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  • Confronter les slogans du MCG à la réalité

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    Les élections de ce dimanche ont confirmé le vote du 6 octobre en mettant au gouvernement des candidats des trois « blocs ». La grande nouveauté est bien évidemment l’arrivée d’un MCG au sein de ce gouvernement. En terme de représentativité, c’est pour le moins normal vu le poids de ce parti au Grand Conseil. Mais il est vrai que les deux ne sont pas forcément liés, comme l’élection des deux candidats du PDC le prouve.

    J’aurais préféré l’élection de Thierry Apothéloz, qui aurait sans soute fait un très bon conseiller d’Etat, à celle de Mauro Poggia. Mais je ne vais pas en faire une maladie…à condition qu’il se retrouve à la tête d’un département où le « y’en a marre » du MCG s’est fortement exprimé durant la campagne et sur les bancs du Grand Conseil lors de la dernière législature, à savoir principalement sur les problèmes de mobilité et d’emploi.

    La population a voulu un conseiller d’Etat MCG et donner un peu plus de pouvoir à ce parti. Soit. Il faut donc lui donner la possibilité d’agir là où les slogans pourront être confrontés à la réalité. En désignant Mauro Poggia à la tête d’un département qui ne concernerait pas les combats de prédilection du MCG, cela ne respecterait pas de mon point de vue la volonté populaire.

    Les autres candidats élus ce dimanche, dont une seule femme ce qui est bien regrettable en terme d’égalité, tiendront-ils le même raisonnement ? Réponse très attendue ces prochains jours !
     


     

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  • La déclaration d'amour d'Eric Stauffer aux fonctionnaires

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    A 48 heures de l’élection au Conseil d’Etat, les candidats abattent leurs dernières cartes pour convaincre les indécis de voter pour eux. Eric Stauffer vient de sortir celle de « fonctionnaires, je vous aime » en tirant à boulets rouges sur son blog sur la décision du Conseil d’Etat sortant de bloquer l’annuité 2014.

    J’ai eu l’occasion de livrer ici-même  mes interrogations sur cette décision et elles rejoignent, sous une forme moins polémique, en partie celles du candidat MCG. La déclaration d’amour du candidat Stauffer aux fonctionnaires est-elle sincère ? Il est permis d’en douter si l’on se rappelle des débats de ce printemps sur le budget 2013.

    En effet, le MCG, allié avec l’UDC et dans un premier temps avec le PLR, avait voulu voter une baisse linéaire de 2% du budget ce qui aurait eu des conséquences catastrophiques, notamment au niveau des postes dans la formation et la sécurité, et entrainé inévitablement une péjoration des conditions de travail des fonctionnaires. On ne peut donc pas vraiment appeler cela un soutien à la fonction publique !

    Que celles et ceux qui seraient tentés de prendre pour de l’argent comptant les propos d’Eric Stauffer au sujet des fonctionnaires n’oublient donc pas cet épisode budgétaire du printemps 2013. Il en dit long sur la politique à géométrie variable du MCG.

     

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  • Prestations de l'Etat financées par ses fonctionnaires (journal d'un député indépendant, épilogue)

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    Le Conseil d’Etat a transmis au Grand Conseil un projet de loi visant à suspendre en 2014 les annuités des fonctionnaires afin que le budget soit équilibré. Ils paient, c’est le cas de le dire, la décision du Tribunal fédéral qui empêche l’Etat de demander une redevance supplémentaire aux SIG de 31 millions de francs pour 2014. Ceci dit, vu les derniers événements, ce n’était pas forcément une idée dans le vent !

    Cette décision, pas très originale, de suspendre, une fois de plus, les augmentations annuelles des fonctionnaires est politique et sera donc débattue par le Parlement.

    Ce qui est plus original, par contre, c’est ce qu'écrit le Conseil d’Etat dans son communiqué de presse: « l'alternative à la suspension de l'annuité aurait été de réduire l'augmentation des dépenses dans le domaine pénitentiaire et de la formation (réforme du cycle d'orientation et mercredi matin ajouté à l'horaire scolaire), ce qui n'entre pas en ligne de compte. La suspension de l'annuité n'est donc pas la conséquence d'une mauvaise conjoncture économique, mais sert à financer de nouvelles prestations prioritaires. » En résumé, l’Etat n’a pas les moyens suffisants pour financer toutes les prestations prévues, bien que, dit-il, la conjoncture économique ne soit pas mauvaise.

    Alors, plutôt que d’imaginer des solutions alternatives (pourquoi ne pas introduire, par exemple, le mercredi matin que pour les 7P et 8P dans un premier temps ?), il les fait financer par ses fonctionnaires. A propos du mercredi matin, dans le budget 2014 ne se trouve qu’un tiers des dépenses (septembre à décembre) qui seront nécessaires chaque année : qu’en sera-t-il dans celui de 2015 quand la somme entière sera budgétée ? Faudra-t-il alors non seulement bloquer les salaires, mais carrément les baisser pour le financer ? Cette interrogation est d’ailleurs également valable pour les nouvelles places de prison prévues ces prochaines années.

