• « De son vivant » évite le piège du pathos

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    De son vivant.jpgBenjamin est un professeur de théâtre apprécié. Quand il apprend qu’il a un cancer du pancréas incurable, sa vie s’effondre. Et celle de sa mère avec. Alors que cette dernière refuse obstinément d’admettre la réalité, Benjamin va de son côté se préparer petit à petit à l’inéluctable avec l’aide d’un corps médical bienveillant et plein d’empathie.

    À la lecture de ce synopsis, on aura compris que « De son vivant » est un pur mélodrame et qu’il est préférable de prendre un mouchoir avant d’aller le voir. Mais s’il est effectivement difficile de retenir quelques larmes dans la dernière partie, le film n’est pas plombant pour autant grâce au rôle éminemment positif et humain du Docteur Eddé, joué par Gabriel Sala qui est cancérologue de son état. Mais pas seulement : les scènes où Benjamin enseigne le théâtre à ses élèves, et qui sont autant de miroirs de ce qu’il ressent, sont très réussies. Le duo mère-fils est remarquablement interprété par Catherine Deneuve et Benoît Magimel qui a perdu 60 kilos pour le rôle, quel contraste avec son rôle dans « Amants » ! Après avoir partagé l’affiche de l’excellent « La tête haute », les deux acteurs se retrouvent une nouvelle fois sous la direction d’Emmanuelle Bercot. 

    Si « De son vivant » n’atteint pas les sommets d’émotions de « La tête haute », notamment en raison d’intrigues périphériques (un fils qui sort de nulle part et une amourette bien peu crédible) qui diluent inutilement le cœur du sujet, il n’en demeure pas moins que l’ensemble tient la route, ce qui est à relever pour un mélodrame qui aurait facilement pu tomber dans le piège du pathos. (3 étoiles)

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : un cocktail détonnant

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    IMG_5248.jpgLe maire de Lyon, Paul Théraneau, va mal. Il est en panne d’idée. Après trente ans de vie politique, il est totalement vidé. Pour tenter de remédier à ce problème, son équipe décide de lui adjoindre une jeune et brillante philosophe. Et le courant va très bien passer entre eux, ce qui ne sera pas sans conséquences pour leur entourage respectif. 

    L’idée de départ est intéressante, quoique peu crédible. Mais le scénario tourne très vite en rond. Si on y ajoute que le film est extrêmement bavard, on finit par se désintéresser assez rapidement de cette réflexion, quelque peu caricaturale, sur la solitude et l’usure du pouvoir.

    Alors, certes, Fabrice Luchini, très sobre dans son jeu, ce qui est appréciable, et Anaïs Demoustier sont convaincants dans leur rôle, mais c’est nettement insuffisant pour sauver le film de l’ennui et du manque d’émotion qui s’en dégagent.

    Inédit. 2 étoiles. « Alice et le maire ». RTS 1, lundi 29 novembre, 20h50.

    IMG_5249.jpg1993. Arthur, étudiant à Rennes, a 22 ans. L’insouciance de sa jeunesse va en prendre un coup lorsqu’il va rencontrer Jacques, un écrivain parisien de quinze ans son aîné. Ils vont se plaire et s’aimer l’espace d’un été, car le temps est compté pour Jacques.

    Christophe Honoré, le réalisateur, a voulu filmer un premier amour et un dernier amour en conjuguant deux sentiments contradictoires que sont l’élan et le renoncement avec comme conséquences des scènes qui sont magnifiques, puis d’autres où la pertinence et la crédibilité laissent à désirer. Les scènes de sexe, comme celles de drague d’ailleurs, sonnent faux, ce qui n’est heureusement pas le cas de celles qui font preuve simplement d’intimité et qui sont le plus souvent très réussies. 

