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  • EscroqueRIE III?

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    Faut-il croire les propos du Conseiller d’Etat Serge Dal Busco sur RIE III alors que la majorité du Conseil municipal de la Ville de Genève, pourtant issue du même bord politique que lui, envoie un message opposé ? Au moment où le Conseil d’Etat a dévoilé ses intentions pour faire passer la pilule sur la réforme de l’imposition des entreprises (RIE III) qui va faire perdre 450 millions de rentrées fiscales aux collectivités publiques, dont une centaine pour les communes, il est légitime de se poser la question.

    Elle l’est d’autant plus qu’apparemment le propre camp politique du Conseiller d’Etat en charge des finances ne le croit pas quand il déclare que « le manque à gagner fiscal sera compensé après quelques années par un essor de l’économie. » Si tel était le cas, pourquoi alors les commissaires UDC, MCG, PLR et PDC (le même parti que M. Dal Busco…) aux finances de la Ville de Genève ont-ils refusé le budget arguant qu’il faut faire des économies dans la perspective de RIE III qui va faire perdre 60 millions d’entrées fiscales par année à la Ville de Genève ?

    De deux choses l’une : ou cette réforme est indispensable pour préserver 60 000 emplois directs et indirects et les collectivités publiques font le gros dos en attendant le retour à des jours meilleurs, comme nous le promet le Conseil d’Etat, ou alors c’est une manœuvre de la majorité de droite qui s’apparente à une escroquerie pour tailler dans les prestations publiques.

    Les Conseillers d’Etat PLR, MCG et PDC – et tout particulièrement ces deux derniers dont le parti compte un Conseiller administratif du même parti en Ville de Genève – seraient bien avisés de faire réfléchir « leurs » conseillers municipaux de la Ville de Genève avant qu’ils ne taillent à la hache dans le budget pour faire des économies dans la perspective de RIE III.

    Ce serait pour sûr envoyer un bien mauvais signal en faveur d’un soutien large de la population, appelé de ses vœux par le Conseil d’Etat, à cette troisième réforme de l’imposition des entreprises.

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  • Harcèlement humanitaire et associatif

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    Deux à trois sollicitations par jour pour faire des dons, y compris le samedi, sont arrivées dans ma boîte aux lettres depuis le milieu de la semaine: MSF, Croix-Rouge, Terre des hommes, Fédération suisse des aveugles, Amnesty, T-interactions, et j'en oublie. Et surtout ce n'est pas fini. 

    A l'approche des fêtes, les associations s'adressent à leurs membres et/ou donateurs pour récolter des fonds pour leurs projets tout aussi valables les uns que les autres. Là n'est pas la question. Le problème est que l'on peut se demander si trop de sollicitations ne finissent pas par tuer les sollicitations. Devant cette avalanche de demandes, qui peut s'apparenter à une certaine forme de harcèlement humanitaire et associatif, le réflexe serait, en effet, plutôt de tout vouloir jeter à la poubelle, sans même ouvrir le courrier!

    Et ce n'est pas facile à faire, car les enveloppes contiennent souvent des objets (CD, porte-clés, cartes, enveloppes, calendrier de l'Avent, etc.) qui culpabilisent, c'est le but, celles et ceux qui les jetteraient ou qui les garderaient sans rien donner en retour, alors qu'ils n'ont pourtant rien demandé.

    En ce qui me concerne, pour éviter de me trouver dans cette situation que je trouve peu agréable, je décide en début d'année de soutenir quelques associations et de leur faire un versement unique valable sur douze mois, sauf bien évidemment s'il y a un événement exceptionnel qui se produit pendant l'année. Ainsi, je jette ou je garde sans "mauvaise conscience" tout ce que je reçois en cours d'année.

    Mais au final, cette manière de faire, plutôt qu'une autre, permet aux associations d'atteindre leur objectif de récolter des fonds. Et c'est tant mieux, car grâce à leur engagement notre monde est un peu plus solidaire. Alors, bienvenue aux prochaines sollicitations qui vont arriver dans les boites ces prochains jours!

