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  • "Fuocoammare": KO debout (et 7 autres films à l'affiche)

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    14519884_1326299504077708_8803820323340037069_n.jpgOurs d’or du dernier festival du film de Berlin, « Fuocoammare » est un documentaire qui met en scène des habitants de Lampedusa et le drame des réfugiés qui débarquent par milliers sur cette île sans pour autant que les uns et les autres se côtoient.

    La grande force de « Fuocoammare », c’est de suivre des habitants de Lampedusa, à savoir le docteur, le DJ de la radio locale, Samuele, un garçon de 12 ans, et son entourage, et par leur rôle ou leur regard, de donner un impact d’une force incroyable au drame qui se joue, jour après jour, sous leur yeux, mais sans qu’ils le voient (ce n’est pas un hasard si Samuele voit très mal d’un œil). A l’exception notoire toutefois du docteur qui est présent dans trois scènes particulièrement réussies du film, dont une bouleversante rien que par la force des mots utilisés.

    La lumière pâle du film renforce la sensation d’être hors du temps sur cette île pourtant au cœur d’une actualité brûlante qu’explique fort à propos le titre du film « Fuocoammare » qui signifie « la mer en feu » et qui désigne la réalité des migrants, mais aussi pour les habitants de l’île une chanson populaire évoquant l’incendie d’un bateau. Il y a pourtant une scène dans le film qui est tournée sous un ciel bleu éclatant, le réalisateur n’a pas eu le choix, et qui contraste magnifiquement, si l’on ose dire, avec le drame du sauvetage auquel on assiste et qui vous prend aux tripes et vous laisse KO debout.

    « Fuocoammare » est un film très intelligemment construit avec des scènes d’une folle intensité, celles qui filment la détresse des migrants bien sûr, mais pas seulement. Il suffit de penser, par exemple, à celle où Samuele joue à faire semblant de tirer en voyant au large des navires de guerre qui sont pourtant là pour sauver des vies. Tourné par un homme seul qui a su tellement bien se fondre dans la réalité avec sa caméra qu’on l’oublie, « Fuocoammare » est un film auquel on pense encore bien longtemps après l’avoir vu (4 étoiles).

    Toujours à l’affiche

    5 étoiles. « Le fils de Jean ». Matthieu a 33 ans. Sa mère n’a jamais voulu lui dire qui était son père. Il finit par le savoir quand un ami de ce dernier l’appelle pour lui apprendre que son géniteur, un Québécois, est décédé et qu’il a un paquet à lui envoyer de sa part. Matthieu décide alors d’aller chercher lui-même à Montréal le colis et de faire ainsi la connaissance de ses deux demi-frères qui ignorent bien évidemment tout de son existence. La réalité qu’il va découvrir sur place n’est pas celle qu’il attendait et son séjour prend une tournure inattendue. « Le fils de Jean » fait partie de ces films français que l’on aime aimer. L’histoire est bien écrite et réserve des (jolies) surprises, les dialogues sont percutants et les acteurs sont tous formidables. Et puis, il y a de la délicatesse, de l’humanité et donc de l’émotion, mais sans pathos, juste ce qu’il faut pour sortir de la salle de cinéma avec les yeux humides en étant content d’avoir fait le bon choix en visionnant « le Fils de Jean ».

    4 étoiles : « Frantz ». Pour quelle raison Adrien, un Français, se recueille-t-il sur la tombe d’un soldat allemand, Frantz, mort au front durant la guerre de 14-18 ? Cette question va provoquer de nombreuses réactions, à commencer par celle d’Anna, la fiancée de Frantz, dans cette petite ville d’Allemagne qui tente de se remettre péniblement de la défaite et des immenses pertes humaines causées par la guerre. Tourné en noir et blanc, « Frantz » est ce que l’on pourrait appeler un « beau » film. Mise en scène, photographie, lumières, cadrage, décors, costumes, direction d’acteurs, tout est parfait. On se laisse également prendre par l’histoire de cet ancien soldat (Pierre Niney tout en finesse) dont on se demande pendant toute la première partie du film ce qu’il cherche en faisant ce pèlerinage en terrain « ennemi ». « Frantz » est donc un très bon film à voir. Il lui manque juste ce petit supplément d’âme sur le plan émotionnel qui fait la différence entre un très bon film et un excellent.

    3 étoiles. « Victoria » est une superwoman qui évolue sur le fil du rasoir : avocate, deux enfants qu’elle élève seule tant bien que mal et des aventures sans lendemain, il n’en faut pas beaucoup plus pour que ce fragile équilibre soit rompu. Et c’est ce qui arrive quand son ami Vincent se voit accusé de meurtre et que Sam, un ex-dealer qu’elle a jadis défendu avec succès, s’immisce peu à peu dans sa vie. La grande force de « Victoria », c’est sa direction d’acteurs. Ils sont tous impeccables qu’ils aient les rôles principaux ou secondaires. On a un plaisir jubilatoire à les voir jouer avec leur langage corporel et des dialogues percutants. Il y a des scènes loufoques et hilarantes, mais aussi d’autres où l’on rit jaune, car le drame n’est jamais très loin à l’image des hauts et des bas de son héroïne. Hauts et bas également présents dans le film avec un début poussif, quelques scènes répétitives et un « happy end » convenu. Mais pas de quoi toutefois gâcher la bonne impression générale.

