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  • Tous les directeurs d'établissement sur pied d'égalité?

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    Les directrices et directeurs de l'enseignement primaire doivent-ils enseigner? Cette question a été tranchée dans le sens positif par le Grand Conseil, mais l'association des directeurs du primaire (AGDEP) a fait recours auprès de la Cour constitutionnelle qui a confirmé en juin le vote des députés.

    C'est donc au Tribunal Fédéral, puisque l'AGDEP s'est tournée vers la plus haute instance du pays suite à la décision de la Cour constitutionnelle, à qui il reviendra de trancher définitivement cette question.

    A moins que d'ici là le Grand Conseil décide par lui-même d'abroger l'article 59, celui qui précise que les directeurs du primaire consacrent une partie de leur temps à l'enseignement, comme le proposent des députés qui ont déposé le 6 septembre un projet de loi allant dans ce sens.

    Les auteurs du projet de loi ne questionnent pas le fait que les directeurs du primaire enseignent ou non, mais celui "qu'il n’y a aucune raison pour que seuls les directeurs du primaire soient contraints d’enseigner", ce qui "instaure une inégalité de traitement:".

    Pour les proposants, "il ne peut pas y avoir, d’un côté, des cadres supérieurs qui seraient obligés de consacrer une partie de leur temps de travail à l’enseignement et, d’un autre côté, leurs pairs qui auraient le privilège d’agir selon leur bon vouloir."

    Afin de remédier à ce qu'ils considèrent donc comme une inégalité de traitement en mettant également en avant "la différence énorme qui existe entre les ressources dont dispose un établissement primaire et celles attribuées aux collèges du secondaire, notamment en termes de personnel administratif et technique", ils proposent de mettre tous les directeurs sur pied d'égalité avec un article qui dit que "les directeurs d’établissement des degrés primaire, secondaire I et II, et tertiaire B ont le droit de consacrer une partie de leur temps de travail à l’enseignement. Les modalités de l’exercice de ce droit sont fixées par voie réglementaire."

    Une majorité des députés ira-t-elle dans ce sens? Réponse probablement dans quelques mois.

     

    Projet de loi 11995

    Projet présenté par les députés :

    Mmes et MM. Pierre Vanek, Jocelyne Haller, Christian Zaugg, Olivier Baud, Salika Wenger, Pierre Gauthier

    Date de dépôt : 6 septembre 2016

    Projet de loi modifiant la loi sur l’instruction publique (LIP) (C 1 10) (Droit des directeurs d’établissement à enseigner)

    Le GRAND CONSEIL de la République et canton de Genève décrète ce qui suit :

    Art. 1 Modifications

    La loi sur l’instruction publique, du 17 septembre 2015, est modifiée comme suit :

    Chapitre IX Scolarité obligatoire – Généralités

    Art. 54A Directeurs d’établissement (nouveau)

    Les directeurs d’établissement des degrés primaire, secondaire I et II, et tertiaire B ont le droit de consacrer une partie de leur temps de travail à l’enseignement. Les modalités de l’exercice de ce droit sont fixées par voie réglementaire.

    Art. 59 (abrogé)

    Art. 2 Entrée en vigueur

    La présente loi entre en vigueur le lendemain de sa promulgation dans la Feuille d’avis officielle.

     

    EXPOSÉ DES MOTIFS

    Mesdames et Messieurs les députés,

    La nouvelle loi sur l’instruction publique (LIP) a nécessité de longs mois de travaux en commission. Elle a été acceptée telle quelle le 17 septembre 2015, à une exception près. En effet, l’amendement présenté en plénum demandant l’adjonction de l’article 59 (nouveau) a été accepté. Le problème que soulève cet ajout tient au fait qu’il instaure une inégalité de traitement. Il n’est pas admissible qu’une loi aussi importante que la LIP reste en l’état.

    Concrètement, l’article 59 dit que les directeurs d’établissement de l’enseignement primaire – et seulement eux – doivent consacrer une partie de leur temps de travail à l’enseignement. Que l’on soit en faveur de cette modalité ou que l’on y soit opposé n’est pas l’objet de ce projet de loi. Il s’agit plutôt de savoir ce qui est attendu in fine et pour quelle raison cela ne s’appliquerait qu’aux directeurs de l’enseignement primaire.

