Air du temps - Page 2

  • C’est OUI !

    Imprimer

    1.jpgOn sait qu’en Suisse, il faut souvent beaucoup de patience pour que les lois s’adaptent à l’évolution de la société. Et tel a été le cas avec le mariage civil pour toutes et tous puisqu’il a fallu pas moins de 7 ans pour que le Parlement donne suite à une initiative parlementaire qui allait dans ce sens ! C’est chose faite aujourd’hui, les deux Chambres ayant approuvé la loi lors du vote final. Le 18 décembre 2020 est donc à marquer d’une pierre blanche dans l’Histoire de l’avancée de l’égalité des droits pour toutes et tous. 

    Alors, certes, tout n’est pas parfait puisque le mariage n’est pas totalement égalitaire, comme le souligne dans un communiqué de presse la Fédération genevoise des associations LGBT : « Les enfants conçus au sein d’un couple lesbien via une PMA à l’étranger ou via un don de sperme privé ne seront pas protégés dès la naissance envers leurs deux mères via la filiation automatique, contrairement aux couples de sexe opposé mariés. Une demande d’adoption de l’enfant par la mère non-statutaire devra être faite, après 3 ans de vie commune des deux mères et une année de vie avec le bébé, période durant laquelle les droits de l’enfant envers sa mère non-statutaire ne sont pas protégés en cas de séparation ou de décès notamment. »

    Et puis, il faudra très certainement que le peuple vote, un référendum étant d’ores et déjà annoncé. Et quand bien même l’issue du vote ne fait guère de doute, il faudra affronter cette homophobie plus ou moins latente au sein d’une partie de la population alors que l’introduction du mariage civil pour toutes et tous n’enlève aucun droit à qui que ce soit ! Mais c’est peut-être de la musique d’avenir, car il ne sera pas si facile aux référendaires de récolter 50 000 signatures en 100 jours. Mais en attendant savourons cette belle avancée pour l’égalité des droits pour toutes et tous en Suisse !

    Lien permanent Catégories : Air du temps 1 commentaire
  • Bientôt la fin d’une si longue attente

    Imprimer

    IMG_2373.jpgLe vote sur le mariage civil pour toutes et tous est à bout touchant et avec lui la fin programmée du partenariat enregistré, cette union réservée uniquement aux personnes homosexuelles qui ne respecte pas l’égalité des droits et crée des citoyennes et des citoyens de seconde zone, ce qui n’est pas admissible dans une démocratie. 

    Le 9 décembre, le Conseil national devrait voter le projet retenu par le Conseil des Etats le 1er décembre, puisque sa commission des affaires juridiques s’y est ralliée lors de sa séance du 3 décembre, acceptant ainsi la divergence entre le projet voté par le Conseil national en juin et celui voté par le Conseil des Etats. 

    La divergence concerne la reconnaissance de l’enfant par la mère sociale qui ne sera possible que si l’enfant est conçu via une banque de sperme suisse officielle, garantissant ainsi le droit à l’enfant de connaître ses origines. Pour toutes les autres formes d’insémination (privées ou à l’étranger), la mère sociale devra adopter son enfant, condition qui n’existait pas dans le projet voté par le Conseil national. Ce dernier suivra très certainement sa commission des affaires juridiques. Il se ralliera donc à la proposition du Conseil des Etats, car il ne prendra pas le risque de tout faire capoter après 7 longues années de travaux parlementaires. 

    En effet, le vote positif de la traditionnellement (très) conservatrice Chambre des cantons, malgré cette divergence et sans devoir passer par un changement constitutionnel (résultat du vote 22 contre 20…), relève presque du miracle. Il ne restera dès lors plus qu’à procéder aux votes finaux des deux Chambres qui aura lieu à la fin de la session, soit le vendredi 18 décembre.

    Et le mariage civil pour toutes et tous sera enfin une réalité dans notre pays ! 

    Il faudra toutefois très certainement encore patienter avant que les premiers mariages soient célébrés, car l’UDF a déjà annoncé le lancement d’un référendum. Si les 50 000 signatures sont récoltées, la question sera alors soumise au peuple suisse probablement au cours de l’automne 2021 avec de très fortes chances qu’il dise OUI, ce qui est bien naturel quand on parle de mariage ! 

