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  • "Un homme idéal" et 10 autres films à l'affiche

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    FullSizeRender.jpgEst-ce bien raisonnable, malgré que la tête d’affiche soit l’excellent Pierre Niney, récemment « césarisé » pour son rôle d’Yves Saint-Laurent, d’aller voir un film qui, selon la plupart des critiques, n’a rien d’original et comporte de nombreuses invraisemblances ?

    Matthieu Vasseur a 26 ans et rêve de devenir un écrivain connu et reconnu, mais en attendant il travaille comme déménageur. Las, ses écrits ne trouvent pas preneur auprès des maisons d’édition, son talent n’étant pas à la hauteur de ses ambitions. Mais la providence vient à son secours sous la forme d’un manuscrit découvert lors d’un déménagement. Matthieu va se l’approprier et le publier sous son nom. Immense succès. Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, Matthieu rencontre également la femme de sa vie. Le temps passe. Matthieu est pressé de toutes parts pour publier son deuxième livre alors que la vérité concernant son premier roman le rattrape peu à peu. Prisonnier de son mensonge originel, Matthieu va affronter des situations de plus en plus complexes pour que son statut d’imposteur ne soit pas découvert.

    Le film démarre sur les chapeaux de roue, c’est vraiment le cas de le dire, en mettant tout de suite le spectateur dans l’action. On s’attache très vite au personnage de Matthieu en grande partie grâce à l’excellente prestation de Pierre Niney. Et cet attachement n’ira pas en diminuant au cours du film malgré l’évolution pour le moins discutable et improbable du personnage qui oscille entre le super héros et le super salaud. Malgré de nombreuses invraisemblances, on se laisse emporter par cette histoire à suspense pour au final passer un bon moment. Ce n’est déjà pas si mal, même si l’on peut sans problème attendre sa diffusion sur TF1 un dimanche soir ! (2 étoiles)

    Toujours à l’affiche

    5 étoiles, « Whiplash » : Jusqu’où Andrew (Miles Teller) acceptera-t-il d’être rabaissé et humilié par son professeur pour réaliser son rêve de devenir un musicien d’exception ? Quelle limite Fletcher (J.K. Simmons, Oscar du meilleur second rôle masculin) est-il prêt à dépasser pour pousser son élève dans ses derniers retranchements pour qu’il donne plus que le maximum de lui-même ? Cette limite existe-t-elle ? Le film est porté par deux acteurs exceptionnels, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard et un montage tiré au cordeau. Le face à face entre le professeur et son élève atteint par moment des sommets d’intensité incroyables avec en particulier un dernier quart d’heure qui vous laisse scotché sur votre fauteuil au moment du générique de fin ! A ne pas rater ! (Cinélux, samedi 18 et dimanche 19 à 15h15)

    4 étoiles, « Birdman » : Ancienne star du grand écran mondialement connue pour avoir incarné le super héros « Birdman », Riggan Thomson (excellent Michael Keaton) est un acteur oublié qui tente de renouer avec son passé glorieux en montant une pièce de théâtre à Broadway. Magnifiquement filmé avec ses plans-séquences habilement montés qui donnent l’impression que les acteurs ont été suivis sans interruption du début à la fin du film, « Birdman », récompensé par 4 Oscar prestigieux (film, réalisateur, scénario et photographie) est une indéniable réussite sur le plan formel. Sur le fond, il faut du temps pour entrer dans le film et s’attacher aux personnages, mais ce défaut apparent n’en est pas vraiment un, car il n’est pas désagréable de voir son plaisir de spectateur augmenté au fur et à mesure de la projection. Si le film est un peu déroutant lors des scènes surréalistes du dernier tiers, elles prennent tout leur sens avec une fin qui réconcilie intelligemment Riggan Thomas avec « Birdman ». Brillant.

    4 étoiles, « The Imitation Game » : Au début de la seconde guerre mondiale, Alan Turing, mathématicien de génie, spécialiste en cryptologie, se voit confier par le gouvernement britannique la mission de percer avec sa petite équipe le secret d’Enigma, la machine de cryptage allemande réputée inviolable. Remarquablement interprété, avec une mention spéciale à  Benedict Cumberbatch, nominé aux Oscars, « The Imitation Game » réussit à la fois à brosser avec subtilité le portrait d’Alan Turing et à raconter une histoire non dénuée de suspense avec un montage très réussi. On regrettera toutefois que dans la toute dernière partie du film la descente aux enfers d’Alan Turing soit trop précipitée et manque par conséquent de consistance. Mais ce bémol mis à part, ce film est à recommander.

