- Page 2

  • "La tête haute" frappe en plein coeur (et 4 autres films à l'affiche)

    Imprimer

    FullSizeRender.jpgFilm présenté en ouverture et hors compétition au Festival de Cannes, ce qui nous vaut le plaisir d’avoir enfin un très bon film à l’affiche après le désert du mois écoulé, « La tête haute » raconte l’histoire de Malony et de ses démêlés avec la justice de ses six à ses dix-huit ans.

    Confronté dès son plus jeune âge à la juge pour mineurs, suite à l’incapacité de sa mère de s’en occuper, Malony va avoir à faire à elle régulièrement dès qu’il enchainera les bêtises plus ou moins grosses une fois l’adolescence arrivée.

    Formidablement bien joué par Rod Paradot, on peut déjà parier sans risque qu’il décrochera le César du meilleur espoir masculin 2015, le personnage de Malony est extrêmement touchant et crédible. Ecorché vif, il se rebelle avec toute personne autre que sa mère (Sara Forestier, excellente dans son rôle de « mauvaise » mère aimante), pourtant totalement immature et dépassée, avec une rare violence verbale, voire physique.

    Malgré tout, la juge (Catherine Deneuve, comme d’habitude parfaite) et l’éducateur qui est chargé de son suivi (Benoît Magimel, très convaincant dans son rôle d’éducateur qui revit au travers de Malony un parcours personnel que l’on devine plus ou moins semblable) vont maintenir sans cesse le lien avec l’adolescent. Ils marchent constamment sur des œufs en s'interrogeant sur les moyens à utiliser entre prévention et répression pour tenter de le remettre sur le droit chemin…

    Si l’on peut juste regretter la répétition parfois inutile de certaines scènes, cela n’enlève en rien l’excellente qualité de ce film émouvant, et même par moment bouleversant, magnifiquement interprété, écrit et mis en scène. « La tête haute » frappe en plein cœur ! (5 étoiles)

    Toujours à l’affiche

    3 étoiles, « Still Alice » : Professeur de linguistique réputée, mariée, mère de trois grands enfants, épanouie, Alice Howard présente les premiers signes de la maladie d’Alzheimer alors qu’elle vient de fêter ses 50 ans. Cette nouvelle va bien évidemment bouleverser sa vie et celle de son entourage. Alice va mener ce combat, perdu d’avance, contre la maladie avec une grande dignité pour qu’on n’oublie pas qu’au-delà de sa perte de mémoire, elle demeure une personne à part entière. Le film ne réserve guère de surprises dans son déroulement. Il est classique dans sa forme et les seconds rôles, le mari et les trois enfants, ne sont pas suffisamment développés. Mais il a une immense qualité qui vaut à elle seule la peine d’aller le voir : Julianne Moore. Fort justement récompensée par l’Oscar de la meilleure actrice, elle est bouleversante de bout en bout. Voir à l’écran son regard s’éteindre petit à petit au fur et à mesure que la mémoire la quitte est du très grand art : une performance qui fera sans nul doute date dans l’Histoire du cinéma.

    3 étoiles, « La famille Bélier » : Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, ado de 16 ans qui joue plus souvent qu’à son tour les interprètes indispensables pour ses parents à la tête d’une exploitation agricole. Mais ce bel équilibre familial est menacé quand Paula décide de passer un concours de chant. Le début du film est laborieux et a tous les ingrédients de la comédie française bas de gamme. Karin Viard et François Damiens, les parents de Paula, sont à la limite de la caricature et les préoccupations d’ado de Paula franchement pas passionnantes. Et puis l’histoire prend tout à coup corps quand Paula (Louane Emera, César du meilleur espoir féminin) s’inscrit à la chorale dirigée par un prof désabusé (excellent Eric Elmosnino) qui ne jure que par le répertoire de…Michel Sardou. Dès ce moment-là, le film privilégie, avec bonheur, l’aspect émotionnel plutôt que comique. Un agréable divertissement.

