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  • La résurrection de "Dalida" (et 4 autres films à l'affiche)

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    FullSizeRender.jpgLa première chose que l’on a envie d’écrire après avoir visionné le film, c’est à quel point la performance de Sveva Alviti dans le rôle-titre est époustouflante. Elle ne joue pas Dalida, elle l’est. Une vraie résurrection. La ressemblance est frappante, il a certes fallu quatre heures de maquillage chaque jour pour arriver à ce résultat, et la gestuelle parfaite jusqu’au bout des ongles. Un travail d’actrice de haut vol qui vaut déjà la peine à lui tout seul d’aller voir le film, le reste la distribution étant également excellent.

    La réalisatrice de « Dalida », Lisa Azuelos, privilégie dans son film la femme à la chanteuse, même si bien évidemment il y a des liens étroits entre les deux. C’est ainsi que le biopic démarre par le premier drame de sa vie d’adulte en 1967 avec le suicide de Luigi Tenco suivi de sa propre tentative de suicide deux mois plus tard.

    A partir de cet événement traumatisant, qui sera suivi de beaucoup d’autres jusqu’à sa mort vingt ans plus tard, le film fait des incursions dans le passé pour mieux éclairer le présent. Un parti pris réussi qui permet également de mettre les chansons de Dalida au service de son histoire et non le contraire, comme cela aurait été le cas si le film avait eu pour ambition de retracer uniquement la remarquable carrière de Dalida qui a connu le succès pendant trois décennies. Et qui continue de le connaître 30 ans après sa mort.

    Il n’en a pas été de même dans sa vie privée où elle n’a pas trouvé la stabilité qu’elle aurait souhaitée quand bien même elle a vécu avec passion plusieurs histoires d’amour avec une grande liberté à une époque, pourtant pas si lointaine, où il était fort mal vu de quitter son mari ou de sortir avec un homme plus jeune. Le film retrace fort bien cet aspect de la vie de Dalida qui est à l’origine de plusieurs drames qui l’ont marquée à jamais jusqu’à la pousser à mettre fin à ses jours tant la vie lui était insupportable.

    Si le film est parfois un peu pesant en raison des événements dramatiques qui ont émaillé la vie de Dalida, et sur deux heures ça fait beaucoup, il n’en demeure pas moins que « Dalida » est à l’image de son héroïne : flamboyant, touchant, émouvant, intelligent, divertissant, entraînant, réjouissant. On ajoutera enfin que le film est également un régal pour l’œil, car il est soigné dans les moindres détails au niveau des décors et des costumes. A regretter qu’une heure de film ait été coupée au montage. (4 étoiles)

    Toujours à l’affiche

    5 étoiles. « Sully ». Tout le monde se souvient de l’amerrissage d’un Airbus A320 sur l’Hudson en plein New-York en janvier 2009 avec 155 passagers à son bord et…155 survivants. Un véritable miracle qui pourtant est avant tout un exploit humain hors du commun qui va d’ailleurs au-delà du pilote, même si celui-ci joue bien évidemment un rôle central. C’est cet aspect de ce fait divers heureux que privilégie Clint Eastwood. « Sully » est avant tout une aventure humaine qui montre aussi l’autre côté du décor, à savoir l’enquête ouverte sur le commandant de bord pour savoir s’il n’aurait pas dû privilégier d’autres options que l’amerrissage et ainsi sauver aussi l’appareil. Le film mêle très habilement grâce à un excellent montage et une mise en scène au cordeau, le côté spectaculaire et à grand suspense du film avec celui beaucoup plus intimiste des remises en question du commandant, génial Tom Hanks, et de l’enquête. « Sully » fait passer le spectateur par toutes les émotions - peur, pleurs, rage, soupir, sourires – et c’est un vrai plaisir.

    5 étoiles. « Moi, Daniel Blake ».  Récompensé par la Palme d’or au Festival de Cannes 2016 le film a pour thématique principale le poids d’une administration qui au lieu de venir en aide à ses administrés ne fait que de les enfoncer toujours plus dans la précarité. C’est ainsi que l’on suit les déboires de Daniel Blake qui se voit refuser une rente invalidité après un grave accident cardiaque. Il se retrouve dès lors condamner à s’inscrire au chômage pour toucher des indemnités et à faire des recherches d’emploi alors qu’il a l’interdiction de ses médecins de travailler. On peut, certes, reprocher au film son côté un brin démagogique et un peu trop manichéen – les fonctionnaires, à l’exception d’une, sont tous des méchants et les pauvres tous des gentils – mais c’est bien le seul reproche qu’on puisse lui faire. « Moi, Daniel Blake » est émouvant, bouleversant même, il dénonce avec force un système dénué de toute humanité et qui dérape. La mise en scène est d’un grand réalisme avec des scènes très variées qui donnent de l’épaisseur à l’histoire et les dialogues sont percutants. Le tout est joué par des acteurs formidables qui vous touchent jusqu’à en avoir les larmes aux yeux.

