• « La méthode Williams », pas qu’une histoire de tennis (et 10 films à l’affiche)

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    IMG_5394.jpgPas besoin d’être fan de tennis pour apprécier « La méthode Williams », car comme l’indique Will Smith qui tient le rôle du père des sœurs Williams « ce n’est pas vraiment un film sur le tennis, c’est un film sur la famille, sur la confiance en l’autre, sur l’amour qui triomphe de nombreux obstacles. » A commencer par ceux de la pauvreté et de la couleur de peau dans un monde très blanc et favorisé que Richard Williams va surmonter avec ses deux filles qu’il avait destinées à être des championnes de tennis avant même leur naissance ! Et quelles championnes puisque Serena et Venus Williams ont remporté à elles deux 30 titres du Grand Chelem. 

    « La méthode Williams » raconte le parcours hors normes de cet homme des premiers entraînements de ses filles jusqu’au moment où Venus fait ses débuts sur le circuit professionnel à 14 ans. Si le film est classique dans sa forme et comporte quelques scènes un peu trop répétitives, il est touchant, parfois drôle, mais aussi agaçant, tant la personnalité de Richard Williams est complexe, et spectaculaire à l’image de la dernière demi-heure qui met en scène le deuxième match d’anthologie chez les professionnelles de Venus contre la numéro un mondiale de l’époque. En résumé, un film d’une grande humanité avec de jeunes actrices très convaincantes. (4 étoiles). 

    Toujours à l’affiche

    Illusions perdues.jpg5 étoiles. « Illusions perdues ». Balzac aurait sans doute fort apprécié l’adaptation très réussie de son roman d’une étonnante actualité alors qu’il a été écrit entre 1837 et 1843. Distribution de haut vol, reconstitution somptueuse, mise en scène brillante, excellente bande son et rythme soutenu pratiquement du début à la fin font d’Illusions perdues un des meilleurs films français de 2021. (Uniquement le mardi 4 janvier à 20h30 aux cinémas du Grütli).

     

     

     

     

     

    House of Gucci.jpg4 étoiles. « House of Gucci ». La chute de la maison Gucci, sous l’angle familiale ou de celui du couple formé par Maurizio Gucci et Patrizia Reggiani, tient en haleine avec au menu passion, ambition, trahison et vengeance. Certes, il y a bien ici ou là quelques imprécisions au niveau du scénario et les acteurs qui parlent anglais, dans la version originale, avec l’accent italien, c’est un peu agaçant. Mais l’ensemble est enlevé grâce à une mise en scène et une reconstitution de l’époque qui ne laissent rien au hasard. C’est un vrai plaisir pour les yeux tant les décors, les coiffures, les bijoux et les costumes sont magnifiques, mais aussi pour les oreilles grâce à une excellente bande-son. Et last but not least, la distribution est à la hauteur avec une Lady Gaga qui crève l’écran.

     

     

    Madres Paralelas.jpg4 étoiles. « Madres paralelas ». Janis, 40 ans, et Ana, pas encore majeure, sont sur le point d’accoucher. Elles se retrouvent dans la même chambre. Le père de leur enfant est aux abonnés absents, mais pas pour les mêmes raisons. Si la première se réjouit d’avoir son premier enfant, il n’en est pas de même pour la seconde visiblement traumatisée. Janis essaye de l’épauler tant bien que mal durant ces heures qui précèdent l’accouchement, ce qui va créer un lien fort entre elles. Il va perdurer bien au-delà de la naissance des deux enfants, mais d’une manière totalement inattendue. S’appuyant sur une histoire qui tient le spectateur en haleine du début à la fin, et ce malgré quelques facilités scénaristiques, un côté mondain un brin agaçant et un montage parfois trop abrupt, « Madres paralelas » traite avec brio les thèmes de la maternité et de la descendance et dégage une grande force émotionnelle qui se dégage du film.

