiter à faire feu de tout bois pour atteindre leur but. 

    Malgré son thème difficile, le réalisateur a souhaité que son film soit porteur d’espoir et « plonger le spectateur dans le milieu de la grande précarité par le biais de situations drôles et émouvantes, sans jamais éluder la réalité dramatique dont il est question. » Au terme de la projection, force est de constater que l’objectif visé est atteint. Pour arriver à trouver le juste équilibre entre comédie et drame, Louis-Julien Petit a choisi, à deux exceptions près, des actrices non professionnelles pour incarner des femmes SDF. Il souhaitait engager des femmes qui avaient connu la rue et avaient réussi à en sortir ou qui vivaient en foyer d’accueil.

    Encadrées par des actrices professionnelles dans les rôles des travailleuses sociales qui leur donnent la réplique sans tirer la couverture à elles, le film prend des allures de docufiction du plus bel effet : le spectateur est confronté à la fois à un univers très proche de la réalité et souvent dure, mais aussi à des histoires individuelles fictives qui procurent rires et émotions. On s’attache facilement à tous les personnages et on suit avec intérêt leur parcours. Le tout est filmé avec délicatesse, humanité et respect à l’image d’une fin qui, là également, trouve le juste équilibre entre fiction et réalité.    

    Inédit. 4 étoiles. « Les Invisibles ». RTS 1, lundi 17 mai, 20h45.

    IMG_3168.jpgMathieu Amalric rend hommage à Barbara dans un film dans le film qui met en scène une actrice qui joue la célèbre chanteuse. On la voit ainsi travailler son rôle, sa voix, ses chansons, ses partitions, ses gestes, ses scènes à apprendre, le tout se mêlant à sa propre vie de femme et à des images de Barbara qui apparaît de temps à autre grâce à des archives, sans que l’on soit toutefois toujours forcément sûr que ce soit bien elle et pas l’actrice.

    Difficile de se laisser emporter par un film qui mélange constamment fiction et réalité et qui part dans tous les sens. Alors certes, Jeanne Balibar est convaincante dans son rôle d’actrice qui joue Barbara au point de se confondre avec son modèle. Il y a également quelques scènes réussies, particulièrement celles qui laissent un peu de place aux chansons de Barbara, c’est le moins qu’on pouvait attendre d’un film sur la chanteuse. Mais le tout manque de cohérence et surtout d’émotion. Barbara méritait mieux.

    1 étoile. « Barbara », France 2, dimanche 16 mai, 23h00.

    IMG_3167.jpgRécompensé par la Palme d’or au Festival de Cannes 2016, « Moi, Daniel Blake » a pour thématique principale le poids d’une administration qui au lieu de venir en aide à ses administrés ne fait que de les enfoncer toujours plus dans la précarité.

    C’est ainsi que l’on suit les déboires de Daniel Blake qui se voit refuser une rente invalidité après un grave accident cardiaque. Il se retrouve dès lors condamner à s’inscrire au chômage pour toucher des indemnités et à faire des recherches d’emploi alors qu’il a l’interdiction de ses médecins de travailler. Une situation absurde qu’il essaye d’expliquer à des fonctionnaires s’accrochant à leur règlement comme à une bouée de sauvetage et qui ne veulent rien entendre. C’est au cours d’un de ces rendez-vous à l’office du chômage que Daniel Blake va faire la connaissance d’une jeune mère de famille de deux enfants, dans une situation tout aussi précaire que lui, et qu’une forte relation de solidarité va s’instaurer entre eux.

    On peut, certes, reprocher au film son côté un brin démagogique et un peu trop manichéen – les fonctionnaires, à l’exception d’une, sont tous des méchants et les pauvres tous des gentils – mais c’est bien le seul reproche qu’on puisse lui faire. « Moi, Daniel Blake » est émouvant, bouleversant même, il dénonce avec force un système dénué de toute humanité et qui dérape. La mise en scène est d’un grand réalisme avec des scènes très variées qui donnent de l’épaisseur à l’histoire et les dialogues sont percutants. Le tout est joué par des acteurs formidables qui vous touchent jusqu’à en avoir les larmes aux yeux.

    5 étoiles. « Moi, Daniel Blake ». ARTE, mercredi 19 mai, 20h55.

    IMG_3169.jpgConfronté dès son plus jeune âge à la juge pour mineurs, suite à l’incapacité de sa mère de s’en occuper, Malony va avoir à faire à elle régulièrement dès qu’il enchainera les bêtises plus ou moins grosses une fois l’adolescence arrivée. Formidablement bien joué par Rod Paradot, le personnage de Malony est extrêmement touchant et crédible. Ecorché vif, il se rebelle avec toute personne autre que sa mère (Sara Forestier, excellente dans son rôle de « mauvaise » mère aimante), pourtant totalement immature et dépassée, avec une rare violence verbale, voire physique. 