    2 étoiles, « Indian Palace – Suite royale » : en 2012, « Indian Palace » narrait avec délicatesse et bonhomie les aventures de retraités britanniques qui se retrouvaient à séjourner bien malgré eux en Inde dans un établissement complètement délabré, mais au charme incomparable. Grand succès. Il était donc tentant de donner une suite aux aventures de ces retraités attachants. Le scénario se résume à la recherche de l’acquisition d’un second établissement par Sonny Kapoor, le directeur gaffeur et adoré des clients du Marigold Hotel. Cette quête se fait entre ses fiançailles, une fête de famille et son mariage, histoire de bien faire couleur locale. On n’oublie pas non plus d’ajouter deux ou trois intrigues, sans grand intérêt, pour les résidents, et quelques réflexions ici ou là sur le temps qui passe. Le film n’en est pas pour autant franchement désagréable. Il y a des scènes drôles et même émouvantes. Et puis, le plaisir de voir à l’écran de formidables acteurs, parmi lesquels les actrices « culte » que sont Judi Dench ou Maggie Smith, est réel et le tout est plutôt bien filmé dans une Inde de carte postale et « bollywoodienne ». Mais tout cela reste bien superficiel. Pas indispensable.

    1 étoile, « American Sniper » : Difficile de rester neutre face à ce film, qui raconte l’histoire vraie de Chris Kyle tireur d’élite particulièrement redoutable ayant officié en Irak entre 2004 et 2009, tant les valeurs qui y sont véhiculées peuvent être ressenties très différemment par les uns et les autres. Patriotisme, virilité et héroïsme dans tous les sens du terme pourront sans doute plaire à ceux qui aiment les films de guerre bien réalisés et bien joués, comme c’est le cas d’« American Sniper ». Mais pour les autres, il faudra une fois de plus assister aux scènes où le héros est humilié par ses formateurs, constater que si le tireur d’élite américain protège les siens, celui de l’adversaire est juste le dernier des salopards ou encore entrevoir les failles du héros presqu’aussi vite balayées afin de retourner au combat. Il y a bien ici ou là des réflexions sur l’utilité de la guerre, quelques rares remises en question du héros ou encore quelques scènes qui montrent les suites dévastatrices du combat pour les vétérans, mais elles ne sauraient remettre en question l’impression générale du film : une ode à la grande Amérique. Décevant.


    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

    Lien permanent 0 commentaire
  • Droits des LGBTI: la Suisse mauvaise élève

    Imprimer

    Habituée aux places d'honneur dans de nombreux classements, comme celui qui le désigne comme le pays où l'on est le plus heureux, la Suisse est pourtant en queue de peloton des pays européens pour les droits des personnes homosexuelles, trans et intersexes (LGBTI).

    Classée à une piteuse 31ème place sur 49, en recul même de 4 places depuis 2014!, la douce Helvétie, où il fait si bon vivre, se retrouve en compagnie de l'Italie et des pays de l'est en fin de classement, pas glorieux.

    Avec un index de 28%, elle est bien loin du Royaume Uni, premier, dont l'index est à 86%, un gouffre!

    Pour établir son classement, l'ILGA Europe a pris en compte 48 critères parmi lesquels la protection légale des discriminations dans la sphère privée et au travail, la lutte contre les crimes de haine, la reconnaissance des personnes trans et intersexes, l'égalité des droits familiaux ou encore la reconnaissance de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre dans la Constitution. L'évocation des ces quelques critères suffit à comprendre pour quelles raisons la Suisse est à la traîne pour les droits des personnes LGBTI, puisqu'aucun de ces critères n'est rempli à ce jour!

    Certes, cela pourrait (un peu) évoluer ces prochains temps, puisque l'inscription des actes homophobes dans le code pénal devrait passer l'ultime obstacle du Conseil des Etats en juin. Quant aux droits familiaux, il devrait être un peu plus égaux dans quelques temps avec la possibilité pour le parent social d'adopter l'enfant de son partenaire. Il est également question du mariage civil pour toutes et tous avec une initiative parlementaire des Verts libéraux qui est bien partie.

