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  • Vouloir se substituer à la justice

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    Laisser entendre que les « dirlos » (quel manque de respect de la part d’un ancien enseignant qui était censé inculquer cette valeur essentielle à ses élèves) de l’enseignement primaire mentent, est indigne même sur ce site des blogs de la Tribune de Genève qui sert à certains de défouloir à leurs frustrations.

    Indigne parce que c’est faire fi du droit de chaque citoyen de faire recours à la justice, indigne parce que c’est vouloir se substituer à elle. C’est un fait que l’association genevoise des directeurs d’établissement du primaire (AGDEP) n’a pas été entendue dans le cadre du vote de l’article 59 de la nouvelle loi du DIP. Et c’est à la Cour constitutionnelle de décider si l’audition qui a été faite dans le cadre des travaux de la motion 2100 peut palier ce vide.

    Et à personne d’autre.

    Ceci dit, le pourfendeur patenté et obsessionnel des directeurs d’établissement du primaire, oublie, à dessein évidemment, que le recours de l’AGDEP porte également sur le fait qu’en ajoutant cet article 59 dans la loi, « les directeurs consacrent une partie de leur temps à l’enseignement », le Grand Conseil a modifié le cahier des charges des directeurs, ce que le Parlement n’avait jamais fait auparavant pour aucune autre fonction à l’Etat.

    Il ne s’agit donc en aucun cas de « sauver leurs privilèges », critique toujours amusante de la part de quelqu’un qui a pu bénéficier de conditions d’une autre époque pour prendre une retraite à 55 ans avec un PLEND sur 5 ans et un doublement de son dernier salaire alors qu’aujourd’hui il faut attendre d’avoir 60 ans pour obtenir un PLEND de 3 ans et qu’il n’y a plus de doublement du dernier salaire, mais d’interpeller la justice au nom de la séparation des pouvoirs.

    Jusqu’à preuve du contraire, nous vivons dans un Etat de droit et c’est à la Cour constitutionnelle de trancher si ce recours est recevable ou non. N’en déplaise à ceux qui voudraient imposer leur loi.

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  • Une simple question de droit

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    État de droit. Séparation des pouvoirs. Voilà des notions qui apparemment ne sont pas très bien comprises du pourfendeur patenté des directeurs d'établissement du primaire.

    L'association genevoise des directeurs de l'enseignement primaire a décidé de faire recours contre un seul article de la nouvelle loi sur l'instruction publique, celui qui dit qu'ils doivent consacrer du temps à l'enseignement. Outre le fait que la préoccupation d'enseignement est quotidienne pour les directeurs qui sont le garant que l'enseignement est dispensé correctement dans leur établissement, c'est leur droit de citoyen de faire recours.

    Que cela plaise ou non.

    L'association aurait certes pu lancer un référendum, mais cela aurait alors remis en question toute la loi, ce qui n'était pas dans l'intérêt général dont les directeurs sont particulièrement soucieux en tant que serviteurs de l'Etat. La Cour constitutionnelle décidera par conséquent si le recours est recevable ou non. 

    Il n'est donc pas question de "faire une crise" ou de se comporter en "enfant gâté", il est d'ailleurs piquant de se faire traiter d'enfant gâté par quelqu'un qui a pu prendre sa retraite à 55 ans à des conditions qui n'existent plus aujourd'hui, mais simplement de faire valoir ses droits.

    Est-ce si difficile à comprendre? 

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  • Un UDC contre l'interdiction du mariage pour tous!

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    Il ne s’agit en plus pas de n’importe quel UDC, mais du Conseiller fédéral Ueli Maurer, celui qui voit d’un bon oeil que les femmes restent derrière leur fourneau. Par quel miracle l’actuel ministre de la Défense se montre-t-il alors dorénavant ouvert à la question du mariage pour tous?

    En reprenant la tête du Département des finances le 1er janvier prochain, c’est Ueli Maurer qui devra défendre la position du Conseil fédéral qui recommande de rejeter le 28 février l’initiative du PDC « Pour le couple et la famille - Non à la pénalisation du mariage ».

    Rappelons que sous couvert d’égalité fiscale, cette initiative discriminatoire vise également à rendre impossible l’ouverture du mariage civil aux couples de personnes de même sexe en  définissant dans la Constitution le mariage comme “l’union durable entre un homme et une femme.”

