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  • « Police » : quatre acteurs formidables (et 7 films à l’affiche)

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    IMG_1915.jpgAdapté du roman éponyme d’Hugo Boris paru en 2016, « Police » met en scène Virginie, Aristide et Erik, policière et policiers de leur état, qui vont être confrontés, au cours d’une mission pour laquelle ils n’ont pas été formés, à leur propre vérité. Anne Fontaine, la réalisatrice, explique à ce propos : « J’ai eu envie de suivre leur cheminement intérieur, partager leurs questionnements. Comment réagirait-on à leur place si on nous ordonnait de renvoyer un demandeur d’asile dans son pays ? Comme le lecteur du roman, le spectateur devait pouvoir naviguer avec ses propres interrogations sur la transgression, la désobéissance. »

    Le cas de conscience concernant le renvoi du requérant d’asile, qui va créer de fortes tensions entre les trois collègues dans une sorte de huis-clos à haute tension dans une voiture, n’occupe toutefois que la seconde partie du film. Mais si la première partie se concentre sur les histoires personnelles de Virginie, Aristide et Erik et montre différentes interventions humainement complexes dans lesquelles ils sont impliqués, elle n’est bien évidemment pas sans lien avec ce qui va se passer par la suite. Cette première partie est en effet essentiel pour comprendre les réactions que chaque protagoniste va avoir face au demandeur d’asile.

    Si « Police » n’évite pas quelques longueurs, survole par moment son sujet en ayant recours à des facilités scénaristiques et laisse sur sa faim avec une conclusion qui n’en est pas vraiment une, il a tout de même de nombreuses qualités.

    C’est ainsi que la mise en scène est à la hauteur, avec notamment plusieurs scènes qui sont tournées sous trois angles différents et qui permettent d’avoir le point de vue de chacun en fonction de là où il se trouve.  Le choix de filmer le plus souvent les personnages en gros plan leur donne par ailleurs une grande crédibilité. Crédibilité renforcée par quatre acteurs qui sont formidables. Le duo composé de Virginie Efira et d’Omar Sya a un charme fou. Grégory Gadebois incarne à merveille le flic qui s’accroche désespérément aux règles pour ne pas sombrer définitivement. Quant à Payman Maadi, dans un rôle quasi muet, il exprime magnifiquement la douleur de celui qui n’a pas d’autre choix que de subir. Au final, un film pas complètement abouti, mais qui vaut tout de même la peine d’être vu. (3 étoiles)

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  • COVID-19 : où est la cohérence ?

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    IMG_1924.jpgLa situation dans laquelle se trouve notre pays, avec cette crise sanitaire qui n’en finit pas, est compliquée à gérer pour nos autorités. Entre intérêts économiques et préoccupations sanitaires, le pilotage à vue semble de mise. L’inscription cette semaine sur la liste rouge de certaines régions de France, et pas du pays dans son ensemble, en est une preuve évidente.

    Mais ce n’est qu’un exemple parmi d’autres de l’incohérence qui règne actuellement en matière de mesures liées au COVID-19. Ainsi, passer ses vacances dans le canton de Vaud (151 cas par 100 000 habitants, record suisse) ne coïncide pas avec quarantaine à son retour. Par contre, se rendre à Paris, où l’incidence est pratiquement la même (144 cas par 100 000 habitants), signifie devoir rester dix jours en quarantaine à son retour.

    Et puis, en vivant dans le canton de Genève, où l’incidence est de 117 cas par 100 000 habitants soit deux fois plus que la norme acceptable par la Confédération pour ne pas être mis en quarantaine à son retour d’un pays sur liste rouge, tout va bien. Toutefois, si on suivait la logique jusqu’au bout, toute la population genevoise devrait être mise en quarantaine pendant dix jours…On comprend bien les raisons pour lesquelles ce scénario n’est pas envisageable d’un point de vue économique. Et ce d’autant plus que nos autorités n’arrêtent pas de répéter qu’en gardant ses distances, en portant un masque et en se lavant les mains régulièrement, il y a peu de risques d'attraper le virus.

    Mais alors pour quelle raison mettre en quarantaine d’office les personnes qui reviennent de pays sur liste rouge alors que plusieurs cantons de Suisse devraient l'être également (Vaud, Fribourg, Genève et Zürich) ? Ne suffirait-il pas qu’elles gardent leurs distances, qu’elles portent le masque et se lavent les mains régulièrement ?  Il est difficile de trouver de la cohérence dans toutes ces mesures. Et il ne faut dès lors pas s’étonner que la population se pose de plus en plus de questions à son sujet.

