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  • La grève "préventive" pour se faire entendre

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    « Vaut-il la peine de déclencher la guerre pour 5 millions annuels en faisant payer à la population son outrecuidance d’avoir souhaité des TPG moins chers, mais en aucun cas moins efficaces ? » Cette question je l’ai posée il y a deux semaines ici même suite à la décision de la commission des transports du Grand Conseil de voter en faveur d’un nouveau contrat de prestations des TPG de 4 ans dans lequel il manque cette somme par année pour maintenir les emplois et les prestations.

    Mauvais perdants après que le peuple ait voté par deux fois en faveur de l’initiative de l’AVIVO, je précise que j’ai moi-même voté par deux fois NON à cette initiative, la majorité de droite n’a pas voulu comprendre le message de la population : les TPG sont trop chers.

    La population n’a pas dit  « baissons les prix et par la même occasion les prestations en procédant à des licenciements » ! Et s’il fallait s’en convaincre, il suffit de prendre comme preuve le sondage du Département des transports qui plébiscitent…les transports publics ! Je ne vois donc pas en quoi c’est un paradoxe que le syndicat des transports SEV « combatte des réductions de prestations qui découlent directement du vote des Genevois » comme l’écrit le rédacteur en chef de la Tribune de Genève. A moins que M. Ruetschi ne soit le porte-parole de la droite, évidemment…

    Entêtée, la droite, y compris le MCG qui a pourtant soutenu l’initiative !, a poussé aujourd’hui une grande partie des chauffeurs des TPG à faire une grève « préventive » pour se faire entendre avant que ce vote soit avalisé en séance plénière. Il n’y avait pas d’autre moyen de procéder, et on peut le regretter, mais les promesses, celles de M. Barthassat en l’occurrence, n’engagent que ceux qui y croient !

    Le Conseil d’Etat, qui pourrait retirer son projet, et la majorité du Grand Conseil, qui pourrait le refuser s’il n’était pas retiré, auront-ils compris le message, apparemment soutenu par une majorité de la population ?  Rien n’est moins sûr. A suivre…

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  • "Une nouvelle amie": un film qui va énerver Frigide Barjot & Co!

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    FullSizeRender.jpgDavid est veuf et père d’une fillette de quelques mois. Claire est inconsolable d’avoir perdu sa meilleure amie d’enfance disparue si jeune. David et Claire vont se rapprocher l’un de l’autre au moment où cette dernière va découvrir que David aime se travestir en femme. Miroir de la disparue pour l’une, mère de substitution et besoin d’être en accord avec soi-même pour l’autre, Virginia prend petit à petit corps dans celui de David en exerçant une attraction de plus en plus forte sur Claire.

    Le dernier film de François Ozon est parfois drôle, mais jamais caricatural, et souvent émouvant, comme dans la formidable scène dans la discothèque sur la chanson de Nicole Croisille « une femme avec toi ». Il interpelle le spectateur sur la question du genre, de la différence et de la confusion des sentiments. Spectateur qui se demande où le film va finalement l’emmener, les rebondissements étant nombreux. Les acteurs, Romain Duris et Anaîs Moustier en tête, sont à la hauteur comme la fin du film qui ne manquera pas d’énerver Frigide Barjot et sa clique qui, de toute façon, n’iront pas voir ce film qui est trop éloigné de leurs certitudes. Dommage pour eux (4 étoiles) !

    Toujours à l’affiche

    5 étoiles, « Mommy » : L’histoire d’une mère qui fait ce qu’elle peut face à son ado de fils au comportement pour le moins explosif, duo auquel se mêle une voisine mal dans sa peau. Le choix du cadrage carré fait que les acteurs sont constamment filmés en gros plan et donne ainsi au spectateur une impression géniale de proximité avec les personnages. Tour à tour on rit, on rit jaune, on pleure, on adhère, on rejette, à l’image du comportement des trois personnages principaux. C’est un tourbillon d’émotions qui vous secoue pendant plus de deux heures, la magie du cinéma. L’interprétation des trois acteurs principaux, très bien dirigés, est incroyable. A voir toutes affaires cessantes !