    Objectivement, il n’y a aucune raison pour que seuls les directeurs du primaire soient contraints d’enseigner. A aucun moment un argument n’a été produit pour expliquer pourquoi un directeur du primaire devrait enseigner et pas son collègue du secondaire. D’aucuns ont avancé que la conservation d’une activité d’enseignement était courante dans l’enseignement secondaire.

    Or, la réponse du Conseil d’Etat à la question 418 (QUE 418-A) fait voir sans aucune ambiguïté une toute autre réalité. Par exemple, aucun directeur du cycle d’orientation (CO) n’enseignait durant l’année scolaire 2015-2016. Et au secondaire II, le nombre d’heures d’enseignement dispensées par les directeurs se montait à 4, soit deux directeurs de l’enseignement post obligatoire (PO) qui avaient conservé chacun 2 heures. Une proportion tellement minime (0,07% !) qu’elle est formellement négligeable, voire nulle.

    Actuellement, plusieurs établissements primaires ont la taille d’un CO et accueillent près de 700 élèves, voire davantage. Avec les chiffres de la rentrée 2016 donnés par le DIP, la moyenne d’un établissement primaire s’élève à 588 élèves ; celle du CO est de 664 élèves par collège. Un établissement primaire est toutefois la plupart du temps composé de plusieurs écoles, soit autant de bâtiments distincts et plus ou moins éloignés les uns des autres. Avec comme corollaire le fait de demander à un seul directeur de devoir gérer autant d’équipes et projets d’école différents qu’il y a de bâtiments.

    Mais ce qui est patent, c’est la différence énorme qui existe entre les ressources dont dispose un établissement primaire et celles attribuées aux collèges du secondaire, notamment en termes de personnel administratif et technique (PAT).

    A titre d’exemple, un établissement représentatif de la réalité, situé en Ville de Genève sur la rive droite (région Vieusseux), comporte trois écoles et, pour se rendre de l’une à l’autre, il faut compter plus ou moins dix minutes de marche, soit environ une demi-heure pour faire le tour des trois bâtiments. Ces trois écoles accueillent environ 685 élèves au total (soit un nombre supérieur à la moyenne du CO, sans que cet établissement soit le plus grand du canton pour autant). Le directeur est à 100% et les forces sur lesquelles il peut compter se résument à un poste de secrétaire à 80% et à des maîtres adjoints postés dans les trois écoles, dont le total des décharges correspond à moins qu’un poste à mi-temps (total en incluant le directeur : 2,3 postes).

    Au CO, la donne est tout autre. Les postes PAT sont pratiquement multipliés par 4,5 (ordres de grandeur pour un CO : doyens 200% ; secrétaires 150% ; administrateur 80% ; caissière comptable 60% ; bibliothécaires 100% ; assistants techniques 200% ; conseillers sociaux 150%), soit un total de 10,4 postes en comptant le directeur à 100%. Sans compter divers autres postes et fonctions déchargées au CO qui contribuent à soulager la tâche du directeur. Etc.

    La réalité fait ainsi que, tant dans le primaire qu’au secondaire, et même si tout n’est pas comparable, la tâche des directeurs est particulièrement lourde. Si des directeurs du CO ou du primaire arrivent à l’occasion à dégager du temps pour se rapprocher des élèves et conduire avec eux des activités ayant trait au programme scolaire, tant mieux. Mais il ne faut pas se leurrer. Cela reste l’exception et, lorsque cela se réalise, c’est en général sans contrainte et occasionnel, car il serait ardu de prétendre assumer une telle tâche en continu, tout au long de l’année.

    Enfin, il faut bien considérer que, formellement, la LIP ne traite pas des conditions de travail des directeurs et laisser l’article 59 à la place qu’il occupe aujourd’hui dans loi n’a pas de sens. Cet ajout paraît incongru si l’on prend le temps de regarder l’ensemble de la loi. Il convient donc de faire un choix pour redonner une certaine cohérence à la LIP. Soit tous les directeurs sont obligés d’enseigner – et il faudra amender ce présent PL –, soit, et c’est ce que propose ce PL, tous les directeurs sont logés à la même enseigne et la confiance leur est accordée pour leur laisser la latitude d’assumer ou pas des activités d’enseignement, selon les dispositions réglementaires qui en découleront.