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  • « Tenet » : un exercice de style vide de sens (et 6 films à l’affiche)

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    IMG_1868.jpgAttendu comme le Messie pour faire revenir du monde dans les salles de cinéma, le dernier film de Christopher Nolan (« Dunkerque », « Inception », « Interstellar », notamment) tient ses promesses en matière de « pur » cinéma : c’est spectaculaire et remarquablement mis en scène. Mais cela ne suffit pas à faire un bon film.

    Pour sauver le monde, le « protagoniste » doit se battre contre un méchant sans foi ni loi qui a comme seul objectif de détruire la planète. Pour avoir une chance d’accomplir sa mission, il devra se projeter dans une dimension qui dépasse le temps. Pourtant, il ne s’agit pas d’un voyage dans le temps, mais d’un renversement temporel.

    Ce concept du temps inversé donne à « Tenet » son originalité, car pour le reste il n’a rien à envier à un James Bond, l’humour en moins et la prise de tête en plus. Cette inversion du temps montre en effet ses limites. Elle tourne finalement à l’exercice de style, souligné par une musique assourdissante. « Tenet » abandonne en route ses personnages et surtout le spectateur qui après s’être accroché tant bien que mal à cette histoire indigeste, trop bavarde et longue (2h30) finit par lâcher prise se contentant d’assister à des scènes certes spectaculaires, mais vides de sens et sans aucune émotion. (1 étoile)

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  • Du grand au petit écran : « Loving », un amour de film

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    IMG_1884.jpgRichard et Mildred Loving, les biens nommés, s’aiment et souhaitent se marier. Mais en 1958 dans l’Etat de Virginie, c’est interdit quand les futurs époux ne sont pas de la même race. Qu’à cela ne tienne, d’autres Etats l’autorisent. Sauf que de retour en Virginie, ce mariage n’a plus aucune valeur et vivre ensemble sous un même toit est un crime qui conduit tout droit en prison.

    « Loving » raconte sur une décennie l’histoire vraie de ce couple qui a, presque malgré lui, fait avancer d’un grand pas les droits humains aux Etats-Unis. Le film se concentre principalement sur l’histoire d’amour entre Richard et Mildred Loving, l’aspect judiciaire étant une conséquence de cet amour qu’ils ne peuvent pas vivre librement.

    Le film est du coup moins spectaculaire et démonstratif qu’il aurait pu l’être, mais il permet de pénétrer avec une grande sensibilité et tendresse dans l’intimité du couple Loving et de ses trois enfants. Le rythme relativement lent du film ne rime absolument pas avec ennui, d’une part parce que la tension est toujours palpable et, d’autre part, parce que la mise en scène et le jeu des acteurs dégagent une formidable finesse.

    « Loving » est un beau film, au sens propre et figuré, qui de manière subtile, simple et émouvante, mais sans pathos, met en scène cette histoire d’amour qui a marqué la lutte contre les inégalités raciales et des droits civiques aux Etats-Unis.

    Inédit. 4 étoiles. « Loving ». RTS 1, jeudi 10 septembre, 23h40.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • NON à un vote la tête dans le sac!

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    Un chèque en blanc de 6 milliards, voilà la proposition soumise par le Conseil fédéral en votation le 27 septembre pour la sécurité aérienne du ciel helvétique. On ne connaît ni le nombre d’avions, ni le type et encore moins le nom du constructeur et son pays d’origine. Rappelons qu’en 2014, la population avait refusé l’achat de 22 avions de type Gripen pour la moitié de cette somme !

    Le Conseil fédéral demande donc au peuple suisse de lui faire confiance, de voter la tête dans le sac et sans répondre à des questions, liste non exhaustive, pourtant essentielles :

    Quid des frais d’exploitation, d’entretien et de la modernisation des avions, qui s’ajouteraient à leur achat, et qui se monteraient au bout du compte à 24 milliards de francs ?

    Quid de l’utilité de ces avions alors qu’on pourrait prolonger l’engagement des F/A-18 jusqu’en 2035 et par la suite investir dans des avions légers bien moins chers que les modèles proposés ?

    Quid de la crise sanitaire que nous vivons et qui devraient redéfinir les priorités en termes de dépenses publiques ?

    Quid de la transition écologique (les forces aériennes suisses utilisent entre 40 et 45 millions de litres de carburant par année, les émissions de CO2 d’un F/A 18 s’élèvent à 12200 kg par heure de vol, à titre de comparaison un voyage en train Zürich-Paris émet 16kg de CO2 par personne) et des efforts qui sont demandés à toute la population pour la réussir si l’on veut encore pouvoir à l’avenir respirer correctement ?

    Trop de questions sans réponses ne peuvent logiquement que déboucher sur un refus d’acheter les yeux bandés ces nouveaux avions de combat !

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