    4 étoiles, « Pride » : L’histoire vraie d’un groupe militant de gays et lesbiennes qui en 1984, sous l’ère Thatcher, décide de soutenir les mineurs en grève au pays de Galles où quand les minorités s’entraident. Le film raconte cette rencontre improbable, alternant les moments drôles et douloureux, pour la plus grande joie des spectateurs qui apprécient les films qui font la part belle aux émotions. Magnifiquement interprété, « Pride » démontre que l’engagement collectif peut soulever des montagnes et faire évoluer positivement les mentalités. Et ça fait du bien !

    4 étoiles, «Gone Girl» : Nick Dunne a-t-il tué sa femme qui a mystérieusement disparue ? Les preuves s’accumulent contre lui, mais finalement peut-être pas tant que ça…Et si finalement, Nick était plutôt la victime que le bourreau ? Tenu en haleine jusqu’au milieu du film par cette question, le spectateur manipulé de main de maître par le réalisateur David Fincher découvre alors la réponse qui l’emmène dans une deuxième partie encore plus excitante que la première !

    3 étoiles, « Samba » : Comme dans « Intouchables », c’est un duo improbable qui est au centre de l’intrigue, mais on y rit, malgré quelques bons gags, beaucoup moins. Mais ce que le film perd en comédie pure par rapport à « Intouchables », il le gagne en émotion. Omar Sy et Charlotte Gainsbourg, lui en clandestin sans cesse à l’affût pour sa survie et elle en assistante sociale qui essaye de refaire surface après un burn-out, sont craquants et crédibles, ce qui n’était pas gagné d’avance. Comédie sociale, la dure réalité de la vie quotidienne des clandestins est largement mise en avant dans le film, et romantique avant d’être une comédie tout court, « Samba », malgré quelques petites longueurs, vaut le détour.

    2 étoiles, « Interstellar » : sur la forme le film est plutôt agréable à l’œil (moins aux oreilles, avec une musique omniprésente et un brin fatigante), mais les images dans l’espace n’ont rien de révolutionnaires. A plusieurs reprises on s’attend d’ailleurs à voir surgir Sandra Bullock ou George Clooney échappés de « Gravity » tant certaines scènes d’ « Interstellar » y font penser. Quant au fond, l’histoire qui tire en longueur (près de 3 heures !) d’un ancien pilote de la NASA qui part à la recherche d’une autre Terre, la nôtre étant à l’agonie, il utilise les grosses ficelles émotionnelles dont le cinéma américain a le secret en y mêlant des dialogues philosophico-scientifiques auxquels on ne comprend rien ou presque. Mais ce n’est pas grave, cela n’empêche en effet pas de suivre une histoire finalement très linéaire, avec ses gentils et ses méchants, malgré les nombreuses références à l’espace temps tordu dans tous les sens au cours du film. De quoi donc passer un moment de divertissement pas désagréable, mais on est loin du chef d’œuvre comme une partie des critiques le prétendent.

    2 étoiles, « Magic in the moonlight » : Sophie Baker est-elle vraiment medium ? C’est à cette question que Stanley Crawford, magicien un brin désabusé et qui ne croit qu’en la science, devra répondre. Ses certitudes vont être mises à dure épreuve au contact de la jeune et belle medium (Emma Stone, convaincante). Film léger à l’image très soignée dont l’action se passe en 1928 dans le très beau décor du sud de la France, le dernier Woody Allen en date n’est pas un chef d’œuvre, mais à l’instar de son héro (Colin Firth, excellent), le spectateur, d’abord sur ses gardes, succombe petit à petit à son charme. Plaisant, sans plus.

     

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Inattendue victoire d'étape pour une initiative du Grand Conseil!

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    Trois bonnes nouvelles dans la même semaine pour l’égalité des droits, il faut presque se pincer pour y croire ! Après la décision d’opposer un contre-projet à l’initiative discriminatoire du PDC, la commission des affaires juridiques du Conseil national a décidé de donner suite a deux objets qui visent à lutter contre la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle.

    Par 14 voix contre 9 et 3 abstentions, elle propose au Conseil national de soutenir l’initiative parlementaire de Mathias Reynard qui demande de compléter la disposition existante du Code pénal luttant contre la discrimination raciale, afin de l'étendre à la discrimination basée sur l'orientation sexuelle.

    Plus fort encore, et c’est plus inattendu, par 11 voix contre 10 et 2 abstentions, la commission propose au Conseil national de donner suite à l’initiative déposée par le canton de Genève, dont je suis le co-auteur, qui demande non seulement de modifier le Code pénal, mais aussi la Constitution en y ajoutant l’orientation sexuelle dans la liste des discriminations.