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  • "Mal de pierres": pour Marion Cotillard (et 7 autres films à l'affiche)

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    IFullSizeRender.jpgl y a une bonne raison d’aller voir « Mal de pierres » : Marion Cotillard. Elle est formidable dans le rôle de Gabrielle, cette femme en avance sur son époque, le film se déroule dans la France rurale des années 50, qui rêve de vivre le grand amour alors que son entourage ne pense qu’à la marier selon les conventions en vigueur. Et c’est ce que sa famille va faire en donnant Gabrielle à José, un ouvrier agricole.

    Quant au film en lui-même, il ne soulève pas l’enthousiasme. C’est certes bien fait, avec une mention particulière à la magnifique photographie, mais le tout manque d’émotions, ce qui est paradoxal en regard du sujet du film.

    Lent à démarrer, on frôle l’ennui dans les trente premières minutes, « Mal de pierres » prend son envol quand Gabrielle commence sa cure thermale et qu’elle a le coup de foudre pour ce lieutenant français de retour de la guerre d’Indochine bien mal en point (Louis Garrel, à la hauteur du rôle). Cette passion va conduire Gabrielle au bord de la folie, comme la dernière partie du film le fera comprendre dans un retournement de situation peu crédible, mais aussi lui permettre de rebondir grâce à un mari bien plus aimant qu’on aurait pu l’imaginer. La dernière scène du film est à cet égard touchante (2 étoiles).

    Toujours à l’affiche

    5 étoiles. « Ma vie de Courgette ». Ce film d’animation est un vrai bijou. Techniquement bien sûr, mais aussi au niveau de son scénario intelligent, des dialogues percutants prononcés par des voix formidablement bien choisies et de la bande son tout aussi remarquable. Rien n’est laissé au hasard, le film est soigné dans ses moindres détails aussi bien du point de vue de la psychologie et de l’apparence des personnages que de leur environnement. C’est un plaisir visuel immense de faire une nouvelle découverte pratiquement à chaque plan. « Ma vie de Courgette » véhicule, avec finesse, tendresse et humour, beaucoup d’émotions, sans pathos. Tous les enfants qui fréquentent ce foyer, lieu d’apaisement qui protège des agressions du monde extérieur, et les adultes qui gravitent autour d’eux sont extrêmement attachants. « Ma vie de Courgette » est un film tout public. Mais le travail d’orfèvre qu’il a fallu accomplir pour le réaliser prend probablement encore une autre dimension avec des yeux d’adulte. Cour(g)ez-y !

    4 étoiles. « Fuocoammare ». Ours d’or du dernier festival du film de Berlin, « Fuocoammare » est un documentaire qui met en scène des habitants de Lampedusa et le drame des réfugiés qui débarquent par milliers sur cette île sans pour autant que les uns et les autres se côtoient. La grande force du film est de suivre des habitants de Lampedusa, à savoir le docteur, le DJ de la radio locale, Samuele, un garçon de 12 ans, et son entourage, et par leur rôle ou leur regard, de donner un impact d’une force incroyable au drame qui se joue, jour après jour, sous leur yeux, mais sans qu’ils le voient. « Fuocoammare » est un film très intelligemment construit avec des scènes d’une folle intensité, celles qui filment la détresse des migrants bien sûr, mais pas seulement. Il suffit de penser, par exemple, à celle où Samuele joue à faire semblant de tirer en voyant au large des navires de guerre qui sont pourtant là pour sauver des vies. Tourné par un homme seul qui a su tellement bien se fondre dans la réalité avec sa caméra qu’on l’oublie, « Fuocoammare » est un film auquel on pense encore bien longtemps après l’avoir vu.

