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  • Dégueulasse!

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    Il n'y a pas d'autre mot pour qualifier la manière dont ce réfugié érythréen a été expulsé hier, si l'on en croit l'article paru dans la Tribune de Genève de ce week-end.

    Comment est-ce possible d'en arriver là?

    Comment peut-on faire preuve d'aussi peu d'humanité?

    Comment nos autorités peuvent-elles appliquer la loi avec une étroitesse d'esprit pareille?

    C'est incompréhensible et révoltant.

    Pourquoi le Conseiller d'Etat Pierre Maudet, pourtant père de trois enfants, n'est-il pas intervenu pour empêcher ce renvoi de la honte?

    Par peur qu'il soit vu comme quelqu'un de laxiste?

    Faire preuve d'humanité n'a pourtant rien à voir avec du laxisme, c'est au contraire savoir exercer son pouvoir avec discernement, ce que l'on est en droit d'attendre de personnes qui ont été élues à la plus haute fonction de l'Etat.

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  • Mourir de bêtise

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    Comment un Conseiller national, même s’il est UDC, peut-il dire une bêtise, restons poli, pareille ? Dans la Tribune  de Genève de mercredi, Yves Nidegger déclare, en effet, « qu’il préférerait mourir plutôt que de laisser passer cette réforme » en se référant au vote du Conseil des Etats qui a approuvé à une écrasante majorité de 32 voix contre 7 la révision de la loi sur le droit à l’adoption.

    Cette réforme de la loi permettra, si elle est également votée par le Conseil national vraisemblablement cet été, l’ouverture de l’adoption conjointe aux couples concubins ou aux couples pacsés. Cette modification aura une conséquence directe pour les couples de même sexe, puisque l’enfant pourra être adopté par le parent « non biologique ».

    Ainsi, en cas de décès de la mère ou du père biologique, l’enfant pourra continuer de vivre au sein de la même famille, ce qui n’est pas garanti actuellement.  C’est donc un grand progrès pour ces milliers d’enfants qui, on le veuille ou non, grandissent dans des familles homoparentales et n’ont pas les mêmes droits que les autres. M. Nidegger balaie cette réalité d’un revers de main en niant quasiment leur existence : « deux ou trois exceptions pour tout le pays ».

    Mais alors pourquoi vouloir « mourir plutôt que de laisser passer cette réforme » si ce n’est que pour « deux ou trois exceptions pour tout le pays » ? Par homophobie ? Par provocation ? Pour faire parler de lui ? Peu importe. Mais ce qu’il y a de certain, c’est que si on mourait de bêtise, M. Nidegger n’aurait plus besoin d’attendre le résultat final du vote pour mettre à exécution sa « menace ».

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  • Exclusion de Mme Meissner, l'UDC a eu raison

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    S'engager dans un parti, c'est renoncer à une part d'indépendance. C'est donc accepter, sauf si c'est en accord avec lui, de suivre le mouvement majoritaire du parti auquel on a adhéré en toute liberté. Si à un moment ou à un autre, la ligne suivie est trop éloignée de ses convictions, alors on démissionne.

    Mme Meissner a accepté son élection au bureau du Grand Conseil, ce qui était tout à fait son droit, puisque cela a été fait démocratiquement, mais contre l'avis de l'UDC qui avait désigné quelqu'un d'autre. Elle aurait par conséquent dû démissionner, car c'est un cas évident d'opposition à son parti, et ne pas attendre de se faire exclure.

    L'UDC n'avait pas d'autres choix, sa crédibilité était en jeu.

    C'est une question de principe et le fait qu'elle soit une femme n'a rien à voir avec cette décision. On peut parier que l'UDC aurait agi de la même manière avec un homme. Et puis, franchement, quand on adhère à l'UDC, il ne faut pas s'attendre à être mise en avant en tant que femme, sinon on choisit un autre parti! Ce que pourrait d'ailleurs bien faire Mme Meissner prochainement, l'UDC lui ayant au bout du compte rendu un sacré service en la "libérant" d'un parti qui ne la mérite sans doute pas...

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  • "Fatima", César du meilleur film: de la science-fiction!

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    FullSizeRender.jpgBien qu’allant très régulièrement au cinéma, je n’avais pas vu « Fatima » qui a obtenu le César du meilleur film de l’année 2015. « Erreur » réparée, puisque j’ai pu le visionner hier soir dans une salle comble, l’effet César sans aucun doute.

    Le film raconte l’histoire de Fatima, une femme de ménage d’origine algérienne vivant en France, qui élève seule ses deux filles. La première est âgée de 15 ans et est en pleine révolte, notamment parce que sa mère est au service des autres et se plie en quatre pour que sa deuxième fille, âgée de 18 ans, puisse commencer des études de médecine. C’est pour Fatima à la fois une fierté, mais également une difficulté, parce que ça la renvoie à ses frustrations, notamment le fait qu’elle maîtrise mal le français oral, qu’elle ne l’écrit et ne le lit pas, qu’elle est mal considérée par ceux qui l’emploient ou encore son voisinage qui la regarde de travers parce que sa fille fait des hautes études.

