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  • « Militant infatigable » (1/4)

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    IMG_1039.jpgPremière partie de mon interview par Muriel Waeger, directrice romande de Pink Cross, publiée dans l’édition de juin 2020 du « Pink Mail », journal de l’association Pink Cross qui paraît 4 fois par an et se définit comme «magazine politique LGBT».  

    Didier Bonny est une personnalité incontournable dans le milieu LGBTI+ en Suisse romande. Militant infatigable depuis plus de 20 ans, il a été co-président de la Fédération genevoise des associations LGBT, président du Groupe sida Genève et il est même membre d’honneur de Lestime (association lesbienne et féministe de Genève). Il est co-président de la Fédération romande des associations LGBTIQ (1) depuis sa création en 2018. À côté de ses engagements pour la communauté, il est aussi père de trois enfants et engagé politiquement chez les Verts à Genève.

    Tu es une personne incontournable dans le militantisme LGBTI+ en Suisse romande. Qu’est-ce qui t’a motivé à t’engager pour les droits des personnes LGBTI+ ?

    Je me suis engagé très jeune en politique, le militantisme est quelque chose que j’ai dans la peau. J’aime donner mon avis, participer à la discussion, trouver des solutions, voire des compromis dans l’intérêt du plus grand nombre. Quand j’ai fait mon coming out à 34 ans, une étape difficile mais salutaire dans mon parcours personnel, c’était une évidence que j’allais mettre ma force militante au service des droits des personnes LGBTI+.

    Ainsi, tu as découvert à 34 ans que tu étais homosexuel. Comment ton coming out s’est-il passé ?

    On ne se réveille pas du jour au lendemain homosexuel. J’ai commencé à rassembler petit à petit toutes les pièces du puzzle durant les deux années qui ont précédé mon coming out. Evidemment, mon questionnement sur mon orientation sexuelle a créé un choc quand je l’ai partagé avec mon épouse. Mais une fois que j’ai pu lui en parler, les choses sont allées très vite puisqu’en six semaines j’ai fait mon coming out auprès de toute ma famille et de mon cercle d’ami.e.s. Je n’ai eu que des réactions positives. Par contre, chambouler ta vie, celle de ta femme et de tes enfants laissent forcément des traces…

    Quel conseil peux-tu donner aux autres papas qui découvrent leur homosexualité ?

    Difficile de donner un conseil, chaque situation de coming out étant différente d’une autre. Je pense toutefois, même si ça peut être compliqué, que ne pas cacher à ses enfants qui l’on est vraiment est la meilleure chose à faire sur le long terme.

    Qu’est-ce qui a été le plus important pour toi dans ce passage de ta vie ?

    Le plus important, ça a été bien sûr de vivre en accord avec qui je suis, mais aussi de trouver rapidement du soutien pour m’aider à me construire en tant qu’homosexuel. Ce soutien, je l’ai trouvé auprès de Dialogai. Au début des années 2000, l’association des gays de Genève était incontournable pour se rencontrer entre homosexuels et faire la connaissance des personnes qui militaient pour l’égalité des droits des personnes LGBT.

    A suivre.

    (1) Lesbiennes, Gays, Bisexuel.le.s, Trans*, Intersexes, Queer

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  • Du grand au petit écran : « Confident royal »

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    IMG_0987.jpgUne fois de plus, la réalité dépasse la fiction et fournit au cinéma une histoire qu'il n'aurait pas osé imaginer. En 1887, la Reine Victoria, en fin de règne, fait la connaissance d’un serviteur indien, Abdul Karim. Ce dernier, venu du « sous-continent » colonisé par les Britanniques pour remettre de manière folklorique un présent à la souveraine à l’occasion de son jubilé d’or pour ses 50 ans de règne, va rapidement côtoyer de très près la reine tombée sous son charme pour le plus grand désespoir de la Maison royale. 

