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  • Initiative discriminatoire: le PDC a compris!

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    Il était temps ! Le PDC a enfin compris que son initiative « Pour le couple et la famille – Non à la pénalisation du mariage » allait droit dans le mur en incluant également une disposition visant à  inscrire dans la Constitution que « le mariage est l’union durable entre un homme et une femme. » Comme je le martèle depuis plus d’un an sur ce blog (1), l’initiative, si elle était acceptée, créerait une inégalité de traitement avec les couples ayant contracté un partenariat enregistré, contrairement à ce que le PDC a toujours prétendu, et fermerait pour longtemps la porte au mariage civil pour toutes et tous.

    Le PDC s’est enfin rendu à l’évidence que si cette phrase n’était pas supprimée de son initiative, son objectif premier de mettre fiscalement sur un pied d’égalité les couples mariés avec les couples vivant en concubinage avait toute les chances de ne pas être atteint. Pour arriver à cette conclusion, il aura fallu que le Conseil national accepte en décembre dernier le contre-projet qui non seulement supprime cette phrase, mais également modifie son volet fiscal dans un sens qui ne plaît pas au PDC.

    Sentant le vent du boulet, après s’être entêté, le PDC a fait savoir aujourd’hui dans un communiqué qu’il présenterait un contre-projet, supprimant la fameuse définition du mariage, mais "sauvant" son volet fiscal initial, à sa propre initiative au Conseil des Etats le 4 mars prochain.

    Il le fait pour recentrer la discussion politique sur l’enjeu fiscal de l’initiative et non pas parce qu’il reconnaît que c’était une erreur de courir deux lièvres à la fois. Au contraire, pour le PDC « depuis le dépôt de son initiative, celle-ci a été instrumentalisée pour discuter de la définition du mariage », relevant par ailleurs que « la disposition constitutionnelle proposée correspond à la jurisprudence actuelle et partant à la compréhension actuelle du mariage ». Le bourreau se fait passer pour une victime…

    Mais peu importe finalement, l’essentiel étant que les votants, le moment venu, se positionnent sur une question fiscale et non pas également sur un enjeu de société, le mariage civil pour toutes et tous.

    Cette question importante en terme d’égalité des droits devra être débattue ces prochaines années en bonne et due forme et non pas à la sauvette sous couvert d’un enjeu fiscal. On peut toutefois remercier le PDC d’avoir, malgré lui, initié ce débat !


    (1) Notes précédentes consacrées à ce sujet :

    Une belle claque :
    https://independance.blog.tdg.ch/archive/2014/12/11/une-belle-claque-pour-le-conseil-federal-et-le-pdc-262761.html

    Initiative discriminatoire : l’entêtement du PDC
    https://independance.blog.tdg.ch/archive/2014/11/25/initiative-discriminatoire-l-entetement-du-pdc-262184.html

    Un contre-projet opposé à l’initiative discriminatoire du PDC :
    https://independance.blog.tdg.ch/archive/2014/11/12/un-contre-projet-oppose-a-l-initiative-discriminatoire-du-pd-261730.html

    L’initiative discriminatoire du PDC combattue par un contre-projet : https://independance.blog.tdg.ch/archive/2014/06/30/l-initiative-discriminatoire-du-pdc-combattue-par-un-contre-projet.html

    Le PDC n’assume pas :
    https://independance.blog.tdg.ch/archive/2014/05/20/le-pdc-n-assume-pas-256144.html

    Le diable se cache dans les détails :
     https://independance.blog.tdg.ch/archive/2014/04/09/le-diable-se-cache-dans-les-details-254854.html

    Le PDC confisque le débat sur le mariage pour tous : https://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/11/17/le-pdc-confisque-le-debat-sur-le-mariage-pour-tous-249900.html

    L’initiative du PDC sur la famille est discriminatoire : https://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/10/30/l-initiative-du-pdc-sur-la-famille-est-discriminatoire-24913.html

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  • "Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras (jamais)"

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    « Piège alléchant » (1) ou véritable avancée pour soutenir les familles ? L’initiative du PDC sur la défiscalisation des allocations familiales déchaîne les passions. PS, Verts et…PLR, dans une union pour le moins surprenante, la combattent face à l’UDC et bien évidemment au PDC.

