Air du temps

  • COVID-19 : où est la cohérence ?

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    IMG_1924.jpgLa situation dans laquelle se trouve notre pays, avec cette crise sanitaire qui n’en finit pas, est compliquée à gérer pour nos autorités. Entre intérêts économiques et préoccupations sanitaires, le pilotage à vue semble de mise. L’inscription cette semaine sur la liste rouge de certaines régions de France, et pas du pays dans son ensemble, en est une preuve évidente.

    Mais ce n’est qu’un exemple parmi d’autres de l’incohérence qui règne actuellement en matière de mesures liées au COVID-19. Ainsi, passer ses vacances dans le canton de Vaud (151 cas par 100 000 habitants, record suisse) ne coïncide pas avec quarantaine à son retour. Par contre, se rendre à Paris, où l’incidence est pratiquement la même (144 cas par 100 000 habitants), signifie devoir rester dix jours en quarantaine à son retour.

    Et puis, en vivant dans le canton de Genève, où l’incidence est de 117 cas par 100 000 habitants soit deux fois plus que la norme acceptable par la Confédération pour ne pas être mis en quarantaine à son retour d’un pays sur liste rouge, tout va bien. Toutefois, si on suivait la logique jusqu’au bout, toute la population genevoise devrait être mise en quarantaine pendant dix jours…On comprend bien les raisons pour lesquelles ce scénario n’est pas envisageable d’un point de vue économique. Et ce d’autant plus que nos autorités n’arrêtent pas de répéter qu’en gardant ses distances, en portant un masque et en se lavant les mains régulièrement, il y a peu de risques d'attraper le virus.

    Mais alors pour quelle raison mettre en quarantaine d’office les personnes qui reviennent de pays sur liste rouge alors que plusieurs cantons de Suisse devraient l'être également (Vaud, Fribourg, Genève et Zürich) ? Ne suffirait-il pas qu’elles gardent leurs distances, qu’elles portent le masque et se lavent les mains régulièrement ?  Il est difficile de trouver de la cohérence dans toutes ces mesures. Et il ne faut dès lors pas s’étonner que la population se pose de plus en plus de questions à son sujet.

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  • NON à un vote la tête dans le sac!

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    Un chèque en blanc de 6 milliards, voilà la proposition soumise par le Conseil fédéral en votation le 27 septembre pour la sécurité aérienne du ciel helvétique. On ne connaît ni le nombre d’avions, ni le type et encore moins le nom du constructeur et son pays d’origine. Rappelons qu’en 2014, la population avait refusé l’achat de 22 avions de type Gripen pour la moitié de cette somme !

    Le Conseil fédéral demande donc au peuple suisse de lui faire confiance, de voter la tête dans le sac et sans répondre à des questions, liste non exhaustive, pourtant essentielles :

    Quid des frais d’exploitation, d’entretien et de la modernisation des avions, qui s’ajouteraient à leur achat, et qui se monteraient au bout du compte à 24 milliards de francs ?

    Quid de l’utilité de ces avions alors qu’on pourrait prolonger l’engagement des F/A-18 jusqu’en 2035 et par la suite investir dans des avions légers bien moins chers que les modèles proposés ?

    Quid de la crise sanitaire que nous vivons et qui devraient redéfinir les priorités en termes de dépenses publiques ?

    Quid de la transition écologique (les forces aériennes suisses utilisent entre 40 et 45 millions de litres de carburant par année, les émissions de CO2 d’un F/A 18 s’élèvent à 12200 kg par heure de vol, à titre de comparaison un voyage en train Zürich-Paris émet 16kg de CO2 par personne) et des efforts qui sont demandés à toute la population pour la réussir si l’on veut encore pouvoir à l’avenir respirer correctement ?

    Trop de questions sans réponses ne peuvent logiquement que déboucher sur un refus d’acheter les yeux bandés ces nouveaux avions de combat !

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  • Patienter, encore et toujours

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    Grande déception mardi dernier en apprenant que la Commission des affaires juridiques du Conseil des États reportait la décision sur le mariage civil pour toutes et tous suite à la décision de sa majorité de procéder à des auditions. Certes, c’est son droit.

    Mais quand on sait que l’initiative parlementaire date de 2013, que la Commission des affaires juridiques du Conseil national a dès lors eu tout le temps, c’est un euphémisme, de se pencher dans le détail sur le sujet et que le Conseil national a voté en juin dernier de manière claire et nette en faveur d’un mariage égalitaire par 132 voix contre 52 et 13 abstentions, on ne peut s’empêcher de penser que la Commission fait de la résistance.

    Les plus optimistes penseront que cet énième report, le vote final au Conseil des Etats devrait intervenir en décembre alors que sans ces demandes d’audition il aurait eu lieu en septembre, permettra de « bétonner » la position du Conseil des Etats.

    Ce dernier se ralliera alors à un mariage égalitaire avec l’ouverture du don de sperme aux couples de femmes et la filiation automatique envers les parents d’un couple de même sexe dès la naissance de l’enfant. Peut-être. Mais en attendant, les partisans de l’égalité des droits pour toutes et tous devront patienter. Encore et toujours.