     

    Les choses humaines.jpg 4 étoiles. « Les choses humaines » raconte l’histoire d’Alexandre et de Mila, le premier étant accusé par la seconde de l’avoir violée. Le film est construit en trois parties (« lui », « elle » et le procès) afin que, selon le réalisateur Yvan Attal, le spectateur prenne le temps de s’attacher aux deux personnages et puisse par la suite se mettre à la place du jury. Et le moins que l’on puisse écrire est que l’objectif est atteint. En tant que spectateur, on est acteur du film tant des sentiments contradictoires se bousculent au fur et à mesure que l’intrigue avance. L’intérêt du film n’est pas de savoir s’il y a eu viol ou non, mais de comprendre comment et pourquoi il a pu se produire. Jeux de pouvoir, pari stupide, arrogance, sexisme ordinaire, consentement présumé sont quelques-unes des clés. Porté par une brillante distribution et quelques scènes d’une folle intensité pendant le procès, « Les choses humaines » ne laisse pas indifférent.

     

    IMG_5409.jpg4 étoiles. « Don’t look up ». Après avoir découvert qu'une comète tueuse fonce sur la Terre, deux astronomes paniqués se lancent dans une tournée médiatique et politique pour prévenir l'humanité que sa fin est proche. Mais ils ont beaucoup de peine à se faire entendre. Le film, à l’humour grinçant, est un miroir qui renvoie une image à peine déformée d’un monde qui va à sa perte en se voilant la face non seulement sur les changements climatiques, mais aussi sur les inégalités sociales. Une satire réussie portée par une distribution de luxe (Leonardo DiCaprio, Jennifer Lawrence, Meryl Streep, Cate Blanchett…) qui est à voir au cinéma (uniquement le lundi 3 janvier à 11h05 au cinéma Empire) ou sur Netflix.

     

     

    Mourir peut attendre.jpg4 étoiles. « Mourir peut attendre ». Après une entrée en matière sous forme de flashback suivie d’une chasse à l’homme comme il se doit spectaculaire, la demi-heure qui suit sert à mettre en place l’intrigue qui brouille les pistes et, à vrai dire, un peu le spectateur. Mais tout revient dans l’ordre quand on a compris que 007, qui est parti à la retraite, accepte de reprendre du service pour sauver un scientifique qui vient d’être kidnappé. Mais bien évidemment, la mission s’avère bien plus complexe et dangereuse que prévue. James Bond se retrouve à poursuivre le méchant de l’histoire qui détient une arme technologique capable de tuer en se basant sur l’ADN. Si les standards d’un James Bond sont respectés, ce vingt-cinquième épisode est plus intimiste, plus noir aussi, dans la lignée de « Skyfall ». L’action est au service du film, bien dosée et plutôt réaliste. On n’oubliera pas de mentionner des pointes d’humour « so british » qui font mouche et bien sûr la musique toujours très attendue dans un James Bond. Quant à la fin, après 2h45 que l’on ne voit pas passer, elle offre une sortie réussie à Daniel Craig qui incarne pour la dernière fois 007. 

    Aline.jpg3 étoiles. « Aline ». La mise en place de l’intrigue est laborieuse, lourdingue et pas drôle. Les effets spéciaux qui consistent à mettre le visage de Valérie Lemercier sur un corps d’enfant sont ridicules. Bref, on souffre et on s’ennuie ferme. Et puis, de manière presque miraculeuse, la sauce prend petit à petit au moment où Aline devient une adulte et qu’elle peut enfin vivre au grand jour sa relation avec Guy-Claude, son impresario depuis ses débuts et bien plus âgé qu’elle. Le film entre alors dans une autre dimension et réussit à émouvoir et faire rire en mêlant habilement la vie privée et public de la chanteuse. Le jeu de Valérie Lemercier prend de la consistance. D’ailleurs, tous les personnages du film gagnent en épaisseur sur le plan émotionnel au fur et à mesure que l’histoire devient plus dramatique. Le conte de fées laisse alors la place à un destin plus ordinaire comme la scène finale, magnifique, le met en évidence.