    4 étoiles et 7 César mérités,  «Timbuktu »: Envahie par les djihadistes, Timbuktu va devoir renoncer à sa tranquillité, mais pas sans une certaine résistance. Face à la terreur imposée par une loi soi-disant divine, des femmes, principales victimes de cet ordre nouveau, vont trouver la force de s’y opposer quitte à y risquer leur vie. Il y a des moments très durs dans « Timbuktu », mais aussi des scènes d’une beauté et d’une poésie extraordinaires. Le film n’est pas non plus dénué d’humour quand il confronte les occupants à leurs limites « humaines ». C’est dans cette atmosphère lourde, toutefois rendue plus légère par des images absolument superbes,  que le film raconte en parallèle l’histoire de Kidane et de sa famille qui vivent paisiblement loin de cette terreur jusqu’au jour où leur destin les en rapprochera inexorablement…

    3 étoiles, « Selma » : il y a tout juste 50 ans des hommes et des femmes, avec à leur tête le Dr Martin Luther King, ont risqué leur vie, et l’ont parfois perdue, pour que tous les citoyens puissent avoir le droit de voter. « Selma » raconte cette campagne décisive de la conquête des droits civiques pour tous. Centré sur le personnage de Martin Luther King, « Selma » fait la part belle au contexte politique de l’époque. Les hésitations du président Johnson sur la conduite à adopter, alors que son pays est confronté aux yeux du monde entier à des affrontements raciaux d’une rare violence, sont très révélatrices de ce contexte. Au même titre que la stratégie de Martin Luther King qui, à un moment donné, préfère reculer, et affronter l’incompréhension de ses troupes, pour mieux sauter. Le film a donc des vertus pédagogiques indéniables, ce qui fait à la fois sa force et sa faiblesse, car à trop vouloir démontrer il en perd par moment un peu de son intérêt. Un reproche toutefois insuffisant pour ne pas aller voir ce film qui rappelle, si cela était encore nécessaire, que pour obtenir l’égalité des droits, il faut toujours lutter. (Pathé Rialto, samedi 18 et dimanche 19 à 15h35)

    3 étoiles, « Still Alice » : Professeur de linguistique réputée, mariée, mère de trois grands enfants, épanouie, Alice Howard présente les premiers signes de la maladie d’Alzheimer alors qu’elle vient de fêter ses 50 ans. Cette nouvelle va bien évidemment bouleverser sa vie et celle de son entourage. Alice va mener ce combat, perdu d’avance, contre la maladie avec une grande dignité pour qu’on n’oublie pas qu’au-delà de sa perte de mémoire, elle demeure une personne à part entière. Le film ne réserve guère de surprises dans son déroulement. Il est classique dans sa forme et les seconds rôles, le mari et les trois enfants, ne sont pas suffisamment développés. Mais il a une immense qualité qui vaut à elle seule la peine d’aller le voir : Julianne Moore. Fort justement récompensée par l’Oscar de la meilleure actrice, elle est bouleversante de bout en bout. Voir à l’écran son regard s’éteindre petit à petit au fur et à mesure que la mémoire la quitte est du très grand art : une performance qui fera sans nul doute date dans l’Histoire du cinéma.

    3 étoiles, « Snow Therapy » : Vacances familiales dans les Alpes, pause déjeuner sur la terrasse du restaurant et tout à coup une avalanche qui s’approche dangereusement. Panique à bord. Tomas, le père, s’enfuit alors que la mère se retrouve seule pour protéger ses deux enfants. Plus de peur que de mal, l’avalanche s’est arrêtée au pied du restaurant. Mais elle a tout de même fait de gros dégâts au sein de la famille : le père a failli dans sa mission de protecteur et a perdu la confiance de son épouse et de ses enfants. « Snow Therapy » est une comédie grinçante, par moment jouissive par son côté cruel, qui s’attaque aux clichés de la famille « idéale », mais aussi au rôle de l’homme dans notre société occidentale. Le spectateur et la spectatrice sont forcément bousculés par ce qu’ils découvrent à l’écran et invités à se questionner sur eux-mêmes : qu’auraient-ils fait dans une situation comme celle-ci ? « Snow Therapy » est un film qui dérange et ne s’oublie pas une fois qu’il est terminé quand bien même on regrettera une fin pas à la hauteur du reste. (Cineversoix, dimanche 19 à 18h30)

