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  • Stauffer vice-président? Une réponse évidente.

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    Eric Stauffer sera-t-il élu premier vice-président du Grand Conseil la semaine prochaine? Au-delà de l’intérêt limité que représente cette question au regard de l’actualité nationale et internationale, elle mérite toutefois un peu de réflexion, car le « cas » Stauffer est intéressant pour une démocratie comme la nôtre.

    Eric Stauffer est un double élu du peuple, député au Grand Conseil et Conseiller administratif d’Onex, et a de ce fait la légitimité démocratique pour revendiquer la première vice-présidence du Grand Conseil qui, de plus, se fait par tournus. Il n’y a donc aucune raison de ce point de vue là de refuser à son parti, tout de même 20% des voix aux dernières élections au Grand Conseil, d’occuper cette fonction. Le MCG a choisi Eric Stauffer comme candidat pour le représenter, la messe est dite.

    Sauf que ce n’est pas le peuple qui désigne le premier vice-président, mais les députés qui devraient s’appuyer sur des critères objectifs pour désigner le « primus inter pares », le premier vice-président étant appelé à devenir le président l’année d’après.

    Ces critères objectifs ont malheureusement peu d’importance par rapport à la cuisine politicienne et c’est ainsi qu’on a parfois au perchoir des président-e-s dépassé-e-s par cette tâche complexe.

    Admettons dans le cas d’Eric Stauffer que les députés mettent de côté leur aversion ou enthousiasme pour ce personnage qui ne laisse personne indifférent et réfléchissent en fonction de leurs attentes pour ce poste, en se posant les bonnes questions comme par exemple :

    - Le candidat Stauffer est-il crédible dans son rôle d’autorité ?
    - Le candidat Stauffer est-il un exemple pour ses collègues du Grand Conseil ?
    - Le candidat Stauffer est-il respecté par ses collègues au Grand Conseil ?
    - Le candidat Stauffer respecte-t-il les règles au Grand Conseil, mais également en dehors de celui-ci ?
    - Le candidat Stauffer est-il capable de trouver des compromis ?
    - Le candidat Stauffer peut-il représenter toutes les Genevoises et tous les Genevois ?
    - …

    Pour y répondre, il suffirait alors de se remémorer, en toute objectivité, puisque ce sont des faits avérés, quelques événements passés où le candidat Stauffer est impliqué d’une manière ou d’une autre : le verre d’eau, le coup de pied, le port d’un revolver en séance de commission, l’évacuation par la police du Grand Conseil, la prise de parole intempestive en plénière, les colères, le parcage interdit de la voiture devant l’Hôtel-de-Ville, la diffusion d’images sur facebook violant la protection de la personnalité, le film mettant en scène un dealer qui n’en est pas un et la liste ne prétend pas être exhaustive.

    A partir de là, loin de toute politique politicienne, il apparaît que la réponse à la question « Eric Stauffer doit-il être élu à la première vice-présidence du Grand Conseil ? » est évidente. Non ?
     

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  • "Une heure de tranquillité" et 10 autres films à l'affiche

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    FullSizeRender.jpgRéunir deux grands noms du film comique français, à savoir le réalisateur Patrice Leconte qui retrouve, dans le rôle principal cette fois-ci, Christian Clavier après leur triple collaboration pour « Les Bronzés », est-ce la garantie d’une comédie réussie ? Pas forcément, mais ça donne envie d’aller voir cela de plus près.

    Adapté d’une pièce de théâtre, « Une heure de tranquillité » raconte l’histoire de Michel, dentiste embourgeoisé et grand amateur de jazz, qui vient de trouver aux puces un disque très rare qu’il veut écouter de suite chez lui sans qu’on le dérange. Mais son entourage (sa femme, sa maîtresse, son fils, son voisin, sa mère, sa femme de ménage et son plombier) va en décider autrement.