    L’ennui n’est jamais bien loin sans toutefois s’installer grâce au jeu des acteurs. Pierre Deladonchamps est excellent dans son rôle de condamné et Vincent Lacoste apporte un peu d’émotion à un film qui, hélas, en manque, ce qui est ennuyeux pour une histoire d’amour qui se déroule au moment où le sida fait encore des ravages. Quant à Denis Podalydès, il est formidablement touchant dans le rôle du meilleur ami de Jacques.

    Inédit. 2 étoiles. « Plaire, aimer et courir vite ». ARTE, mercredi 1er décembre, 20h55. 
    RTS 1 diffuse également le long-métrage dans la nuit de mardi à mercredi à une heure comme trop souvent très tardive (0h35) pour les films dans lesquels il est question d’homosexualité. Désespérant. 

    Scandale.jpgLe film s’inspire de l’histoire vraie de deux femmes vedettes, une ancienne co-animatrice et une correspondante, de la chaîne de télévision américaine Fox News très favorable aux Républicains. Après avoir été congédiée en 2016, la première a attaqué en justice Roger Ailes, le fondateur de Fox News, pour harcèlement sexuel. Son témoignage va être à l’origine du scandale que raconte le film et qui se déroule en juillet 2016 pendant les primaires républicaines. Réalisé comme un vrai faux reportage à l’intérieur de Fox News, cette approche, certes extrêmement dynamique et qui restitue l’effervescence d’une chaine d’infos en continue, donne toutefois le tournis dans la première partie du film. Il faut s’accrocher pour ne pas perdre le fil. 

    Mais une fois cette première étape passée, « Scandale » laisse alors toute la place à ses trois excellentes actrices principales et la tension monte inexorablement au fur et à mesure que le voile se découvre sur les agissements à vomir de Roger Ailes. C’est efficace, percutant et moqueur envers le fondateur de Fox News et son entourage qui ne comprennent pas ce qui leur arrivent. Toutefois, le film manque d’émotion, à l’image de ce monde télévisuel où tous les coups sont permis pour se faire une place au soleil.

    3 étoiles. « Scandale ». France 2, dimanche 28 novembre, 21h05.

    Bohemian Rhapsody.jpg« Bohemian Rhapsody » est un film très sage dans sa mise en scène, à l’exact opposé de celui sur lequel il se centre principalement. Il raconte en quelques épisodes et de manière très linéaire la vie du groupe et de son leader de ses débuts en 1970 jusqu’à sa performance lors du Live Aid de juillet 1985 à Wembley. L’accent est particulièrement mis sur Freddie Mercury, ses excès, ses errances, ses questionnements, notamment sur son orientation sexuelle, mais aussi ses traits de génie, sa générosité et sa recherche de l’amitié et de l’amour. Rami Malek est un Freddie Mercury plus vrai que nature et sa performance est bluffante.

    Ce parti pris n’empêche toutefois pas le film de s’intéresser également aux relations au sein du groupe et c’est heureux, car les moments mettant en scène les quatre musiciens sont les plus réussis. On n’en dira pas autant de ceux qui se focalisent sur le chanteur qui frisent parfois le mélo et ont tendance à se répéter. L’ennui guette. Mais grâce à la musique, qui occupe la place attendue dans le film, ces lourdeurs s’effacent rapidement pour laisser la place à des chansons connues par tout le monde, ou presque. Les vingt dernières minutes mettent une pêche d’enfer. 

    En résumé, si « Bohemian Rhapsody » est plutôt décevant dans sa partie intimiste, l’hommage à la musique de Queen est réussi. Largement suffisant pour passer un bon moment et donner envie de réécouter illico presto les classiques du groupe.

    3 étoiles. « Bohemian Rhapsody ». M6, mercredi 1er décembre, 21h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • « Aline » débute mal, puis...