    Ces questions je ne pourrai pas les poser directement, puisque je termine aujourd’hui mon mandat de député indépendant. Mais gageons que d’autres s’en chargeront !

     


     

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  • À qui le septième siège?

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    En cette fin de campagne, ce n'est pas de savoir qui seront les premiers au classement dimanche qui retient l'attention, mais bien qui d'Isabel Rochat, de Luc Barthassat et de Thierry Apothéloz restera sur le carreau.

    5 sièges sont selon moi d'ores et déjà attribués: Pierre Maudet, François Longchamp, Serge Dal Busco, tous les trois en raison de leur excellent score au premier tour, Antonio Hodgers, qui est perçu comme un centriste ce qui est un grand avantage dans ce genre d'élection, et Anne Emery-Torracinta parce que c'est la seule candidature féminine qui ne fait pas, à juste titre, débat.

    À l'autre bout, Céline Amaudruz est trop profilée à droite et sa candidature n'est pas vraiment prise au sérieux, à tort ou à raison. Éric Stauffer apparaît plus comme un empêcheur de tourner en rond qu'un véritable dirigeant. Quant à Mauro Poggia, malgré son excellent score du premier tour, il ne devrait pas faire mieux que neuvième emporté par la polémique, déplacée mais qui aura son effet, sur son appartenance à la religion musulmane, et surtout sur son discours peu clair sur les frontaliers et l'appartenance à un parti qui n'arrive pas à faire taire les personnages peu reluisants qui le composent, comme Denis Menoud.

    Reste donc 3 candidats pour 2 sièges. L'expérience de Thierry Apothéloz en tant que conseiller administratif de la deuxième commune la plus peuplée du canton et au sein de l'Association genevoise des communes est un avantage. Luc Barthassat peut compter sur le vote de la campagne et une popularité certaine. Quant à Isabel Rochat, elle est la seule "survivante" des libéraux et elle a eu le courage il y a 4 ans, que n'ont pas eu ces messieurs, de reprendre la police, ce qui lui vaut la sympathie d'une partie de l'électorat. Ce n'est toutefois sans doute pas suffisant. Il ne serait donc pas vraiment surprenant qu'une seule femme siège au gouvernement ces cinq prochaines années.

    Alors, 2 PLR, 2 PDC, 1 vert et 2 socialistes élus dimanche? Plus que cinq jours pour le savoir!

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  • Traque aux petits mensonges des journalistes de la TdG

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    Ce titre est un clin d’œil à celui de la Une de la TdG du week-end « Traque aux petits mensonges des candidats » (au second tour de l’élection au Conseil d’Etat). Et qu’en est-il des journalistes de la TdG ? Disent-ils toujours la vérité, rien que la vérité ? Cette publication n’aurait bien évidemment aucun intérêt si la réponse était « oui »!

    Première « preuve » : l’article de Marc Bretton, « les révélations de Thierry Apothéloz » dans la TdG du week-end. On y apprend que le candidat socialiste est le premier candidat à un Exécutif à évoquer son homosexualité suite à une interview qu’il a donnée dans le magazine 360. J’ai moi-même donné une interview à ce même magazine, ainsi que dans le Courrier, dans le cadre de ma campagne pour l’élection complémentaire au Conseil administratif de la Ville de Genève en octobre 2012.

    Deuxième « preuve » : Olivier Francey s’intéresse dans le cadre du premier tour de l’élection au Conseil d’Etat aux fonctionnaires candidats à l’Exécutif et la façon dont ils ont réglé le problème avec leur employeur (Delphine Gabus Perrella a pris un congé extraordinaire, mais pas Anne Emery-Torracinta). Aucune trace dans l’article du candidat Pirate fonctionnaire, directeur d’établissement scolaire, fonction dont on parle pourtant fréquemment sur les blogs de la TdG.

    Troisième « preuve » : Laure Gabus soulève le problème de la compatibilité de certains élus pour la prochaine législature en regard de leur statut de fonctionnaire ou proche de celui-ci (collaborateurs des HUG, par exemple). Et de donner l’exemple du dernier vote au Grand Conseil sur la modification du PLEND où les fonctionnaires étaient directement concernés. Pourtant, il n’y a eu aucune abstention, relève la journaliste. La plupart des fonctionnaires n’ont simplement pas participé au vote ! Patrick Saudan (PLR et médecin aux HUG) et moi-même avons même pris le soin de le signifier au président en prenant la parole.

    Ces petits mensonges, plutôt des oublis en l’occurrence, n’ont guère d’importance quoique celui sur le vote du PLEND ne rende pas justice à des élus du peuple dans l’exercice de leur fonction, c’est quand même plus gênant. Comme quoi, il n’y a pas que les politiciens « qui ne fassent pas tous preuve de rigueur statistique ou argumentaire » pour citer Sophie Simon et Marc Moulin…

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