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  • Unis pour défendre l'école primaire

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    « Parents, enseignants et directeurs d'établissements unis pour le maintien des prestations dans l'enseignement primaire. »  C’est avec ce préambule que le Groupement genevois des associations de parents d’élèves du primaire (GAPP), la Société pédagogique genevoise (SPG) et l’Association genevoise des directeurs du primaire (AGDEP) se sont présentés devant la presse vendredi.

    Voici leur communiqué de presse : 

    Les coupes budgétaires impactant l’école primaire ne sont pas nouvelles et se répètent. À terme, la qualité d'enseignement, le suivi, l'aide et les appuis pédagogiques notamment pour les élèves les plus fragilisés sont remis en cause.

    La proposition de diminution du budget du DIP remet en cause les moyens alloués pour le mercredi matin (150 postes) qui ont été votés par le Grand Conseil en 2013. Ces moyens servent à couvrir l'augmentation globale des heures d'enseignement avec l'introduction de la demi-journée supplémentaire et à renforcer la lecture au cycle élémentaire. Une diminution à ce stade remettrait en cause ces prestations. Est-ce là la volonté politique ?

    La motion demandant que les directeurs enseignent à 50% et votée par le Grand Conseil est vécue comme une provocation et souligne la méconnaissance du rôle des directeurs. Ceux-ci assurent l’accompagnement des enseignants, ils sont des forces d'encadrement du système nécessaires pour tous les acteurs, jouent un rôle indispensable dans le développement des actions pédagogiques, permettent d’assurer le suivi et l’orientation des élèves et sont des interlocuteurs indispensables pour les parents.

    Les directeurs auraient plutôt besoin d'aide pour assumer l'ensemble de la charge administrative d'un établissement à l’image de ce qui est en place et qui fonctionne dans les autres ordres d’enseignement. A ce titre, nos associations ne comprennent pas que le Parlement s'en prenne aussi aux maîtres adjoints qui assurent une partie de cette charge. Ce système a été voulu pour moderniser et rendre efficace la gestion des 168 écoles, de plus de 2000 enseignants et des quelque 33'000 élèves. Il ne coûte pas plus cher, il est efficient et rencontre l'adhésion des parents, des enseignants et des communes.

    En outre, d'importantes réformes et projets ont été mis en place ces dernières années, leur suivi et leur bon fonctionnement est à garantir (harmonisation scolaire, temps d’enseignement supplémentaire, nouveaux moyens d'enseignement). D’autres chantiers sont attendus en particulier celui de l'école inclusive (en lien avec la LIJBEP).

    La mise en place indispensable de «l'école inclusive» implique des modifications importantes dans la prise en charge des élèves concernés et des projets pédagogiques. Diverses tentatives ont déjà été en partie réalisées au primaire, sans moyens additionnels. Des intégrations sont menées sans aucune aide supplémentaire, si l'on excepte les AIS (assistants à l'intégration scolaire) et cela n'est pas digne de l'enseignement genevois.

    Les attentes de la population et du politique sont de plus en plus fortes envers l'enseignement primaire. Les missions qui lui sont confiées se diversifient, les actions de prévention (routière, nutritionnelle, santé globale, monde numérique, etc.) se multiplient. Si elles peuvent sembler nécessaires, elles ne peuvent se faire sans les ressources adéquates.

    Nous sommes convaincus qu'investir dans l’école primaire, c'est mettre les élèves dans de bonnes conditions pour la suite de leur parcours, c'est leur permettre de trouver leur place dans la société, d’avoir une vie équilibrée et un projet de formation qui se construit sur des bases solides.

    Mais pour accompagner les élèves dans leur scolarité, les acteurs ont besoin d'un cadre de travail stabilisé et les enseignants doivent être soutenus hiérarchiquement.

    Nos associations se sont unies aujourd'hui pour affirmer qu’en coupant dans les ressources de l’enseignement primaire et plus particulièrement dans les postes d’enseignants, les élèves les plus faibles ne pourront pas recevoir l'appui dont ils ont besoin et auquel ils ont droit. De plus, ces coupes créeraient immanquablement de nouveaux changements de fonctionnement dont les acteurs n'ont vraiment pas besoin.

    Indépendamment de toute appartenance politique, nos organisations veulent faire entendre les voix des parents, des enseignants et des directeurs qui s'engagent chaque jour auprès des enfants, des élèves et des jeunes de ce canton.

    L'État doit au minimum garantir les prestations existantes et devrait pouvoir investir dans la formation des citoyens de demain, pas seulement en fonction de leur nombre grandissant, mais en visant la qualité, le respect de tous et même l'excellence.

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  • Une belle claque pour le Conseil fédéral et le PDC

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    Le Conseil national a donc suivi sa commission en refusant hier par 102 voix contre 86 l’initiative discriminatoire du PDC « Pour le couple et la famille – Non à la pénalisation du mariage ». Il lui oppose un contre-projet. Une belle victoire pas acquise d’avance, puisque la Commission de l’économie et des redevances du Conseil national ne s’était prononcée en faveur de cette solution qu’à 13 voix contre 12.