     

    De son vivant.jpg3 étoiles. « De son vivant ». Benjamin est un professeur de théâtre apprécié. Quand il apprend qu’il a un cancer du pancréas incurable, sa vie s’effondre. Et celle de sa mère avec. Alors que cette dernière refuse obstinément d’admettre la réalité, Benjamin va de son côté se préparer petit à petit à l’inéluctable avec l’aide d’un corps médical bienveillant et plein d’empathie. « De son vivant » est un pur mélodrame et s’il est difficile de retenir quelques larmes dans la dernière partie, le film n’est pas plombant pour autant grâce au rôle éminemment positif et humain du Docteur Eddé, joué par Gabriel Sala qui est cancérologue de son état. Mais pas seulement : les scènes où Benjamin enseigne le théâtre à ses élèves, et qui sont autant de miroirs de ce qu’il ressent, sont très réussies. Si « De son vivant » n’atteint pas toujours les sommets d’émotions attendus, notamment en raison d’intrigues périphériques qui diluent inutilement le cœur du sujet, il n’en demeure pas moins que l’ensemble tient la route, ce qui est à relever pour un mélodrame qui aurait facilement pu tomber dans le piège du pathos.

    Spider-Man, No Way Home.jpg2 étoiles. « Spider-Man: No Way Home ». A la fin de l’opus précédent, et pour la première fois de son histoire, Peter Parker, alias Spider-Man, était démasqué. Impossible dès lors pour lui de vivre incognito sa vie de super-héros. Pour tenter de remédier à cette situation délicate, il demande de l’aide à Doctor Strange afin qu’il efface de la mémoire de la planète entière que Peter Parker est Spider-Man. Mais les choses ne vont pas se dérouler comme prévu et Spider-Man va alors devoir affronter son passé avec quelques surprises à la clé. On n’en dira pas plus, car ce serait dévoilé ce qui fait l’intérêt, le seul à vrai dire, de ce nouveau volet de l’homme-araignée qui met, plutôt habilement, les fans dans sa poche en rendant hommage à l’héritage de Spider-Man. Mais pour le reste, rien de bien nouveau : les scènes d’action sont attendues, tout comme les effets spéciaux, la mort d’un des personnages, comme certaines autres scènes d’ailleurs, traine en longueur et les deux ami.e.s de Peter Parker font de la figuration. En résumé, c’est sans doute le moins mauvais Spider-Man de la franchise avec Tom Holland, mais pas de quoi toutefois se précipiter au cinéma à moins d’être un véritable fan. 

    Titane.jpg0 étoile. « Titane ». Je m’attendais au pire. Je n’ai pas été déçu ! Pourquoi dès lors être allé voir le film ? Par curiosité. Et comme chacun le sait, c’est un vilain défaut. En guise de punition, j’ai supporté une histoire sans queue ni tête, mais peut-être que c’est moi qui n’ai rien compris, qui ressemble à un enchaînement de clips, certes bien mis en scène et bien joués par les deux personnages principaux. J’ai hésité à partir après les trente premières minutes d’une rare violence. Je suis quand même resté en me disant que ce film avait reçu la Palme d’or au Festival de Cannes et que le plus dur était passé. La seconde partie est effectivement beaucoup moins violente, mais toujours aussi dénuée de sens (l’héroïne est enceinte d’une voiture…) et « tape à l’œil » avec des scènes qui frisent le ridicule ou qui donnent envie de vomir au sens propre et figuré. Comment le jury du Festival de Cannes a-t-il pu décerner sa Palme d’or à un film pareil ? Quoiqu’il en soit, un film qu’il est préférable d’éviter, sauf à vouloir se laisser tenter par la curiosité… (Uniquement le dimanche 2 janvier aux cinémas du Grütli)

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire, 0 étoile : à éviter

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  • « Spider-Man : No Way Home » : pour les fans (et 7 films à l’affiche)

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    Spider-Man, No Way Home.jpgIl ne faut jamais dire « jamais plus ».  Après le dernier Spider-Man en date (2017) d’une rare indigence, « Spider-Man : Homecoming », il n’était pas question que j’aille voir la suite. Et pourtant, à la lecture de critiques étonnamment bonnes, je me suis dit qu’il serait finalement dommage de manquer apparemment le meilleur des trois Spider-Man avec Tom Holland.

