Du grand au petit écran : un cocktail détonnant

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IMG_5248.jpgLe maire de Lyon, Paul Théraneau, va mal. Il est en panne d’idée. Après trente ans de vie politique, il est totalement vidé. Pour tenter de remédier à ce problème, son équipe décide de lui adjoindre une jeune et brillante philosophe. Et le courant va très bien passer entre eux, ce qui ne sera pas sans conséquences pour leur entourage respectif. 

L’idée de départ est intéressante, quoique peu crédible. Mais le scénario tourne très vite en rond. Si on y ajoute que le film est extrêmement bavard, on finit par se désintéresser assez rapidement de cette réflexion, quelque peu caricaturale, sur la solitude et l’usure du pouvoir.

Alors, certes, Fabrice Luchini, très sobre dans son jeu, ce qui est appréciable, et Anaïs Demoustier sont convaincants dans leur rôle, mais c’est nettement insuffisant pour sauver le film de l’ennui et du manque d’émotion qui s’en dégagent.

Inédit. 2 étoiles. « Alice et le maire ». RTS 1, lundi 29 novembre, 20h50.

IMG_5249.jpg1993. Arthur, étudiant à Rennes, a 22 ans. L’insouciance de sa jeunesse va en prendre un coup lorsqu’il va rencontrer Jacques, un écrivain parisien de quinze ans son aîné. Ils vont se plaire et s’aimer l’espace d’un été, car le temps est compté pour Jacques.

Christophe Honoré, le réalisateur, a voulu filmer un premier amour et un dernier amour en conjuguant deux sentiments contradictoires que sont l’élan et le renoncement avec comme conséquences des scènes qui sont magnifiques, puis d’autres où la pertinence et la crédibilité laissent à désirer. Les scènes de sexe, comme celles de drague d’ailleurs, sonnent faux, ce qui n’est heureusement pas le cas de celles qui font preuve simplement d’intimité et qui sont le plus souvent très réussies. 

L’ennui n’est jamais bien loin sans toutefois s’installer grâce au jeu des acteurs. Pierre Deladonchamps est excellent dans son rôle de condamné et Vincent Lacoste apporte un peu d’émotion à un film qui, hélas, en manque, ce qui est ennuyeux pour une histoire d’amour qui se déroule au moment où le sida fait encore des ravages. Quant à Denis Podalydès, il est formidablement touchant dans le rôle du meilleur ami de Jacques.

Inédit. 2 étoiles. « Plaire, aimer et courir vite ». ARTE, mercredi 1er décembre, 20h55. 
RTS 1 diffuse également le long-métrage dans la nuit de mardi à mercredi à une heure comme trop souvent très tardive (0h35) pour les films dans lesquels il est question d’homosexualité. Désespérant. 

Scandale.jpgLe film s’inspire de l’histoire vraie de deux femmes vedettes, une ancienne co-animatrice et une correspondante, de la chaîne de télévision américaine Fox News très favorable aux Républicains. Après avoir été congédiée en 2016, la première a attaqué en justice Roger Ailes, le fondateur de Fox News, pour harcèlement sexuel. Son témoignage va être à l’origine du scandale que raconte le film et qui se déroule en juillet 2016 pendant les primaires républicaines. Réalisé comme un vrai faux reportage à l’intérieur de Fox News, cette approche, certes extrêmement dynamique et qui restitue l’effervescence d’une chaine d’infos en continue, donne toutefois le tournis dans la première partie du film. Il faut s’accrocher pour ne pas perdre le fil. 

Mais une fois cette première étape passée, « Scandale » laisse alors toute la place à ses trois excellentes actrices principales et la tension monte inexorablement au fur et à mesure que le voile se découvre sur les agissements à vomir de Roger Ailes. C’est efficace, percutant et moqueur envers le fondateur de Fox News et son entourage qui ne comprennent pas ce qui leur arrivent. Toutefois, le film manque d’émotion, à l’image de ce monde télévisuel où tous les coups sont permis pour se faire une place au soleil.

3 étoiles. « Scandale ». France 2, dimanche 28 novembre, 21h05.

Bohemian Rhapsody.jpg« Bohemian Rhapsody » est un film très sage dans sa mise en scène, à l’exact opposé de celui sur lequel il se centre principalement. Il raconte en quelques épisodes et de manière très linéaire la vie du groupe et de son leader de ses débuts en 1970 jusqu’à sa performance lors du Live Aid de juillet 1985 à Wembley. L’accent est particulièrement mis sur Freddie Mercury, ses excès, ses errances, ses questionnements, notamment sur son orientation sexuelle, mais aussi ses traits de génie, sa générosité et sa recherche de l’amitié et de l’amour. Rami Malek est un Freddie Mercury plus vrai que nature et sa performance est bluffante.

Ce parti pris n’empêche toutefois pas le film de s’intéresser également aux relations au sein du groupe et c’est heureux, car les moments mettant en scène les quatre musiciens sont les plus réussis. On n’en dira pas autant de ceux qui se focalisent sur le chanteur qui frisent parfois le mélo et ont tendance à se répéter. L’ennui guette. Mais grâce à la musique, qui occupe la place attendue dans le film, ces lourdeurs s’effacent rapidement pour laisser la place à des chansons connues par tout le monde, ou presque. Les vingt dernières minutes mettent une pêche d’enfer. 

En résumé, si « Bohemian Rhapsody » est plutôt décevant dans sa partie intimiste, l’hommage à la musique de Queen est réussi. Largement suffisant pour passer un bon moment et donner envie de réécouter illico presto les classiques du groupe.

3 étoiles. « Bohemian Rhapsody ». M6, mercredi 1er décembre, 21h05.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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