    Trois arguments principaux sont mis en avant par les opposants. Premièrement, cette défiscalisation signifie 1 milliard d’entrées fiscales en moins (200 millions pour la Confédération, le reste pour les cantons et les communes). A l’heure où les comptes 2014 de la Confédération viennent d’être bouclés avec un déficit de 124 millions et où de nombreux cantons tirent la langue, ce n’est vraiment pas le bon moment. Cette perte fiscale pourrait se faire au détriment de l’aide aux garderies, aux bourses d’études craignent les adversaires de l’initiative. Deuxièmement, cette défiscalisation profitera essentiellement aux familles qui en ont le moins besoin, puisque celles qui ne paient pas ou peu d’impôts n’en profiteront pas. Enfin, une allocation est un revenu et doit donc être taxé en tant que tel.

    A ces trois arguments, les défenseurs de l’initiative rétorquent que les familles suisses auront donc un milliard de plus dans leurs poches qu’elles pourront ainsi investir dans l’économie. Quant à la classe moyenne, qui profiterait principalement de cette défiscalisation, elle est « la vache à lait de la fiscalité » (2). Il est donc temps de la soulager quelque peu. Les initiants remettent également en question le fait qu’une allocation soit un revenu la considérant avant tout comme une aide.

    Devant les arguments des uns et des autres, pas forcément évident de se positionner, car si la tête pencherait plutôt pour le « non », les tripes pencheraient plutôt pour le « oui ». Et parfois, il faut laisser parler ses tripes plutôt que sa tête. Quand il s’agit de baisser drastiquement la fiscalité des entreprises avec ces milliards de pertes fiscales, il n’y a curieusement pas les mêmes états d’âme du côté du PLR.

    Avoir des enfants coûte cher et ils représentent un risque de pauvreté. Alors oui, cette initiative n’aidera pas ces familles sur le fil du rasoir, mais est-ce une raison suffisante pour ne pas en soulager d’autres ? Poser la question, c’est y répondre. A Liliane Maury Pasquier qui dit qu’il faut « développer des mesures avant tout non fiscales » (1) comme, par exemple, la hausse des allocations familiales ou la suppression des primes-maladies pour enfant, je dis « oui, bien sûr ». Mais combien de temps faudra-t-il attendre avant qu’elles se concrétisent ? Probablement des années, voire jamais.

    L’initiative du PDC est certes une réponse imparfaite pour soutenir toutes les familles, mais elle a le mérite d’exister et de pouvoir être rapidement appliquée. Alors, « un tiens valant mieux que deux tu l’auras (jamais) », je voterai « oui » le 8 mars.

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    (1) Liliane Maury Pasquier, conseillère aux Etats socialiste, dans l’édition du Courrier du 10 février 2015
    (2) Yannick Buttet, conseiller national valaisan PDC, dans le Courrier du 9 février 2015

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  • "The Imitation Game" et 7 autres films à l'affiche

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    FullSizeRender.jpgEncore un film basé sur une histoire vraie, mais comme la réalité dépasse la fiction, il n’y a vraiment pas de mal à cela, surtout quand le résultat en vaut la peine, comme c’est le cas avec « The Imitation Game ». Au début de la seconde guerre mondiale, Alan Turing, mathématicien de génie, spécialiste en cryptologie, se voit confier par le gouvernement britannique la mission de percer avec sa petite équipe le secret d’Enigma, la machine de cryptage allemande réputée inviolable.

    Si le film relate logiquement les différentes étapes de cette quête, entre espoir et désespoir, il s’attache tout particulièrement à la personnalité d’Alan Turing, être aussi brillant qu’emprunté dans ses relations sociales. L’action se déroule principalement pendant la guerre. Mais plusieurs scènes de son passé de collégien et l’enquête à laquelle il est soumise au début des années 50, liée à son homosexualité, viennent éclairer à bon escient cette période de la vie d’Alan Turing et permettent ainsi de mieux comprendre le personnage.

    Remarquablement interprété, avec une mention spéciale à  Benedict Cumberbatch, nominé aux Oscars, « The Imitation Game » réussit à la fois à brosser avec subtilité et émotion le portrait d’Alan Turing et à raconter une histoire non dénuée de suspense avec un montage très réussi. On regrettera toutefois que dans la toute dernière partie du film la descente aux enfers d’Alan Turing soit trop précipitée et manque par conséquent de consistance. Mais ce bémol mis à part, ce film est à recommander. (4 étoiles)


    Toujours à l’affiche

    5 étoiles, « Whiplash » : Jusqu’où Andrew (Miles Teller) acceptera-t-il d’être rabaissé et humilié par son professeur pour réaliser son rêve de devenir un musicien d’exception ? Quelle limite Fletcher (J.K. Simmons) est-il prêt à dépasser pour pousser son élève dans ses derniers retranchements pour qu’il donne plus que le maximum de lui-même ? Cette limite existe-t-elle ? Le film est porté par deux acteurs exceptionnels, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard et un montage tiré au cordeau. Le face à face entre le professeur et son élève atteint par moment des sommets d’intensité incroyables avec en particulier un dernier quart d’heure qui vous laisse scotché sur votre fauteuil au moment du générique de fin ! A ne pas rater !