    A la fin de l’opus précédent, et pour la première fois de son histoire, Peter Parker, alias Spider-Man, était démasqué. Impossible dès lors pour lui de vivre incognito sa vie de super-héros. Pour tenter de remédier à cette situation délicate, il demande de l’aide à Doctor Strange afin qu’il efface de la mémoire de la planète entière que Peter Parker est Spider-Man. Mais les choses ne vont pas se dérouler comme prévu et Spider-Man va alors devoir affronter son passé avec quelques surprises à la clé. 

    On n’en dira pas plus, car ce serait dévoilé ce qui fait l’intérêt, le seul à vrai dire, de ce nouveau volet de l’homme-araignée qui met, plutôt habilement, les fans dans sa poche en rendant hommage à l’héritage de Spider-Man. Mais pour le reste, rien de bien nouveau : les scènes d’action sont attendues, tout comme les effets spéciaux, la mort d’un des personnages, comme certaines autres scènes d’ailleurs, traine en longueur et les deux ami.e.s de Peter Parker font de la figuration. 

    En résumé, c’est sans doute le moins mauvais Spider-Man de la franchise avec Tom Holland, mais pas de quoi toutefois se précipiter au cinéma à moins d’être un véritable fan. Last but not least, il semblerait que ce troisième épisode soit également le dernier, comme la fin du film le laisse à penser. Mais devant l’énorme succès qu’il rencontre de par le monde, il est permis d’en douter. Et j’éviterai d’écrire que je n’irai pas, le cas échéant, le voir… (2 étoiles)

    Toujours à l’affiche

    Illusions perdues.jpg5 étoiles. « Illusions perdues ». Balzac aurait sans doute fort apprécié l’adaptation très réussie de son roman d’une étonnante actualité alors qu’il a été écrit entre 1837 et 1843. Distribution de haut vol, reconstitution somptueuse, mise en scène brillante, excellente bande son et rythme soutenu pratiquement du début à la fin font d’Illusions perdues un des meilleurs films français de 2021. (Uniquement le mardi 4 janvier à 20h30 aux cinémas du Grütli)

     

     

    House of Gucci.jpg4 étoiles. « House of Gucci ». La chute de la maison Gucci, sous l’angle familiale ou de celui du couple formé par Maurizio Gucci et Patrizia Reggiani, tient en haleine avec au menu passion, ambition, trahison et vengeance. Certes, il y a bien ici ou là quelques imprécisions au niveau du scénario et les acteurs qui parlent anglais, dans la version originale, avec l’accent italien, c’est un peu agaçant. Mais l’ensemble est enlevé grâce à une mise en scène et une reconstitution de l’époque qui ne laissent rien au hasard. C’est un vrai plaisir pour les yeux tant les décors, les coiffures, les bijoux et les costumes sont magnifiques, mais aussi pour les oreilles grâce à une excellente bande-son. Et last but not least, la distribution est à la hauteur avec une Lady Gaga qui crève l’écran.

     

    Madres Paralelas.jpg4 étoiles. « Madres paralelas ». Janis, 40 ans, et Ana, pas encore majeure, sont sur le point d’accoucher. Elles se retrouvent dans la même chambre. Le père de leur enfant est aux abonnés absents, mais pas pour les mêmes raisons. Si la première se réjouit d’avoir son premier enfant, il n’en est pas de même pour la seconde visiblement traumatisée. Janis essaye de l’épauler tant bien que mal durant ces heures qui précèdent l’accouchement, ce qui va créer un lien fort entre elles. Il va perdurer bien au-delà de la naissance des deux enfants, mais d’une manière totalement inattendue. S’appuyant sur une histoire qui tient le spectateur en haleine du début à la fin, et ce malgré quelques facilités scénaristiques, un côté mondain un brin agaçant et un montage parfois trop abrupt, « Madres paralelas » traite avec brio les thèmes de la maternité et de la descendance et dégage une grande force émotionnelle qui se dégage du film. 