    3 étoiles. « Toni Erdmann ». Le film plaît par son originalité, son imprévisibilité, ses scènes qui font rire jaune, le plus souvent, ou à gorge déployée, sa relation père-fille émouvante, son côté déjanté et loufoque, sa critique sociale et son couple d’acteurs, à commencer par Peter Simonischek parfaitement crédible dans le rôle très complexe de Toni Erdmann. Beaucoup de qualités donc pour un film inclassable qui mélange comédie, satire et drame social. Pourtant, et peut-être à cause de ce mélange des genres, le film ne convainc pas totalement sur sa longueur excessive (2h42), son propos en devenant répétitif. Il n’en demeure pas moins que « Toni Erdmann » est une œuvre cinématographique qui mérite une attention particulière que les cinéphiles ne voudront pas manquer.

    2 étoiles. « Stefan Zweig, adieu l’Europe ». En 1936, Stefan Zweig décide de quitter l’Europe. Le film raconte six moments de l’exil du grand écrivain autrichien et juif en Amérique latine, essentiellement au Brésil, et à New-York. Ces six tableaux sont d’un intérêt inégal et parfois trop longs. La palme de la réussite revient incontestablement au premier et au dernier qui sont filmés avec une caméra fixe, ce qui leur donne une folle intensité. Six épisodes qui permettent de comprendre toute la difficulté de Stefan Zweig à vivre son déracinement, sa souffrance de voir sa patrie spirituelle se détruire et finalement sa lassitude qui le prive de la force de « recommencer sa vie de fond en comble », malgré l’accueil très chaleureux qu’il a reçu au Brésil, comme il l’écrit dans sa lettre d’adieu déchirante.

    2 étoiles. « Insaisissables 2 ». Succès surprise mérité de l’été 2013, les quatre cavaliers magiciens/cambrioleurs reprennent du service en s’attaquant à un as de la technologie à la tête d’une organisation criminelle. Cet homme d’affaire a toutefois toujours un coup d’avance sur les 4 magiciens et va les entraîner dans un piège et les spectateurs avec ! L’intrigue à tiroirs et aux rebondissements multiples aussi invraisemblables les uns que les autres est en effet un simple prétexte à mettre en scène des numéros de magie finalement trop rares et qui tirent parfois en longueur. Certes, on ne s’ennuie pas vraiment, il y a tout de même quelques scènes réussies et un peu d’humour, mais on peine vraiment à comprendre où les scénaristes veulent en venir et la révélation finale tombe complètement à plat. On y perd petit à petit ses illusions, ce qui est tout de même un comble pour un film qui met la magie au centre.

    1 étoile. « Juste la fin du monde ». Récompensé à Cannes par le Grand Prix du jury, « Juste la fin du monde » met en scène les cinq membres d’une famille qui au cours d’un après-midi vont s’engueuler, s’insulter, se déchirer, hurler, pleurer rendant impossible toute communication entre eux. Et pourtant Louis, après douze ans d’absence, a décidé de se confronter une dernière fois à sa famille pour leur faire une communication de la plus haute importance : il va mourir. « Juste la fin du monde » est une grande déception. Pas, ou très peu, d’émotion, une violence entre les personnages qui tourne le plus souvent à une hystérie vulgaire, une incompréhension du comment cette famille en est arrivée à ce point de non-retour. « Juste la fin du monde » est un huis-clos étouffant, pénible et très décevant.

     

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Et si on débranchait définitivement la prise?

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    FullSizeRender.jpgIl sera à nouveau question le 27 novembre prochain lors des votations fédérales de notre avenir écologique. Après avoir manqué l’occasion, à l’exception notoire du canton de Genève, de dire « oui » à une économie verte dimanche passé, les Suisses sauront-ils saisir cette seconde chance en se prononçant en faveur de l’initiative pour débrancher les centrales nucléaires après 45 ans de vie ?

    Rien n’est moins sûr.

    Les mêmes qui ont contribué à faire rejeter l’initiative des Verts en faisant peur à la population avec la politique de la douche froide vont en effet en remettre une couche, tout en passant comme chat sur braises sur les catastrophes de Tchernobyl et Fukushima, en prétendant qu’en fermant d’ici 2029 les cinq centrales nucléaires, il faudra s’éclairer à la bougie. Rien de plus faux évidemment, car ce sera l’occasion de mettre le pied sur l’accélérateur en matière d’énergies renouvelables et faire preuve d’innovation, domaine dans lequel notre pays est un leader mondial.

    A noter que sur les cinq centrales existantes, Beznau I, la plus vielle centrale nucléaire du monde (1969), est à l’arrêt depuis juillet 2015 pour de graves problèmes de sécurité (voir à ce sujet l’article que j’ai publié sur ce blog il y a un an : Beznau, une bombe à retardement?) et que Mühleberg sera fermée en 2019, car elle n’est pas assez rentable.

    Oui, le nucléaire, c’est surtout une histoire de gros sous et démanteler les centrales nucléaires va coûter cher, très cher. Combien ? On ne le sait pas exactement, les exploitants n’étant pas vraiment les rois de la transparence. Mais il s’agit bien de compter en milliards. Alors autant prolonger au maximum la vie de ces chères centrales, faire le plus de bénéfices possibles et tant pis si l’on expose la population au risque d’une catastrophe nucléaire majeure.

    C’est ce qu’on appelle la fuite en avant, politique irresponsable que les délégués du PLR ont d’ailleurs approuvée samedi lors de leur assemblée en rejetant à la quasi unanimité le texte des Verts. Une majorité des Suisses saura-t-elle défendre ses propres intérêts et ceux des générations futures, et non celui du lobby nucléaire, en débranchant définitivement la prise ? Réponse le 27 novembre.

    Lien permanent Catégories : Verts 1 commentaire