    Malgré quelques situations très drôles, le film reste toutefois assez convenu, à part la fin très réussie, et ne réserve donc pas de grandes surprises. On y sourit, plus qu’on y rit. On y apprécie les clins d’œil à d’autres films (« Le Père Noël est une ordure », « Le dîner de cons ») et les acteurs sont bons. A commencer par Christian Clavier, pratiquement dans chaque plan, qui n’en fait pas des tonnes. Carole Bouquet joue fort bien l'épouse dépressive et Rossy de Palma est hilarante dans son rôle de femme de ménage. Les ingrédients sont donc de bonne qualité, mais la sauce ne prend pas vraiment. Pas désagréable, mais pas indispensable. (2 étoiles) 


    Toujours à l’affiche

    5 étoiles, « Whiplash » : Jusqu’où Andrew (Miles Teller) acceptera-t-il d’être rabaissé et humilié par son professeur pour réaliser son rêve de devenir un musicien d’exception ? Quelle limite Fletcher (J.K. Simmons) est-il prêt à dépasser pour pousser son élève dans ses derniers retranchements pour qu’il donne plus que le maximum de lui-même ? Cette limite existe-t-elle ? Le film est porté par deux acteurs exceptionnels, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard et un montage tiré au cordeau. Le face à face entre le professeur et son élève atteint par moment des sommets d’intensité incroyables avec en particulier un dernier quart d’heure qui vous laisse scotché sur votre fauteuil au moment du générique de fin ! A ne pas rater !

    5 étoiles, « Mommy » : L’histoire d’une mère qui fait ce qu’elle peut face à son ado de fils au comportement pour le moins explosif, duo auquel se mêle une voisine mal dans sa peau. Le choix du cadrage carré fait que les acteurs sont constamment filmés en gros plan et donne ainsi au spectateur une impression géniale de proximité avec les personnages. Tour à tour on rit, on rit jaune, on pleure, on adhère, on rejette, à l’image du comportement des trois personnages principaux. C’est un tourbillon d’émotions qui vous secoue pendant plus de deux heures, la magie du cinéma. L’interprétation des trois acteurs principaux, très bien dirigés, est incroyable. A voir toutes affaires cessantes !

    4 étoiles, « Il capitale umano » : Récompensé par 7 « David di Donatello », les « César » italiens, « Les opportunistes » en français, est divisé en trois chapitres qui privilégient dans chacun d’eux le point de vue d’un des six personnages principaux : Dino Ossola, agent immobilier médiocre qui veut devenir riche et fréquenter la haute société à l’image de Carla Bernaschi (Valeria Bruni Tedeschi, sublime) qui a tout ce qu’elle veut, si ce n’est que son mari ne lui accorde guère d’attention, et enfin Serena Ossola, la fille de Dino et petite amie de Massimiliano Bernaschi qui se trouve bien malgré elle impliquée dans la mort d’un cycliste qui constitue le fil rouge du film. A la fois drame social, critique du capitalisme sauvage et de la bourgeoisie qui n’hésite pas à mettre l’humain au second plan pour faire du profit, thriller et comédie à l’humour noir, « Il capitale umano » ravira les amateurs de cinéma : faire progresser l’intrigue en adoptant trois points de vue différents, et en évitant toute redondance, est captivant. A recommander ! 

    4 étoiles,  «Timbuktu »: Envahie par les djihadistes, Timbuktu va devoir renoncer à sa tranquillité, mais pas sans une certaine résistance. Face à la terreur imposée par une loi soi-disant divine, des femmes, principales victimes de cet ordre nouveau, vont trouver la force de s’y opposer quitte à y risquer leur vie. Il y a des moments très durs dans « Timbuktu », mais aussi des scènes d’une beauté et d’une poésie extraordinaires. Le film n’est pas non plus dénué d’humour quand il confronte les occupants à leurs limites « humaines ». C’est dans cette atmosphère lourde, toutefois rendue plus légère par des images absolument superbes,  que le film raconte en parallèle l’histoire de Kidane et de sa famille qui vivent paisiblement loin de cette terreur jusqu’au jour où leur destin les en rapprochera inexorablement…

    4 étoiles, « Pride » : L’histoire vraie d’un groupe militant de gays et lesbiennes qui en 1984, sous l’ère Thatcher, décide de soutenir les mineurs en grève au pays de Galles où quand les minorités s’entraident. Le film raconte cette rencontre improbable, alternant les moments drôles et douloureux, pour la plus grande joie des spectateurs qui apprécient les films qui font la part belle aux émotions. Magnifiquement interprété, « Pride » démontre que l’engagement collectif peut soulever des montagnes et faire évoluer positivement les mentalités. Et ça fait du bien !

