Du grand au petit écran: de l’aventure, du courage et un film gay au milieu de la nuit

Imprimer

E8F1892E-69E4-479F-A7D7-0A271043A737.jpegAprès l’énorme succès en 2017 de « Jumanji : Bienvenue dans la jungle », on retrouve donc avec un plaisir certain l’équipe au complet qui retourne dans Jumanji pour secourir l’un des leurs. Mais une fois propulsée dans le jeu, elle va vite avoir des surprises, ce qui ne l’empêchera toutefois pas, pour pouvoir une nouvelle fois sortir indemne du jeu le plus dangereux du monde, d’affronter de nouvelles épreuves peuplées de personnages et de créatures inquiétants dans des décors peu accueillants.

« Jumanji : Next level » est une « vraie » suite, à savoir que les références au premier épisode sont nombreuses. Du coup, ce que le film gagne en cohérence, il le perd en effet surprise. Pas totalement néanmoins grâce à l’apparition de nouveaux personnages, celui joué par Dany DeVito est hilarant, qui pimentent indéniablement ce second volet.

Le point fort de cette suite est toujours l’humour qui s’en dégage. On rit souvent de bon cœur non seulement grâce au contraste entre le caractère des personnages et le corps dans lequel ils évoluent dans le jeu, mais aussi grâce aux situations comiques qu’engendre ce décalage. Les dialogues font souvent mouche, les effets spéciaux sont également très réussis et l’action est rondement menée par des comédiens toujours aussi convaincants.

Par contre, comme lors du film précédent, les scènes « émotions » sont toujours aussi risibles et ridicules. Elles atténuent l’impression générale que, cette fois encore et malgré la surprise en moins, « Jumanji : Next level » est un bon divertissement si on se laisse prendre au jeu, évidemment.

Inédit. 3 étoiles. «Jumanji : Next level  ». RTS 1, lundi 25 octobre, 20h50.

5CA3243C-CA48-4685-AC1D-B616381E42EC.jpegLe cœur du film, c’est l’affrontement, qui a vraiment existé, entre le constructeur américain Ford et l’italien Ferrari lors de la course des 24 heures du Mans de 1966. Mais avant de parvenir à ce combat épique filmé de manière grandiose pendant quarante minutes, le réalisateur James Mangold s’intéresse à l’histoire d’amitié tumultueuse entre les deux personnages principaux du film : le pilote Ken Miles et l’ex-pilote reconverti en patron d’écurie Caroll Shelby. 

« Le Mans 66 » est donc autant une aventure humaine qu’un film sur la course automobile. Ceci dit, celles et ceux qui ne s’intéressent pas à l’épopée automobile n’y trouveront probablement pas leur compte. 

Pour les autres, en revanche, et si on fait abstraction d’un début qui manque de rythme, ils apprécieront l’excellent jeu de Christian Bale, dans le rôle de Ken Miles, une fin qui ne répond pas aux standards de Hollywood, la reconstitution impeccable des années 60, le suspense et une réalisation « à l’ancienne » de haut vol. James Mangold s’explique à ce propos : « Aujourd’hui, l’action au cinéma se veut généralement spectaculaire et renforcée par des effets numériques. J’ai voulu au contraire quelque chose de profondément analogique, de réel et de brut. Je désirais montrer ce qu’il y a de séduisant dans ces bolides, la mécanique, les moteurs, le danger. Et je voulais que les spectateurs puissent le ressentir aussi. » Objectif atteint.

4 étoiles. « Le Mans 66 ». France 2, nuit du mardi 26 octobre, 21h05.

3627074F-D4C7-4E5E-AF38-B9B4A44C5941.jpegFils d’un fermier handicapé suite à une attaque, Johnny se retrouve à devoir gérer seul le domaine familial situé dans le Yorkshire où les conditions climatiques peuvent être fort rudes. Frustré par cette vie très dure, Johnny se saoule tous les soirs au pub du village et connaît des aventures sans lendemain avec des inconnus. Mais quand Georghe, un saisonnier roumain, débarque à la ferme pour donner un coup de main, Johnny va alors éprouver des sentiments jamais ressentis auparavant. Saura-t-il les apprivoiser pour ouvrir son cœur et son esprit à la tendresse et à l’amour que lui offre Georghe et l’assumer dans un milieu peu favorable pour vivre son homosexualité?

Francis Lee, le réalisateur, a choisi de tourner le film dans cette région parce qu’il y a grandi et qu’il s’est demandé ce qu’il se serait passé pour lui s’il y était resté et qu’il y avait rencontré quelqu’un. Ce vécu se voit particulièrement bien à l’écran, le paysage étant le troisième personnage principal du film. Il sert souvent de miroir à la relation des deux hommes qui se construit petit à petit dans cet environnement plutôt hostile.

« Seule la terre » invite le spectateur à partager l’univers des deux hommes grâce à une caméra qui est, selon le vœu du réalisateur, toujours installée entre les personnages pour qu’ils ne puissent jamais se soustraire au regard de celui-ci. Pari totalement réussi grâce à deux acteurs bouleversants de vérité et à une photographie et un son qui mettent en valeur avec une rare authenticité les paysages du Yorshire. 

Au final, une magnifique histoire d’amour, dont le seul bémol se résume à quelques petites longueurs dans la seconde partie, et qui aurait mérité une heure de diffusion moins tardive. Ce n’est, hélas, pas la première fois que la RTS relègue un film qui parle d’homosexualité au milieu de la nuit…

Inédit. 4 étoiles. « Seule la terre ». RTS 1, nuit du mardi 26 au mercredi 27 octobre, 00h45.

295F80AC-BFAE-425C-8B08-1C1EC73427E3.jpeg« La fille de Brest », c’est l’histoire vraie d’Irène Frachon, pneumologue, qui en 2007 alerte les autorités sanitaires françaises des risques de problèmes cardiaques liés à la prise du Mediator, un antidiabétique. La bombe est lancée. Mais elle va mettre plusieurs années à exploser, le chemin pour faire éclater la vérité étant parsemé d’obstacles. C’est ce long combat à la David contre Goliath que raconte le film aux allures de thriller.

Porté par l’énergie de son actrice principale Sidse Babett Knudsen (l’héroïne de la série danoise « Borgen » et César du meilleur second rôle 2016 pour « L’Hermine »), « La fille de Brest » ne laisse rien au hasard : crédibilité de la reconstitution de l’affaire, rythme soutenu, suspense, belle distribution et scènes « choc » à l’image des deux autopsies où il faut avoir, c’est le cas de le dire, le cœur bien accroché.

Le film contient donc tous les éléments pour être captivé du début à la fin. Et pourtant, ce n’est pas toujours le cas en raison d’un côté didactique trop prononcé et de la linéarité du récit qui réserve au final peu de surprises et d’émotions. Malgré ces réserves, « La fille de Brest » est un bel hommage à toutes celles et ceux qui se sont battu (Irène Frachon bien sûr, mais aussi sa famille, ses collègues, une scientifique, une « taupe » appelée joliment « Père Noël », un député, un éditeur, des malades,…) pour sauver des vies et faire indemniser les victimes.

3 étoiles. « La fille de Brest ». ARTE, mercredi 27 octobre, 20h55.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

Lien permanent Catégories : Télévision 0 commentaire

Les commentaires sont fermés.