    Les derniers sondages ont montré que l’évolution des mentalités dans toute la population ces dix dernières années en Suisse, la « nouvelle génération » dans sa grande majorité ne comprend même pas que le mariage civil pour toutes et tous soit encore un sujet de discussion en 2020, ne fait guère de doute sur l’issue du vote. Il faudra donc attendre très vraisemblablement 2022 avant que le mariage civil pour toutes et tous soit possible. Mais après une si longue attente, ça paraît presque demain !

    Lien permanent Catégories : Air du temps 5 commentaires
  • Mariage civil pour toutes et tous : on y est presque !

    Imprimer

    IMG_5233.jpgAprès le vote très net du Conseil national en juin dernier pour ouvrir le mariage aux couples de même sexe au moyen d’une modification de la loi en y incluant le don de sperme pour les couples lesbiens, c’était au tour de la commission des affaires juridiques du Conseil des Etats de se pencher sur la question.

    Mais avant de se prononcer sur le fond, une majorité de la commission avait souhaité savoir si cette modification pouvait se faire sans changer la Constitution. Question ô combien importante, car en cas de référendum, ce qui est plus que probable, il faudrait en cas de changement de la Constitution la majorité du peuple et des cantons.

    Par une toute petite voix d’écart (7 contre 6), la Commission des affaires juridiques du Conseil des États a considéré que l’introduction du mariage civil pour toutes et tous dans la législation ne nécessitait pas de modification de la Constitution. La majorité de la commission a souligné que l’ouverture du droit au mariage aux couples de même sexe dans la loi n’entravait en rien l’accès au mariage prévu dans la Constitution ainsi que la portée et les effets du mariage pour les couples hétérosexuels. C’est ce que rappelle depuis des années les associations homosexuelles, à savoir que le mariage civil pour toutes et tous n’enlèvera aucun droit à qui que ce soit !

    Concernant le don de sperme, la commission est également entrée en matière, par 8 voix contre 1 et 3 abstentions, en se prononçant toutefois pour une réglementation plus précise et différenciée de l’accès au don de sperme pour les couples lesbiens et de ses conséquences sur le lien de filiation, par rapport à la version du Conseil national. Le comité national « Mariage civil pour toutes et tous » a précisé dans un communiqué de presse qu’il analyserait les modifications proposées par la commission dans les jours à venir.

    Cette nouvelle victoire d’étape sur ce très long chemin parlementaire du mariage civil pour toutes et tous, entamé il y a plus de sept ans (!), devrait conduire le Conseil des Etats à suivre la majorité de sa commission et donc à adopter, enfin, cette loi synonyme d’un nouveau pas en direction de l’égalité des droits pour toutes et tous. Egalité devant le mariage qui est soutenue par une large majorité de la population puisqu’un sondage paru cette semaine nous apprend que 82% des personnes interrogées sont en faveur de l'ouverture du mariage, 72% veulent permettre l'adoption et 70% sont en faveur du don de sperme pour les couples de femmes.

    Suite et fin, on ose à peine y croire, lors de la session d’hiver des Chambres fédérales.

    Lien permanent Catégories : Air du temps 0 commentaire
  • Réponse à ma question: Sept c’est assez, dix c’est trop?

    Imprimer

    Réponse du 28 octobre du Conseil d’Etat à ma question écrite urgente sur la durée de la quarantaine.

    Mesdames et Messieurs les députés,

    En date du 2 octobre 2020, le Grand Conseil a renvoyé au Conseil d’Etat une question écrite urgente qui a la teneur suivante :

     En cas de « contact à haut risque » avec une personne infectée par la COVID-19, les personnes concernées sont en principe mises en quarantaine pour dix jours. En principe, car il y a des exceptions.

    C’est ainsi que les HUG s’appuient dorénavant sur une dérogation fédérale, qui permet d’alléger la quarantaine pour les personnes asymptomatiques revenant d’un pays classé en zone rouge ou ayant côtoyé un.e malade si leur activité est considérée comme essentielle au bon fonctionnement de l’Etat, pour éviter à leurs collaboratrices et collaborateurs la case « quarantaine ».

    Outre le fait qu’il est difficile d’estimer qui est essentiel ou non au bon fonctionnement de l’Etat, cette dérogation crée une confusion supplémentaire dans les esprits concernant les mesures prises pour lutter contre le virus et donne la désagréable impression que ces dernières sont à géométrie variable.

    En effet, ladite dérogation crée une inégalité de traitement entre les habitantes et les habitants du canton qui ne comprennent plus rien. Entre une quarantaine de dix jours et une autre à zéro, on pourrait pourtant imaginer un moyen terme qui serait à même d’apporter une certaine sérénité sur cette question : passer à une quarantaine de sept jours au lieu de dix.