    3 étoiles, « La famille Bélier » : Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, ado de 16 ans qui joue plus souvent qu’à son tour les interprètes indispensables pour ses parents à la tête d’une exploitation agricole. Mais ce bel équilibre familial est menacé quand Paula décide de passer un concours de chant. Le début du film est laborieux et a tous les ingrédients de la comédie française bas de gamme. Karin Viard et François Damiens, les parents de Paula, sont à la limite de la caricature et les préoccupations d’ado de Paula franchement pas passionnantes. Et puis l’histoire prend tout à coup corps quand Paula (Louane Emera, César du meilleur espoir féminin) s’inscrit à la chorale dirigée par un prof désabusé (excellent Eric Elmosnino) qui ne jure que par le répertoire de…Michel Sardou. Dès ce moment-là, le film privilégie, avec bonheur, l’aspect émotionnel plutôt que comique. Un agréable divertissement.

    2 étoiles, « Indian Palace – Suite royale » : en 2012, « Indian Palace » narrait avec délicatesse et bonhomie les aventures de retraités britanniques qui se retrouvaient à séjourner bien malgré eux en Inde dans un établissement complètement délabré, mais au charme incomparable. Grand succès. Il était donc tentant de donner une suite aux aventures de ces retraités attachants. Le scénario se résume à la recherche de l’acquisition d’un second établissement par Sonny Kapoor, le directeur gaffeur et adoré des clients du Marigold Hotel. Cette quête se fait entre ses fiançailles, une fête de famille et son mariage, histoire de bien faire couleur locale. On n’oublie pas non plus d’ajouter deux ou trois intrigues, sans grand intérêt, pour les résidents, et quelques réflexions ici ou là sur le temps qui passe. Le film n’en est pas pour autant franchement désagréable. Il y a des scènes drôles et même émouvantes. Et puis, le plaisir de voir à l’écran de formidables acteurs, parmi lesquels les actrices « culte » que sont Judi Dench ou Maggie Smith, est réel et le tout est plutôt bien filmé dans une Inde de carte postale et « bollywoodienne ». Mais tout cela reste bien superficiel.

    1 étoile, « American Sniper » : Difficile de rester neutre face à ce film, qui raconte l’histoire vraie de Chris Kyle tireur d’élite particulièrement redoutable ayant officié en Irak entre 2004 et 2009, tant les valeurs qui y sont véhiculées peuvent être ressenties très différemment par les uns et les autres. Patriotisme, virilité et héroïsme dans tous les sens du terme pourront sans doute plaire à ceux qui aiment les films de guerre bien réalisés et bien joués, comme c’est le cas d’« American Sniper ». Mais pour les autres, il faudra une fois de plus assister aux scènes où le héros est humilié par ses formateurs, constater que si le tireur d’élite américain protège les siens, celui de l’adversaire est juste le dernier des salopards ou encore entrevoir les failles du héros presqu’aussi vite balayées afin de retourner au combat. Il y a bien ici ou là des réflexions sur l’utilité de la guerre, quelques rares remises en question du héros ou encore quelques scènes qui montrent les suites dévastatrices du combat pour les vétérans, mais elles ne sauraient remettre en question l’impression générale du film : une ode à la grande Amérique. Décevant.


    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Hillary Clinton: un charisme exceptionnel

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    Je ne sais pas si Hillary Clinton ferait une bonne présidente des Etats-Unis. Ce dont je suis sûr, par contre, pour l’avoir vue et entendue pour de « vrai », c’est qu’elle a un formidable charisme.

    C’est en juillet 2012, lors de la conférence mondiale sur le sida de Washington, à laquelle j’assistais en tant que représentant du Groupe sida Genève  au sein  du Conseil d’administration de l’association internationale de lutte contre le sida Coalition Plus, que j’ai pu m’en rendre compte.

    Acclamée comme une star au moment de son entrée sur la scène par un public venu du monde entier et, il est vrai, conquis avant même qu’elle ait prononcé un seul mot, celle qui était à l’époque Secrétaire d’Etat n’a pas déçu.

    Son discours au contenu élaboré sur les enjeux liés au sida, mais très humain sans pour autant tomber dans la démagogie, a su captiver l’ensemble de l’audience venue des quatre coins de la planète. Il a été, bien évidemment, et comme on pouvait s’y attendre, parfaitement prononcé avec juste ce qu’il faut d’humour et d’émotion. La toute grande classe.

    Un moment inoubliable pour toutes celles et ceux qui ont eu, comme moi, la chance de le partager avec cette femme au charisme exceptionnel qui sera peut-être la première femme présidente des Etats-Unis.