    Il ne peut pas y avoir, d’un côté, des cadres supérieurs qui seraient obligés de consacrer une partie de leur temps de travail à l’enseignement et, d’un autre côté, de leurs pairs qui auraient le privilège d’agir selon leur bon vouloir – sans aucune base légale ou réglementaire.

    Il convient de rétablir une forme d’égalité de traitement et, si la solution préconisée ou celle suggérée ne conviennent ni l’une ni l’autre, la troisième solution serait simplement d’abroger l’article 59, sans le remplacer. Le parlement est ainsi appelé à trancher de manière juste.

    Au vu de ces explications, nous vous remercions, Mesdames et Messieurs les députés, de faire bon accueil à ce projet de loi.

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  • AVSplus: la culpabilisation des "vieux"

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    sans-titre.pngLe sort de l’initiative AVSplus est incertain. Mais qu’elle passe ou non, elle laissera des traces en raison des attaques contre les « vieux » que l’on cherche à culpabiliser s’ils osaient voter OUI. Deux exemples pour le démontrer.

    Premier exemple. La Tribune de Genève dans un article du 9 septembre se demande si « les retraités vont s’octroyer des privilèges sur le dos des jeunes » ? Certes, le journaliste reconnaît que la question est provocatrice, mais pas dénuée de tout fondement. Et de corroborer son propos en s’appuyant sur une enquête de la SSR qui montre que les 40-64 ans sont favorables au projet, et les 64 ans encore plus.

    A partir de ce constat, l’article questionne sur le poids du vote des retraités qui accomplissent en plus grand nombre leur devoir que les jeunes et la « mainmise des aînés » sur la démocratie. Il fait ainsi écho à la proposition d’Avenir Suisse qui veut renforcer le poids des jeunes générations en octroyant une voix supplémentaire aux parents de chaque enfant (et tant pis pour celles et ceux qui n’ont pas d’enfant…).

    Evidemment, c’est de la faute des aînés si les jeunes exercent moins leur droit de vote et donc au lieu de les inciter à aller aux urnes, ce serait tellement plus simple de limiter le droit de vote des « vieux » ! Choquant.

    Deuxième exemple. Le PDC a tourné une vidéo qui montre trois cochons sur lesquels est écrit « AVSplus » et à qui l’on sert un repas gastronomique. L’amalgame entre « vieux porcs » ou « vieux cochons » était vite fait et c’est ce que n’a pas manqué de relever l’Alliance pour une AVS forte. Cette vidéo relève sans doute plus d’une maladresse crasse que d’une véritable intention de blesser, mais il n’empêche que son message est culpabilisant à l’encontre des aînés à qui l’on dit : « vous en avez déjà assez ».

    Et pourtant, la rentre AVS concerne tout le monde, jeunes et moins jeunes. Alors que l’avenir du deuxième pilier est chaque année plus incertain et que se constituer un troisième pilier n’est pas à la portée de toutes et tous, renforcer l’AVS n’est-il pas faire preuve de sagesse, l’apanage des… « vieux »?

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  • Le bal des hypocrites

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    Entendons-nous bien. Que Christophe Darbellay vienne d’avoir un enfant d’une autre femme que la sienne est en soit un non-événement. Ce n’est pas le premier ni le dernier. Et cela relève a priori de la vie privée. 

    Mais a priori seulement dans le cas de l’ex-président du PDC. Quand on a volontairement mis sur la place publique sa famille « modèle », il faut s’attendre au retour de bâton lorsque cette image d’Epinal vole en éclats.

    N’est-ce pas le même Christophe Darbellay qui lors de la campagne en faveur de l’initiative du PDC, initiative qui sous couvert d’égalité fiscale voulait inscrire dans la Constitution que le mariage est une relation durable et réglementée  entre un homme et une femme, a qualifié de « point de détail » cet aspect du texte ?

    « Point de détail » qui, soit dit en passant, a coulé ladite initiative. Avec le recul, on peut en rire jaune et comprendre que M. Darbellay voulait peut être dire qu’il n’accordait guère d’importance à la signification du mot « mariage »…

    Et que penser du vice-président du PDC suisse, le très conservateur valaisan Yannick Buttet, qui a  assuré Christophe Darbellay de son soutien en déclarant « quand même, il s’agit d’un enfant. Et on peut se réjouir qu’il y ait un enfant de plus » alors que ce même Yannick Buttet est un farouche opposant à la nouvelle loi sur l’adoption qui permet de mieux protéger les enfants élevés au sein des familles homoparentales 

    Oui, M. Buttet, il s’agit là aussi d’enfants !