    Malgré tout la juge (Catherine Deneuve, comme d’habitude parfaite) et l’éducateur qui est chargé de son suivi (Benoît Magimel, très convaincant dans son rôle d’éducateur qui revit au travers de Malony un parcours personnel que l’on devine plus ou moins semblable) vont maintenir sans cesse le lien avec l’adolescent. Ils marchent constamment sur des œufs et sur les moyens à utiliser entre prévention et répression pour tenter de le remettre sur le droit chemin.

    La répétition parfois inutile de certaines scènes n’enlève en rien l’excellente qualité de ce film émouvant, par moment bouleversant, magnifiquement interprété, écrit et mis en scène. « La tête haute » frappe en plein cœur !

    5 étoiles. « La tête haute ». France 3, jeudi 20 mai, 21h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Une dose de vaccin et d’autodérision

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    C’est fait, mais ce ne fut pas sans douleurs, au sens propre et figuré !

    La séance de vaccination fut digne d’un sketch : une fois installé dans mon box, ça fait quand même un peu écurie, et avoir été accueilli tout à fait convenablement avec cinq petites minutes de retard, un infirmier se présente à moi accompagné d’une jeune femme. Je comprends immédiatement qu’elle est en formation. Une légère appréhension s’empare de moi qui ne suis déjà pas très rassuré à l’idée de faire ce vaccin alors que je sais depuis la veille que mon taux d’anticorps est encore élevé suite à mon infection d’il y a six mois. 

    L’infirmier me demande alors si j’ai des allergies. Je lui réponds que je suis allergique aux graminées et à la pénicilline. A ce dernier mot, il fait la moue. Il doit se renseigner auprès du médecin pour s’assurer qu’il n’y a pas de contre-indication avec le vaccin. Deux minutes plus tard, il revient. C’est bon, mais il faudra que je reste trente minutes au lieu de quinze après la piqûre étant donné mon terrain allergique. Je vais enfin pouvoir me faire piquer. 

    C’est alors que mon appréhension initiale prend forme : c’est la jeune femme en formation qui va me vacciner. Je vois bien qu’elle est stressée. Voilà qui ne m’apporte pas, c’est le moins que je puisse écrire, la sérénité dont j’aurais besoin. Je prends sur moi. Il faut un début à tout. Ses gestes sont mal assurés, une discussion s’entame entre elle et l’infirmier sur l’endroit exact du bras où il faut me piquer. 

    Puis, ce dernier lui rappelle de désinfecter l’emplacement de la piqûre. Elle met enfin ses gants, puis s’empare de la seringue. Elle s’approche de moi, de mon bras et là…l’aiguille tombe de la seringue directement sur ma cuisse ! Il ne manquerait plus que je me blesse avec l’aiguille. C’est sans doute drôle quand on le lit, mais ce n’est pas franchement le cas quand on le vit…Il faut donc tout recommencer. 

    L’infirmier va chercher une autre seringue. Trente secondes plus tard, il est de retour. Il va faire lui-même l’injection. Soulagement. Mais avant cela, il commence à m’énumérer les effets secondaires que je pourrais avoir suite à la vaccination. C’en est trop. Je lui demande d’arrêter (je me suis déjà largement renseigné sur ces effets secondaires que j’appréhende) sans quoi je prends mes jambes à mon cou. Cette fois, tout se passe bien. Sauvé, pour le moment en tout cas. Je prends immédiatement un antidouleur, parce que je crains comme la peste une forte réaction au niveau de mon bras, très habituelle chez moi après un vaccin. Les trente minutes passées, je quitte mon box, sans hennir. Tout va bien. 

    Ce n’est que le soir venu que ce que je redoutais se produit : une forte douleur au bras que seule de la glace peut atténuer. Nuit agitée. Mais bonne surprise au cours de la journée : la douleur diminue d’heure en heure et pas d’autres effets secondaires en vue. Je peux respirer, ce d’autant plus que, selon les recommandations de l’OFSP, je n’ai pas besoin d’avoir la deuxième dose (je préfèrerais dire seconde, mais apparemment on n’est pas à l’abri d’une troisième…) ayant déjà contracté le virus six mois auparavant. Mon acte citoyen est terminé. Pour l’instant. Aux suivant.e.s !