    3 étoiles, « La famille Bélier » : Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, ado de 16 ans qui joue plus souvent qu’à son tour les interprètes indispensables pour ses parents à la tête d’une exploitation agricole. Mais ce bel équilibre familial est menacé quand Paula décide de passer un concours de chant. Le début du film est laborieux et a tous les ingrédients de la comédie française bas de gamme. Karin Viard et François Damiens, les parents de Paula, sont à la limite de la caricature et les préoccupations d’ado de Paula franchement pas passionnantes. Et puis l’histoire prend tout à coup corps quand Paula (étonnante Louane Emera, demi-finaliste de la saison 2 de The Voice qui crève littéralement l’écran) s’inscrit à la chorale dirigée par un prof désabusé (excellent Eric Elmosnino) qui ne jure que par le répertoire de…Michel Sardou. Dès ce moment-là, le film privilégie, avec bonheur, l’aspect émotionnel plutôt que comique. Un agréable divertissement.

    3 étoiles, « La French » : Basé sur des faits réels, le film raconte l’histoire du juge Michel et de sa croisade contre la French Connection, organisation mafieuse qui arrosait depuis Marseille le monde entier d’héroïne. Reconstitution des années 70 très réaliste et attention particulière sur les rapports entre les différents personnages, beaucoup de seconds rôles fort bien joués, le film se laisse voir avec plaisir malgré quelques baisses de rythme. Jean Dujardin est un juge Michel très convaincant ce qui provoque un véritable choc à la fin du film pourtant en principe connue des spectateurs avant même d’aller voir le film. Très fort !

    2 étoiles, « Exodus : Gods and Kings » : L’histoire de Moïse est connue de la plupart des spectateurs, au moins partiellement, et est un excellent support pour en faire avec les moyens techniques d’aujourd’hui un grand spectacle. Et de ce point de vue-là, pas de déception. Mais ces prouesses techniques très réussies mettent au second plan l’histoire en elle-même. La distribution a beau être de première classe, le film manque d’âme et donc d’émotions. Il n’est pas exempt non plus de certaines longueurs dans sa deuxième partie (2h30 tout de même). « Exodus : Gods and Kings » plaira donc avant tout à celles et ceux qui privilégient la forme au fond, pour les autres autant revoir « Les Dix Commandements » !

    2 étoiles, « Interstellar » : Sur la forme le film est plutôt agréable à l’œil (moins aux oreilles, avec une musique omniprésente et fatigante), mais les images dans l’espace n’ont rien de révolutionnaires. Quant au fond, l’histoire qui tire en longueur (près de 3 heures !) d’un ancien pilote de la NASA qui part à la recherche d’une autre Terre, la nôtre étant à l’agonie, il utilise les grosses ficelles émotionnelles dont le cinéma américain a le secret en y mêlant des dialogues philosophico-scientifiques auxquels on ne comprend rien ou presque. Mais ce n’est pas grave, cela n’empêche en effet pas de suivre une histoire finalement très linéaire, avec ses gentils et ses méchants, malgré les nombreuses références à l’espace temps tordu dans tous les sens au cours du film. De quoi donc passer un moment de divertissement pas désagréable, mais on est loin du chef d’œuvre comme une partie des critiques le prétendent.