    Mais tout comme pour le contre-projet opposé à l’initiative du PDC, ce ne sont que des victoires d’étape. En effet, le Conseil des Etats a déjà voté au mois de septembre sur ces objets en les refusant par 22 voix contre 13 à la plus grande déception des défenseurs des droits des minorités sexuelles, à commencer par la Fédération genevoise des associations LGBT.

    Ces deux votes positifs, dont un très clairement, laissent espérer un vote favorable du Conseil national, ce qui entrainerait une nouvelle prise de position du Conseil des Etats. On est donc encore loin d’un « happy end ».

    Mais en attendant saluons à leur juste valeur ces deux votes qui visent à protéger toutes les citoyennes et tous les citoyens, indépendamment de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, ce qui devrait aller de soi dans un Etat de droit !

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  • Un contre-projet opposé à l'initiative discriminatoire du PDC

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    Bonne nouvelle pour les partisans d’un contre-projet direct à l’initiative populaire du PDC « Pour le couple et la famille - Non à la pénalisation du mariage ». En effet, suite à la  consultation qu’elle avait initiée au début de l’été (1), la Commission de l’économie et des redevances du Conseil national a décidé, par 13 voix contre 12, de présenter un contre-projet direct et de proposer à son conseil de recommander au peuple et aux cantons de rejeter l’initiative populaire.

    C’est donc une victoire d’étape importante pour les défenseurs de l’égalité des droits, puisque l’initiative veut inscrire dans la Constitution que « le mariage est l’union durable entre un homme et une femme. » Il n’y a actuellement aucune définition du mariage dans la Constitution. Elle crée par conséquent une inégalité de traitement avec les couples ayant contracté un partenariat enregistré et ferme la porte au mariage civil pour toutes et tous.

    Avec ce contre-projet direct, la majorité de la commission maintient donc l’objectif de l’initiative, à savoir la suppression de l’inégalité de traitement entre couples mariés et couples non mariés sur le plan fiscal, mais sans inscrire une définition du mariage dans la Constitution.

    Une sage décision qui met un terme à la polémique, justifiée, sur l’unité de matière de cette initiative qui sous un joli vernis d’égalité fiscale en crée une nouvelle à l’égard des minorités sexuelles.

    Espérons à présent que le Conseil national suivra la courte majorité de sa commission et que le PDC fera preuve de bon sens en retirant ensuite son initiative discriminatoire.


    (1) Lire également sur ce sujet:

     

     

    L’initiative discriminatoire du PDC combattue par un contre-projet : https://independance.blog.tdg.ch/archive/2014/06/30/l-initiative-discriminatoire-du-pdc-combattue-par-un-contre-projet.html

     

    Le PDC n’assume pas : https://independance.blog.tdg.ch/archive/2014/05/20/le-pdc-n-assume-pas-256144.html

     

    Le diable se cache dans les détails : https://independance.blog.tdg.ch/archive/2014/04/09/le-diable-se-cache-dans-les-details-254854.html

     

    Le PDC confisque le débat sur le mariage pour tous : https://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/11/17/le-pdc-confisque-le-debat-sur-le-mariage-pour-tous-249900.html

     

    L’initiative du PDC sur la famille est discriminatoire : https://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/10/30/l-initiative-du-pdc-sur-la-famille-est-discriminatoire-24913.html

     

     

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  • "Interstellar", un chef d'oeuvre. Vraiment?

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    FullSizeRender.jpgEnvie d’aller « se faire une toile » ? Le choix ne manque pas et il y en a pour tous les goûts à commencer par « Interstellar » qualifié de chef d’œuvre par une bonne partie de la critique, ce qui ne manque pas d’interpeller.

    Certes, le film est sur la forme plutôt agréable à l’œil (moins aux oreilles, avec une musique omniprésente et un brin fatigante), mais les images dans l’espace n’ont rien de révolutionnaires. A plusieurs reprises on s’attend d’ailleurs à voir surgir Sandra Bullock ou George Clooney échappés de « Gravity » tant certaines scènes d’ « Interstellar » y font penser.