    Les choses humaines.jpg4 étoiles. « Les choses humaines » raconte l’histoire d’Alexandre et de Mila, le premier étant accusé par la seconde de l’avoir violée. Le film est construit en trois parties (« lui », « elle » et le procès) afin que, selon le réalisateur Yvan Attal, le spectateur prenne le temps de s’attacher aux deux personnages et puisse par la suite se mettre à la place du jury. Et le moins que l’on puisse écrire est que l’objectif est atteint. En tant que spectateur, on est acteur du film tant des sentiments contradictoires se bousculent au fur et à mesure que l’intrigue avance. L’intérêt du film n’est pas de savoir s’il y a eu viol ou non, mais de comprendre comment et pourquoi il a pu se produire. Jeux de pouvoir, pari stupide, arrogance, sexisme ordinaire, consentement présumé sont quelques-unes des clés. Porté par une brillante distribution et quelques scènes d’une folle intensité pendant le procès, « Les choses humaines » ne laisse pas indifférent.

    Aline.jpg3 étoiles. « Aline ». La mise en place de l’intrigue est laborieuse, lourdingue et pas drôle. Les effets spéciaux qui consistent à mettre le visage de Valérie Lemercier sur un corps d’enfant sont ridicules. Bref, on souffre et on s’ennuie ferme. Et puis, de manière presque miraculeuse, la sauce prend petit à petit au moment où Aline devient une adulte et qu’elle peut enfin vivre au grand jour sa relation avec Guy-Claude, son impresario depuis ses débuts et bien plus âgé qu’elle. Le film entre alors dans une autre dimension et réussit à émouvoir et faire rire en mêlant habilement la vie privée et public de la chanteuse. Le jeu de Valérie Lemercier prend de la consistance. D’ailleurs, tous les personnages du film gagnent en épaisseur sur le plan émotionnel au fur et à mesure que l’histoire devient plus dramatique. Le conte de fées laisse alors la place à un destin plus ordinaire comme la scène finale, magnifique, le met en évidence.

    De son vivant.jpg3 étoiles. « De son vivant ». Benjamin est un professeur de théâtre apprécié. Quand il apprend qu’il a un cancer du pancréas incurable, sa vie s’effondre. Et celle de sa mère avec. Alors que cette dernière refuse obstinément d’admettre la réalité, Benjamin va de son côté se préparer petit à petit à l’inéluctable avec l’aide d’un corps médical bienveillant et plein d’empathie. « De son vivant » est un pur mélodrame et s’il est difficile de retenir quelques larmes dans la dernière partie, le film n’est pas plombant pour autant grâce au rôle éminemment positif et humain du Docteur Eddé, joué par Gabriel Sala qui est cancérologue de son état. Mais pas seulement : les scènes où Benjamin enseigne le théâtre à ses élèves, et qui sont autant de miroirs de ce qu’il ressent, sont très réussies. Si « De son vivant » n’atteint pas toujours les sommets d’émotions attendus, notamment en raison d’intrigues périphériques qui diluent inutilement le cœur du sujet, il n’en demeure pas moins que l’ensemble tient la route, ce qui est à relever pour un mélodrame qui aurait facilement pu tomber dans le piège du pathos.

    Titane.jpg0 étoile. « Titane ». Je m’attendais au pire. Je n’ai pas été déçu ! Pourquoi dès lors être allé voir le film ? Par curiosité. Et comme chacun le sait, c’est un vilain défaut. En guise de punition, j’ai supporté une histoire sans queue ni tête, mais peut-être que c’est moi qui n’ai rien compris, qui ressemble à un enchaînement de clips, certes bien mis en scène et bien joués par les deux personnages principaux. J’ai hésité à partir après les trente premières minutes d’une rare violence. Je suis quand même resté en me disant que ce film avait reçu la Palme d’or au Festival de Cannes et que le plus dur était passé. La seconde partie est effectivement beaucoup moins violente, mais toujours aussi dénuée de sens (l’héroïne est enceinte d’une voiture…) et « tape à l’œil » avec des scènes qui frisent le ridicule ou qui donnent envie de vomir au sens propre et figuré. Comment le jury du Festival de Cannes a-t-il pu décerner sa Palme d’or à un film pareil ? Quoiqu’il en soit, un film qu’il est préférable d’éviter, sauf à vouloir se laisser tenter par la curiosité… (Uniquement le dimanche 2 janvier à 21h15 aux cinémas du Grütli)