    Cette histoire, adaptée de deux livres de Fatima El Ayoubi, certes intéressante dans une France qui se pose beaucoup de questions sur sa manière d’intégrer les étrangers, a suffi à l’Académie des César pour désigner "Fatima" comme le meilleur film français de 2015. Que le film ressemble plus à un documentaire qu’à une œuvre de fiction, qu’il ne fasse preuve d’aucune originalité sur le plan cinématographique ou que certains acteurs jouent très mal n’a eu aucune importance aux yeux de la majorité des votants qui s’est réfugiée derrière le politiquement correct.

    Et dire qu’il y avait en compétition des « vrais » films de cinéma comme, pour ceux que j’ai vus, « Dheepan », « La loi du marché », « Marguerite » ou encore, mon film français préféré de 2015, « La tête haute ».

    De la pure science-fiction que ce César du meilleur film français 2015 attribué à « Fatima » !

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  • "The Revenant": sauvage et brillant à l'excès (et 7 autres films à l'affiche)

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    Irréprochable au niveau du jeu (Leonardo Di Caprio a enfin décroché l’Oscar du meilleur acteur),  de la réalisation et de la mise en scène (Alejandro Gonzalez Inarritu a reçu pour la deuxième année consécutive l’Oscar du meilleur réalisateur), et de la photographie absolument superbe (également « oscarisée),  « The Revenant » est une indéniable réussite sur le plan de la performance cinématographique.

    « The Revenant », c’est l’histoire d’un trappeur grièvement blessé par un ours qui va chercher à se venger parce qu’il a été abandonné par ses équipiers. Quelques scènes, comme  la charge des Indiens au début du film, l’attaque de l’ours ou encore la poursuite à cheval, sont d’une maîtrise technique à couper le souffle. Elles sont de plus tournées dans de superbes paysages.

    Mais c’est paradoxalement également la faiblesse du film qui tire en longueur et qui est sans cesse dans la démonstration, qui plus est le plus souvent violente. Certaines scènes sont en effet d’une grande sauvagerie, le sang gicle même sur la caméra, sans que cela apporte nécessairement un plus au film. Un film qui, en définitive, privilégie à l’excès la prouesse technique à l’émotion, à l’image de son héros increvable à tel point que cela en devient risible, et finit par tourner à vide. (2 étoiles)

    Toujours à l’affiche

    5 étoiles. « Seul sur Mars ». Lors d’une expédition sur Mars, une terrible tempête oblige l’équipe à décoller précipitamment de la planète rouge. L’astronaute Mark Watney (Matt Damon), après avoir été heurté violemment par un  objet, perd le contact avec ses camarades qui n’ont pas d’autre choix que de le laisser, le pensant mortellement blessé. Les aventures d’un homme seul, dans ce qui ressemble à un désert orange, pourraient a priori retenir celles et ceux qui auraient peur de s’ennuyer.  Ce serait une grave erreur, car on ne s’ennuie pas une seule seconde dans « Seul sur Mars ». Grâce à un excellent scénario, une adaptation du roman d’Andy Weir, il y a de l’action en permanence et le suspense, à la limite du soutenable dans la dernière partie, est présent de bout en bout. Les décors sont grandioses et la réalisation de Ridley Scott, un grand habitué des super productions, excellente (uniquement dimanche 6 mars à 11h45 au Cinérama Empire).

    5 étoiles. « Le tout nouveau Testament ». Si Dieu est parfaitement abject (Benoît Poelvoorde sensationnel), mais tellement drôle, son épouse (Yolande Moreau géniale) et surtout sa fille Ea (Pili Groyne remarquable) font preuve de beaucoup…d’humanité ! C’est d’ailleurs en quittant le royaume des cieux pour échapper à son horrible père qu’Ea, après avoir semé la zizanie sur Terre en balançant par SMS les dates de décès de tout le monde pour se venger de son géniteur, va faire écrire un tout nouveau Testament, fruit de sa rencontre avec six personnages, les six nouveaux apôtres. Six évangiles qui sont surréalistes, et donc complètement déjantées, et portées par de formidables acteurs. Le film est truffé de gags très drôles qui tombent fort à propos quand son rythme menace de baisser. Les clins d’œil bibliques sont hilarants. La fin est à l’image du reste du film, très réussie (uniquement mardi 8 mars à 14h au Nord-Sud).