    Quant au fond, l’histoire qui tire en longueur (près de 3 heures !) d’un ancien pilote de la NASA qui part à la recherche d’une autre Terre, la nôtre étant à l’agonie, il utilise les grosses ficelles émotionnelles dont le cinéma américain a le secret en y mêlant des dialogues philosophico-scientifiques auxquels on ne comprend rien ou presque. Mais ce n’est pas grave, cela n’empêche en effet pas de suivre une histoire finalement très linéaire avec ses gentils et ses méchants, malgré les nombreuses références à l’espace temps tordu dans tous les sens au cours du film. De quoi donc passer un moment de divertissement pas désagréable, mais on est loin du chef d’œuvre (2 étoiles).

    Toujours à l’affiche

    5 étoiles, « Mommy » : L’histoire d’une mère qui fait ce qu’elle peut face à son ado de fils au comportement pour le moins explosif, duo auquel se mêle une voisine mal dans sa peau. Le choix du cadrage carré fait que les acteurs sont constamment filmés en gros plan et donne ainsi au spectateur une impression géniale de proximité avec les personnages. Tour à tour on rit, on rit jaune, on pleure, on adhère, on rejette, à l’image du comportement des trois personnages principaux. C’est un tourbillon d’émotions qui vous secoue pendant plus de deux heures, la magie du cinéma. L’interprétation des trois acteurs principaux, très bien dirigés, est incroyable. A voir toutes affaires cessantes !

    4 étoiles, « Pride » : L’histoire vraie d’un groupe militant de gays et lesbiennes qui en 1984, sous l’ère Thatcher, décide de soutenir les mineurs en grève au pays de Galles où quand les minorités s’entraident. Le film raconte cette rencontre improbable, alternant les moments drôles et douloureux, pour la plus grande joie des spectateurs qui apprécient les films qui font la part belle aux émotions. Magnifiquement interprété, « Pride » démontre que l’engagement collectif peut soulever des montagnes et faire évoluer positivement les mentalités. Et ça fait du bien !

    4 étoiles, «Gone Girl» : Nick Dunne a-t-il tué sa femme qui a mystérieusement disparue ? Les preuves s’accumulent contre lui, mais finalement peut-être pas tant que ça…Et si finalement, Nick était plutôt la victime que le bourreau ? Tenu en haleine jusqu’au milieu du film par cette question, le spectateur manipulé de main de maître par le réalisateur David Fincher découvre alors la réponse qui l’emmène dans une deuxième partie encore plus excitante que la première !

    3 étoiles, « Samba » : Comme dans « Intouchables », c’est un duo improbable qui est au centre de l’intrigue, mais on y rit, malgré quelques bons gags, beaucoup moins. Mais ce que le film perd en comédie pure par rapport à « Intouchables », il le gagne en émotion.  Omar Sy et Charlotte Gainsbourg, lui en clandestin sans cesse à l’affût pour sa survie et elle en assistante sociale qui essaye de refaire surface après un burn-out, sont craquants et crédibles, ce qui n’était pas gagné d’avance. Comédie sociale, la dure réalité de la vie quotidienne des clandestins est largement mise en avant dans le film, et romantique avant d’être une comédie tout court, « Samba », malgré quelques petites longueurs, vaut le détour.

    2 étoiles, « Magic in the moonlight » : Sophie Baker est-elle vraiment medium ? C’est à cette question que Stanley Crawford, magicien un brin désabusé et qui ne croit qu’en la science, devra répondre. Ses certitudes vont être mises à dure épreuve au contact de la jeune et belle medium (Emma Stone, convaincante). Film léger à l’image très soignée dont l’action se passe en 1928 dans le très beau décor du sud de la France, le dernier Woody Allen en date n’est pas un chef d’œuvre, mais à l’instar de son héro (Colin Firth, excellent), le spectateur, d’abord sur ses gardes, succombe petit à petit à son charme. Plaisant, sans plus.

    2 étoiles, « Saint Laurent » : plus réussi que le « Yves Saint-Laurent » de Jalil Lespert sorti au début de l’année, le « Saint Laurent » de Bertrand Bonello laisse malgré tout dans l’ensemble de marbre, à l’image de la photographie superbe, mais glacée, comme son héros pourtant remarquablement joué par Gaspard Ulliel. Les enchainements entre les différentes scènes sont abrupts et le film tire en longueur. A noter une magnifique scène avec Valéria Bruni Tedeschi qui se transforme en suivant les conseils d’Yves Saint-Laurent. Pas franchement désagréable donc, mais pas indispensable.


    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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