Du grand au petit écran: Jaoui/Bacri, Lady Gaga, Judy et une blonde atomique

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Place Publique.jpgCastro, autrefois célèbre, est un animateur sur le déclin. Son émission est en perte de vitesse et son remplacement par quelqu’un de plus jeune paraît inéluctable. C’est dans ce contexte qu’il se rend à la pendaison de crémaillère de sa productrice, et amie de longue date, qui a emménagé dans une magnifique demeure près de Paris. Il va y retrouver son ex-femme, sa fille et plein d’autres invités qui ne vont pas l’épargner au cours de cette soirée où bien des coups bas seront donnés.

Pour qu’une comédie chorale comme « Place Publique » fonctionne à plein, il faut qu’elle soit bien écrite, bien jouée et que, malgré le fait qu’elle soit statique, l’action ne tourne pas en rond. Pour ce qui est des deux premiers pré requis, aucun problème. Le mépris social, le culte du jeunisme, la chasse aux selfies avec des « vedettes », la critique des réseaux sociaux et du parisianisme font mouche grâce à des dialogues le plus souvent percutants et des situations où l’on rit parfois de bon cœur, mais parfois aussi jaune. 

Quant aux acteurs, ils sont excellents. Jean-Pierre Bacri est finalement plus touchant que drôle dans son rôle d’animateur vieillissant qui tente de se protéger en faisant preuve de cynisme, sans toutefois toujours y parvenir. Reste donc l’action qui tourne en rond et réserve par conséquent peu de surprises : Jaoui/Bacri font du Jaoui/Bacri. C’est suffisant pour passer un bon moment, mais on aurait souhaité plus de folie.

3 étoiles. « Place Publique ». France 2, dimanche 15 août, 21h05.

A star is born.jpgPorté à l’écran pour la quatrième fois après 1937, 1954 (cette version est à voir sur RTS 2 le mercredi 18 août à 23h05) et 1976, cette nouvelle adaptation de ce drame musical met en vedette la star américaine de la chanson Lady Gaga. Elle s’en sort à vrai dire plutôt bien et ses fans, mais pas seulement, ne seront pas déçus par sa performance.

Jackson Maine (Bradley Cooper dont c’est également le premier film en tant que réalisateur) est un chanteur et musicien renommé aux addictions nombreuses. Il entend un soir par hasard dans un bar Ally, chanteuse reléguée à l’anonymat malgré son indéniable talent d’interprète-auteure-compositrice. Il tombe amoureux d’elle, et réciproquement, et va la propulser sur le devant de la scène en chantant en duo avec elle lors de ses concerts. Alors que le succès d’Ally est grandissant, Jackson a de son côté de plus en plus de peine à gérer ses démons intérieurs qui l’emmènent au bord du gouffre, malgré l’amour inconditionnel de celle qui est devenue sa femme.

Le scénario n’est pas le point fort du film, tout particulièrement dans sa partie médiane où ça patine sec. Il suit le schéma hollywoodien bien connu de l’ascension d’une vedette qui a failli passer à côté de son formidable destin, mais qui grâce à la chance, son talent et sa pugnacité finit en haut de l’affiche. Mais, heureusement, la manière « d’habiller » cette trame sans grandes surprises est plutôt réussie, à commencer par l’aspect musical.

C’est ainsi que toutes les performances musicales ont été enregistrées dans les conditions du direct. Toutes les séquences sur scène ont été filmées en adoptant le point de vue des interprètes et donc en évitant les plans larges des concerts depuis la foule, ce qui donne l’impression au spectateur d’être sur scène. Les chansons sont de qualité et les voix de Bradley Cooper et de Lady Gaga se marient fort bien donnant même par moment des frissons. Au final, un film pas dénué de défauts, mais qui se laisse toutefois regarder et écouter avec un certain plaisir.

3 étoiles. « A star is born ». RTS 1, lundi 4 mai, 20h25.

Judy.jpg« Judy » est un biopic sur Judy Garland qui s'intéresse tout particulièrement à l'année 1968 et à la série de concerts qu'elle a donnés pendant cinq semaines à Londres dans un cabaret très à la mode de l'époque. Trente ans après être devenue une star planétaire grâce au « Magicien d'Oz », Judy Garland est dans une mauvaise passe. Elle n'a pas d'autre choix que de quitter les Etats-Unis pour Londres afin de subvenir aux besoins de ses enfants. Mais cette séparation à contrecœur, ses échecs sentimentaux, sa dépendance à l'alcool et aux médicaments ainsi que son enfance sacrifiée pour Hollywood sont autant d'obstacles à surmonter pour briller sur scène.

A la lecture de ce synopsis, on aura compris que « Judy » n'est pas une comédie musicale, genre dans lequel la star excellait, mais un drame qui raconte sa chute. Ce côté dramatique n'empêche toutefois pas le rire et la musique d'être présents. A ce propos, les performances scéniques et vocales de Renée Zellweger, qui s'est entraînée pendant un an avec un coach, sont remarquables, comme d'ailleurs l'ensemble de son jeu qui lui a permis de décrocher l'Oscar de la meilleure actrice 2020.

Littéralement habitée par son rôle, la comédienne permet de comprendre toute la complexité d'une vie de star jetée dans le bain d'Hollywood dès son enfance et les pressions qui font oublier qui vous êtes vraiment. Les flashbacks, minutieusement reconstitués, sur son adolescence sont à ce titre des plus éclairants et écœurants. Si « Judy » n'est pas un film parfait, il y a quelques scènes redondantes et quelques baisses de rythme, il a, outre son actrice principale, une grande qualité : il laisse la place à l'émotion avec, notamment, dix dernières minutes d'une folle intensité qui vous laissent sans voix au moment du générique de fin.

Inédit. 4 étoiles. « Judy ». RTS 2, jeudi 19 août, 22h35.

Atomic Blonde.jpgL’agent Lorraine Broughton est une espionne anglaise qui doit se rendre à Berlin la semaine précédant la chute du mur pour récupérer avant d’autres une liste où figurent les noms de nombreux espions. Il y a bien évidemment parmi eux une taupe qui n’est pas celle ou celui que l’on croit. 

« Atomic Blonde » possède un rythme effréné, ce qui a pour conséquence qu’on ne voit pas le temps passé, et est filmé comme un clip géant des années 80 avec une musique omniprésente (Nick Cave, Iggy Pop, David Bowie, New Order, Depeche Mode…). Des filtres caméra donnent à de nombreuses scènes une ambiance de boîte de nuit, le tout sur un fond d’hémoglobine dominant. « Atomic Blonde » est plutôt séduisant sur les plans visuel et auditif. 

Charlize Theron se glisse sans problème dans le rôle de cette espionne à qui rien ni personne ne résistent, à tel point qu’on en oublierait presque les nombreuses invraisemblances du scénario, à commencer par celle que Lorraine est toujours en vie à la fin du film. Pas sûr que James Bond et Jason Bourne survivraient à ce traitement. Réservé aux amatrices et amateurs du genre.

2 étoiles. « Atomic Blonde ». RTL 9, vendredi 20 août, 22h30.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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