    Sous ces airs plutôt légers, les situations comiques sont nombreuses, « Confident royal » aborde pourtant des thèmes qui sont toujours d’actualité sur les différences sociales, religieuses ou d’origine. Voir la monarque, au caractère bien trempé, adopter une attitude empreinte de compréhension et de tolérance face à Abdul le musulman est souvent jubilatoire. Il faut dire que contrairement à la Cour qui fait preuve d’hypocrisie à son égard, Abdul est la fraîcheur incarnée et prend la reine comme elle est et cherche avant tout à partager avec elle. 

    Ce duo, qui a construit une complicité hautement improbable dans la réalité, la reproduit à l’écran grâce au talent reconnu de Judi Dench, une fois encore remarquable, mais aussi à celui d’Ali Sazal qui rend crédible le fait que la reine Victoria soit tombée sous son charme. Les décors sont à la hauteur et les personnages qui les entourent, bien qu’un peu caricaturaux, plutôt convaincants dans leur couardise face à la reine quand il s’agit de tenter de lui faire comprendre que la présence d’Abdul est incongrue.

    Si l’on peut reprocher au film d’être un peu répétitif sur la longueur et de laisser sur sa faim le spectateur sur la suite de la vie d’Abdul après cet épisode « victorien », il convient de souligner que « Confident royal » allie divertissement et réflexion avec subtilité. Et c’est déjà beaucoup.

    Inédit. 4 étoiles. « Confident royal ». RTS 1, lundi 15 juin, 20h45.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • « De Gaulle » : pour mieux connaître l’homme (et 4 films à l’affiche)

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    IMG_0953.jpgEn mai 1940, il devient de plus en plus évident que l’armée française va devoir capituler devant une armée allemande bien plus forte qu’elle. Les Allemands sont aux portes de Paris et la panique gagne le gouvernement qui envisage, dans sa très grande majorité, d’accepter la défaite. Charles de Gaulle, récemment promu général et membre depuis peu de ce gouvernement, s’y oppose. Il est soutenu dans sa résistance par sa femme, Yvonne. Mais les événements de la guerre vont les séparer, à l’image de tant de familles jetées sur les routes de France pour échapper à l’ennemi.

    Quand le réalisateur Gabriel Le Bomin a commencé à réfléchir à un sujet de film sur le personnage historique du général de Gaulle, il a pris l’option de s’intéresser au « de Gaulle « illégitime » : l’homme de juin 1940 qui dit « non ». C’est sans doute le moment où il est le plus fragile, le plus intéressant donc le plus humain…Car sous tendu à ce projet, il y avait l’ambition d’accéder à l’intime. »

    C’est la raison pour laquelle le film met tout autant en avant les rôles de mari et de père de famille de Charles de Gaulle, avec notamment sa belle relation avec sa fille trisomique, que celui de résistant. Et c’est ce qui fait tout l’intérêt du film, à vrai dire. Les divers dangers auxquels Yvonne de Gaulle et ses trois enfants doivent faire face dans cette France de juin 40 qui se décompose sont pour le moins aussi passionnants, si ce n’est plus, que les événements politiques filmés d’une manière trop théâtrale et classique.

    Porté par un Lambert Wilson qui en fait juste ce qu’il faut pour être crédible dans le rôle du général et une Isabelle Carré très convaincante en épouse et mère qui affronte avec courage et détermination les différentes épreuves, le film se laisse voir sans ennui et permet d’en apprendre plus sur l’homme de Gaulle. (3 étoiles)

    Toujours à l’affiche

    4 étoiles. « Invisible Man ». Cecilia partage une vie aisée avec un brillant et riche scientifique au comportement très possessif. Ne supportant plus son attitude, elle s’enfuit en demandant de l’aide à sa sœur. Peu de temps après, son beau-frère lui apprend que son mari s’est suicidé. Il lui laisse une part de son immense fortune à condition qu’elle respecte certaines conditions, comme celle de ne pas enfreindre la loi, ce qui va devenir de plus en plus compliqué au fur et à mesure que Cecilia prend conscience qu’elle est harcelée par quelqu’un d’invisible et qui s’attaque à son entourage. Mais comment faire croire une chose pareille sans perdre la raison et passer pour une folle ? Le suspense est à son comble dès le début et, à l’exception d’un petit coup de mou après cette entrée en matière tonitruante, il ne se dément pas jusqu’à une fin qui est la synthèse de plusieurs scènes marquantes du film. Porté par Elisabeth Moss littéralement habitée par son rôle et par une mise en scène qui tient le spectateur en haleine en lui donnant des frissons, « Invisible Man » ravira par conséquent les fans de thriller fantastique avec une bonne dose d’épouvante.