    Mais que tout cela est long pour ce qui devrait être une évidence dans notre Etat de droit. Et c'est sans compter avec les menaces de référendums sur chaque (petite) avancée ou encore une initiative du PDC qui au détour d'une question fiscale veut inscrire dans la Constitution que le mariage est exclusivement hétérosexuel.

    Les personnes LGBTI ont les mêmes devoirs, il serait temps qu'elles aient toujours un peu plus les mêmes droits. À moins bien évidemment que la Suisse vise la dernière place du classement en compagnie de l'Arménie, la Russie et l'Azerbaijan...

     

    Pour plus d'informations: http://rainbow-europe.org

     

     

     

    Lien permanent 0 commentaire
  • A ceux qui ne reçoivent pas de bulletin de vote

    Imprimer

    Contraste saisissant. D’un  côté des Burundais, mais pas qu’eux, qui risquent leur vie pour plus de démocratie, et d’un autre, nous, les Genevois, qui râlons parce que c’est un peu la cacade avec des bulletins de vote qui se font parfois désespérément attendre.

    Comparaison n’est pas raison, certes.

    Mais franchement, est-ce si grave de devoir voter du jour au lendemain par correspondance, voire de se rendre au local de vote dimanche ? Surtout que les personnes qui râlent sont avant tout celles qui participent activement à notre démocratie et démontrent ainsi qu’elle est bien vivante. Une bonne nouvelle ! 

    Alors, au moment de glisser l’enveloppe dans la boîte aux lettres ou dans l’urne, ayons une pensée émue :

    -  pour toutes celles et ceux qui ne reçoivent pas de bulletin de vote ou ne peuvent pas se rendre dans un local de vote parce qu’ils n’ont pas la chance de vivre en démocratie,

    FB_IMG_1430573413265.jpg- pour toutes  celles et ceux qui, comme ce jeune homme burundais de 21 ans (photo), ont payé de leur vie leur souhait de vivre en démocratie.

    Faisons donc en sorte que la prochaine fois les enveloppes du second tour arrivent plus rapidement, mais, de grâce, sachons raison garder en ne donnant pas plus d’importance à cet événement qu’il n’en mérite.

    Lien permanent 3 commentaires
  • Qui sont les candidat-e-s qui s'engagent...

    Imprimer

    …contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle ou l’identité de genre ? Leur rôle pour initier ou poursuivre une politique qui contribue à faire avancer les questions liées aux personnes LGBT est déterminant. A une semaine des résultats du second tour, découvrez celles et ceux qui soutiennent concrètement les actions de la Fédération genevoise des associations LGBT.

    Esther Alder (Verts), en charge du Département de la Cohésion sociale et de la Solidarité en Ville de Genève, soutient activement la Fédération. En termes de projets plus spécifiques, elle soutient le projet Totem, jeunes LGBT (1) et a également soutenu la journée de Suivi des premières assises et les assises « La diversité au travail : un enrichissement mutuel ». Elle s’est engagée contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre, plus particulièrement en lien avec les familles arc-en-ciel et les jeunes LGBT, dans le cadre de  sa politique de la Petite Enfance et de la Jeunesse. Elle a d’ailleurs prononcé mardi dernier, avec Sandrine Salerno, un discours à l’occasion du lancement d’une brochure grand public sur les familles arc-en-ciel.