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  • Du grand au petit écran : « Nous finirons ensemble »

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    IMG_6362.jpgDéprimé, Max tente de se ressourcer dans sa maison au bord de mer avec sa nouvelle compagne. Sa bande d’amis, qu’il n’a pas vu depuis plus de trois ans, débarque pour lui faire une surprise à l’occasion de son soixantième anniversaire. Et le moins que l’on puisse écrire est que l’accueil est glacial. 

    Le ton est plus grave dans cette suite des « Petits mouchoirs ». Guillaume Canet a voulu que « Nous finirons ensemble » soit plus cynique. Le réalisateur fait un état des lieux plutôt morose, une partie des potes de la bande ayant perdu leurs illusions. Mais ce n’est pas pour autant que le film est déprimant. 

    En effet, on rit souvent, mais un peu plus jaune, et on est touché par « ces personnages imparfaits, enfermés dans leur problème », selon la définition de Guillaume Canet, qui vont malgré tout essayer de surmonter tous ensemble les blessures du passé. Evidemment, c’est sans doute plus facile de le faire dans un endroit idyllique et quand l’argent n’est pas un problème aussi important qu’il en a l’air, faiblesse certaine d’un scénario qui évacue un peu facilement cette problématique.

    En résumé, si on retrouve dans cette suite une bonne partie des ingrédients qui ont fait le succès des « Petits mouchoirs », ils sont plutôt intelligemment recyclés. Certes, tout n’est pas parfait, notamment l’apparition du personnage joué par José Garcia qui n’apporte pas grand-chose à l’histoire et une fin un peu trop facile, mais il n’en demeure pas moins que l’on passe un bon moment. 

    Inédit. 3 étoiles. « Nous finirons ensemble ». RTS 1, lundi 3 mai, 20h45.

    IMG_8354.jpgDifficile de rester neutre face à ce film, qui raconte l’histoire vraie de Chris Kyle tireur d’élite particulièrement redoutable ayant officié en Irak entre 2004 et 2009, tant les valeurs qui y sont véhiculées peuvent être ressenties très différemment par les uns et les autres. Patriotisme, virilité et héroïsme dans tous les sens du terme pourront sans doute plaire à ceux qui aiment les films de guerre bien réalisés et bien joués, comme c’est le cas d’« American Sniper ». 

    Mais pour les autres, il faudra une fois de plus assister aux scènes où le héros est humilié par ses formateurs, constater que si le tireur d’élite américain protège les siens, celui de l’adversaire est juste le dernier des salopards ou encore entrevoir les failles du héros presqu’aussi vite balayées afin de retourner au combat. Il y a bien ici ou là des réflexions sur l’utilité de la guerre, quelques rares remises en question du héros ou encore quelques scènes qui montrent les suites dévastatrices du combat pour les vétérans, mais elles ne sauraient remettre en question l’impression générale du film : une ode à la grande Amérique. Décevant.

    1 étoile. « American Sniper ». France 2, dimanche 2 mai, 21h05.

    IMG_3024.jpg« First Man » retrace l’histoire, qui rejoindra finalement l’Histoire avec un grand H, de celui qui restera à tout jamais le plus célèbre des astronautes. Le film prend le parti d’explorer la part de fragilité de celui qui sera le premier homme à marcher sur le satellite de la Terre le 21 juillet 1969.

    Si « First Man » est ce qu’on appelle une « grosse production », il est également un film à maints égards intimistes et le mélange des deux fonctionne fort bien. Si tel est le cas, c’est grâce au fait que les scènes spectaculaires, au demeurant fort bien réparties dans le film avec notamment une séquence d’ouverture à couper le souffle, sont tournées en caméra portée et ne lâchent par conséquent pas d’une semelle les astronautes, comme si on y était, pour le meilleur, mais aussi parfois pour le pire. 

    Il ne faut en effet pas oublier que la conquête de la lune ne s’est pas faite sans dommages collatéraux avec plusieurs décès d’astronautes. Cet aspect sombre est bien présent dans le film et montre à quel point Neil Amstrong était déterminé à réussir, ce qui fait presque froid dans le dos. A ce titre, Ryan Gosling est excellent dans le rôle du héros impassible et torturé. 

    On relèvera encore que « First Man », et c’est tout à son honneur, tire très peu sur la corde patriotique, ce qui est cohérent avec l’image du personnage principal, et qu’il va même jusqu’à montrer des manifestations contre cette conquête spatiale. « First Man » est-il dès lors un film parfait ? Presque, à vrai dire. On pourrait sans doute lui reprocher quelques petites longueurs dues à un schéma un peu trop répétitif, mais pas de quoi bouder son plaisir. 

    5 étoiles. « First Man ». Dimanche 2 mai, France 2, 23h20.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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