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire, 0 étoile : à éviter

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  • Du grand au petit écran : de fortes personnalités dans des genres bien différents

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    Fast and Furious.jpgSpin-off de la fameuse franchise Fast & Furious, neuf épisodes à ce jour, « Fast & Furious: Hobbs & Shaw » est centré, comme son titre l'indique, sur les personnages joués par Dwayne Johnson et Jason Statham qui ont fait leur apparition dans la série dans les épisodes 5 et 6. Ils se sont affrontés dans l'épisode 7 et ne peuvent pas se voir. Mais les deux ennemis jurés vont devoir faire équipe malgré eux pour éviter qu'un dangereux virus ne tombe dans les mains d'un (très) méchant. Rien de bien original dans le fond et ce n'est pas une surprise pour ce genre de production. Qu'en est-il alors de la forme ? 

    De ce point de vue-là, le film répond tout à fait aux attentes. L'action est menée à un rythme d'enfer avec une bonne dose d'humour et le côté souvent invraisemblable de ce qui se déroule à l'écran est parfaitement assumé, avec notamment une scène d'anthologie entre un hélicoptère accroché à une dépanneuse. Le spectacle est donc bel et bien au rendez-vous, on oubliera les quelques scènes sentimentales dont on se passerait volontiers, et il y a un réel plaisir, certes totalement régressif, à se laisser emporter par ce pur divertissement parfois proche du délire.

    Inédit. 3 étoiles. « Fast & Furious : Hobbs & Shaw ». RTS 1, lundi 27 décembre, 20h55.

    Noureev.jpgRalph Fiennes, plus connu comme acteur que réalisateur, est fasciné par la culture russe et a tout de suite pensé que la biographie de Rudolph Noureev, parue il y a près de 20 ans, avait un potentiel cinématographique. Deux décennies plus tard, il met en scène le célèbre danseur sur un scénario de David Hare qui souhaitait s’intéresser à la période parisienne de Noureev, alors que le réalisateur voulait se pencher sur son enfance et ses études à Saint-Pétersbourg. Il sera finalement question de ses trois périodes dans le film. 

    Et autant le dire tout de suite, c’est sa faiblesse. En effet, les trop nombreux, et parfois répétitifs, flashbacks enlèvent de la fluidité au récit. Ceci étant dit, le film n’en est pas désagréable pour autant, la personnalité de Noureev étant suffisamment forte pour s’intéresser à son parcours de son enfance à ce séjour à Paris en 1961 qui se terminera par sa demande d’asile politique sur fond de guerre froide. Inutile donc d’être un fan de ballet pour voir ce biopic sur un danseur qui a brisé les conventions en matière de danse classique. 

    Inédit. 3 étoiles. « Noureev ». RTS 1, nuit du mardi 28 au dimanche 29 décembre, 00h30.

    Bohemian Rhapsody.jpg« Bohemian Rhapsody » est un film très sage dans sa mise en scène, à l’exact opposé de celui sur lequel il se centre principalement. Il raconte en quelques épisodes et de manière très linéaire la vie du groupe et de son leader de ses débuts en 1970 jusqu’à sa performance lors du Live Aid de juillet 1985 à Wembley. L’accent est particulièrement mis sur Freddie Mercury, ses excès, ses errances, ses questionnements, notamment sur son orientation sexuelle, mais aussi ses traits de génie, sa générosité et sa recherche de l’amitié et de l’amour. Rami Malek est un Freddie Mercury plus vrai que nature et sa performance est bluffante.

