• « Titane »: à vomir

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    7478FDEE-C95E-48DC-877D-FC42613AECCB.jpegJe m’attendais au pire. Je n’ai pas été déçu! Pourquoi dès lors être allé voir le film? Par curiosité. Et comme chacun le sait, c’est un vilain défaut. En guise de punition, j’ai supporté une histoire sans queue ni tête, mais peut-être que c’est moi qui n’ai rien compris, qui ressemble à un enchaînement de clips, certes bien mis en scène et bien joués par les deux personnages principaux (mais qu’est-ce que Vincent Lindon est venu faire dans cette galère?).

    J’ai hésité à partir après les trente premières minutes d’une violence telle que mes mains ont fait rempart entre l’écran et mes yeux, il est vrai que j’aurais aussi pu simplement les fermer. Je suis quand même resté en me disant que ce film avait reçu la Palme d’or au Festival de Cannes et que le plus dur était passé. 
     
    La seconde partie est effectivement beaucoup moins violente, mais toujours aussi dénuée de sens (l’héroïne est enceinte d’une voiture…) et « tape à l’œil » avec des scènes qui frisent le ridicule - celle du bal des pompiers qu’on croirait tout droit sorti d’un film gay de série Z mérite la…palme - ou qui donnent envie de vomir au sens propre et figuré. 
     
    Comment le jury du Festival de Cannes a-t-il pu décerner sa Palme d’or à un film pareil? Il devait être sous l’emprise de substances hallucinogènes, je ne vois pas d’autres explications. Quoiqu’il en soit, je décerne pour la première fois un 0 étoile à un film qu’il est préférable d’éviter, sauf à vouloir se laisser tenter par la curiosité…
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  • Du grand au petit écran: Mathilde Seigner se dédouble

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    A47475E7-CB17-4EC1-A550-DF05135C53C5.jpegSuite à une allergie consécutive à une opération de chirurgie esthétique, une comédienne célèbre fait appel à un sosie pour la remplacer sur son prochain tournage qui est censé relancer sa carrière sur le déclin. Mis à part leur physique identique, tout oppose ces deux femmes au caractère et à la trajectoire de vie très différente qui vont devoir se fréquenter et finalement découvrir la vérité sur leur passé.

    Le « suspense » sur cette vérité n’est pas le moteur du film puisque le spectateur est rapidement mis dans la confidence, au contraire de la comédienne qui ne veut pas voir ce qui saute aux yeux. C’est la manière dont cette vérité va être petit à petit mise à nu qui est au centre de « Ni une, ni deux ».

    Et il faut bien reconnaître que malgré un scénario le plus souvent très prévisible, on se prend au jeu pour une seule et unique raison : l’excellente double performance d’actrice de Mathilde Seigner à la fois drôle, touchante, vulnérable, tendre et exécrable. Elle tient à elle toute seule sur ses épaules un film qui égratigne un univers cinématographique où la superficialité règne en maître. Et ce n’est pas le moindre des paradoxes que de constater que « Ni une, ni deux » renforce cette image, car s’il n’est pas désagréable à voir, il n’est pas indispensable.

    2 étoiles. « Ni une, ni deux ». France 3, lundi 26 juillet, 22h50.

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  • Du grand au petit écran : tout le monde le sait, et pourtant...

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    IMG_3522.jpgGrand Prix du Festival de Cannes 2018, « BlacKkKlansman » est une adaptation de l’autobiographie de Ron Stallworth, policier afro-américain qui au début des années 70 a infiltré le Ku Klux Klan avec l’un de ses collègues. Comment un policier noir a-t-il pu réaliser une prouesse pareille ? 

    C’est ce que le film nous apprend dans une première partie qui s’apparente à une comédie, avec de l’ironie et des charges à peine voilées contre Trump. Au fur et à mesure que le suspense augmente, le film devient plus dramatique, en gardant toutefois une certaine légèreté. Légèreté qui disparaît totalement au cours des cinq dernières minutes qui rappellent les événements de Charlottesville en 2017 et ses manifestations d’extrême droite. « BlacKkKlansman » est donc un film militant qui n’évite pas toujours la caricature. 