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  • Des partis et des candidat-e-s qui s'engagent...ou pas pour les droits des personnes LGBT

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    En vue des élections municipales du week-end prochain, la Fédération genevoise des associations LGBT (1) a envoyé un questionnaire à l'ensemble des candidat.e.s afin qu'elles et ils s'expriment sur plusieurs thèmes touchant la communauté LGBT.

    316 candidat.e.s, sur un total de 1769, ont rempli le questionnaire. 22.8% des réponses proviennent de la Ville de Genève et 77.2% des autres communes. Leurs réponses ont fait l’objet d'une analyse pointue qui a également donné lieu à un communiqué de presse (2).

    Premier enseignement: la participation des candidat.e.s (3) comprend des différences marquées en fonction de leur appartenance politique. Elle reflète bien l’intérêt des partis pour la question des droits des personnes LGBT en général : PS 37.1% ; Ensemble à gauche 36.7% ; les Verts 28.7%; les Vert'libéraux 27.1% ; le PDC 17.8% ; le MCG 13.85%, le PLR 13.7%  et l’UDC 10.9%.

    Deuxième enseignement: les réponses aux quatre questions adressées aux candidat.e.s.  rencontrent une large adhésion (65 à 87% suivant les questions). Ce n'est pas vraiment surprenant étant donné que les candidat.e.s avec des avis contraires s'abstiennent le plus souvent de répondre. Il faut donc noter le courage ou l'inconscience, c'est selon, de celles et ceux qui n'ont pas hésité à partager clairement leurs avis négatifs.

    Dernier enseignement: toutes les bonnes intentions exprimées dans de nombreuses réponses devraient logiquement déboucher sur des actions concrètes lors de la prochaine législature. A suivre…


    Ci-dessous les principaux résultats ainsi qu’une sélection de commentaires que certain.e.s candidat.e.s ont fait figurer sous leurs réponses aux questions.

    1. Soutien aux associations et leur implication

    Cette question comprenait deux volets : soutien financier et politique à la Fédération et à ses associations membres et la consultation et l’implication de la Fédération et ses associations dans les projets et actions des communes sur les questions LGBT.

    Les candidat.e.s sont favorables à 65% au soutien politique, en mettant un bémol quant au soutien financier. Le volet concernant l’implication et la consultation des associations est plébiscité à 87%.

    Catherine THOBELLEM, candidate pour les Verts en Ville de Genève, rappelle qu’il « est indispensable que les communes proches des préoccupations de leurs habitantes et habitants promeuvent la diversité et se positionnent clairement pour l'inclusion des minorités notamment LGBT en soutenant fermement les subventions pour l'important travail effectué par la Fédération et l'ensemble des associations LGBT qui se battent et militent pour défendre les droits des personnes LGBT. »

    Brigitte STUDER, candidate pour Ensemble à gauche en Ville de Genève, indique qu’elle est « en faveur d'un soutien important du Canton et des communes au travail essentiel que fait la Fédération genevoise des associations LGBT contre l'homophobie et la transphobie - à tous les niveaux - prévention, sensibilisation, soutien, lutte contre toute forme de discriminations (…).

    Stéphane VALENTE, candidat indépendant sur la liste du MCG à l’exécutif de Vernier, « parce que le taux de suicide chez les jeunes LGBT est un fléau », est en faveur « de toute mesure qui permette de sauver ces vies. » 

    Pascal ALTENBACH, candidat UDC en Ville de Genève, ne partage pas leur avis : « Les inclinations sexuelles sont du domaine du privé et de l'intime. Ponctionner l'argent des contribuables, c'est admettre que la tolérance ne suit pas un chemin naturel mais que l'on doit forcer artificiellement les citoyens à être tolérants : or ils le sont actuellement. Ce genre d'association doit fonctionner sur le bénévolat et l'initiative personnelle. »

    Thierry APOTHELOZ, candidat PS à l’exécutif  de Vernier, répond sur la consultation des associations : « C'est évident ! Comment mettre en œuvre des politiques publiques sans consulter les experts et les personnes concernées (…) ?
    Dominique VUAGNAT, candidat UDC à Onex, n’y est au contraire pas  favorable : « Les positions des associations LGBT sont basées sur de faux principes, donc elles sont biaisées à la base. Elles ne peuvent absolument rien apporter de constructif au débat si ce n'est des visions erronées et totalement irréalistes. »

    2. Institutionnalisation de la prévention de l’homophobie et de la transphobie

    Cette question comprenait quatre volets : actions concrètes portées par un chargé de projets LGBT ou un équivalent au sein des communes, séances de sensibilisation aux questions LGBT au sein des services tels que la police municipale, le travail social hors mur, la petite enfance ou encore le parascolaire, la prévention de l’homophobie et de la transphobie au sein des structures sportives et culturelles de la commune et la mise en place d’actions concrètes pour prévenir l’homophobie et la transphobie au sein des communes en tant que pourvoyeuses d’emploi.