    4 étoiles. « Judy » est un biopic sur Judy Garland qui s'intéresse tout particulièrement à l'année 1968 et à la série de concerts qu'elle a donnés pendant cinq semaines à Londres dans un cabaret très à la mode de l'époque. Trente ans après être devenue une star planétaire grâce au « Magicien d'Oz », Judy Garland est dans une mauvaise passe. Elle n'a pas d'autre choix que de quitter les Etats-Unis pour Londres afin de subvenir aux besoins de ses enfants. Mais cette séparation à contrecœur, ses échecs sentimentaux, sa dépendance à l'alcool et aux médicaments ainsi que son enfance sacrifiée pour Hollywood sont autant d'obstacles à surmonter pour briller sur scène. A la lecture de ce synopsis, on aura compris que « Judy » n'est pas une comédie musicale, genre dans lequel la star excellait, mais un drame qui raconte sa chute. Ce côté dramatique n'empêche toutefois pas le rire et la musique d'être présents. A ce propos, les performances scéniques et vocales de Renée Zellweger, Oscar de la meilleure actrice 2020, sont remarquables, comme d'ailleurs l'ensemble de son jeu. Si « Judy » n'est pas un film parfait, il y a quelques scènes redondantes et quelques baisses de rythme, il a, outre son actrice principale, une grande qualité : il laisse la place à l'émotion avec, notamment, dix dernières minutes d'une folle intensité qui vous laissent sans voix au moment du générique de fin.

    3 étoiles. « Dark Waters ». L’avocat Rob Bilott, qui a vécu une partie de son enfance dans cette région, est interpellé par un paysan dont les bêtes meurent les unes après les autres après avoir eu un comportement extrêmement agressif et présentant de graves anomalies physiques. L’avocat découvre assez rapidement que ce sont les rejets toxiques de l’usine du puissant groupe chimique DuPont, premier employeur de la région, qui sont les responsables de cette pollution mortelle. Mais pour le prouver, il va devoir affronter de nombreux obstacles qui vont mettre en péril sa carrière, sa vie de famille et sa santé. Film-enquête, qui se déroule sur près de deux décennies, sur un des plus gros scandales industriels et environnementaux de ces quarante dernières années, « Dark Waters » expose avec une grande précision et beaucoup de sérieux, les tenants et aboutissants de cette sordide affaire. A tel point que le film, après un début captivant et enlevé, prend des allures de documentaire, ce qui n’est pas sans conséquence sur son rythme qui connaît une nette baisse de régime dans sa deuxième partie. Mais malgré cette faiblesse, les questions que soulèvent le film, et notamment celle de la complexité du combat de la justice contre d’énormes intérêts financiers, ne laisseront personne indifférent.

