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  • "Aquarius": un magnifique portrait de femme (et 4 autres films à l'affiche)

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    FullSizeRender.jpgPot de terre contre pot de fer ou encore David contre Goliath. C’est le type de combat que va mener Clara, la soixantaine épanouie, contre des promoteurs qui vont tout tenter pour l’obliger à vendre l’appartement qu’elle occupe depuis toujours, ou presque, dans l’Aquarius, un immeuble où elle est la dernière habitante à résister.

    Portrait magnifique d’une femme, « Aquarius » est aussi une critique du Brésil, pays où la corruption est reine et les inégalités sociales bien présentes, comme le montre cet égout qui sépare la plage des riches de celle des pauvres suivi d’un plan qui survole les immeubles cossus de Recife pour s’arrêter sur la favela toute proche.

    « Aquarius » est un film avec du suspense, malgré une deuxième partie trop longue où l’histoire peine à avancer. Malgré ce bémol, on suit avec intérêt et beaucoup d’empathie le combat entre passé et présent de cette femme attachante de la bonne société, ce qui ne l’empêche pas d’être rebelle dans ses actes (elle va jusqu’à faire repeindre à ses frais la façade de l’immeuble et se payer un gigolo, par exemple) ou dans ses relations avec son entourage qu’elle n’hésite pas à remettre à sa place.

    Mais pas de quoi le faire fuir pour autant, son rayonnement exceptionnel fascinant même ceux qui veulent lui faire du tort et…les spectateurs grâce à la performance exceptionnelle de Sonia Braga, actrice très connue dans son pays, qui porte le film de bout en bout (3 étoiles).

    Toujours à l’affiche

    5 étoiles. « Ma vie de Courgette ». Ce film d’animation est un vrai bijou. Techniquement bien sûr, mais aussi au niveau de son scénario intelligent, des dialogues percutants prononcés par des voix formidablement bien choisies et de la bande son tout aussi remarquable. Rien n’est laissé au hasard, le film est soigné dans ses moindres détails aussi bien du point de vue de la psychologie et de l’apparence des personnages que de leur environnement. C’est un plaisir visuel immense de faire une nouvelle découverte pratiquement à chaque plan. « Ma vie de Courgette » véhicule, avec finesse, tendresse et humour, beaucoup d’émotions, sans pathos. Tous les enfants qui fréquentent ce foyer, lieu d’apaisement qui protège des agressions du monde extérieur, et les adultes qui gravitent autour d’eux sont extrêmement attachants. « Ma vie de Courgette » est un film tout public. Mais le travail d’orfèvre qu’il a fallu accomplir pour le réaliser prend probablement encore une autre dimension avec des yeux d’adulte. Cour(g)ez-y !

    4 étoiles. « Fuocoammare ». Ours d’or du dernier festival du film de Berlin, « Fuocoammare » est un documentaire qui met en scène des habitants de Lampedusa et le drame des réfugiés qui débarquent par milliers sur cette île sans pour autant que les uns et les autres se côtoient. La grande force du film est de suivre des habitants de Lampedusa, à savoir le docteur, le DJ de la radio locale, Samuele, un garçon de 12 ans, et son entourage, et par leur rôle ou leur regard, de donner un impact d’une force incroyable au drame qui se joue, jour après jour, sous leur yeux, mais sans qu’ils le voient. « Fuocoammare » est un film très intelligemment construit avec des scènes d’une folle intensité, celles qui filment la détresse des migrants bien sûr, mais pas seulement. Il suffit de penser, par exemple, à celle où Samuele joue à faire semblant de tirer en voyant au large des navires de guerre qui sont pourtant là pour sauver des vies. Tourné par un homme seul qui a su tellement bien se fondre dans la réalité avec sa caméra qu’on l’oublie, « Fuocoammare » est un film auquel on pense encore bien longtemps après l’avoir vu.

    3 étoiles. « La fille du train ». L’adaptation du roman à succès de Paula Hawkins à l’écran est très proche dans les faits. Par contre, on n’y retrouve pas l’ambiance plus sombre, plus glauque qui se dégage à la lecture du livre et qui fait sa grande force. Le personnage principal de Rachel, pourtant fort bien joué par Emily Blunt - on n’en dira pas autant des seconds rôles, surtout masculins, pas très convaincants - est beaucoup moins torturé, cette remarque étant d’ailleurs valable pour tous les autres personnages qui sont bien plus lisses que dans le roman. Cela a une influence sur tout le film qui manque de souffle avec comme conséquence que la tension n’atteint pas celle ressentie lors de la lecture du livre. Il n’en demeure pas moins que cette adaptation est honnête et qu’elle a toutes les chances de plaire aux amateurs de thrillers qui ne feront pas la comparaison avec le roman !