    Les candidat.e.s sont favorable aux quatre volets à plus de 80%.

    Sandrine SALERNO, candidate PS à l’exécutif en Ville de Genève, précise, concernant les actions concrètes, que  « c'est d'ailleurs pour cette raison que je souhaite que la Ville de Genève soit active dans la lutte contre les discriminations et que j'ai créé un poste de chargé de projet sur les questions liées à l'orientation sexuelle. »

    Ariane ARLOTTI, candidate Ensemble à Gauche en Ville de Genève, y est favorable : « Vous n'êtes pas sans savoir que la Suisse n'est pas en avance concernant les droits de personnes LGBT (…). Donc oui, la création de ce poste permet d'actionner d'autres leviers pour défendre les droits des personnes LGBT en étant clairement inscrit dans une politique locale et internationale. »

    Nathalie LEUENBERGER, candidate PS à l’exécutif de Meyrin, abonde dans son sens : « (…) Orienter un projet concret de promotion de l'égalité sur le critère de l'orientation sexuelle et/ou de l'identité de genre s'inscrit parfaitement dans cette démarche et renforce le message global d'une lutte contre toutes les formes de discrimination, qu'elles soient de nature phobiques et/ou culturelles. »

    Micaël CHANEZ, Hors Parti, candidat à Troinex, indique que des sensibilisations pourraient l’aider dans la pratique de son métier : « Je suis policier municipal et j'ai affaire à l'ensemble de la population, chaque individus ayant ses spécificités. Il est bon d'avoir une bonne connaissance de ces dernières. »

    Laurence CORPATAUX, candidate pour les Verts en Ville de Genève, pense « qu'il y a beaucoup de non-dits, de peurs, de fantasmes liés au rapprochement des corps dans l'action sportive puis dans les vestiaires. Cela est source de mise à l'écart, de stigmatisation et de violence à l'écart des personnes "LGBT". Des actions concrètes sont donc importantes pour les prévenir. »

    Miguel LIMPO, candidat pour les Verts à Vernier, abonde : « Oui, il faut lier les subventions à un engagement sans faille des associations en faveur du respect et de l’intégration de toutes et tous. »

    Alexandre KRASNOSSELSKI, candidat pour Les Démocrates Chrétiens et Entente Communale à Bardonnex, rappelle que « toute forme de discrimination à l'embauche liée à l'orientation sexuelle devrait être combattue au même titre que toute autre forme de discrimination et la prévention devrait être l'action en première ligne! »

    Dominique VUAGNAT, candidat UDC à Onex, ne soutient aucun des quatre volets : « Ca n'a absolument aucun sens: la notion d'orientation sexuelle est une aberration en soi: les hommes sont masculins par essence et les femmes féminines de par leur nature; c'est cette différence qui est source de complémentarité et qui fait toute la richesse de l'être humain. Vouloir nier cela c'est juste avilir l'être humain; ça n'a aucun avenir », précisant aussi qu’il faut aider les personnes LGBT « à réaligner leur orientation sexuelle sur leur nature pour qu'ils puissent sortir de cette situation pénible, source de frustrations et de discrimination, et s’épanouir pleinement dans leur état d'homme ou de femme. »

    3. Création d’un Centre d’écoute des victimes d’homophobie et de transphobie

    Que pensent les candidat.e.s de la création d’un Centre d’écoute des victimes d’homophobie et de transphobie, lequel serait financé par les pouvoirs publics (Etat et communes) et géré par la Fédération ?

    68% des candidat.e.s y sont favorables. 25% émettent des réserves, notamment sur le financement ou la gestion d’une telle structure. Beaucoup de candidat.e.s, qui lui reconnaissent une nécessité, seraient favorables à l’insertion des questions d’homophobie et de transphobie dans une structure déjà existante (Centre d’écoute aux victimes du racisme, centre LAVI, etc.).

    Annick ECUYER, candidate Ensemble à Gauche en Ville de Genève, souligne que « les personnes victimes d'homophobie, de lesbophobie, de biphobie, et/ou de transphobie ont peu de moyens de défense légaux, et leur situation parfois dramatique n'est que trop rarement reconnue par l'Etat (l'identité de genre est omise des lois contre les violences et les discriminations, les femmes trans* et les hommes gays subissant un viol n'ont pas d'espoir de justice). »

    4. Précarité des personnes trans*

    Les personnes trans* font face à une précarité sociale et professionnelle particulièrement grave. Cette dernière question porte sur la mise en place d’actions spécifiques pour lutter contre la transphobie et la précarité qui en découle.