    Dans le message qu’il a adressé, à mi-novembre, pour lancer officiellement la campagne, le Conseil fédéral a insisté sur le fait que “si l'initiative était acceptée, la notion du mariage serait pour la première fois définie dans la Constitution dans le cadre d?une disposition qui relève d?abord du droit fiscal. Le législateur ne pourrait donc plus étendre le mariage aux couples de même sexe, sans procéder à une nouvelle modification de la Constitution.”

    Il a mis en avant que l’aspect fiscal de l’initiative posait également problème parce que, d’une part, “un futur passage à l'imposition séparée des couples mariés (imposition individuelle) ne serait plus possible sans une nouvelle modification de la Constitution” et, d’autre part, parce qu’une acceptation de cette initiative signifierait une diminution des recettes fiscales entre 1,2 et 2,3 milliards, ce qui pourrait entraîner une augmentation de la taxation pour d’autres contribuables.

    On peut bien évidemment imaginer que le futur grand argentier, si l’on ose dire, de la Confédération sera plus à l’aise pour contrer l’aspect fiscal de l’initiative que celui de l’interdiction du mariage pour tous. On peut même parier qu’il ne mettra pas beaucoup de conviction et d’énergie à défendre l’égalité des droits pour toutes et tous, tant cette préoccupation est lointaine (inconnue?) pour l’UDC.

    Mais il y aura quand même quelque chose de jouissif à l’entendre aurgumenter contre une initiative que son parti va soutenir, contrairement au PLR, au PBD, aux Verts libéraux, aux Verts et aux socialistes. Notre système politique est décidément formidable!

     

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  • Guy Parmelin à Justice et Police?

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    Faut-il confier le département de Justice et Police au tout nouveau Conseiller fédéral Guy Parmelin ? Lancez cette discussion à la ronde et vous aurez deux avis le plus souvent très tranchés. Il y a les « contre » qui pensent qu’en mettant le Vaudois à sa tête, c’est aggraver encore un peu plus la situation des étrangers et des immigrés. 

    Et il y a les « pour »  qui estiment que l’UDC doit faire face à ses responsabilités puisqu’elle a fait du dossier des étrangers son cheval de bataille depuis des lustres. Combat qui est  majoritairement la raison de son succès répété devant les électrices et électeurs.

    En ne confiant pas le département de Justice et Police à Guy Parmelin, le risque est par conséquent grand, pour ne par dire certain, que l’UDC continue de faire des étrangers sa cible favorite. Il est temps pour le plus grand parti de Suisse d’apporter ses solutions en matière « d’immigration massive » et d’asile, de passer de la dénonciation à l’action, de faire du « dossier Sommaruga », le « dossier Parmelin ».

    C’est au pied du mur que l’on reconnaît le maçon. Les six autres Conseillers fédéraux partageront-ils cet avis ? A suivre.

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  • "Mia Madre": décevant (et 4 autres films à l'affiche)

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    FullSizeRender.jpgIl y a des films que vous vous réjouissez de voir et qui sont en fin de compte une grande déception. C’est le cas de « Mia Madre ». Précédé par des critiques élogieuses, à se demander si elles ne sont pas avant tout dues à la réputation du réalisateur et comédien Nanni Moretti, le film raconte l’histoire de Margherita.

    Réalisatrice en plein tournage d’un film qui ne se fait pas tout seul, notamment en raison de son acteur principal américain (John Turturro, excellent) qui lui donne du fil à retordre, elle se voit confrontée dans sa vie privée à la maladie de sa mère et à la crise d’adolescence de sa fille, ce qui pourrait la remettre en question dans son rôle de fille et de mère.

    Ce n’est de fait pas vraiment le cas et c’est sans doute pour cette raison que l’on a de la peine à entrer dans le film et à s’attacher à ce personnage, pourtant fort bien joué par Margherita Buy, qui va de l’avant en ne se préoccupant guère de son entourage et ce qu’il peut penser d’elle. A l’image de son personnage principal, la mère étant clairement un second rôle contrairement à ce que le titre laisse penser, le film dégage peu d’émotions.