    2 étoiles, « Magic in the moonlight » : Sophie Baker est-elle vraiment medium ? C’est à cette question que Stanley Crawford, magicien désabusé et qui ne croit qu’en la science, devra répondre. Ses certitudes vont être mises à dure épreuve au contact de la jeune et belle medium (Emma Stone, convaincante). Film léger à l’image très soignée dont l’action se passe en 1928 dans le beau décor du sud de la France, le dernier Woody Allen en date n’est pas un chef d’œuvre, mais à l’instar de son héro (Colin Firth, excellent), le spectateur, d’abord sur ses gardes, succombe petit à petit à son charme. Plaisant, sans plus.


    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Barazzone persiste et signe

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    Lors d’une note postée précédemment sur ce blog concernant les absences de Guillaume Barazzone au Conseil national en raison de son double mandat, je concluais en écrivant que les électrices et électeurs de la Ville de Genève étaient en droit de connaître les intentions du magistrat municipal sur sa candidature ou non au Conseil national l’automne prochain pour voter en tout état de cause lors de élections au Conseil administratif de ce printemps.

    Dans l’édition du « Courrier » du 3 janvier, Guillaume Barazzone dévoile ses intentions, à savoir continuer de cumuler les deux fonctions, tout en disant toutefois vouloir prendre sa décision définitive après les élections municipales.

    Serait-ce que le Conseiller administratif se laisse une roue de secours en cas de non élection à l’Exécutif de la Ville ou alors qu’il ne veut pas se mettre à dos celles et ceux qui sont contre le cumul des mandats en laissant planer un (léger) doute ? Probablement les deux.

    Mais à vouloir jouer sur les deux tableaux le Conseiller national-administratif ne risque-t-il pas de perdre en crédibilité ? Surtout quand il déclare au « Courrier » que l’engagement d’un assistant parlementaire (quel rapport ?) et le déplacement des jours de réunion du Conseil administratif lui permettent de siéger durant toute la session. Or, les chiffres sont têtus : Guillaume Barazzone est bel et bien dans le peloton de tête des parlementaires qui manquent le plus.

    Aux électrices et électeurs de la Ville de Genève dans un premier temps, puis éventuellement à celles et ceux du canton dans un second de décider s’il est possible, en les remplissant correctement,  de cumuler un mandat de Conseiller administratif à plein temps avec celui de Conseiller national qui doit bien représenter un mi-temps…si on l’exerce pleinement, évidemment.

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  • Un formidable élan de résistance contre la barbarie

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    Soulagement. Les Kouachi et Coulibaly, c'est fini. Mais  que de morts innocents en deux jours ! Le sentiment de gâchis et de tristesse prédomine et il va perdurer pendant un long moment. Et la crainte que ça recommence ici ou là, avec d'autres, ne va pas disparaître du jour au lendemain.

    Ces tragédies ne doivent toutefois pas faire oublier ce formidable élan de résistance de ces deux derniers jours contre la barbarie. L'être humain est capable du pire, mais aussi du meilleur. Rien de nouveau.

    Mais cela a fait du bien au milieu de ces actes d'une violence inouïe de s’en rappeler, de peur de finir par l’oublier à force de voir, d'entendre et de lire le plus souvent des horreurs à la Une.

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  • "Il capitale umano" ("Les opportunistes") et 10 autres films à l'affiche

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    Il capitale umano.jpgRécompensé par 7 « David di Donatello », les « César » italiens, dont ceux de meilleur film et de meilleure actrice à la sublime Valeria Bruni Tedeschi, « Il capitale umano » (« Les opportunistes », titre français sans doute plus explicite, mais moins subtil que le titre italien qui trouve son explication à la toute fin du film), est la très bonne surprise cinématographique, avec « Whiplash », de la fin de l’année 2014.

    Le film est divisé en trois chapitres qui privilégient dans chacun d’eux le point de vue d’un des six personnages principaux : Dino Ossola, agent immobilier médiocre qui veut devenir riche et fréquenter la haute société à l’image de Carla Bernaschi (Valeria Bruni Tedeschi, parfaite) qui a tout ce qu’elle veut, si ce n’est que son mari ne lui accorde guère d’attention, et enfin Serena Ossola, la fille de Dino et petite amie de Massimiliano Bernaschi qui se trouve bien malgré elle impliquée dans la mort d’un cycliste qui constitue le fil rouge du film.