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    IMG_5245.jpgLa bande-annonce vue et revue jusqu’à l’écœurement, la sortie ayant été repoussée d’un an pour les raisons que l’on ne connaît que trop bien, ne présageait rien de bon. Le début du film confirme cette impression. La mise en place de l’intrigue est laborieuse, lourdingue et pas drôle : on se croirait dans un nouvel épisode des Tuches, c’est tout dire. Les effets spéciaux qui consistent à mettre le visage de Valérie Lemercier sur un corps d’enfant sont ridicules. Bref, on souffre et on s’ennuie ferme tout en se demandant bien comment la critique peut être dans l’ensemble aussi bonne. 

    Et puis, de manière presque miraculeuse, la sauce prend petit à petit au moment où Aline devient une adulte et qu’elle peut enfin vivre au grand jour sa relation avec Guy-Claude, son impresario depuis ses débuts et bien plus âgé qu’elle. Le film entre alors dans une autre dimension et réussit à émouvoir et faire rire en mêlant habilement la vie privée et public de la chanteuse. 

    Le jeu de Valérie Lemercier prend de la consistance, à tel point qu’on a de la peine à imaginer que c’est la même actrice que celle dont le jeu agaçait dans la première demi-heure. D’ailleurs, tous les personnages du film, l’excellente distribution est à 90% québécoise, gagnent en épaisseur sur le plan émotionnel au fur et à mesure que l’histoire devient plus dramatique. Le conte de fées laisse alors la place à un destin plus ordinaire, comme la scène finale, magnifique, le met en évidence. (3 étoiles) 

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Des « Amants » sans grand intérêt

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    Lisa et Simon sont beaux (Pierre Niney est souvent torse nu dans la première partie du film et on voit qu’il a bien travaillé ses abdos) et s’aiment depuis toujours. Simon vit du deal et, un jour, ça tourne mal. Obligés de se séparer pour éviter la case prison, nos deux tourtereaux vont se retrouver « par hasard » trois ans plus tard sur l’île Maurice. Mais, entre-temps, Lisa s’est mariée avec un homme bien plus vieux qu’elle et riche. Dans cette équation à trois, un des deux hommes est de trop…

    Si le début du film éveille une certaine curiosité, il n’en est rien de la suite. C’est la plupart du temps ennuyeux, monté à la hache et sans âme, à tel point que l’on se désintéresse très vite du sort des personnages. Benoit Magimel et Pierre Niney font pourtant de leur mieux pour donner un tant soit peu de crédibilité à un film qui en manque cruellement jusqu’à l’ultime plan. « Heureusement », la troisième partie de « Amants » se déroule à Genève, ce qui donne un semblant d’intérêt à repérer les lieux de tournage. C’est tout dire. 

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  • Du grand au petit écran : un parfum de scandale

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    Scandale.jpgLe film s’inspire de l’histoire vraie de deux femmes vedettes, une ancienne co-animatrice et une correspondante, de la chaîne de télévision américaine Fox News très favorable aux Républicains. Après avoir été congédiée en 2016, la première a attaqué en justice Roger Ailes, le fondateur de Fox News, pour harcèlement sexuel. Son témoignage va être à l’origine du scandale que raconte le film et qui se déroule en juillet 2016 pendant les primaires républicaines. Réalisé comme un vrai faux reportage à l’intérieur de Fox News, cette approche, certes extrêmement dynamique et qui restitue l’effervescence d’une chaine d’infos en continue, donne toutefois le tournis dans la première partie du film. Il faut s’accrocher pour ne pas perdre le fil. 

    Mais une fois cette première étape passée, « Scandale » laisse alors toute la place à ses trois excellentes actrices principales et la tension monte inexorablement au fur et à mesure que le voile se découvre sur les agissements à vomir de Roger Ailes. C’est efficace, percutant et moqueur envers le fondateur de Fox News et son entourage qui ne comprennent pas ce qui leur arrivent. Toutefois, le film manque d’émotion, à l’image de ce monde télévisuel où tous les coups sont permis pour se faire une place au soleil.

    Inédit. 3 étoiles. « Scandale ». RTS 1, samedi 27 novembre, 22h40.