    68% des candidat.e.s y sont favorables et 22% le sont sous réserves, notamment sur la question de la taille des communes et les éventuelles actions intercommunales ou encore cantonales pour lutter contre cette précarité. D’autres y sont favorables mais pas de manière spécifique, indiquant qu’il ne faut pas faire de hiérarchie des précarités et ne comprenant pas forcément la nécessité de mettre en place des actions spécifiques.

    Joël JOUSSON, candidat Veyrier Ensemble, émet une réserve à sa réponse favorable : « Les personnes trans qui ne s’affichent pas de façon ostentatoire par défi ou provocation doivent pouvoir accéder à tout type d’emploi. Ma réserve est envers les professions liées à la petite enfance.»

    Jean-Charles LATHION, candidat PDC en Ville de Genève, est favorable à de telles actions, « une nécessité face au désespoir d'êtres humains abandonnés trop souvent par leur famille et les institutions. »

    Il ne reste plus qu’à espérer qu’après les élections toutes ces bonnes intentions déboucheront sur des actions concrètes. A suivre…


    (1) LGBT : Lesbiennes, Gay, Bisexuel-le-s et Trans*

     (2) http://www.federationlgbt-geneve.ch/blog/2015/04/10/decouvrez-quel-le-s-candidat-e-s-aux-elections-municipales-genevoises-se-positionnent-en-faveur-des-personnes-lesbiennes-gay-bisexuelles-et-trans-lgbt/

     (3)  http://www.federationlgbt-geneve.ch/elections2015/

     

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  • Au-delà de leur appartenance politique, des candidat-e-s à soutenir

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    J’ai pris l’habitude, mauvaise diront les adeptes du vote compact, de panacher mon bulletin de vote, enfin reçu aujourd’hui (!), pour n’y inscrire que des personnes que je connais pour de « vrai », ou presque. 

    Et parmi celles-ci, il y a des candidat-e-s au Conseil municipal en Ville de Genève, où je réside, que j’apprécie tout particulièrement. J’ai décidé de les soutenir publiquement, en prenant le risque d'en oublier, sur mon blog parce que :


    -  je les côtoie dans ma privée,
    - ils font ou ont fait partie durant plusieurs années des mêmes comités d’association que moi,
    - ils m’ont soutenu activement lors de ma campagne indépendante au Conseil administratif,
    - ils m’ont soutenu activement  lors de ma candidature au Conseil administratif à l’interne du PDC.

    Certain-e-s cumulent jusqu’à  trois de ces critères.

    Ils et elles partagent donc une grande partie de mes valeurs, ce qui ne veut bien évidemment pas dire que nous soyons toujours d’accord.

    Ces candidat-e-s au Conseil municipal de la Ville de Genève sont donc les suivant-e-s (par ordre alphabétique) :

    Esther Alder, Manuel Alonso Unica, Ariane Arlotti, Jean-Luc von Arx, Olivier Baud, Rémi Burri, Grégoire Carasso, Anne Carron, Vera Figurek, Alfonso Gomez, Sami Kanaan, Lionel Ricou, Valérie de Roguin, Sandrine Salerno, Sylvain Thévoz et Catherine Thobellem.

    Mettre en avant ces seize candidat-e-s, pour les raisons évoquées ci-dessus, ne signifie pas pour autant que je ne vais pas également voter pour d’autres. J’ai donc encore de la place sur ma liste.

    Et puis, il y a également des candidat-e-s de valeur(s), en espérant là aussi ne pas en oublier, qui répondent à mes quatre critères et qui se présentent sur une autre commune. Il s’agit de :

    Anne Penet Schmutz à Satigny, Alain Etienne à Carouge, Damien Bonfanti à Lancy, Thierry Apothéloz, Miguel Limpo et Yvan Rochat à Vernier.

    Je leur souhaite à toutes et tous d’être élu-e-s car je sais, au-delà de leur appartenance politique, que ce sont toutes des personnes qui ont comme objectif premier le bien commun.

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  • "Indian Palace - Suite royale" et 8 autres films à l'affiche

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    FullSizeRender.jpgAprès le succès d’ « Indian Palace » en 2012, qui narrait avec délicatesse et bonhomie les aventures de retraités britanniques qui se retrouvaient à séjourner bien malgré eux en Inde dans un établissement complètement délabré, mais au charme incomparable, il était tentant de donner une suite aux aventures de ces retraités attachants. Et c’est ce qui fut fait. Le résultat est visible sur nos écrans depuis le 1er avril.