    En effet, les membres du Ku Klux Klan en prennent la plupart pour leur grade, mais comment pourrait-il en être autrement quand on est prêt à tuer des gens uniquement en raison de la couleur de leur peau ? La très belle scène en montage alterné, où l’on voit d’un côté les membres du KKK s’enthousiasmer à la vision d’un film muet de 1916 d’un racisme à faire froid dans le dos et de l’autre des étudiants noirs écoutés religieusement un témoin (Harry Belafonte, 91 ans, émouvant) qui raconte les conséquences que ce film a eues sur la condamnation d’un jeune noir en 1917, est à cet égard très explicite.   

    Au final, un film qui n’a pas peur des ruptures de ton, ce qui fait sa force, et qui tient en haleine du début à la fin dans une atmosphère seventies très réussie et avec d’excellents acteurs.

    Inédit. 4 étoiles. « BlacKkKlansman ». RTS 1, lundi 12 juillet, 20h35.
    ARTE, mercredi 14 juillet, 20h55.

    Everybody knows.jpg« Everybody knows » emprunte les codes du thriller psychologique pour mettre en scène un secret familial, pas si secret que ça d’ailleurs, d’où le titre du film, qui va éclater au grand jour à l’occasion d’un mariage.

    L’action de situe en Espagne dans un village où tout se sait, mais sans forcément se dire. C’est sur ce principe de réalité qu’« Everybody knows » est construit, ce qui permet au scénario de jouer sur les sentiments, souvent contradictoires, entre les (trop) nombreux personnages, mais aussi d’y inclure des rebondissements. Pas très original. Ce ne serait pas très grave si ces derniers donnaient un rythme soutenu à l’action et qu’ils étaient un tant soit peu crédibles. 

    Or, force est de constater que le film a des longueurs. Elles sont dues au fait que l’action manque par moment de clarté et de crédibilité et qu’il n’est pas toujours facile de savoir où le réalisateur veut en venir. Le dénouement dans la précipitation de l’intrigue et une fin bâclée en sont d’ailleurs la parfaite illustration. 

    Ceci étant dit, la mise en scène est réussie, la photographie magnifique et la distribution est excellente avec une mention toute particulière pour Javier Bardem qui crève l’écran. Ce n’est déjà pas si mal, mais tout de même insuffisant pour effacer le sentiment de déception qui domine. 

    2 étoiles. « Everybody knows ». France 3, lundi 12 juillet, 21h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • « Un an après, il est temps d'agir contre les crimes LGBTIQ-phobes ! »

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    Réponse du Conseil d’État du 2 juillet à mes questions, suite au vote positif du 9 février 2020, concernant la mise en œuvre de l’extension de la norme pénale antiraciste aux crimes de haine contre les personnes homosexuelles et bisexuelles. 

    Les personnes LGBTIQ+ sont régulièrement victimes d'agressions physiques et psychologiques en raison de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre ou de leur expression de genre. D'après un rapport de l'organisation Pink Cross, en 2019, le nombre de crimes de haine signalés à la « LGBTQ Helpline » a drastiquement augmenté. Plus d’un signalement par semaine, alors que la très grande majorité des agressions n'est pas recensée. Environ une victime sur trois a subi de la violence physique. Ces agressions ont de lourdes conséquences physiques et psychologiques non seulement pour les victimes, mais aussi pour l’ensemble des personnes LGBTIQ+ en provoquant des changements de comportement. C’est ainsi que, par exemple, les couples de même sexe n’osent plus se tenir la main en public par peur des agressions physiques ou verbales.

    Le 9 février 2020, la Suisse a dit OUI à 63% à la protection des personnes homosexuelles et bisexuelles contre la haine, les Genevoises et les Genevois soutenant même cette extension de la norme pénale à la discrimination homophobe à plus de 76%. La loi ne suffit pas et des mesures concrètes sont nécessaires. Si la population a donné un signal clair, les mesures de sensibilisation et de prévention font trop souvent défaut. Les autorités politiques doivent agir contre la discrimination et la violence envers les personnes LGBTIQ+.