    Que voilà un beau bal des hypocrites !

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  • "Le Fils de Jean": délicat, humain, émouvant (et 6 autres films à l'affiche)

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    Le fils de Jean.jpgMatthieu a 33 ans. Sa mère n’a jamais voulu lui dire qui était son père. Il finit par le savoir quand un ami de ce dernier l’appelle pour lui apprendre que son géniteur, un Québécois, est décédé et qu’il a un paquet à lui envoyer de sa part. Matthieu décide d’aller chercher lui-même à Montréal le colis et de faire ainsi la connaissance de ses deux demi-frères qui ignorent bien évidemment tout de son existence. Son séjour prend une tournure inattendue.

    « Le Fils de Jean » fait partie de ces films français que l’on aime aimer. L’histoire est bien écrite et réserve des (jolies) surprises, les dialogues sont percutants. Philippe Lioret, le réalisateur, crée une vraie atmosphère grâce à des décors naturels magnifiques et à sa façon de filmer au plus près les personnages qui les rend encore plus attachants.

    Les acteurs sont tous formidables, avec une mention spéciale à Pierre Deladonchamps bouleversant dans son jeu tout en finesse caractérisé par des expressions du visage qui en disent bien plus long que des mots et à Gabriel Arcand en médecin bourru qui cache plus ou moins bien ses blessures.

    Et puis, il y a de la délicatesse, de l’humanité et donc de l’émotion. Un facteur de réussite essentiel à ce genre de film qui n’est pas sans rappeler les magnifiques œuvres de Claude Sautet. De l’émotion, mais sans pathos, juste ce qu’il faut pour sortir de la salle de cinéma avec les yeux humides en étant content d’avoir fait le bon choix en visionnant « le Fils de Jean » (5 étoiles).

    Toujours à l’affiche

    4 étoiles. « Jason Bourne ». Toujours traqué par la CIA, qui veut définitivement le faire taire pour éviter que ne soit révélé la manière dont cette dernière surveille tout le monde, et à la recherche d’explications sur son passé, Jason Bourne doit faire face à un méchant XXL qui n’hésite pas à tirer sur tout ce qui bouge pour arriver à ses fins. Collant de près à l’air du temps avec un scénario qui laisse une large place à la surveillance généralisée, ce quatrième volet de la saga Jason Bourne avec Matt Damon en met plein la vue aux amateurs de films d’action. Les poursuites sont haletantes, même si parfois un poil trop longues, et d’un niveau technique époustouflant. Filmées caméra à l’épaule, elles donnent le tournis, mais dans le bon sens du terme. Une suite donc sans grande surprise, mais qui ravira probablement la majorité des fans de Jason Bourne. Et ça ne devrait pas s’arrêter là, la fin laissant toute latitude à de nouvelles aventures.

    3 étoiles. « Toni Erdmann ». Le film plaît par son originalité, son imprévisibilité, ses scènes qui font rire jaune, le plus souvent, ou à gorge déployée, sa relation père-fille émouvante, son côté déjanté et loufoque, sa critique sociale et son couple d’acteurs, à commencer par Peter Simonischek parfaitement crédible dans le rôle très complexe de Toni Erdmann. Beaucoup de qualités donc pour un film inclassable qui mélange comédie, satire et drame social. Pourtant, et peut-être à cause de ce mélange des genres, le film ne convainc pas totalement sur sa longueur excessive (2h42), son propos en devenant répétitif. Il n’en demeure pas moins que « Toni Erdmann » est une œuvre cinématographique qui mérite une attention particulière que les cinéphiles ne voudront pas manquer.

    3 étoiles. « Florence Foster Jenkins ». Le film se concentre sur les derniers mois de la vie de la riche héritière new-yorkaise, atteinte dans sa santé, en 1944 au moment où elle décide de donner un concert au Carnegie Hall de New-York. Ce n’est certes pas la première fois qu’elle se produirait sur scène, mais jusque-là son entourage avait réussi à faire en sorte que cela se fasse en privé et devant un public averti. Averti que Florence Foster Jenkins chante horriblement faux sans qu’elle en soit apparemment consciente…Cette situation de départ, qu’on a toujours de la peine à imaginer qu’elle se base sur des faits réels, possède évidemment un fort potentiel comique. Et en effet, on rit en regardant et en écoutant Meryl Streep, comme d’habitude parfaite, chanter si mal. Comme « Marguerite », le film évolue du comique au tragi-comique, il est soigné avec des costumes et des décors somptueux et une distribution excellente. Il manque toutefois d’émotion, sans doute par souci de réalisme.