    3 étoles. « Richard Jewell ». Le film est inspiré d'une histoire vraie. Le 27 juillet 1996, pendant les Jeux Olympiques d'Atlanta, un vigile du nom de Richard Jewell découvre un sac suspect dans un parc où ont lieu des concerts. Il donne aussitôt l'alarme et fait évacuer les lieux sauvant ainsi de nombreuses vies. Héros d'un jour, il devient pourtant trois jours plus tard le principal suspect de l'attentat aux yeux du FBI. Les deux points forts du film sont incontestablement de s'attacher, d'une part, au point de vue de Richard Jewell et de son évolution au fur et à mesure que les accusations se précisent à son encontre et, d'autre part, au duo qu'il forme avec son avocat. La relation entre les deux hommes au cours du film est remarquablement mise en scène et interprétée par Paul Walter Hauser et Sam Rockwell. On peut d'ailleurs y ajouter Kathy Bates, excellente dans le rôle de la mère de Richard Jewell, elle aussi fortement ébranlée par la folie médiatique et la chasse aux sorcières dont est victime son fils. Toutefois, et malgré toutes ces qualités, on reste un peu sur sa faim, car le film n'arrive pas suffisamment à susciter de l'empathie et de l'émotion pour son héros. Mais on saura gré à Clint Eastwood d'avoir réalisé un film tout en nuances sur cet Amérique prompte à célébrer ses héros un jour et à les vouer aux gémonies le lendemain.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas désagréable, mais pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Un OUI net à un mariage égalitaire

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    IMG_0972.JPGS’il n’y avait guère de doute sur le fait que le Conseil national se prononcerait jeudi matin en faveur du mariage civil pour toutes et tous, l’entrée en matière a d’ailleurs été votée par 152 voix contre 39 et 4 abstentions, la question de l’intégration de l’ouverture du don de sperme aux couples de femmes et la filiation automatique envers les parents d’un couple de même sexe dès la naissance de l’enfant était le véritable enjeu.

    Quelle bonne surprise dès lors de constater que les parlementaires se sont prononcés d’une manière claire et nette en faveur d’un mariage égalitaire par 132 voix contre 52 et 13 abstentions. Une magnifique victoire pour les personnes favorables à l’égalité des droits pour toutes et tous, la variante égalitaire étant la seule à même de mettre sur un réel pied d’égalité les couples de sexe opposé et les couples de même sexe.

    En effet, les couples de même sexe ont les mêmes devoirs que les couples de sexe opposé, et, de ce fait, doivent avoir les mêmes droits. Le Conseil national, dans sa très grande majorité, l’a bien compris. Reste donc à présent à convaincre le Conseil des Etats de lui emboîter le pas lors de la session du mois de septembre. Mais en attendant, ne boudons pas notre plaisir de voir la Suisse faire aujourd’hui un pas important en direction de ses minorités !

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  • Jour J pour l’égalité des droits ?

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    Ils/Elles se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. Cette phrase de conte de fées servira-t-elle d’heureuse conclusion au débat du Conseil national sur l’initiative parlementaire « Mariage civil pour tous » ?

    IMG_5233.jpgCelles et ceux qui suivent avec une (très) grande patience les péripéties concernant cette initiative, déposée il y a près de sept ans (!), se souviennent que la semaine dernière les débats avaient été interrompus par manque de temps avant le vote final. Heureusement, ce point crucial pour l’avancée de l’égalité des droits pour toutes et tous, déjà renvoyé en mars en raison de la crise sanitaire, a été remis à l’ordre du jour de ce jeudi matin.

    S’il n’y a guère de doute sur le fait que le Conseil national se prononcera en faveur du mariage civil pour toutes et tous, la question de l’intégration de l’ouverture du don de sperme aux couples de femmes et la filiation automatique envers les parents d’un couple de même sexe dès la naissance de l’enfant est le véritable enjeu. Les parlementaires se prononceront-ils/elles en faveur d’un mariage égalitaire ou non ? 

    Pour les personnes favorables à l’égalité des droits pour toutes et tous, il est évident que seule une variante égalitaire, en une seule étape, permettra de mettre sur un réel pied d’égalité les couples de sexe opposé et les couples de même sexe.

    Les droits ne se découpent pas en tranches !

    Les couples de même sexe ont les mêmes devoirs que les couples de sexe opposé, et, de ce fait, doivent avoir les mêmes droits. Le Conseil national, si l’on en croit les déclarations faites par les partis mercredi dernier lors de l’entrée en matière, devrait aller dans ce sens. Et si tel est bien le cas, il faudra alors convaincre le Conseil des Etats en septembre d’en faire de même, ce qui ne sera pas facile. Mais une étape après l’autre !

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