    3 étoiles. « La fille du train ». L’adaptation du roman à succès de Paula Hawkins à l’écran est très proche dans les faits. Par contre, on n’y retrouve pas l’ambiance plus sombre, plus glauque qui se dégage à la lecture du livre et qui fait sa grande force. Le personnage principal de Rachel, pourtant fort bien joué par Emily Blunt - on n’en dira pas autant des seconds rôles, surtout masculins, pas très convaincants - est beaucoup moins torturé, cette remarque étant d’ailleurs valable pour tous les autres personnages qui sont bien plus lisses que dans le roman. Cela a une influence sur tout le film qui manque de souffle avec comme conséquence que la tension n’atteint pas celle ressentie lors de la lecture du livre. Il n’en demeure pas moins que cette adaptation est honnête et qu’elle a toutes les chances de plaire aux amateurs de thrillers qui ne feront pas la comparaison avec le roman ! Pot de terre contre pot de fer ou encore David contre Goliath. C’est le type de combat que va mener Clara, la soixantaine épanouie, contre des promoteurs qui vont tout tenter pour l’obliger à vendre l’appartement qu’elle occupe depuis toujours, ou presque, dans l’Aquarius, un immeuble où elle est la dernière habitante à résister.

    1 étoile. « Juste la fin du monde ». Récompensé à Cannes par le Grand Prix du jury, « Juste la fin du monde » met en scène les cinq membres d’une famille qui au cours d’un après-midi vont s’engueuler, s’insulter, se déchirer, hurler, pleurer rendant impossible toute communication entre eux. Et pourtant Louis, après douze ans d’absence, a décidé de se confronter une dernière fois à sa famille pour leur faire une communication de la plus haute importance : il va mourir. « Juste la fin du monde » est une grande déception. Pas, ou très peu, d’émotion, une violence entre les personnages qui tourne le plus souvent à une hystérie vulgaire, une incompréhension du comment cette famille en est arrivée à ce point de non-retour. « Juste la fin du monde » est un huis-clos étouffant, pénible et très décevant.

    Dans le cadre du Festival Filmar

    3 étoiles. « Aquarius ». Portrait magnifique d’une femme, « Aquarius » est aussi une critique du Brésil, pays où la corruption est reine et les inégalités sociales bien présentes. « Aquarius » est un film avec du suspense, malgré une deuxième partie trop longue où l’histoire peine à avancer. Malgré ce bémol, on suit avec intérêt et beaucoup d’empathie le combat entre passé et présent de cette femme attachante de la bonne société, ce qui ne l’empêche pas d’être rebelle dans ses actes ou dans ses relations avec son entourage qu’elle n’hésite pas à remettre à sa place. Mais pas de quoi le faire fuir pour autant, son rayonnement exceptionnel fascinant même ceux qui veulent lui faire du tort et…les spectateurs grâce à la performance exceptionnelle de Sonia Braga, actrice très connue dans son pays, qui porte le film de bout en bout.

    3 étoiles. « Les amants de Caracas ». Récompensé par le Lion d'Or 2015 à Venise, "Les amants de Caracas" met en scène la relation improbable entre un quinquagénaire plutôt aisé, Armando, et un adolescent délinquant d'un quartier pauvre de Caracas prénommé Elder. "Les amants de Caracas" est porté par ses deux acteurs qui sont excellents et rendent crédibles cette relation à laquelle on peine à croire au début, bien que le film soit basé sur des faits réels. Le rythme est un peu lent, parfois même à la limite de l'ennui, mais il permet d'accentuer l'atmosphère lourde qui règne tout au long du film et qui donne tout son sens au moment de la scène finale qui laisse de nombreuses secondes sans voix, car on ne la voit pas venir. Un film perturbant auquel l'on pense encore plusieurs jours après l'avoir vu.

    2 étoiles. « Rara ». Le film est centré sur le personnage de Sara une adolescente de 13 ans qui a les préoccupations d’une fille de son âge, sauf que ses parents sont en instance de divorce et que son père souhaite obtenir sa garde et celle de sa petite sœur parce que leur mère vit avec une autre femme. Le père obtiendra-t-il gain de cause dans une société conservatrice chilienne où l’homoparentalité est très mal considérée quand bien même Sara et sa sœur vivent dans une famille attentionnée et aimante ? Malgré son sujet très émotionnel « Rara » (Bizarre), pourtant inspiré d’une histoire vraie, manque…d’émotions. La succession de trop nombreuses courtes scènes empêche en effet d’entrer véritablement dans le film, l’enjeu de la garde des enfants n’en est pas vraiment un et le jeu des acteurs, mis à part celui des deux sœurs, sonne faux. Décevant.