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  • Cynisme absolu

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    Le MCG et l’UDC ont donc lancé leur « campagne » référendaire contre la loi votée par le Grand Conseil (partis de gauche et PDC) visant à indemniser les travailleuses et travailleurs n’ayant pas bénéficié d’aides publiques pendant les deux mois de semi-confinement. Ce ne sont donc pas que les clandestins et les travailleuses et travailleurs au noir qui sont concernés par cette aide. 

    Pourtant, pour justifier ce qui a pour conséquence de précariser encore plus des personnes qui le sont déjà largement (le MCG et l’UDC ont-ils déjà oublié les distributions de nourriture aux Vernets?), ces deux partis mettent en avant leur lutte contre le travail au noir. 
     
    Certes, celui-ci est un fléau et il est du devoir de l’Etat de renforcer les contrôles pour qu’il disparaisse. Mais lutter contre en lançant un référendum sur cette loi, c’est se tromper de cible. Cela revient en effet à s’attaquer en premier lieu à celles et ceux qui en sont les premières victimes, en entraînant qui plus est d’autres personnes au statut légal.
     
    Ces deux partis, en prétendant faire de ce référendum une question de principe, n’hésitent donc pas à mettre encore un peu plus la tête sous l’eau à une partie de la population genevoise déjà en grande difficulté. Et font ainsi preuve d’un cynisme absolu. À pleurer.
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  • « Militant infatigable » (4/4)

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    IMG_1099.jpgDernière partie de mon interview par Muriel Waeger, directrice romande de Pink Cross, publiée dans l’édition de juin 2020 du « Pink Mail », journal de l’association Pink Cross qui paraît 4 fois par an et se définit comme « magazine politique LGBT ». (1)

    Tu es membre d’honneur de Lestime (association lesbienne et féministe de Genève). Comment cela se fait-il ? Pourquoi les thématiques féministes te tiennent-elles à cœur ?

    Quand j’ai commencé à militer au sein de la communauté LGBT au début des années 2000, j’ai été surpris de constater qu’il y avait une certaine méfiance entre les gays et les lesbiennes. Je n’étais à cette époque guère au courant des luttes féministes. De plus, je pratiquais un métier « féminin » : j’étais le seul homme de ma volée sur 34 à avoir choisi d’enseigner aux enfants de 4 à 8 ans. C’était donc une évidence pour moi de militer avec des femmes et de tirer à la même corde pour obtenir l’égalité des droits pour toutes et tous. Aujourd’hui encore dans notre société qui a de la peine à se défaire de tous ces siècles de patriarcat, les femmes doivent se battre pour avoir les mêmes droits que les hommes. Il y a donc une convergence certaine entre les luttes féministes et les revendications de la communauté LGBTI+. L’organisation de la Pride 2004 a été très fédératrice pour rapprocher les lesbiennes et les gays. Cet élan a été poursuivi lors de la campagne pour le partenariat en 2005 et a finalement débouché sur la création de la Fédération genevoise des associations LGBT en 2008. En tant que conseiller municipal de la Ville de Genève, je me suis aussi battu, avec d’autres bien sûr, pour les subventions aux associations LGBT genevoises. Bref ! Tous ces éléments ont fait qu’il y a trois ans, Lestime m’a accordé, nous ne sommes que trois hommes dans ce cas, le statut de membre d’honneur de l’association dont je suis très fier !

    Tu as donc été enseignant, puis directeur d’école. Est-ce que tu penses que les écoles font un meilleur travail de sensibilisation aujourd’hui que quand tu étais enfant ?

    Je connais bien la situation à Genève. Il est évident que depuis une dizaine d’années, grâce à un partenariat entre l’Etat de Genève et la Fédération genevoise des associations LGBT, la sensibilisation aux questions LGBT dans les écoles a fait un pas de géant, puisqu’auparavant il n’y avait rien, ou presque. Malgré ces indéniables progrès, cette sensibilisation est encore trop tributaire du bon vouloir des directions d’école, certaines étant frileuses à l’idée d’aborder la question de l’homosexualité et de la transidentité.

    Que faut-il encore changer dans l’enseignement pour que les personnes LGBTI+ puissent avoir une adolescence comme les autres ?

    Il faut que les directions d’établissement et le personnel enseignant soient formés sur les questions LGBTI+ et qu’elles aient une place obligatoire dans les programmes d’enseignement. Pour lutter contre les discriminations quelles qu’elles soient, l’éducation est primordiale !

    Qu’est-ce qui doit encore changer en Suisse pour que tu puisses arrêter de lutter pour les causes LGBTI+ ?

    Le grand changement que j’attends avec impatience est l’introduction du mariage civil égalitaire pour toutes et tous. Non pas parce que je suis un fan du mariage, mais parce que ce serait symboliquement très fort pour l’égalité des droits pour toutes et tous en Suisse. Une fois cette étape passée, il est probable que je lève un peu le pied. Mais je pense toutefois que tant que j’en aurai l’énergie, je continuerai à lutter pour les causes LGBTI+, qui vont bien au-delà du mariage, d’une manière ou d’une autre. Militant un jour, militant toujours (rires) !

    (1) Pour les trois premières parties, c’est ici :

    https://independance.blog.tdg.ch/archive/2020/06/14/militant-infatigable-1-4-307019.html

    https://independance.blog.tdg.ch/archive/2020/06/21/militant-infatigable-2-4-307152.html

    https://independance.blog.tdg.ch/archive/2020/06/27/militant-infatigable-3-4-307266.html

     

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