    5 étoiles. « Ma vie de Courgette ». Ce film d’animation est un vrai bijou. Techniquement bien sûr, mais aussi au niveau de son scénario intelligent, des dialogues percutants prononcés par des voix formidablement bien choisies et de la bande son tout aussi remarquable. Rien n’est laissé au hasard, le film est soigné dans ses moindres détails aussi bien du point de vue de la psychologie et de l’apparence des personnages que de leur environnement. C’est un plaisir visuel immense de faire une nouvelle découverte pratiquement à chaque plan. « Ma vie de Courgette » véhicule, avec finesse, tendresse et humour, beaucoup d’émotions, sans pathos. Tous les enfants qui fréquentent ce foyer, lieu d’apaisement qui protège des agressions du monde extérieur, et les adultes qui gravitent autour d’eux sont extrêmement attachants. « Ma vie de Courgette » est un film tout public. Mais le travail d’orfèvre qu’il a fallu accomplir pour le réaliser prend probablement encore une autre dimension avec des yeux d’adulte. Cour(g)ez-y !

    3 étoiles. « La fille de Brest », c’est l’histoire vraie d’Irène Frachon, pneumologue, qui en 2007 alerte les autorités sanitaires françaises des risques de problèmes cardiaques liés à la prise du Mediator, un antidiabétique. La bombe est lancée. Mais elle va mettre plusieurs années à exploser, le chemin pour faire éclater la vérité étant parsemé d’obstacles. C’est ce long combat à la David contre Goliath que raconte le film aux allures de thriller. Porté par l’énergie de son actrice principale Sidse Babett Knudsen (l’héroïne de l'excellente série danoise « Borgen » et César du meilleur second rôle 2016 pour « L’hermine »), « La fille de Brest » ne laisse rien au hasard : crédibilité de la reconstitution de l’affaire, rythme soutenu, suspense, belle distribution et scènes « choc » à l’image des deux autopsies. Le film contient donc tous les éléments pour être accroché à son siège du début à la fin. Et pourtant, ce n’est pas toujours le cas en raison d’un côté didactique trop prononcé et de la linéarité du récit qui réserve au final peu de surprises et d’émotions. Malgré ces réserves, « La fille de Brest » est un bel hommage à toutes celles et ceux qui se sont battu pour sauver des vies et faire indemniser les victimes, ce qui n’est toujours pas fait à ce jour.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

     

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  • Du grand écran au petit, 3 films à voir cette semaine...ou pas

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    Au programme cette semaine à la télévision, trois films que j’ai vus au cinéma en 2014. Brèves critiques pour vous aider à faire votre choix de les regarder…ou pas.

     FullSizeRender gone.jpg4 étoiles. «Gone Girl» : Nick Dunne a-t-il tué sa femme qui a mystérieusement disparue ? Les preuves s’accumulent contre lui, mais finalement peut-être pas tant que ça…Et si finalement, Nick était plutôt la victime que le bourreau ? Tenu en haleine jusqu’au milieu du film par cette question, le spectateur manipulé de main de maître par le réalisateur David Fincher découvre alors la réponse qui l’emmène dans une deuxième partie encore plus excitante que la première !

    France 2, dimanche 15 janvier, 21h00

     

     

    FullSizeRender french.jpg3 étoiles. « La French » : Basé sur des faits réels, le film raconte l’histoire du juge Michel et de sa croisade contre la French Connection, organisation mafieuse qui arrosait depuis Marseille le monde entier d’héroïne. Reconstitution des années 70 très réaliste et attention particulière sur les rapports entre les différents personnages, beaucoup de seconds rôles fort bien joués, le film se laisse voir avec plaisir malgré quelques baisses de rythme. Jean Dujardin est un juge Michel très convaincant ce qui provoque un véritable choc à la fin du film pourtant en principe connue des spectateurs avant même d’aller voir le film.

    TSR 1, lundi 16 janvier, 20h40

     

     FullSizeRender.jpg5 étoiles. « Whiplash » : Jusqu’où Andrew acceptera-t-il d’être rabaissé et humilié par son professeur pour réaliser son rêve de devenir un musicien d’exception ? Le film est porté par deux acteurs exceptionnels, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard et un montage tiré au cordeau. Le face à face entre le professeur et son élève atteint par moment des sommets d’intensité incroyables avec en particulier un dernier quart d’heure qui vous laisse scotché sur votre fauteuil au moment du générique de fin ! Un excellent film qui aurait mérité le « prime time » sur TSR 1.