    1 étoile. « Juste la fin du monde ». Récompensé à Cannes par le Grand Prix du jury, « Juste la fin du monde » met en scène les cinq membres d’une famille qui au cours d’un après-midi vont s’engueuler, s’insulter, se déchirer, hurler, pleurer rendant impossible toute communication entre eux. Et pourtant Louis, après douze ans d’absence, a décidé de se confronter une dernière fois à sa famille pour leur faire une communication de la plus haute importance : il va mourir. « Juste la fin du monde » est une grande déception. Pas, ou très peu, d’émotion, une violence entre les personnages qui tourne le plus souvent à une hystérie vulgaire, une incompréhension du comment cette famille en est arrivée à ce point de non-retour. « Juste la fin du monde » est un huis-clos étouffant, pénible et très décevant.

     

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

     

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  • Un moment inoubliable avec Hillary Clinton

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    FullSizeRender.jpg« Une bureaucrate froide et calculatrice aux innombrables casseroles. » C’est la description que fait la Tribune de Genève d’Hillary Clinton dans son édition du week-end. Bon, Donald Trump en prend également pour son grade puisqu’il est qualifié de « Picsou, ouvertement raciste, sexiste et égocentrique ». Bonjour la nuance, même s’il faut y voir du second degré dans ces affirmations.

    Si je n’ai jamais rencontré Donald Trump, et franchement je n’y tiens pas, j’ai par contre eu une fois l’occasion de voir « pour de vrai » Hillary Clinton. C’était en juillet 2012 lors de la conférence mondiale sur le sida de Washington (photo prise par moi-même à cette occasion).

    Et je peux témoigner qu’elle ne m’a pas du tout donné l’image d’une « bureaucrate froide et calculatrice ». Bien au contraire. Acclamée comme une star au moment de son entrée sur la scène par un public venu du monde entier et, il est vrai, conquis avant même qu’elle ait prononcé un seul mot,  celle qui était à l’époque Secrétaire d’Etat n’a pas déçu.

    Son discours au contenu élaboré sur les enjeux liés au sida, mais très humain sans pour autant tomber dans la démagogie, a su captiver l’ensemble de l’audience venue des quatre coins de la planète. Il a été, bien évidemment, et comme on pouvait s’y attendre, parfaitement prononcé avec juste ce qu’il faut d’humour et d’émotion. La toute grande classe.

    Un moment inoubliable pour toutes celles et ceux qui ont eu, comme moi, la chance de le partager avec cette femme qui a, ce jour-là en tout cas, fait preuve d’un charisme exceptionnel et qui sera peut-être, dans moins de 48 heures, la première femme présidente des Etats-Unis.

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  • "La fille du train" manque de souffle (et 4 autres films à l'affiche)

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    FullSizeRender.jpgExercice compliqué que de faire la critique d’un film dont on a terminé quelques jours auparavant le roman dont il s’inspire. La position de spectateur est forcément biaisée, surtout quand il s’agit d’un thriller dont on connaît la fin avant le début de la projection. Reste donc l’intérêt non négligeable de voir comment un livre de 450 pages, qui permet d’entrer dans le détail, a été adapté pour le grand écran.

    En ce qui concerne la trame, l’adaptation est dans les faits très proches du roman. Par contre, on n’y retrouve pas l’ambiance plus sombre, plus glauque qui se dégage à la lecture du livre et qui fait sa grande force. Le personnage principal de Rachel, pourtant fort bien joué par Emily Blunt - on n’en dira pas autant des seconds rôles, surtout masculins, pas très convaincants - est beaucoup moins torturé, cette remarque étant d’ailleurs valable pour tous les autres personnages qui sont bien plus lisses que dans le roman.

    Cela a une influence sur tout le film qui manque de souffle avec comme conséquence que la tension n’atteint pas celle ressentie lors de la lecture du livre de Paula Hawkins. Il n’en demeure pas moins que cette adaptation est honnête et qu’elle a toutes les chances de plaire aux amateurs de thrillers qui ne feront pas la comparaison avec le roman (3 étoiles) !