    A la fois drame social, critique du capitalisme sauvage et de la bourgeoisie qui n’hésite pas à mettre l’humain au second plan pour faire du profit, thriller et comédie à l’humour noir, « Il capitale umano » ravira les amateurs de cinéma : faire progresser l’intrigue en adoptant trois points de vue différents, et en évitant toute redondance, est captivant. Certes, ce n’est pas nouveau, Lucas Belvaux l’avait, par exemple, merveilleusement bien fait dans sa trilogie (« Un couple épatant », « Cavale » et « Après la vie »), mais cela fonctionne très bien dans ce film également porté par une excellente distribution. A recommander ! (4 étoiles). 


    Toujours à l’affiche

    5 étoiles, « Whiplash » : Jusqu’où Andrew (Miles Teller) acceptera-t-il d’être rabaissé et humilié par son professeur pour réaliser son rêve de devenir un musicien d’exception ? Quelle limite Fletcher (J.K. Simmons) est-il prêt à dépasser pour pousser son élève dans ses derniers retranchements pour qu’il donne plus que le maximum de lui-même ? Cette limite existe-t-elle ? Le film est porté par deux acteurs exceptionnels, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard et un montage tiré au cordeau. Le face à face entre le professeur et son élève atteint par moment des sommets d’intensité incroyables avec en particulier un dernier quart d’heure qui vous laisse scotché sur votre fauteuil au moment du générique de fin ! A ne pas rater !

    5 étoiles, « Mommy » : L’histoire d’une mère qui fait ce qu’elle peut face à son ado de fils au comportement pour le moins explosif, duo auquel se mêle une voisine mal dans sa peau. Le choix du cadrage carré fait que les acteurs sont constamment filmés en gros plan et donne ainsi au spectateur une impression géniale de proximité avec les personnages. Tour à tour on rit, on rit jaune, on pleure, on adhère, on rejette, à l’image du comportement des trois personnages principaux. C’est un tourbillon d’émotions qui vous secoue pendant plus de deux heures, la magie du cinéma. L’interprétation des trois acteurs principaux, très bien dirigés, est incroyable. A voir toutes affaires cessantes !

    4 étoiles,  «Timbuktu »: Envahie par les djihadistes, Timbuktu va devoir renoncer à sa tranquillité, mais pas sans une certaine résistance. Face à la terreur imposée par une loi soi-disant divine, des femmes, principales victimes de cet ordre nouveau, vont trouver la force de s’y opposer quitte à y risquer leur vie. Il y a des moments très durs dans « Timbuktu », mais aussi des scènes d’une beauté et d’une poésie extraordinaires. Le film n’est pas non plus dénué d’humour quand il confronte les occupants à leurs limites « humaines ». C’est dans cette atmosphère lourde, toutefois rendue plus légère par des images absolument superbes,  que le film raconte en parallèle l’histoire de Kidane et de sa famille qui vivent paisiblement loin de cette terreur jusqu’au jour où leur destin les en rapprochera inexorablement…

    4 étoiles, « Pride » : L’histoire vraie d’un groupe militant de gays et lesbiennes qui en 1984, sous l’ère Thatcher, décide de soutenir les mineurs en grève au pays de Galles où quand les minorités s’entraident. Le film raconte cette rencontre improbable, alternant les moments drôles et douloureux, pour la plus grande joie des spectateurs qui apprécient les films qui font la part belle aux émotions. Magnifiquement interprété, « Pride » démontre que l’engagement collectif peut soulever des montagnes et faire évoluer positivement les mentalités. Et ça fait du bien !

    4 étoiles, «Gone Girl» : Nick Dunne a-t-il tué sa femme qui a mystérieusement disparue ? Les preuves s’accumulent contre lui, mais finalement peut-être pas tant que ça…Et si finalement, Nick était plutôt la victime que le bourreau ? Tenu en haleine jusqu’au milieu du film par cette question, le spectateur manipulé de main de maître par le réalisateur David Fincher découvre alors la réponse qui l’emmène dans une deuxième partie encore plus excitante que la première !