    4 étoiles,  «Timbuktu »: Envahie par les djihadistes, Timbuktu va devoir renoncer à sa tranquillité, mais pas sans une certaine résistance. Face à la terreur imposée par une loi soi-disant divine, des femmes, principales victimes de cet ordre nouveau, vont trouver la force de s’y opposer quitte à y risquer leur vie. Il y a des moments très durs dans « Timbuktu », mais aussi des scènes d’une beauté et d’une poésie extraordinaires. Le film n’est pas non plus dénué d’humour quand il confronte les occupants à leurs limites « humaines ». C’est dans cette atmosphère lourde, toutefois rendue plus légère par des images absolument superbes,  que le film raconte en parallèle l’histoire de Kidane et de sa famille qui vivent paisiblement loin de cette terreur jusqu’au jour où leur destin les en rapprochera inexorablement…

    3 étoiles, « Une merveilleuse histoire du temps » retrace une vingtaine d’année de la vie hors du commun de l’astrophysicien Stephen Hawking, soit du début des années 60 à la fin des années 70. Stephen Hawking souffre depuis le début de la vingtaine d’une maladie dégénérative qui l’a laissé presque complètement paralysé, mais à laquelle il a survécu alors qu’on lui avait prédit une espérance de vie de deux ans après le diagnostic ! Le film ne met pas au premier plan l’aspect scientifique de la vie de Stephen Hawking, tout de même bien présent, mais privilégie son combat contre la maladie, qu’il affronte avec courage et humour, et son histoire d’amour, indissociable de cette lutte, avec sa femme. Long métrage romantique qui évite le pathos, « une histoire merveilleuse du temps », malgré une deuxième partie qui tire un peu en longueur, est un film touchant et émouvant porté par un formidable duo d’acteurs. Il met non seulement en avant le génie de l’être humain, mais aussi tout ce dont il est capable, pour le meilleur, sur le plan relationnel. Une belle histoire.

    3 étoiles, « Foxcatcher » : Basé sur une histoire vraie, « Foxcatcher » raconte l’histoire des frères Schultz (Channing Tatum et Mark Ruffalo, excellents) tous deux médaillés d’or en lutte aux Jeux de Los Angeles en 1984. Alors que David est devenu entraîneur et père de famille, Mark compte bien renouveler cet exploit, avec l’aide de son grand frère dont il est très proche, lors des Jeux de Séoul. A une année de l’échéance, le destin de Mark bascule quand le milliardaire John du Pont (Steve Carell, génial) se met en tête de lui offrir dans son domaine (« Foxcatcher ») les meilleures conditions d’entraînement possibles. Une relation de pouvoir, de domination et de dépendance va alors se développer entre les deux hommes jusqu’à faire de Mark l’ombre de lui-même. Et obliger John du Pont à rappeler son grand frère à ses côtés, au risque que celui-ci lui fasse à son tour de l’ombre…Prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes, « Foxcatcher » est un film qui démarre (un peu trop) lentement. Mais ce n’est que pour mieux mettre en place son univers à haute tension et de plus en plus noir. Le film vous prend petit à petit aux tripes jusqu’à vous asséner à la fin un coup dans l’estomac dont on met un moment à se relever.

    3 étoiles, « Les souvenirs » : Comédie douce-amère sur le temps qui passe et ses conséquences pas toujours agréables, « Les souvenirs » est avant tout un film sur le cycle de la vie avec des scènes particulièrement émouvantes entre Romain (Mathieu Spinosi, solaire) et sa grand-mère (Annie Cordy, touchante) qui en partant à la recherche de ses souvenirs permettra à son tour à son petit-fils d’en construire. Si le film est parfois un peu décousu, ce qui entraîne des petites baisses de rythme, il fait la part belle aux émotions en faisant passer le spectateur du rire aux larmes tout en le renvoyant forcément à un moment ou un autre à sa propre histoire. Un film français de bonne qualité comme on les aime. Un bon moment.