    Toujours à l’affiche

    5 étoiles. « Ma vie de Courgette ». Ce film d’animation est un vrai bijou. Techniquement bien sûr, mais aussi au niveau de son scénario intelligent, des dialogues percutants prononcés par des voix formidablement bien choisies et de la bande son tout aussi remarquable. Rien n’est laissé au hasard, le film est soigné dans ses moindres détails aussi bien du point de vue de la psychologie et de l’apparence des personnages que de leur environnement. C’est un plaisir visuel immense de faire une nouvelle découverte pratiquement à chaque plan. « Ma vie de Courgette » véhicule, avec finesse, tendresse et humour, beaucoup d’émotions, sans pathos. Tous les enfants qui fréquentent ce foyer, lieu d’apaisement qui protège des agressions du monde extérieur, et les adultes qui gravitent autour d’eux sont extrêmement attachants. « Ma vie de Courgette » est un film tout public. Mais le travail d’orfèvre qu’il a fallu accomplir pour le réaliser prend probablement encore une autre dimension avec des yeux d’adulte. Cour(g)ez-y !

    4 étoiles. « Fuocoammare ». Ours d’or du dernier festival du film de Berlin, « Fuocoammare » est un documentaire qui met en scène des habitants de Lampedusa et le drame des réfugiés qui débarquent par milliers sur cette île sans pour autant que les uns et les autres se côtoient. La grande force du film est de suivre des habitants de Lampedusa, à savoir le docteur, le DJ de la radio locale, Samuele, un garçon de 12 ans, et son entourage, et par leur rôle ou leur regard, de donner un impact d’une force incroyable au drame qui se joue, jour après jour, sous leur yeux, mais sans qu’ils le voient. « Fuocoammare » est un film très intelligemment construit avec des scènes d’une folle intensité, celles qui filment la détresse des migrants bien sûr, mais pas seulement. Il suffit de penser, par exemple, à celle où Samuele joue à faire semblant de tirer en voyant au large des navires de guerre qui sont pourtant là pour sauver des vies. Tourné par un homme seul qui a su tellement bien se fondre dans la réalité avec sa caméra qu’on l’oublie, « Fuocoammare » est un film auquel on pense encore bien longtemps après l’avoir vu.

    4 étoiles : « Frantz ». Pour quelle raison Adrien, un Français, se recueille-t-il sur la tombe d’un soldat allemand, Frantz, mort au front durant la guerre de 14-18 ? Cette question va provoquer de nombreuses réactions, à commencer par celle d’Anna, la fiancée de Frantz, dans cette petite ville d’Allemagne qui tente de se remettre péniblement de la défaite et des immenses pertes humaines causées par la guerre. Tourné en noir et blanc, « Frantz » est ce que l’on pourrait appeler un « beau » film. Mise en scène, photographie, lumières, cadrage, décors, costumes, direction d’acteurs, tout est parfait. On se laisse également prendre par l’histoire de cet ancien soldat (Pierre Niney tout en finesse) dont on se demande pendant toute la première partie du film ce qu’il cherche en faisant ce pèlerinage en terrain « ennemi ». « Frantz » est donc un très bon film à voir. Il lui manque juste ce petit supplément d’âme sur le plan émotionnel qui fait la différence entre un très bon film et un excellent.

    1 étoile. « Juste la fin du monde ». Récompensé à Cannes par le Grand Prix du jury, « Juste la fin du monde » met en scène les cinq membres d’une famille qui au cours d’un après-midi vont s’engueuler, s’insulter, se déchirer, hurler, pleurer rendant impossible toute communication entre eux. Et pourtant Louis, après douze ans d’absence, a décidé de se confronter une dernière fois à sa famille pour leur faire une communication de la plus haute importance : il va mourir. « Juste la fin du monde » est une grande déception. Pas, ou très peu, d’émotion, une violence entre les personnages qui tourne le plus souvent à une hystérie vulgaire, une incompréhension du comment cette famille en est arrivée à ce point de non-retour. « Juste la fin du monde » est un huis-clos étouffant, pénible et très décevant.

     

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

     

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  • Pour être respectueux, il faut être respecté

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    Les amendes qui pleuvent sur les cyclistes depuis le début de la semaine font grand bruit, car elles divisent celles et ceux qui pensent que les adeptes du vélo devraient se conformer strictement aux règles de la circulation et une grande majorité des cyclistes qui met en avant qu’il sera possible d’avoir un comportement ni meilleur ni pire que les autres usagers de la route quand les aménagements pour les vélos seront dignes de ce nom.