    A star is born.jpgJackson Maine est un chanteur et musicien renommé aux addictions nombreuses. Il entend un soir par hasard dans un bar Ally, chanteuse reléguée à l’anonymat malgré son indéniable talent d’interprète-auteure-compositrice. Il tombe amoureux d’elle, et réciproquement, et va la propulser sur le devant de la scène en chantant en duo avec elle lors de ses concerts. Alors que le succès d’Ally est grandissant, Jackson a de son côté de plus en plus de peine à gérer ses démons intérieurs qui l’emmènent au bord du gouffre, malgré l’amour inconditionnel de celle qui est devenue sa femme.

    Le scénario n’est pas le point fort du film, tout particulièrement dans sa partie médiane où ça patine sec. Il suit le schéma hollywoodien bien connu de l’ascension d’une vedette qui a failli passer à côté de son formidable destin, mais qui grâce à la chance, son talent et sa pugnacité finit en haut de l’affiche. Mais, heureusement, la manière « d’habiller » cette trame sans grandes surprises est plutôt réussie, à commencer par l’aspect musical. Les chansons sont de qualité et les voix de Bradley Cooper et de Lady Gaga se marient fort bien donnant même par moment des frissons. Au final, un film pas dénué de défauts, mais qui se laisse toutefois regarder et écouter avec un certain plaisir.

    3 étoiles. « A star is born ». TF1, dimanche 21 novembre, 21h05.

    Je voudrais que qqn m'attende quelque part.jpgAdapté d’un recueil comprenant douze nouvelles écrites par Anna Gavalda, « Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part » raconte l’histoire d’une famille dont le pilier est Jean-Pierre. C’est l’aîné qui a pris le rôle de chef de famille après la mort de son père. Il est entouré par sa mère de 70 ans, ses deux sœurs, Juliette enceinte de son premier enfant à 40 ans et la petite dernière, photographe rebelle, et enfin de son frère Mathieu, 30 ans et qui n’ose pas séduire la femme dont il est amoureux. Ce petit monde va être très secoué après que Jean-Pierre ait décidé de sortir de son rôle.  

    Film choral par excellence, plusieurs histoires se croisent et se rejoignent, « Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part » répond en partie aux attentes : c’est très bien joué, avec une mention toute particulière à Jean-Paul Rouve et Benjamin Lavernhe excellents, il y a de belles scènes et un rebondissement au milieu du film qui évite de tomber dans l’ennui qui caractérise assez souvent ce genre de long-métrage, spécialité française. Il manque toutefois au film ce petit supplément d’âme qui aurait pu le rendre plus bouleversant, comme si les scénaristes n’avaient pas osé aller jusqu’au bout de leur sujet. Dommage.

    2 étoiles. « Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part ». France 2, dimanche 21 novembre, 21h05.

    Jusqu'à la garde.jpgDès la première scène, qui dure une dizaine de minutes et magistralement filmée en gros plan, la tension est palpable : Miriam et Antoine Besson font face à la juge qui doit décider si elle accèdera à la demande de garde partagée du père pour leur fils Julien âgé de 11 ans alors que Miriam l’accuse d’être violent. Obligé finalement par la juge à voir son père un week-end sur deux, Julien va tout faire pour empêcher son père de s’approcher de sa mère quitte à essuyer les foudres de ce dernier.

    Drame qui prend au fur et à mesure que l’intrigue avance des allures de thriller, « Jusqu’à la garde » prend petit à petit à la gorge et la serre de plus en plus jusqu’à un final qui, logiquement, laisse sans voix et sans souffle. Un film coup de poing, sur une réalité endurée hélas par de trop nombreuses familles, qui doit beaucoup à sa mise en scène qui met constamment le spectateur sous tension et à ses trois interprètes principaux – Léa Drucker, Denis Ménochet et le jeune Thomas Gioria – bouleversants de vérité. A ne pas manquer.

    5 étoiles. « Jusqu’à la garde ». France 2, mercredi 24 novembre, 21h10.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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