    Les scènes comiques du tournage du film dans le film sont plutôt drôles, celle dans la voiture est hilarante, bien qu’un peu trop répétitives. Mais n’est-ce pas paradoxal de mettre en avant les scènes comiques d’un film qui est sensé raconter en premier lieu l’histoire d’une fille et de sa mère mourante ? Au bout du compte, difficile de savoir avec « Mia Madre » où Nanni Moretti a voulu emmener le spectateur qui reste sur sa faim. (2 étoiles)

    Toujours à l’affiche

    5 étoiles, « Seul sur Mars ». Lors d’une expédition sur Mars, une terrible tempête oblige l’équipe à décoller précipitamment de la planète rouge. L’astronaute Mark Watney (Matt Damon), après avoir été heurté violemment par un  objet, perd le contact avec ses camarades qui n’ont pas d’autre choix que de le laisser, le pensant mortellement blessé. Les aventures d’un homme seul, dans ce qui ressemble à un désert orange, pourraient a priori retenir celles et ceux qui auraient peur de s’ennuyer.  Ce serait une grave erreur, car on ne s’ennuie pas une seule seconde dans « Seul sur Mars ». Grâce à un excellent scénario, une adaptation du roman d’Andy Weir, il y a de l’action en permanence et le suspense, à la limite du soutenable dans la dernière partie, est présent de bout en bout. Les décors sont grandioses et la réalisation de Ridley Scott, un grand habitué des super productions, excellente.

    4 étoiles, « L’hermine ». Président de cour d’assises proche de la retraite, redouté et pour le moins peu aimable avec son entourage, Michel Racine va toutefois se montrer sous un autre jour lorsque le hasard remet sur son chemin au cours d’un procès l’anesthésiste dont il était tombé amoureux six ans auparavant. Il va saisir cette seconde chance qui s’offre à lui en tentant de séduire la lumineuse Ditte (magnifique Sidse Babett Knudsen, l’héroïne de « Borgen »), ce qui ne sera pas sans effet sur le déroulement d’un procès où il est question d’un infanticide. Fabrice Luchini incarne avec justesse cet homme dont on ne connaît pas grand-chose et qui va se révéler bien plus humain qu’il ne l’a jamais été. « Humain » est d’ailleurs le terme qui pourrait le mieux définir ce film qui oscille entre ombre et lumière et fait également la part belle aux seconds rôles tous excellents.

    4 étoiles, « Marguerite ». Paris, 1920. Marguerite  Dumont se produit régulièrement devant un cercle d’habitués de la haute bourgeoisie pour donner des récitals. Elle chante tragiquement faux, mais personne n’a jamais osé le lui dire, et surtout pas son mari qui n’en peut plus. Tout cela ne serait pas si grave si un jour Marguerite, flattée par deux jeunes qui la manipulent,  ne se mettait pas en tête de se produire devant un vrai public où la vérité pourrait bien alors lui sauter à la...gorge. Au fur et à mesure que l’action évolue, les rires du début laissent la place à l’émotion et le spectateur s’attache de plus en plus au personnage de Marguerite (merveilleuse Catherine Frot) qui est à l’image de la fleur qui porte son nom : on l’aime d’abord un peu, puis beaucoup et enfin passionnément (uniquement le dimanche 13 décembre à 12h au cinéma Nord-Sud).

    2 étoiles, « « 007 Spectre ». Après un début tonitruant très réussi à Mexico lors de la fête des Morts où James Bond fait étalage de tout son talent, le soufflé retombe très vite après le générique. L’enquête du plus célèbre agent secret de sa Majesté pour découvrir qui se cache derrière l’organisation criminelle Spectre n’est pas vraiment passionnante. Entre les différentes scènes d’actions attendues et peu originales qui font voyager le spectateur, l’histoire tire en longueur et l’ennui n’est jamais très loin. Daniel Graig fait le job, sans plus, Monica Bellucci fait une apparition, Léa Seydoux ne paraît pas très concernée, et le méchant (Christoph Waltz) ne fait pas peur. Certes, la dernière demi-heure est palpitante, mais c’est un peu mince pour le James Bond le plus cher de l’Histoire (300 à 350 millions de dollars !) qui ne restera pas dans les annales de la série.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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