    Le Conseiller d’Etat en charge de la santé, Mauro Poggia, se montre d’ailleurs en faveur de cette solution. Il a déclaré dans la Tribune de Genève du 29 septembre à propos d’une quarantaine ramenée à sept jours que « des éléments médicaux résultant de l’observation de ces derniers mois nous permettent de considérer que le risque de voir une positivité apparaître après sept jours pour les personnes en quarantaine après un contact étroit est réduit à 0.5%. C’est un risque que l’on doit pouvoir prendre socialement. » A noter que la France et la Belgique ont décidé récemment de ramener la quarantaine à sept jours en se basant sur l’expertise des scientifiques et que la task force fédérale COVID-19 en discute actuellement.

    Compte tenu des explications qui précèdent, ma question au Conseil d’Etat, que je remercie par avance pour sa réponse, est toute simple :

    Le Conseil d’Etat envisage-t-il pour les quarantaines imposées aux contacts étroits, les quarantaines de retour d'un pays à risque étant de la compétence fédérale, de ramener prochainement le délai de dix à sept jours ?

    RÉPONSE DU CONSEIL D’ÉTAT

    Les éléments épidémiologiques chiffrés disponibles pour le canton de Genève montrent qu'une quarantaine plus courte, soit de 7 jours plutôt que de 10 jours, n'entraînerait qu'une faible augmentation du risque de contamination, même si en période de très forte circulation virale c'est un risque qu'il faut considérer avec grande attention. En effet, le nombre d'hospitalisations augmente rapidement depuis début octobre.

    Une quarantaine trop longue, cependant, a aussi pour défaut de dissuader les voyageurs de retour de pays à risque de s'annoncer et les personnes ayant été en contact avec une personne infectée de se conformer à la mesure. En conséquence, le fait de réduire la durée de la quarantaine permettrait de maintenir l'effet protecteur de la mesure, tout en augmentant son acceptabilité pour les personnes concernées.

    Les directives fédérales continuant à préconiser des quarantaines de 10 jours pour les voyageurs de retour de pays à risque, les cantons latins ont interpellé la Confédération pour que la durée des quarantaines, celle pour les voyageurs comme celle pour les contacts étroits soit révisée de manière synchrone.

    Au bénéfice de ces explications, le Conseil d’Etat vous invite, Mesdames et Messieurs les Députés, à prendre acte de la présente réponse.

    Lien permanent Catégories : Air du temps 0 commentaire
  • COVID-19 : une prise de conscience bien tardive

    Imprimer

    Quand je suis tombé malade, il y a dix jours, je me suis d’abord dit que c’était un simple refroidissement, comme j’en ai eu tellement de fois. Pour me conforter dans mon opinion, je me suis dit que j’avais fait attention aux gestes barrière, que je ne m’étais jamais autant lavé et désinfecté les mains de ma vie et que j’avais porté le masque là où il le fallait. Et je ne parle même pas de mes déplacements qui se font à vélo ou à pied. Malgré toutes ces précautions, ce foutu virus m’a rattrapé, comme tant d’autres. Heureusement, mes symptômes n’ont pas été plus graves que ceux d’une grosse crève. Mais il aurait pu en être autrement.

    Quand on a attrapé le (la) COVID-19, la perception qu’on en a devient très différente. Il y a un sentiment de culpabilité qui vous assaille : qu’ai-je fait pour l’attraper ? à qui ai-je bien pu le donner ? quelqu’un pourrait-il être gravement malade à cause de moi ? Pensées totalement irrationnelles, puisque vous ne vous êtes pas donné le virus à vous-même. Il n’empêche. C’est un sentiment très désagréable.

    Quand on a attrapé le (la) COVID-19, on a de la peine à comprendre les raisons pour lesquelles nos autorités fédérales mettent tant de temps pour prendre de vraies mesures, et non pas des mesurettes, comme celles annoncées lors de la pitoyable conférence de presse du Conseil fédéral de dimanche dernier. Heureusement, les cantons romands ont redressé la barre cette semaine, mais probablement pas suffisamment. Il aurait fallu avoir le courage de tout fermer pendant deux semaines, à l’image du Pays de Galles. La situation en Suisse est très grave. La santé de la population et de celles et ceux qui travaillent dans le monde médical doit primer. Le Conseil fédéral va finir par s'en rendre compte, mais ce sera bien tard.

    Lien permanent Catégories : Air du temps 5 commentaires