    Ce parti pris n’empêche toutefois pas le film de s’intéresser également aux relations au sein du groupe et c’est heureux, car les moments mettant en scène les quatre musiciens sont les plus réussis. On n’en dira pas autant de ceux qui se focalisent sur le chanteur qui frisent parfois le mélo et ont tendance à se répéter. L’ennui guette. Mais grâce à la musique, qui occupe la place attendue dans le film, ces lourdeurs s’effacent rapidement pour laisser la place à des chansons connues par tout le monde, ou presque. Les vingt dernières minutes mettent une pêche d’enfer. 

    3 étoiles. « Bohemian Rhapsody ». M6, lundi 27 décembre, 21h05.

    Mamma Mia Here we go again.jpgSur l’île paradisiaque de Kalokari, Sophie, la fille de Donna (Meryl Streep) et aux trois pères, va ouvrir un hôtel, mais elle rencontre quelques soucis. Son entourage lui conseille alors de s’inspirer de l’exemple de sa mère pour affronter les obstacles. A partir de cette trame on ne peut plus mince, les flashbacks vont se succéder et faire découvrir au spectateur comment Donna a rencontré une trentaine d’années auparavant les futurs trois pères de Sophie.

    Rien donc de très passionnant à cette histoire déjà connue dans le premier épisode, mais les éléments qui ont fait le succès de « Mamma Mia ! » sont repris le plus souvent avec bonheur, à commencer par les chansons d’Abba, dont certaines inconnues qu’on découvre avec plaisir, et les chorégraphies qui vont avec. Les décors kitsch « carton-pâte », le ciel bleu et la mer transparente sont toujours du plus bel effet. On retrouve la même distribution qu’il y a dix ans à laquelle on a ajouté de jeunes acteurs, avec une mention particulière pour Lily James (Donna jeune). L’humour, le plus souvent du second degré, est bien présent. Et il y a même parfois de l’émotion, tout particulièrement lors de la seule (!) apparition de Meryl Streep. Au final, cette suite de « Mamma Mia ! » remplit son contrat. Sans plus.

    3 étoiles. « Mamma Mia : Here We Go Again ». RTS 1, nuit du samedi 1er au dimanche 2 janvier, 00h45.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • « Les choses humaines » ne laisse pas indifférent

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    Les choses humaines.jpgAdapté du roman éponyme de Karine Tuil, « Les choses humaines » raconte l’histoire d’Alexandre et de Mila, le premier étant accusé par la seconde de l’avoir violée. Le film est construit en trois parties (« lui », « elle » et le procès) afin que, selon le réalisateur Yvan Attal, le spectateur prenne le temps de s’attacher aux deux personnages et puisse par la suite se mettre à la place du jury. Pour le garçon, il avait envie de souligner l’aspect touchant de sa personnalité, malgré la violence de ce dont on l’accuse. Concernant la fille, il voulait instiller une once de doute sur son témoignage, absolument pas pour la rendre antipathique, mais pour mettre en lumière toute la complexité de juger.

    Et le moins que l’on puisse écrire est que l’objectif est atteint. En tant que spectateur, on est acteur du film tant des sentiments contradictoires se bousculent au fur et à mesure que l’intrigue avance. Sentiments exacerbés par le fait que les parents des deux jeunes sont liés entre eux, la jeune femme étant la fille du compagnon de la mère du jeune homme. Face à ce drame, les deux familles vacillent sous le choc à la recherche d’une vérité qui prend des formes différentes au gré des événements, des convictions des uns et des autres ou encore de leur mode de vie parfois très éloigné. C’est ainsi que la mère de Mila est très religieuse alors que le père d’Alexandre est un présentateur de télévision vedette qui aime séduire les femmes.