    On retrouve donc les mêmes, réalisateur, acteurs, en y ajoutant Richard Gere en inspecteur hôtelier, forcément séducteur. Le scénario se résume à la recherche de l’acquisition d’un second établissement par Sonny Kapoor (Dev Patel qui en fait des tonnes), le directeur gaffeur et adoré des clients du Marigold Hotel. Cette quête se fait entre ses fiançailles, une fête de famille et son mariage, histoire de bien faire couleur locale. On n’oublie pas non plus d’ajouter deux ou trois intrigues, sans grand intérêt, pour les résidents, et quelques réflexions ici ou là sur le temps qui passe.

    Le film n’en est pas pour autant franchement désagréable. Il y a des scènes drôles et même émouvantes. Et puis, le plaisir de voir à l’écran de formidables acteurs, parmi lesquels les actrices « culte » que sont Judi Dench ou Maggie Smith, est réel et le tout est plutôt bien filmé dans une Inde de carte postale et « bollywoodienne ». Mais tout cela reste bien superficiel. Pas indispensable. (2 étoiles)

    Toujours à l’affiche

    5 étoiles, « Whiplash » : Jusqu’où Andrew (Miles Teller) acceptera-t-il d’être rabaissé et humilié par son professeur pour réaliser son rêve de devenir un musicien d’exception ? Quelle limite Fletcher (J.K. Simmons, Oscar du meilleur second rôle masculin) est-il prêt à dépasser pour pousser son élève dans ses derniers retranchements pour qu’il donne plus que le maximum de lui-même ? Cette limite existe-t-elle ? Le film est porté par deux acteurs exceptionnels, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard et un montage tiré au cordeau. Le face à face entre le professeur et son élève atteint par moment des sommets d’intensité incroyables avec en particulier un dernier quart d’heure qui vous laisse scotché sur votre fauteuil au moment du générique de fin ! A ne pas rater !

    4 étoiles, « Birdman » : Ancienne star du grand écran mondialement connue pour avoir incarné le super héros « Birdman », Riggan Thomson (excellent Michael Keaton) est un acteur oublié qui tente de renouer avec son passé glorieux en montant une pièce de théâtre à Broadway. Magnifiquement filmé avec ses plans-séquences habilement montés qui donnent l’impression que les acteurs ont été suivis sans interruption du début à la fin du film, « Birdman », récompensé par 4 Oscar prestigieux (film, réalisateur, scénario et photographie) est une indéniable réussite sur le plan formel. Sur le fond, il faut du temps pour entrer dans le film et s’attacher aux personnages, mais ce défaut apparent n’en est pas vraiment un, car il n’est pas désagréable de voir son plaisir de spectateur augmenté au fur et à mesure de la projection. Si le film est un peu déroutant lors des scènes surréalistes du dernier tiers, elles prennent tout leur sens avec une fin qui réconcilie intelligemment Riggan Thomas avec « Birdman ». Brillant.

    4 étoiles, « The Imitation Game » : Au début de la seconde guerre mondiale, Alan Turing, mathématicien de génie, spécialiste en cryptologie, se voit confier par le gouvernement britannique la mission de percer avec sa petite équipe le secret d’Enigma, la machine de cryptage allemande réputée inviolable. Remarquablement interprété, avec une mention spéciale à  Benedict Cumberbatch, nominé aux Oscars, « The Imitation Game » réussit à la fois à brosser avec subtilité le portrait d’Alan Turing et à raconter une histoire non dénuée de suspense avec un montage très réussi. On regrettera toutefois que dans la toute dernière partie du film la descente aux enfers d’Alan Turing soit trop précipitée et manque par conséquent de consistance. Mais ce bémol mis à part, ce film est à recommander.