    Pour être respectueux, il faut être respecté. Or, force est de constater que nos autorités ne respectent pas suffisamment les cyclistes en ne donnant pas au vélo la place qu’il mérite.

    Ecologique, prenant peu de place sur le domaine public et bon pour la santé, le vélo devrait être une priorité dans un milieu urbain comme l’est Genève. Et pourtant, ce n’est pas le cas. Le réseau cyclable, malgré l’acceptation d’une initiative en 2011 qui allait dans ce sens, est lacunaire, voire carrément dangereux, à de nombreux endroits.

    Cet état de fait oblige les cyclistes soit à prendre de gros risques dans la circulation, soit à essayer de les contourner en empruntant les parcs ou les trottoirs. Ca ne les oblige pas à griller les feux rouges et les stops, on est bien d’accord.

    Evidemment, cela n’excuse pas l’attitude parfois lamentable dont fait preuve une partie d’entre eux à l’égard des piétons. J’ai d’ailleurs pu l’expérimenter récemment moi-même avec une cycliste qui me klaxonnait alors que je marchais sur le trottoir. Quand je lui ai dit que c’était à elle de faire attention à moi et non le contraire et que c’était avec ce genre de comportement qu’on en arrivait à interdire les vélos dans les parcs et à entretenir la mauvaise réputation qui colle aux cyclistes, elle m’a copieusement insulté…

    Pour sortir de ce cercle vicieux – pas d’aménagements convenables en suffisance = manque de respect des règles de circulation – il faut absolument que, d’une part, nos autorités prennent leurs responsabilités et fassent voter les crédits nécessaires, ce qui demande évidemment plus d’implication que de simplement interdire aux vélos de rouler dans les parcs ou d’autoriser les motos à emprunter les voies de bus, et, d’autre part, que les cyclistes ne fassent pas aux autres, tout spécialement les piétons, ce qu’ils n’aimeraient pas qu’on leur fasse !

    Entre personnes civilisées, ça devrait être possible, non ?

    Lien permanent Catégories : Verts 7 commentaires
  • Mariage pour tous: sondage grandeur nature le 27 novembre

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    FullSizeRender.jpgDéfinir le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme exclusivement et l’ancrer dans la Constitution cantonale, c’est la proposition sur laquelle les Zurichoises et Zurichois devront voter le 27 novembre.

    Il s’agit donc pour le canton le plus peuplé de notre pays de se prononcer une deuxième fois sur ce sujet en 2016, puisqu’on se rappelle qu’en février l’initiative du PDC, sous couvert d’égalité fiscale entre couples mariés et concubins, introduisait également cette définition du mariage discriminatoire dans la Constitution fédérale. Mal lui en a pris d’ailleurs, puisque c’est à cause de celle-ci que le texte a été rejeté à une faible majorité en grande partie grâce au canton de…Zürich qui est celui qui a refusé cette initiative le plus nettement !

    Autant dire que la proposition de l’UDF, parti de la droite ultraconservatrice qui avait également lancé le référendum contre la nouvelle loi sur l’adoption qui a connu un échec retentissant, n’a aucune chance d’aboutir. Elle est combattue par les partis de gauche, mais également par le centre droit, y compris le PDC, et par de nombreuses associations qui défendent l’égalité des droits pour toutes et tous, dont plusieurs sont membres de Pro Aequalitate (1). Le comité a repris le slogan de la campagne contre l’initiative du PDC « Gemeinsam weiter » (traduit en français par « Avançons ensemble ») en y ajoutant « Zürich ».

    La seule inconnue réside par conséquent dans le score que cette initiative réunira contre elle, ce qui donnera une bonne indication sur le pourcentage de la population zurichoise prête à soutenir le mariage pour toutes et tous quand il faudra voter sur cette question (2018 ?). Un sondage grandeur nature en quelque sorte que les partisans de l’égalité des droits pour toutes et tous suivront avec grand intérêt bien au-delà des frontières zurichoises.

     

    (1) L’association Pro Aequalitate s’engage pour l’égalité des droits des lesbiennes, des gays, des personnes bisexuelles, transgenres et intersexes (LGBTI) dans le cadre de référendums et d’initiatives populaires. Une vingtaine d’associations en sont membres.

     

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