    TSR 2, jeudi 19 janvier, 21h45

     

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Chat échaudé craint l'eau froide

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    pIXAEE2OA_uTG3ce7KV2XacriuM.jpgA entendre les défenseurs de la RIE III, un NON le 12 février coûterait plus cher qu’un OUI. Vraiment ? Il est de fait très difficile de savoir qui dit vrai sur cet objet de votation fort complexe. A gauche, on prétend que cette réforme va coûter près de 4 milliards de francs et à droite on affirme que 5 milliards de recettes sont en jeu. Qui croire ?

    Comment se faire une opinion autrement qu’en suivant le mot d’ordre du parti dont on se sent proche ? Et encore ! Un électeur ou une électrice de l’UDC doit-il voter OUI, comme le parti le recommande, alors que cette réforme de l’imposition des entreprises est la conséquence de pressions de l’Union européenne tant honnie par celles et ceux qui votent UDC ? Que penser à ce titre de Céline Amaudruz qui déclare qu’ « avec cette réforme, la Suisse préserve ses intérêts au niveau international » ? Plutôt contradictoire…

    Comment croire que l’argent économisé par les entreprises sera réinvesti pour la relance alors que le canton de Lucerne qui connaît la fiscalité des entreprises la plus basse connaît d’énormes problèmes budgétaires ? Ne doit-on pas plutôt s’attendre à une forte diminution des prestations et/ou une augmentation des impôts afin de combler le manque à gagner ?

    Enfin, que faut-il penser des conséquences de la réforme précédente, RIE II, votée de justesse en 2008 et qui avait coûté finalement 7 fois plus que les 900 millions annoncés faussement au « bon peuple » ? En sera-t-il de même avec RIE III ? Faut-il prendre le risque de se faire avoir une deuxième fois ?

    Chat échaudé craint l’eau froide !

     

    Lien permanent Catégories : Verts 0 commentaire
  • Donald Trump le revanchard

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    On pourrait s’attendre de la part de celui qui va devenir dans une dizaine de jours le président des Etats-Unis qu’il prenne de la hauteur et arrête de se comporter comme un candidat. Mais c’est sans doute trop demander à Donald Trump plus préoccupé à régler ses comptes que d’endosser le costume, sans doute trop grand pour lui, de futur président de la plus grande puissance du monde.

    La preuve ?

    Il n’a pas pu s’empêcher de tweeter, son péché mignon, à propos de Meryl Streep qu’elle était « une des actrices les plus surcotées d’Hollywood ». Celles et ceux qui considèrent, et ils sont nombreux, Meryl Streep comme la plus grande comédienne américaine de tous les temps apprécieront le sens cinématographique de Donal Trump qui n’a sans doute jamais vu, entre autres, « Le choix de Sophie », « Kramer contre Kramer », « La maîtresse du lieutenant français », « Sur la route de Madison », « Out of Africa », « The hours », « Le diable s’habille en Prada », « Mamma Mia ! » ou encore la « Dame de fer », films dans lesquels elle est exceptionnelle.

    La « faute » de Meryl Streep pour s’attirer les foudres de Donald Trump ?

    Avoir osé ironiser, lors de la cérémonie des Golden Globes du 8 janvier, sur l’imitation qu’avait faite Donald Trump, sans pour autant le nommer, en novembre 2015 d’un journaliste handicapé, ce dont il se défend, bien entendu.

    Mais surtout, Meryl Streep était une fervente supportrice d’Hillary Clinton, ne manquant pas de se moquer du candidat républicain (photo). Il a donc profité de cette occasion pour la traiter de « larbin » de son ex-rivale montrant par cette réaction que le futur président des Etats-Unis était incapable de se mettre au-dessus de la mêlée et qu’il n’était qu’un revanchard.

    Voilà qui en dit long sur le personnage, mais il est vrai qu’il n’y a là rien de bien nouveau…

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  • Propagande météorologique ?

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    IMG_7728.PNGIl y a huit jours, la météo annonçait 20 à 30 centimètres de neige pour le début de la semaine. Puis, trois jours plus tard, 5 à 10. Lundi, ce n'était plus que 2 à 4, et encore peut-être beaucoup moins, voire rien du tout selon les régions.

    De fait, mardi matin, un (très) léger saupoudrage était visible ça et là, presqu'aussi vite disparu avec le magnifique ensoleillement du jour. Et la météo de prévoir un peu, beaucoup, passionnément et peut-être pas du tout de neige du milieu à la fin de cette semaine.IMG_7732.JPG

    Bref! Autant se fier à Mme Soleil ou à une boule de cristal pour savoir si la neige reviendra un jour dans nos contrées. Rien de bien grave en soi, la méteo n'est pas une science exacte et ses prévisions sont globalement bonnes. Alors pourquoi cette valse-hésitation à propos de la quantité de flocons qui tombera...ou pas?

    Est-ce que cela aurait à voir avec les enjeux économiques autour du bien nommé or blanc qui pousseraient nos météorologues à voir le ciel plus chargé de flocons qu'il ne l'est réellement? On ne saurait le croire, sans quoi cela s'apparenterait à de la propagande météorologique...

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