    Dans sa réponse au postulat du Conseiller national Angelo Barrile (PS / ZH) « Plan d'action national contre les crimes de haine anti-LGBTIQ », le Conseil fédéral relève que les autorités compétentes étant cantonales et communales, il appartient à ces dernières de mettre en œuvre cette nouvelle norme pénale et de mettre en place « des mesures adéquates de sensibilisation, de prévention, d'intervention et de monitorage ».

    Compte tenu de ce qui précède, mes questions au Conseil d’État, que je remercie par avance pour ses réponses, sont les suivantes :

    • Comment est prise en charge et coordonnée la mise en œuvre de cette nouvelle norme au sein de l’État de Genève ?
    • Quelles mesures de sensibilisation et de prévention contre l'hostilité envers les personnes LGBTIQ+ s’adressant aux jeunes en formation, au grand public et aux possible auteur-e-s ont été développées ?
    • Quelles mesures ont été prises afin de soutenir et de protéger les victimes (en garantissant notamment l'accès à l'aide aux victimes pour des soins et un constat) ?
    • Quelles mesures ont été prises pour faciliter l’accès à la justice, notamment afin d’instruire et de documenter les circonstances aggravantes ?
    • Quelles mesures ont été prises par la police cantonale pour prendre en compte cette nouvelle norme pénale ? En particulier, quelle formation a été donnée aux membres des corps de police et quelles consignes ont été transmises ?
    • En fonction des réponses données aux questions précédentes, le Conseil d’État a-t-il l’intention de renforcer les mesures pour lutter contre la discrimination et la violence envers les personnes LGBTIQ+ ? Si oui, par quelles mesures ?

    RÉPONSE DU CONSEIL D’ÉTAT

    La commission consultative sur les thématiques liées à l'orientation sexuelle, l'identité de genre, l'expression de genre et les caractéristiques sexuelles regroupe des acteurs institutionnels dans les domaines notamment de la santé, de la sécurité et de la formation, ainsi que des associations spécialisées. Elle a entamé des travaux visant à recenser les prestations et les acteurs du réseau concernés par les violences LGBTIphobes en lien avec l'extension de la norme pénale de l'article 261bis du code pénal suisse, du 21décembre 1937 (CP; RS 311.0), et visant également à sensibiliser lesdits acteurs, si besoin. L'objectif est notamment d'offrir un soutien adapté aux personnes victimes d'actes homophobes ou transphobes et de favoriser une prise en charge pertinente de ces personnes. Dans une optique de prévention, elle a également pour projet de sensibiliser un large public aux discriminations et aux violences intersectionnelles, à travers une campagne de prévention.

    Des mesures de sensibilisation et de formation des jeunes sur ces enjeux sont par ailleurs assurées au sein des établissements scolaires par la Fédération genevoise des associations LGBT à travers un contrat de prestations. La plateforme Égalité du département de l'instruction publique, de la formation et de la jeunesse (DIP) travaille en outre sur les activités pédagogiques pouvant être mises en place au sein des établissements scolaires des différents niveaux d'enseignement et sur le suivi et la prise en charge des élèves pouvant être concernés par une transition, ou des discriminations ou des violences LGBTIphobes.

    Des formations de sensibilisation contre le harcèlement de rue sont dispensées auprès des aspirantes et aspirants de police et un échange avec l'association Dialogai est organisé. Les cadres de la police de proximité bénéficient également d'une formation similaire avec Dialogai.

    Enfin, le Conseil d’État a réaffirmé sa volonté de renforcer les mesures pour lutter contre les violences et les discriminations à l'encontre des personnes LGBTIQ+ en adoptant, en décembre 2020, un projet de loi sur l'égalité et la lutte contre les violences et les discriminations liées au genre (LELVDG –PL 12843), actuellement en débat au sein de la commission des Droits de l’Homme (droits de la personne).

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