    Je n’ai eu de cesse ici depuis plus d’un an de dénoncer cette initiative soutenue par un Conseil fédéral en l’occurrence rétrograde (1). En effet, derrière l’objectif louable de mettre fiscalement sur un pied d’égalité les couples mariés ou liés par un partenariat enregistrés avec les couples vivant en concubinage, ce texte veut également inscrire dans la Constitution que « le mariage est l’union durable entre un homme et une femme. » Il n’y a actuellement aucune définition du mariage dans la Constitution.

    Si l’initiative était acceptée, elle créerait par conséquent une inégalité de traitement avec les couples ayant contracté un partenariat enregistré. Le PDC s’en défend rappelant que pour le Conseil fédéral « le partenariat enregistré est assimilé au mariage, aussi bien dans le droit des assurances sociales que dans le droit fiscal. La nouvelle disposition constitutionnelle ne modifie pas la situation juridique actuelle et ce nouvel article n'entraîne donc aucune discrimination à l'égard des partenariats enregistrés. »

    Mais si tel est bien le cas, pourquoi alors avoir voulu graver dans le marbre constitutionnel que « le mariage est l’union durable entre un homme et une femme » ? Pour confisquer le débat sur le mariage civil pour toutes et tous ?

    Quoiqu’il en soit, cette disposition des plus conservatrices, pas étonnant que seuls l’UDC et le PBD aient soutenu cette initiative, a conduit à l’échec ce texte devant le Conseil national. Le contre-projet ne contient pas cette disposition sur la définition du mariage. Reste donc à présent au Conseil des Etats à se prononcer, puis au peuple.

    Même si cela n’était pas du tout son intention, le PDC a ouvert le débat pour le mariage civil pour toutes et tous en Suisse. Et peut-être que dans quelques années, les défenseurs de l’égalité des droits le remercieront…

     

    (1) Notes précédentes consacrées à ce sujet :

     

    L’entêtement du PDC :

     

    https://independance.blog.tdg.ch/archive/2014/11/25/initiative-discriminatoire-l-entetement-du-pdc-262184.html

     

    Un contre-projet opposé à l’initiative discriminatoire du PDC :

     

    https://independance.blog.tdg.ch/archive/2014/11/12/un-contre-projet-oppose-a-l-initiative-discriminatoire-du-pd-261730.html

     

    L’initiative discriminatoire du PDC combattue par un contre-projet :

    https://independance.blog.tdg.ch/archive/2014/06/30/l-initiative-discriminatoire-du-pdc-combattue-par-un-contre-projet.html

     

    Le PDC n’assume pas :

     

    https://independance.blog.tdg.ch/archive/2014/05/20/le-pdc-n-assume-pas-256144.html

     

    Le diable se cache dans les détails :

    https://independance.blog.tdg.ch/archive/2014/04/09/le-diable-se-cache-dans-les-details-254854.html

     

    Le PDC confisque le débat sur le mariage pour tous :

    https://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/11/17/le-pdc-confisque-le-debat-sur-le-mariage-pour-tous-249900.html

     

    L’initiative du PDC sur la famille est discriminatoire :

    https://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/10/30/l-initiative-du-pdc-sur-la-famille-est-discriminatoire-24913.html

     

     

     

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  • Un classement bien complaisant

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    En découvrant dans la Tribune de Genève du jour qu’un PLR et un PDC étaient en tête du classement de la Tribune de Genève des meilleurs conseillers nationaux genevois, je me suis d’emblée dit qu’il ne pouvait en être autrement de la part d’un quotidien proche de l’Entente. Et puis, je me suis également dit qu’il ne fallait pas d’emblée faire un procès d’intention à la Julie.images.jpg

    Je me suis donc penché sur l’article et surtout sur la méthodologie qui a été utilisée pour conclure que Christian Lüscher était le meilleur conseiller national et Guillaume Barazzone son dauphin. Et là, mes soupçons sont immédiatement remontés à la surface au regard des critères pris en compte.

    Le premier concerne le « poids politique », c’est-à-dire l’appartenance aux commissions parlementaires et aux postes des appareils politiques des politiciens. A en croire la Tribune de Genève, le fait que Christian Lüscher soit vice-président du PLR « augmente son influence ». Mais en quoi cette étiquette fait-elle de lui un bon conseiller national ?

    Le deuxième critère se veut plus objectif, puisqu’il prend en compte le nombre d’interventions en plénum, mais aussi les motions ou postulats déposés. Toutefois, pas un seul chiffre n’est avancé, ce qui serait de toute façon bien insuffisant pour juger de la qualité des interventions, il faut donc croire sur parole les auteurs de l’article.