    2 étoiles. « Stefan Zweig, adieu l’Europe ». En 1936, Stefan Zweig décide de quitter l’Europe. Le film raconte six moments de l’exil du grand écrivain autrichien et juif en Amérique latine, essentiellement au Brésil, et à New-York. Ces six tableaux sont d’un intérêt inégal et parfois trop longs. La palme de la réussite revient incontestablement au premier et au dernier qui sont filmés avec une caméra fixe, ce qui leur donne une folle intensité. Six épisodes qui permettent de comprendre toute la difficulté de Stefan Zweig à vivre son déracinement, sa souffrance de voir sa patrie spirituelle se détruire et finalement sa lassitude qui le prive de la force de « recommencer sa vie de fond en comble », malgré l’accueil très chaleureux qu’il a reçu au Brésil, comme il l’écrit dans sa lettre d’adieu déchirante.

    2 étoiles. « Rara ». Le film est centré sur le personnage de Sara une adolescente de 13 ans qui a les préoccupations d’une fille de son âge, sauf que ses parents sont en instance de divorce et que son père souhaite obtenir sa garde et celle de sa petite sœur parce que leur mère vit avec une autre femme. Le père obtiendra-t-il gain de cause dans une société conservatrice chilienne où l’homoparentalité est très mal considérée quand bien même Sara et sa sœur vivent dans une famille attentionnée et aimante ? Malgré son sujet très émotionnel « Rara » (Bizarre), pourtant inspiré d’une histoire vraie, manque…d’émotions. La succession de trop nombreuses courtes scènes empêche en effet d’entrer véritablement dans le film, l’enjeu de la garde des enfants n’en est pas vraiment un et le jeu des acteurs, mis à part celui des deux sœurs, sonne faux. Décevant.  

    2 étoiles. « Insaisissables 2 ». Succès surprise mérité de l’été 2013, les quatre cavaliers magiciens/cambrioleurs reprennent du service en s’attaquant à un as de la technologie à la tête d’une organisation criminelle. Cet homme d’affaire a toutefois toujours un coup d’avance sur les 4 magiciens et va les entraîner dans un piège et les spectateurs avec ! L’intrigue à tiroirs et aux rebondissements multiples aussi invraisemblables les uns que les autres est en effet un simple prétexte à mettre en scène des numéros de magie finalement trop rares et qui tirent parfois en longueur. Certes, on ne s’ennuie pas vraiment, il y a tout de même quelques scènes réussies et un peu d’humour, mais on peine vraiment à comprendre où les scénaristes veulent en venir et la révélation finale tombe complètement à plat. On y perd petit à petit ses illusions, ce qui est tout de même un comble pour un film qui met la magie au centre.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

     

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  • "Stefan Zweig, adieu l'Europe", "Rara" et 4 autres films à l'affiche

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    Zweig.jpgEn 1936, Stefan Zweig décide de quitter l’Europe. Le film raconte six moments de l’exil du grand écrivain autrichien et juif en Amérique latine, essentiellement au Brésil, et à New-York.

    Ces six tableaux sont d’un intérêt inégal et parfois trop longs. La palme de la réussite revient incontestablement au premier et au dernier qui sont filmés avec une caméra fixe, ce qui leur donne une folle intensité. Six épisodes qui permettent de comprendre toute la difficulté de Stefan Zweig à vivre son déracinement, sa souffrance de voir sa patrie spirituelle se détruire et finalement sa lassitude qui le prive de la force de « recommencer sa vie de fond en comble », malgré l’accueil très chaleureux qu’il a reçu au Brésil, comme il l’écrit dans sa lettre d’adieu déchirante (2 étoiles).

     


    Rara.jpgLe film est centré sur le personnage de Sara une adolescente de 13 ans qui a les préoccupations d’une fille de son âge, sauf que ses parents sont en instance de divorce et que son père souhaite obtenir sa garde et celle de sa petite sœur parce que leur mère vit avec une autre femme. Le père obtiendra-t-il gain de cause dans une société conservatrice chilienne où l’homoparentalité est très mal considérée quand bien même Sara et sa sœur vivent dans une famille attentionnée et aimante ?