    4 étoiles, « Free Love ». Histoire vraie. Début des années 2000. Laurel Hester est une excellente inspectrice de police du New Jersey, respectée par tout le monde. Elle est lesbienne. Un jour, elle fait la connaissance d’une jeune femme dont elle va tomber amoureuse et réciproquement. Une nouvelle vie commence, malheureusement vite interrompue par la découverte d’un cancer en phase terminale chez Laurel. Cette tragique nouvelle va amener les deux femmes à se battre pour que Stacie puisse avoir les mêmes droits que n’importe quelle épouse quand Laurel décédera. Film sans surprise dans sa forme très classique, « Free Love » dégage une émotion intense grâce à son sujet très fort, tout en évitant le pathos, et à ses  interprètes. « Free Love » est un combat pour l’égalité des droits porté par la force de l’amour qui peut renverser bien des montagnes. Un film qui sonne juste et qui bouleverse (uniquement mardi 8 mars à 16h15 au Ciné 17).

    4 étoiles, « Chocolat ». L’histoire vraie du premier artiste noir de la scène française au tournant du 19ème et 20ème siècle était taillée pour Omar Sy qui est excellent dans son rôle de clown fils d’esclave qui va connaître la gloire, tout en devant affronter le racisme ordinaire de cette époque, avant de retourner dans l’anonymat. Son partenaire, James Thiérrée, le petit-fils de Charlie Chaplin, est encore meilleur dans le rôle de Footit. Danseur, acrobate et musicien, c’est à lui que le réalisateur Roschdy Zem a confié l’élaboration des numéros très réussis. La complicité des deux acteurs crève l’écran et dégage force, énergie et émotion que cela soit dans les moments comiques ou tragiques. Les seconds rôles sont à la hauteur ainsi que les décors, les costumes, la photographie et la mise en scène. Certes, le film n’est pas exempt de petits défauts à l’image d’une deuxième partie qui manque un peu de rythme, mais cela ne saurait toutefois gâcher la réussite globale du film.

    4 étoiles, « The Danish Girl ». Histoire vraie, « The Danish Girl » raconte la très belle histoire d’amour entre Gerda Wegener qui a épousé Einar Wegener qui au fil des événements de sa vie va laisser naître celle qu’il est vraiment : Lili Elbe. Elle est connue comme la première personne à avoir subi, au péril de sa vie, une chirurgie pour que son corps soit en harmonie avec son cerveau en 1930. Le film décrit avec justesse, en grande partie grâce au talent de ces deux acteurs principaux bien qu’Eddie Redmayne finisse un brin à agacer avec ses sourires en coin, mais aussi de celui des seconds rôles tous excellents, la relation entre ces deux êtres d’exception, au demeurant tous les deux peintres ce qui renforce encore plus les liens entre eux. « The Danish Girl » permet d’adopter tour à tour le point de vue des deux protagonistes dans leur cheminement vers la liberté. Un film esthétiquement magnifique et d’une grande sensibilité.
     
    3 étoiles, « 45 ans ». Et si tout ce qui avait été construit pendant 45 ans de vie de couple ne reposait que sur du sable ? C’est cette question à laquelle Kate va être confrontée après que son mari ait reçu une lettre lui apprenant que le corps de son premier amour a été retrouvé prisonnier dans la glace dans les Alpes. Tout d’abord compréhensive face au choc que cette nouvelle déclenche chez lui, Kate va petit à petit découvrir que cette femme, disparue il y a 50 ans, a en fait toujours été présente dans leur vie, à son insu. « 45 ans » raconte avec tact, mais aussi par moment avec trop de lenteur, la vie de ce vieux couple bousculé dans ses certitudes. Le film fait la part belle à ses deux excellents acteurs principaux Tom Courtenay et Charlotte Rampling. Nommée pour l’Oscar 2015 de la meilleure actrice, sa décomposition au fur et à mesure que l’histoire avance est du grand art.

    3 étoiles, « Carol ». Carol Aird s’ennuie à mourir dans un mariage bourgeois sans  amour. Sa petite fille est son seule rayon de lumière jusqu’au jour où elle fait la connaissance d’une jeune vendeuse (excellente Rooney Mara) qui rêve d’une vie plus trépidante. « Carol » raconte la relation de plus en plus étroite entre ces deux femmes dans le New-York des années 50. « Carol » est un délice pour les yeux et les oreilles. La photographie, les décors, les costumes sont superbes. La musique accompagne à merveille ce film très esthétique dans lequel jouent avec brio deux magnifiques actrices. Si la forme est donc très réussie, le fond n’est pas tout à fait à la hauteur. Film avant tout d’ambiance, « Carol » n’évite pas certaines longueurs. Ce n’est toutefois pas trop grave, car elles laissent le temps d’admirer la sublissime Cate Blanchett au sommet de sa beauté et de son art. Rien que pour elle, il vaut la peine d’aller voir le film !


    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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