    4 étoiles et 7 César mérités,  «Timbuktu »: Envahie par les djihadistes, Timbuktu va devoir renoncer à sa tranquillité, mais pas sans une certaine résistance. Face à la terreur imposée par une loi soi-disant divine, des femmes, principales victimes de cet ordre nouveau, vont trouver la force de s’y opposer quitte à y risquer leur vie. Il y a des moments très durs dans « Timbuktu », mais aussi des scènes d’une beauté et d’une poésie extraordinaires. Le film n’est pas non plus dénué d’humour quand il confronte les occupants à leurs limites « humaines ». C’est dans cette atmosphère lourde, toutefois rendue plus légère par des images absolument superbes,  que le film raconte en parallèle l’histoire de Kidane et de sa famille qui vivent paisiblement loin de cette terreur jusqu’au jour où leur destin les en rapprochera inexorablement…

    3 étoiles, « Selma » : il y a tout juste 50 ans des hommes et des femmes, avec à leur tête le Dr Martin Luther King, ont risqué leur vie, et l’ont parfois perdue, pour que tous les citoyens puissent avoir le droit de voter. « Selma » raconte cette campagne décisive de la conquête des droits civiques pour tous. Centré sur le personnage de Martin Luther King, « Selma » fait la part belle au contexte politique de l’époque. Les hésitations du président Johnson sur la conduite à adopter, alors que son pays est confronté aux yeux du monde entier à des affrontements raciaux d’une rare violence, sont très révélatrices de ce contexte. Au même titre que la stratégie de Martin Luther King qui, à un moment donné, préfère reculer, et affronter l’incompréhension de ses troupes, pour mieux sauter. Le film a donc des vertus pédagogiques indéniables, ce qui fait à la fois sa force et sa faiblesse, car à trop vouloir démontrer il en perd par moment un peu de son intérêt. Un reproche toutefois insuffisant pour ne pas aller voir ce film qui rappelle, si cela était encore nécessaire, que pour obtenir l’égalité des droits, il faut toujours lutter. (3 étoiles)

    3 étoiles, « Still Alice » : Professeur de linguistique réputée, mariée, mère de trois grands enfants, épanouie, Alice Howard présente les premiers signes de la maladie d’Alzheimer alors qu’elle vient de fêter ses 50 ans. Cette nouvelle va bien évidemment bouleverser sa vie et celle de son entourage. Alice va mener ce combat, perdu d’avance, contre la maladie avec une grande dignité pour qu’on n’oublie pas qu’au-delà de sa perte de mémoire, elle demeure une personne à part entière. Le film ne réserve guère de surprises dans son déroulement. Il est classique dans sa forme et les seconds rôles, le mari et les trois enfants, ne sont pas suffisamment développés. Mais il a une immense qualité qui vaut à elle seule la peine d’aller le voir : Julianne Moore. Fort justement récompensée par l’Oscar de la meilleure actrice, elle est bouleversante de bout en bout. Voir à l’écran son regard s’éteindre petit à petit au fur et à mesure que la mémoire la quitte est du très grand art : une performance qui fera sans nul doute date dans l’Histoire du cinéma.

    3 étoiles, « La famille Bélier » : Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, ado de 16 ans qui joue plus souvent qu’à son tour les interprètes indispensables pour ses parents à la tête d’une exploitation agricole. Mais ce bel équilibre familial est menacé quand Paula décide de passer un concours de chant. Le début du film est laborieux et a tous les ingrédients de la comédie française bas de gamme. Karin Viard et François Damiens, les parents de Paula, sont à la limite de la caricature et les préoccupations d’ado de Paula franchement pas passionnantes. Et puis l’histoire prend tout à coup corps quand Paula (Louane Emera, César du meilleur espoir féminin) s’inscrit à la chorale dirigée par un prof désabusé (excellent Eric Elmosnino) qui ne jure que par le répertoire de…Michel Sardou. Dès ce moment-là, le film privilégie, avec bonheur, l’aspect émotionnel plutôt que comique. Un agréable divertissement.

    1 étoile, « American Sniper » : Difficile de rester neutre face à ce film, qui raconte l’histoire vraie de Chris Kyle tireur d’élite particulièrement redoutable ayant officié en Irak entre 2004 et 2009, tant les valeurs qui y sont véhiculées peuvent être ressenties très différemment par les uns et les autres. Patriotisme, virilité et héroïsme dans tous les sens du terme pourront sans doute plaire à ceux qui aiment les films de guerre bien réalisés et bien joués, comme c’est le cas d’« American Sniper ». Mais pour les autres, il faudra une fois de plus assister aux scènes où le héros est humilié par ses formateurs, constater que si le tireur d’élite américain protège les siens, celui de l’adversaire est juste le dernier des salopards ou encore entrevoir les failles du héros presqu’aussi vite balayées afin de retourner au combat. Il y a bien ici ou là des réflexions sur l’utilité de la guerre, quelques rares remises en question du héros ou encore quelques scènes qui montrent les suites dévastatrices du combat pour les vétérans, mais elles ne sauraient remettre en question l’impression générale du film : une ode à la grande Amérique. Décevant.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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