    L’intérêt du film n’est pas de savoir s’il y a eu viol ou non, mais de comprendre comment et pourquoi il a pu se produire. Jeux de pouvoir, pari stupide, arrogance, sexisme ordinaire, consentement présumé sont quelques-unes des clés. Porté par une brillante distribution et quelques scènes d’une folle intensité pendant le procès, « Les choses humaines » ne laisse pas indifférent. (4 étoiles)

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas désagréable, mais pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran: des poules irrésistibles

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    214F7F37-E54E-4E9F-B03B-9A26A5C4156E.jpegRaymond est un paysan romantique qui est sur le point de perdre son exploitation agricole. Mais loin de se résigner, il décide d’attirer l’attention de la France entière, et même au-delà, avec les moyens d’aujourd’hui en cherchant à créer le « buzz ». Et pour y parvenir, il va mettre en scène, face caméra, sa passion pour le théâtre et celle des grands textes avec sa poule Roxane.  

    Les poules sont les véritables héroïnes de ce film et leur « jeu » est totalement bluffant. Elles sont à vrai dire irrésistibles, à tel point que toutes les scènes où elles sont absentes frisent le plus souvent l’ennui. La faute à un scénario dont on devine à l’avance les péripéties, qui se répète et à une image idéalisée de la campagne qui finit par tomber à plat.

    Alors, certes, « Roxane » s’apparente à une fable, mais à force d’invraisemblances l’intérêt pour les aventures de ce paysan poète se perd en route. Et il semble en être de même pour les interprètes, Guillaume de Tonquédec en tête, qui donnent l’impression de s’ennuyer au contraire des poules qui sauvent le film à elles toutes seules.

    Inédit. 2 étoiles. « Roxane ». RTS 1, lundi 20 décembre, 20h45.

    14DF9558-EF97-4104-ACA4-980E664F4437.jpegDocumentaire sur la vie de la très talentueuse chanteuse anglaise Amy Winehouse qui connut une vie aussi brève que tumultueuse, le film du réalisateur Asif Kapadia vous prend à la gorge dès les premières images et ne vous lâche plus jusqu’à la fin que l’on sait fatale, mais que l’on souhaiterait pourtant différente.

    Cette remarque en dit long sur la qualité du film : il fait si bien revivre Amy Winehouse grâce à sa musique, à des images d’archives, des témoignages de ses proches et des interviews de la chanteuse que l’on espère jusqu’au bout qu’elle finira par s’en sortir.

    Mais il n’en est bien évidemment rien. Et le spectateur d’assister impuissant à cette descente aux enfers presque irréelle, tant elle est par moment ponctuée de scènes violentes et bouleversantes. Voyeurisme ? Plutôt un hommage brillant à une personnalité hors du commun qui n’avait pas les épaules assez larges pour assumer une célébrité qui l’a poussée vers un abîme dont l’origine remontait déjà à son enfance.

    4 étoiles. « Amy ». TMC, mercredi 22 décembre, 23h00.

    DA4B39DC-C1E7-4F78-B0C5-5D57E5583706.jpegAdapté d’une pièce de théâtre, « Une heure de tranquillité » raconte l’histoire de Michel, dentiste embourgeoisé et grand amateur de jazz, qui vient de trouver aux puces un disque très rare qu’il veut écouter de suite chez lui sans qu’on le dérange. Mais son entourage (sa femme, sa maîtresse, son fils, son voisin, sa mère, sa femme de ménage et son plombier) va en décider autrement.

    Malgré quelques situations très drôles, le film reste toutefois assez convenu, à part la fin très réussie, et ne réserve pas de grandes surprises. On y sourit, plus qu’on y rit. On y apprécie les clins d’œil à d’autres films (« Le Père Noël est une ordure », « Le dîner de cons ») et les acteurs sont bons. A commencer par Christian Clavier, pratiquement dans chaque plan, qui n’en fait pas des tonnes. Carole Bouquet en épouse dépressive et Rossy de Palma en femme de ménage sont également à la hauteur. Les ingrédients sont donc de bonne qualité, mais la sauce ne prend pas vraiment. Pas désagréable, mais pas indispensable.

    2 étoiles. « Une heure de tranquillité ». RTS 1, vendredi 24 décembre, 20h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas désagréable, mais pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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