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  • "La loi du marché" criant de vérité

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    FullSizeRender.jpgFaire entrer le spectateur dans le film en une fraction de seconde n’est pas courant. C’est pourtant le cas de « La loi du marché » qui s’ouvre sur un plan de profil de Thierry qui fait part pendant quelques minutes à son placeur, le plus souvent hors champ, de son désarroi après sa période de chômage qui s’approche gentiment de la fin. Le ton du film est donné avec cette première scène : criant de vérité.

    Et ce sera le cas durant tout le film, à tel point d’ailleurs que par moment l’on a plus l’impression de voir un reportage qu’un film de fiction. Impression renforcée par le jeu des acteurs qui jouent leur propre rôle face au formidable professionnel qu’est Vincent Lindon, prix d’interprétation au dernier Festival de Cannes.

    Mais « La loi du marché » est bel et bien une fiction, certes « réaliste », avec une tension dramatique dans sa deuxième partie quand Thierry retrouve un emploi de vigile dans un supermarché. Confronté de par sa nouvelle fonction à une certaine détresse humaine qui le renvoie à sa situation personnelle et à un dilemme moral, Thierry sera-t-il prêt à tout pour garder son emploi ? C’est tout l’enjeu de ce film hautement recommandable (4 étoiles).


    Toujours à l’affiche

    5 étoiles, « La tête haute » : Confronté dès son plus jeune âge à la juge pour mineurs, suite à l’incapacité de sa mère de s’en occuper, Malony va avoir à faire à elle régulièrement dès qu’il enchainera les bêtises plus ou moins grosses une fois l’adolescence arrivée. Formidablement bien joué par Rod Paradot, le personnage de Malony est extrêmement touchant et crédible. Ecorché vif, il se rebelle avec toute personne autre que sa mère (Sara Forestier, excellente) pourtant totalement immature et dépassée, avec une rare violence verbale, voire physique. Malgré tout la juge (Catherine Deneuve, comme d’habitude parfaite) et l’éducateur qui est chargé de son suivi (Benoît Magimel, très convaincant) vont maintenir sans cesse le lien avec l’adolescent. Ils marchent constamment sur des œufs et sur les moyens à utiliser entre prévention et répression pour tenter de le remettre sur le droit chemin… Si l’on peut juste regretter la répétition parfois inutile de certaines scènes, cela n’enlève en rien l’excellente qualité de ce film émouvant, et même par moment bouleversant, magnifiquement interprété, écrit et mis en scène.

    2 étoiles, « Indian Palace – Suite royale » : en 2012, « Indian Palace » narrait avec délicatesse et bonhomie les aventures de retraités britanniques qui se retrouvaient à séjourner bien malgré eux en Inde dans un établissement complètement délabré, mais au charme incomparable. Grand succès. Il était donc tentant de donner une suite aux aventures de ces retraités attachants. Le scénario se résume à la recherche de l’acquisition d’un second établissement par Sonny Kapoor, le directeur gaffeur et adoré des clients du Marigold Hotel. Cette quête se fait entre ses fiançailles, une fête de famille et son mariage, histoire de bien faire couleur locale. On n’oublie pas non plus d’ajouter deux ou trois intrigues, sans grand intérêt, pour les résidents, et quelques réflexions ici ou là sur le temps qui passe. Le film n’en est pas pour autant franchement désagréable. Il y a des scènes drôles et même émouvantes. Et puis, le plaisir de voir à l’écran de formidables acteurs, parmi lesquels les actrices « culte » que sont Judi Dench ou Maggie Smith, est réel et le tout est plutôt bien filmé dans une Inde de carte postale et « bollywoodienne ». Mais tout cela reste bien superficiel. Pas indispensable.


    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Des personnalités et des restaurants solidaires

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    Le jeudi 11 juin aura lieu la neuvième édition d’une Table pour la solidarité du Groupe sida Genève, dont le succès ne se dément pas prouvant ainsi la formidable mobilisation des Genevoises et Genevois pour la lutte contre le sida qui n’est, hélas, toujours pas gagnée.

    Les 18 restaurants genevois (1) qui participent à cette manifestation reverseront 25% de leur recette de la soirée au Fonds de solidarité du Groupe sida Genève, qui apporte une aide matérielle directe aux personnes vivant avec le VIH/sida, mais également pour la première fois à la Maison de la Joie au Burundi (2) qui accueille des enfants orphelins séropositifs rejetés par leur famille ou ayant perdu leurs deux parents.