    3 étoiles, « La famille Bélier » : Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, ado de 16 ans qui joue plus souvent qu’à son tour les interprètes indispensables pour ses parents à la tête d’une exploitation agricole. Mais ce bel équilibre familial est menacé quand Paula décide de passer un concours de chant. Le début du film est laborieux et a tous les ingrédients de la comédie française bas de gamme. Karin Viard et François Damiens, les parents de Paula, sont à la limite de la caricature et les préoccupations d’ado de Paula franchement pas passionnantes. Et puis l’histoire prend tout à coup corps quand Paula (étonnante Louane Emera, demi-finaliste de la saison 2 de The Voice qui crève littéralement l’écran) s’inscrit à la chorale dirigée par un prof désabusé (excellent Eric Elmosnino) qui ne jure que par le répertoire de…Michel Sardou. Dès ce moment-là, le film privilégie, avec bonheur, l’aspect émotionnel plutôt que comique. Un agréable divertissement.

    2 étoiles, « Une heure de tranquillité » : Adapté d’une pièce de théâtre, « Une heure de tranquillité » raconte l’histoire de Michel, dentiste embourgeoisé et grand amateur de jazz, qui vient de trouver aux puces un disque très rare qu’il veut écouter de suite chez lui sans qu’on le dérange. Mais son entourage va en décider autrement. Malgré quelques situations très drôles, le film reste toutefois assez convenu, à part la fin très réussie, et ne réserve donc pas de grandes surprises. On y sourit, plus qu’on y rit. Les acteurs sont bons, à commencer par Christian Clavier qui n’en fait pas des tonnes. Carole Bouquet joue fort bien l'épouse dépressive et Rossy de Palma est hilarante dans son rôle de femme de ménage. Les ingrédients sont donc de bonne qualité, mais la sauce ne prend pas vraiment. Pas désagréable, mais pas indispensable. 


    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Il faut sauver le curé Bucheli!

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    J'ai déjà eu l'occasion dans un précédent billet de parler des déboires du curé de Bürglen (Uri). "Coupable" d'avoir béni un couple de lesbiennes, le très conservateur évêque de Coire lui a demandé de démissionner la semaine dernière.

    C'était sans compter avec la réaction du curé lui-même qui a refusé de se soumettre à ce dictat et celle du Conseil de paroisse qui, à l'unanimité, soutient la décision du curé Bucheli de ne pas partir. Les autorités communales ont fait savoir qu'elles pensaient la même chose!

    Quel bel élan de solidarité derrière ce curé qui voit ainsi récompenser l'acte courageux qu'il a accompli l'automne dernier. Un élan de solidarité qu'il est possible de soutenir en signant la pétition en ligne qui a déjà récolté près de 30 000 signatures, et ce n'est sans doute pas terminé!

    Comment l'évêque de Coire va-t-il réagir à cette formidable mobilisation? Comment, d'une manière plus générale,  l'Eglise catholique va-t-elle prendre en compte ce signe fort pour une Eglise qui prend en compte les réalités d'aujourd'hui? Qu'en pense le pape François?

    Autant de questions qui ne trouveront pas de réponses immédiatement, mais qui pourraient bien avec le temps faire évoluer postitivement l'Eglise grâce à un geste finalement très simple, mais ô combien symbolique, d'un curé d'une bourgade uranaise qui mérite bien d'être sauvé. Au propre et au figuré.

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  • Dieu reconnaîtra les siens

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    Se faire virer pour avoir béni un couple de lesbiennes. Rien de très surprenant de la part de l'Eglise catholique qui se donne de la peine et en a (beaucoup) pour faire une place aux homosexuel-le-s en son sein (saint?). 

    Cette décision du très conservateur évêque de Coire ne surprendra pas grand monde. Il ne pouvait pas passer sous silence l'acte du curé de Burglen dans le canton d'Uri qui "a agi sciemment contre l'enseignement de l'Eglise" selon son porte-parole. Il est vrai qu'il n'a jamais été dans les habitudes de l'Eglise catholique de passer sous silence quoique ce soit...

    Mais la bonne nouvelle dans tout ça, c'est qu'il y a un curé qui a osé braver son autorité de tutelle, apparement avec le soutien de son conseil de paroisse. Il a payé de sa personne afin que son souhait d'une Église plus en phase avec la société moderne puisse se réaliser. Il en fait les frais, puisqu'il va devoir quitter sa paroisse.

    Wendelin Bucheli a apporté sa pierre à l'édifice d'une Eglise que près de 60% des catholiques interrogés il y a un an par la Conférence des évêques suisses souhaitent voir s'ouvrir à la reconnaissance et à la bénédiction des couples homosexuels! Beaucoup lui en seront reconnaissants.

    Gageons que malgré cette sanction, il est en paix avec lui-même. Et puis, Dieu ne reconnaîtra-t-il pas les siens?

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