    Sami Kanaan (PS), en charge du Département de la Culture et du Sport en Ville de Genève, soutient également activement la Fédération et ses projets. Il est intervenu lors de la journée de Suivi des assises et a soutenu aussi bien la journée de Suivi des assises que les assises « La diversité au travail : un enrichissement mutuel ». Il a également initié le programme « Genre et Sports 2014 », un ensemble de manifestations et d’événements pour questionner l’égalité, les stéréotypes de genre et les discriminations dans et à travers le sport.

    familles23.jpgSandrine Salerno (PS), en charge du Département des Finances et du Logement en Ville de Genève, soutient également activement la Fédération. Présente aux Premières assises, à la journée de Suivi et aux assises « La diversité au travail : un enrichissement mutuel », elle est notamment à l’origine de la création du poste de chargé de projets LGBTIQ rattaché au Service Agenda 21-Ville Durable. Elle a mis en place une réelle politique de diversité et d’inclusion en collaboration avec d’autres départements de la Ville, comme par exemple pour la bibliographie Genre et sports, regards sur les représentations, la mixité et les discriminations, une collaboration entre le Service Agenda 21-Durable et les Bibliothèques municipales.

    (Photo Ester Paredes)


    Ce tour d’horizon ne serait pas complet sans mentionner que les communes de Carouge, Stéphanie Lammar (PS) et Nicolas Walder (Verts) sont en lice pour le second tour, de Plan-les-Ouates, Fabienne Monbaron (PLR) et Thierry Durand (Verts) sont en lice pour le second tour, mais aussi de Collonges-Bellerive, de Pregny-Chambésy et de Vernier (pas de candidat sortant en lice pour le second tour) ont soutenu financièrement la Fédération en 2014.

    Il est à espérer que lors de la prochaine législature d’autres communes les rejoindront afin de lutter toujours plus et toujours mieux contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre qui « empoisonnent nos sociétés et paralysent nos institutions ». (2)


    (1) Totem est un espace genevois de soutien, d’accueil et de rencontre pour les jeunes lesbiennes, gays, bisexuel.le.s, transgenres (LGBT), les jeunes qui se questionnent sur leur orientation sexuelle et/ou leur identité de genre et leurs ami.e.s, jusqu’à l’âge de 25 ans. Totem se retrouve les 2e et 4e mardis du mois à la Maison Verte, Place des Grottes, de 18h30 à 21h30.  Au programme : débats, films et soirées à thème, le tout organisé et encadré par une équipe d’animatrices et animateurs volontaires.

    (2) Esther Alder et Sandrine Salerno dans la préface de la brochure sur les familles arc-en-ciel

    Lien permanent 1 commentaire
  • Cri d'alarme en provenance du Burundi

    Imprimer

    DSCN0005.JPGJe relaye ici un vibrant appel à l’aide à la communauté internationale d’une de mes connaissances burundaises (1) suite aux graves événements qui se déroulent actuellement dans son pays et dont j’ai parlé dans mon billet précédent (2).





    « La situation est grave au Burundi.

    La police n'hésite pas à tirer sur les manifestants pacifiques et aujourd'hui (jeudi) la Croix-Rouge dénombre 9 blessés dont certains par balles, ce qui porte le bilan à 46 blessés graves et 9 morts depuis dimanche.

    Tout ceci se fait au vu et au su de la communauté internationale.

    Comme la population n'a plus confiance dans la police, elle s'organise pour assurer sa sécurité la nuit. Cette nuit 6 jeunes ont été kidnappés et nous n'avons pas de leurs nouvelles. 

    Combien faudra-t-il de morts pour que la communauté internationale prenne des mesures pour protéger les Burundais? 

    Le Burundi n'intéresse personne pas de pétrole, pas de diamants....Donc pas d'intérêt pour la communauté internationale à sauver le peuple Burundais.

    On tue des enfants, on emprisonne des femmes laissant derrière elles des enfants, parce qu'ils et elles ont commis le péché de dire non à un coup d'Etat constitutionnel.

    Nous avons besoin de vous tous pour que le monde sache ce qui se passe au Burundi. Il faut agir maintenant, demain ce sera trop tard.

    Merci à ceux qui peuvent donner ce message aux médias. »

     


    (1) Par mesure de précaution, avec internet il est facile de tout savoir, l’auteur de ces lignes, restera anonyme.

    (2) https://independance.blog.tdg.ch/archive/2015/04/29/des-mauvaises-nouvelles-en-direct-du-burundi-266801.html

     

     

    Lien permanent 0 commentaire