    Le Groupe sida Genève parraine depuis deux ans cet orphelinat dont s'occupe l'ANSS, association de lutte contre le sida burundaise, membre de la Coalition Internationale Sida Plus dont fait également partie le Groupe sida Genève. Les tragiques événements qui se déroulent actuellement au Burundi nécessitent plus que jamais notre soutien (3). 

    Chaque année, la Table pour la solidarité permet de récolter dans les 20'000 francs, le record étant de 24'000 francs en 2012. L’édition 2015 permettra-t-elle de faire aussi bien, voire mieux ?

    A quelques jours de l’événement, plusieurs restaurants sont déjà bien remplis. Il y a toutefois encore de la place et il est encore temps de réserver pour joindre l’utile à l’agréable : passer une soirée entre amis, rencontrer peut-être une des personnalités du monde des médias ou de la politique (4) qui participent à l’événement et bien sûr faire un geste de solidarité envers des personnes précarisées.

    Alors, toutes et tous solidaires autour d’une table le 11 juin !

    (1) Au Grütli, Café Zinette, Opéra Bouffe,  Le Café du Centre,  Au Pied de Cochon,  Café Restaurant du Parc des Bastions, Camilo’s Place,  Come Prima, Café de la Mairie du Grand-Saconnex,  Le Goût des autres, Le Sénat, Le Gruyérien,  Aux Trois Bonheurs, La Caravane passe, La Fumisterie, Les Tilleuls, Nomades, VOC Vino Olio Caffé

    (2) https://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/07/23/la-maison-de-la-joie-244740.html

    (3) http://www.helloasso.com/associations/coalition-plus/collectes/mobilisons-nous-pour-le-Burundi

    (4) Les personnalités suivantes ont d’ores et déjà annoncé leur participation : Agnès Wuthrich, Ruth Dreifuss, Manuel Tornare, Nicolas Burgy, Robert Cramer, Isabelle Moncada, Dominique Schibli, Liliane Maury-Pasquier et Manuella Maury, marraine de l’événement

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  • Le PDC Ville de Genève a-t-il perdu la tête?

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    Le succès du PDC Ville de Genève lors des dernières élections municipales lui a-t-il fait perdre la tête ? C’est ce que l’on serait en droit de croire après son geste de folie de cette semaine où il a signé une plateforme commune avec le PLR, l’UDC et le MCG et voter pour le candidat MCG à la présidence.

    Les chrétiens-sociaux auxquels je fus fier d’appartenir pendant deux décennies sous la présidence, entres autres, de Lionel Ricou, l’actuel chef de groupe du PDC Ville de Genève, oui le même qui défend cet accord (!), ne doivent plus rien y comprendre. Mais il est vrai que l’aile gauche du PDC n’existe plus.

    Ceci dit, cette décision a également fait des remous parmi des démocrates-chrétiens de « droite », puisque Vincent Maitre n’a pas caché sur les réseaux sociaux son vif agacement et que Fabiano Forte, l’ancien secrétaire général et président du parti, a annoncé sa démission du PDC. Deux hommes qui se souviennent encore que les valeurs du PDC ne sont pas celles de l'UDC et du MCG!

    Que le parti cantonal, qui pourtant n’a pas hésité à barrer la route à Eric Stauffer à la présidence du Grand Conseil, n’ait pas vivement réagi à la signature de cette plateforme, sous prétexte de laisser l’autonomie aux sections communales, est incompréhensible.

    Mais il est vrai que le mauvais exemple est venu d’en haut puisqu’au niveau national, le PLR, le PDC et l’UDC ont scellé un accord du même genre il y a quelques semaines...

     

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  • Les promesses rendent les fous joyeux

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    Il a donc été élu. Avec même pas la moitié des voix des conseillers municipaux, mais élu tout de même. Elu avec des voix du PLR, du PDC et d’Ensemble à gauche, les électrices et électeurs de ce parti apprécieront tout particulièrement. Celles et ceux du PLR et du PDC ont l’habitude du pilotage à (courte) vue de l’Entente.

    Le premier citoyen de la Ville de Genève pour une année est donc un élu qui, jusqu’ici, n’a pas respecté les institutions et ses collègues, n’a pas hésité à les  insulter, à en menacer certains avec  l’index sous sa gorge pour signifier « t’es mort » et qui a écrit des propos vulgaires sur Facebook.

    Mais qu’à cela ne tienne, 39 conseillères municipales et conseillers municipaux ont estimé que le tournus des partis à la présidence était plus important que la personne qui nous représenterait habitantes et habitants de la Ville de Genève durant une année.

    A moins bien sûr que ce ne soit dans l’attente, à un moment donné ou à un autre au cours de la législature, d’un retour d’ascenseur de la part du MCG.

    Les promesses rendent les fous joyeux.

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