     

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

     

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  • Centrales nucléaires: des bombes à retardement

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    IMG_7416.PNGDans deux semaines, nous saurons si la Suisse sortira définitivement du nucléaire en 2029. En votant OUI à l'initiative des Verts, le peuple suisse se montrera plus courageux que le Parlement qui n'a pas osé se mettre à dos le lobby nucléaire en votant la Stratégie énergétique 2050 sans mettre une date de fin au nucléaire.

    Si la Stratégie 2050 montre la bonne direction vers un approvisionnement énergétique qui devra être principalement basé sur l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables, il manque à ce plan un élément essentiel: un calendrier pour arrêter le (très) vieux parc de centrales nucléaires. Le Parlement n'a, hélas, inscrit dans la loi que l'interdiction de construire de nouvelles centrales, sans réglementer l'arrêt des centrales nucléaires existantes qui sont pourtant de potentielles bombes à retardement.

    Grâce à l'initiative des Verts, le peuple Suisse, en votant OUI, pourra faire le travail que nos parlementaires n'ont pas terminé en programmant progressivement l'arrêt du nucléaire en trois étapes: 2017, 2024 et 2029. Des durées de fonctionnement maximales, 45 ans dans le texte de l'initiative, réduisent les gros risques d'arrêts longs et chers comme celui qui touche actuellement Beznau 1, la plus vieille centrale nucléaire du monde. Faut-il rappeler qu'elle est à l'arrêt depuis 19 mois, ce qui n'a vraiment rien de rassurant dans la perspective d'une remise en marche! Avec un OUI sorti des urnes, cette menace, réelle, sera définitivement écartée.

    L'initiative fixe donc une date raisonnable pour stopper la vieille, dangereuse, chère et inutile production d'électricité nucléaire et donne au nouveau système prévu des objectifs clairs et contraignants pour un futur énergétique respectueux de l'environnement. 

    Lien permanent Catégories : Verts 1 commentaire
  • Un Prix Goncourt qui se dévore

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    FullSizeRender.jpgIl en va des récompenses littéraires comme des César ou des Oscar : elles ne sont pas forcément gage de qualité. Tel n’est pas le cas avec « Chanson douce » qui vient de se voir attribuer le Prix Goncourt. Je ne sais pas si le deuxième roman de Leïla Slimani le méritait plus que les autres finalistes, mais ce que je sais en revanche, c’est que j’ai eu un immense plaisir à le dévorer.

    Dès la première phrase, courte, définitive, « Le bébé est mort », on est déjà accro. Le roman commence par la fin et va tout au long des 227 pages qu’il contient faire découvrir au lecteur comment un double infanticide a pu être commis par Louise, une nounou pourtant apparemment si parfaite.

    Ce lent glissement vers la folie, son entourage, particulièrement la mère des deux enfants, le devine par moment sans pour autant en être totalement conscient ou vouloir en être totalement conscient. Louise est une si bonne nounou, aimante et aimée, et qui rend tellement de services : comment faire sans elle quand les deux parents travaillent ?

    Et de fait, le lecteur est dans le même état d’esprit, il cherche à comprendre, à se mettre à la place de Louise en espérant que l’inéluctable ne se produira pas, alors qu’il l’a lu dès la première ligne ! L’écriture extrêmement visuelle, les images défilent devant les yeux au fur et à mesure que les mots s’enchainent, et des phrases courtes et percutantes renforcent ce sentiment de vouloir participer à l’action.

    Les éclairages de plusieurs personnages (une voisine, son mari, sa fille, un adolescent dont elle s’est occupé quand il était petit) apportent également leur contribution à la compréhension de la personnalité de Louise qui tente de survivre dans un milieu où l’argent, les rapports de domination, les différences culturelles et les préjugés règnent en maître.

    « Chanson douce » est un roman noir bien ancré dans la société occidentale d’aujourd’hui qui vous captive de la première à la dernière ligne. A tel point d’ailleurs qu’il est préférable d’avoir quatre heures devant soi pour ne pas devoir s’arrêter ! Une indéniable réussite.

     

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