    3 étoiles, « La famille Bélier » : Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, ado de 16 ans qui joue plus souvent qu’à son tour les interprètes indispensables pour ses parents à la tête d’une exploitation agricole. Mais ce bel équilibre familial est menacé quand Paula décide de passer un concours de chant. Le début du film est laborieux et a tous les ingrédients de la comédie française bas de gamme. Karin Viard et François Damiens, les parents de Paula, sont à la limite de la caricature et les préoccupations d’ado de Paula franchement pas passionnantes. Et puis l’histoire prend tout à coup corps quand Paula (étonnante Louane Emera, demi-finaliste de la saison 2 de The Voice qui crève littéralement l’écran) s’inscrit à la chorale dirigée par un prof désabusé (excellent Eric Elmosnino) qui ne jure que par le répertoire de…Michel Sardou. Dès ce moment-là, le film privilégie, avec bonheur, l’aspect émotionnel plutôt que comique. Un agréable divertissement.

    3 étoiles, « La French » : Basé sur des faits réels, le film raconte l’histoire du juge Michel et de sa croisade contre la French Connection, organisation mafieuse qui arrosait depuis Marseille le monde entier d’héroïne. Reconstitution des années 70 très réaliste et attention particulière sur les rapports entre les différents personnages, beaucoup de seconds rôles fort bien joués, le film se laisse voir avec plaisir malgré quelques baisses de rythme. Jean Dujardin est un juge Michel très convaincant ce qui provoque un véritable choc à la fin du film pourtant en principe connue des spectateurs avant même d’aller voir le film. Très fort !

    2 étoiles, « Exodus : Gods and Kings » : L’histoire de Moïse est connue de la plupart des spectateurs, au moins partiellement, et est un excellent support pour en faire avec les moyens techniques d’aujourd’hui un grand spectacle. Et de ce point de vue-là, pas de déception. Mais ces prouesses techniques très réussies mettent au second plan l’histoire en elle-même. La distribution a beau être de première classe, le film manque d’âme et donc d’émotions. Il n’est pas exempt non plus de certaines longueurs dans sa deuxième partie (2h30 tout de même). « Exodus : Gods and Kings » plaira donc avant tout à celles et ceux qui privilégient la forme au fond, pour les autres autant revoir « Les Dix Commandements » !

    2 étoiles, « Interstellar » : Sur la forme le film est plutôt agréable à l’œil (moins aux oreilles, avec une musique omniprésente et fatigante), mais les images dans l’espace n’ont rien de révolutionnaires. Quant au fond, l’histoire qui tire en longueur (près de 3 heures !) d’un ancien pilote de la NASA qui part à la recherche d’une autre Terre, la nôtre étant à l’agonie, il utilise les grosses ficelles émotionnelles dont le cinéma américain a le secret en y mêlant des dialogues philosophico-scientifiques auxquels on ne comprend rien ou presque. Mais ce n’est pas grave, cela n’empêche en effet pas de suivre une histoire finalement très linéaire, avec ses gentils et ses méchants, malgré les nombreuses références à l’espace temps tordu dans tous les sens au cours du film. De quoi donc passer un moment de divertissement pas désagréable, mais on est loin du chef d’œuvre comme une partie des critiques le prétendent.

    2 étoiles, « Magic in the moonlight » : Sophie Baker est-elle vraiment medium ? C’est à cette question que Stanley Crawford, magicien désabusé et qui ne croit qu’en la science, devra répondre. Ses certitudes vont être mises à dure épreuve au contact de la jeune et belle medium (Emma Stone, convaincante). Film léger à l’image très soignée dont l’action se passe en 1928 dans le beau décor du sud de la France, le dernier Woody Allen en date n’est pas un chef d’œuvre, mais à l’instar de son héro (Colin Firth, excellent), le spectateur, d’abord sur ses gardes, succombe petit à petit à son charme. Plaisant, sans plus.


    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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