    Dernier critère, un sondage auprès des  « réseaux des élus ». Et là également, on ne sait pas combien de personnes ont été questionnées, de quelles provenances, si le nombre a été le même pour tout le monde et j’en passe et des meilleurs.

    La cerise sur le gâteau à propos de ces pseudos critères d’évaluation étant que les deux conseillers aux Etats Robert Cramer et Liliane Maury Pasquier  « n’ont pas été pris en compte pour établir le podium, occupant des positions à part » ! Ne serait-ce pas plutôt parce que ce sont deux élus de gauche ? D’ailleurs dans le corps de l’article, on peut y lire que « le duo genevois au Conseil des Etats a donné un bon millésime 2014 »…

    Quant au critère de présence des conseillers nationaux lors des votes, il n’existe bien évidemment pas, sans quoi il aurait été difficile d’hisser le conseiller administratif de la Ville de Genève au second rang, lui qui a le quatrième taux d’absence le plus élevé du Parlement (cf. à ce sujet: absences de G. Barazzone au Conseil national).

    Bref ! Ce podium des parlementaires repose sur beaucoup trop d’éléments subjectifs pour être pris au sérieux. Du coup, l’article ressemble plus à de la propagande électorale, moins d’une année avant les élections fédérales de 2015, qu’à une photographie vraisemblable de la qualité de nos parlementaires genevois. Dommage.

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  • Florent Pagny, the voice

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    images.jpgIl n’a jamais été aussi présent sur le plan médiatique et populaire que ces dernières années grâce à son rôle de juré dans « The Voice », rôle qu’il remplit d’ailleurs à merveille. Suffisant pour un chanteur qui a connu de très gros succès au cours d’une carrière longue de près de 30 ans ?

    Cette question Florent Pagny se l’est posée. Mais, heureusement pour ses fans, la bonne fée Calogero veillait. Le chanteur, compositeur de plusieurs tubes de Florent Pagny, dont « Châtelet-les Halles », lui a composé il y a un an dix superbes chansons. Un cadeau qui ne se refuse pas. Porté par la popularité de « The Voice », le talent de Calogero et ses formidables qualités d’interprète, le disque a connu un succès inespéré depuis une année : plus d’un demi-million d’exemplaires vendu à ce jour ! Un tel élan valait bien une nouvelle tournée.

    De retour samedi soir dans une Arena pleine comme un œuf, après plusieurs années d’absence, Florent Pagny n’a pas déçu ses fans de toujours ou ceux qui l’ont découvert plus récemment à voir le public très diversifié dans la salle. Entouré par un groupe musical excellent, magnifique mise en valeur des instruments à cordes, un light show efficace sans être inutilement « tape à l’œil », un son irréprochable, ce qui n’est pas toujours le cas à l’Arena, le chanteur a pu exprimer tout son talent qui est grand. Quelle puissance, quelle assurance, quelle justesse ! Assurément une des plus belles voix du répertoire français.

    Reprenant la plupart des chansons de son dernier album, mais également ses plus grands succès et quelques chansons moins connues ainsi qu’une reprise très rock de « Gaby » de Bashung, Florent Pagny a mis le public dans sa poche en lui adressant également régulièrement la parole, juste ce qu’il faut.

    Un concert qu’on aurait souhaité plus long, près de deux heures tout de même, tant il était excellent. Mais que les fans se rassurent, il sera possible de prolonger le plaisir très bientôt, un album « live » devant sortir...demain!

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  • La liberté d'expression à géométrie variable selon l'UDC

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    Que l’UDC genevoise, mauvaise perdante suite au rejet massif de son initiative pour une traversée de la rade d’un autre temps, veuille museler le Conseil d’Etat dès que le matériel de vote est envoyé aux citoyens, on peut encore comprendre qu’il y ait un débat sur cette question. Mais que ce parti demande également dans le même projet de loi à ce que les cadres de l’administration n’expriment pas leur opinion sur les réseaux sociaux ou tout autre support de campagne, on croit rêver !

    A vrai dire en lisant cette nouvelle dans le Courrier de mercredi, je me suis demandé si ce n’était pas le 1er avril ! Et la liberté d’expression ? Est-ce que l’UDC sait que c’est un droit fondamental de notre démocratie qui n’est pas à géométrie variable ? Qu’un cadre de l’administration ne s’exprime pas publiquement sur un sujet de votation cantonale qui le concerne très directement, cela peut se discuter. Mais cela est de toute façon déjà le cas au nom du devoir de réserve.

    Et puis, qu’entend-on par « publiquement » ? Est-ce que Facebook est concerné à partir du moment que c’est celui qui détient le compte qui décide avec qui il a des échanges ? Ce qui signifie que tout le monde ne peut pas avoir accès aux publications, en tout cas de manière directe, contrairement, par exemple, à un blog.

    Mais inutile d’aller plus loin dans cette réflexion, tant cette partie liberticide du projet de loi de l’UDC mérite le même sort que son initiative sur la traversée de la rade : les profondeurs du lac !

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