    Malgré son sujet très émotionnel « Rara » (Bizarre), pourtant inspiré d’une histoire vraie, manque…d’émotions. La succession de trop nombreuses courtes scènes empêche en effet d’entrer véritablement dans le film, l’enjeu de la garde des enfants n’en est pas vraiment un et le jeu des acteurs, mis à part celui des deux sœurs, sonne faux. Décevant (2 étoiles).

     

    Toujours à l’affiche

    4 étoiles. « Jason Bourne ». Toujours traqué par la CIA, qui veut définitivement le faire taire pour éviter que ne soit révélé la manière dont cette dernière surveille tout le monde, et à la recherche d’explications sur son passé, Jason Bourne doit faire face à un méchant XXL qui n’hésite pas à tirer sur tout ce qui bouge pour arriver à ses fins. Collant de près à l’air du temps avec un scénario qui laisse une large place à la surveillance généralisée, ce quatrième volet de la saga Jason Bourne avec Matt Damon en met plein la vue aux amateurs de films d’action. Les poursuites sont haletantes, même si parfois un poil trop longues, et d’un niveau technique époustouflant. Filmées caméra à l’épaule, elles donnent le tournis, mais dans le bon sens du terme. Une suite donc sans grande surprise, mais qui ravira probablement la majorité des fans de Jason Bourne. Et ça ne devrait pas s’arrêter là, la fin laissant toute latitude à de nouvelles aventures.

    3 étoiles. « Toni Erdmann ». Le film plaît par son originalité, son imprévisibilité, ses scènes qui font rire jaune, le plus souvent, ou à gorge déployée, sa relation père-fille émouvante, son côté déjanté et loufoque, sa critique sociale et son couple d’acteurs, à commencer par Peter Simonischek parfaitement crédible dans le rôle très complexe de Toni Erdmann. Beaucoup de qualités donc pour un film inclassable qui mélange comédie, satire et drame social. Pourtant, et peut-être à cause de ce mélange des genres, le film ne convainc pas totalement sur sa longueur excessive (2h42), son propos en devenant répétitif. Il n’en demeure pas moins que « Toni Erdmann » est une œuvre cinématographique qui mérite une attention particulière que les cinéphiles ne voudront pas manquer.

    3 étoiles. « Florence Foster Jenkins ». Le film se concentre sur les derniers mois de la vie de la riche héritière new-yorkaise, atteinte dans sa santé, en 1944 au moment où elle décide de donner un concert au Carnegie Hall de New-York. Ce n’est certes pas la première fois qu’elle se produirait sur scène, mais jusque-là son entourage avait réussi à faire en sorte que cela se fasse en privé et devant un public averti. Averti que Florence Foster Jenkins chante horriblement faux sans qu’elle en soit apparemment consciente…Cette situation de départ, qu’on a toujours de la peine à imaginer qu’elle se base sur des faits réels, possède évidemment un fort potentiel comique. Et en effet, on rit en regardant et en écoutant Meryl Streep, comme d’habitude parfaite, chanter si mal. Comme « Marguerite », le film évolue du comique au tragi-comique, il est soigné avec des costumes et des décors somptueux et une distribution excellente. Il manque toutefois d’émotion, sans doute par souci de réalisme.

    2 étoiles. « Insaisissables 2 ». Succès surprise mérité de l’été 2013, les quatre cavaliers magiciens/cambrioleurs reprennent du service en s’attaquant à un as de la technologie à la tête d’une organisation criminelle. Cet homme d’affaire a toutefois toujours un coup d’avance sur les 4 magiciens et va les entraîner dans un piège et les spectateurs avec ! L’intrigue à tiroirs et aux rebondissements multiples aussi invraisemblables les uns que les autres est en effet un simple prétexte à mettre en scène des numéros de magie finalement trop rares et qui tirent parfois en longueur. Certes, on ne s’ennuie pas vraiment, il y a tout de même quelques scènes réussies et un peu d’humour, mais on peine vraiment à comprendre où les scénaristes veulent en venir et la révélation finale tombe complètement à plat. On y perd petit à petit ses illusions, ce qui est tout de même un comble pour un film qui met la magie au centre.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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