Air du temps - Page 5

  • Lutte contre l'homophobie: Genève précurseur

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    05D8BA9B-7F97-4FD0-AA42-1BD994BBF1CE.jpegLe 9 février, le peuple suisse est appelé à se prononcer sur l'extension de la norme pénale antiraciste aux actes homopobes suite à l'initiative parlementaire déposée par le Conseiller national Mathias Reynard en 2013.

    Cette initiative du parlementaire valaisan a été précédée cinq ans auparavant d'une résolution du Grand Conseil genevois à l'intention de l'Assemblée fédérale (R 563 du 20 mai 2008 initiée par Pablo Garcia et moi-même) qui demandait, d'une part, de modifier l'article 8, alinéa 2, de la Constitution fédérale en ajoutant l'orientation sexuelle à la liste des discriminations et, d'autre part, à modifier l'article 261bis du Code pénal suisse en y incluant l'orientation sexuelle, soit l'objet du vote du 9 février.

    Cette résolution a fait l'objet d'un rapport qui a été débattu au Grand Conseil…cinq ans plus tard (22 février 2013). Le texte a été accepté à une très large majorité par les député.e.s et donc envoyé à l'Assemblée fédérale.

    Le Conseil des Etats a étudié la résolution le 23 septembre 2014 et la refusée. Le Conseil national l'a fait le 11 mars 2015 et l'a acceptée. Il y avait donc divergence entre les deux chambres. La résolution a au bout du processus législatif été refusée au profit de l'initiative parlementaire de Mathias Reynard qui ne demande pas un changement de la Constitution et donc la validation par le peuple et le canton pour être acceptée.

    Genève est incontestablement un canton précurseur en matière de lutte contre l'homophobie et il est donc à espérer que le 9 février les Genevoises et les Genevois soutiendront massivement la modification du Code pénal.

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  • Votation du 9 février : tout le monde y gagne (2/5)

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    IMG_9249.PNGLe dénigrement et la dévalorisation en public de personnes en raison de leur appartenance à un groupe particulier ne blessent pas seulement les personnes directement concernées. Cela touche également leur entourage. Les discours de haine et les discriminations contre les personnes lesbiennes, gays et bisexuelles blessent aussi leur famille et leurs cercles d’ami.e.s. Ils peuvent également avoir un impact négatif dans leur vie associative et professionnelle ainsi que bien évidemment sur leur santé. 

    Le dénigrement et la calomnie envers des groupes particuliers de la population créent des insécurités, divisent la société et portent préjudice à la cohésion sociale. Aucun état démocratique n’a intérêt à laisser des appels publics à la haine et à la discrimination impunis.

    Un OUI le 9 février 2020 n’est ainsi pas seulement utile pour les personnes lesbiennes, gays et bisexuelles, mais pour toute la population. Et ainsi, tout le monde y gagne !

    La haine n’est pas une opinion ! OUI le 9 février !

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  • Votation du 9 février : l’enjeu (1/5)

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    IMG_9249.PNGAujourd’hui encore, une minorité de la population continue de faire des déclarations publiques haineuses, dévalorisantes et calomnieuses à l’encontre des personnes lesbiennes, gays et bisexuel.le.s. Même dans des cas extrêmes d’atteinte à leur dignité humaine, les personnes concernées se retrouvent actuellement sans protection juridique.

    Certes, la Constitution prohibe les discriminations basées sur le style de vie (Art. 8, paragraphe 2), mais dans la mise en œuvre de cette interdiction, le code pénal n’offre pas une protection suffisante contre les appels à la haine et les discriminations basées sur l’orientation sexuelle.

    Depuis 1995, le code pénal protège par l’article 261 bis des groupes de population particuliers des appels publics à la haine et des discriminations basés sur leur religion, leur race ou leur ethnie. Le code pénal protège donc des populations qui sont régulièrement la cible de discours de haine, de diffamation et de dévalorisation de leur dignité humaine. Cela concerne de toute évidence également les gays, lesbiennes et bisexuel.le.s. Le Parlement l’a bien compris puisqu’il a voté à une large majorité en décembre 2018 l’extension de la norme pénale à l’orientation sexuelle.

    Il est à regretter que le critère de l’identité de genre, qui avait été accepté par le Conseil national, mais refusé par le Conseil des Etats, ne soit pas également pris en compte, les personnes transgenres étant plus souvent qu’à leur tour victimes d’appels à la haine et à la discrimination.

    L’Union Démocratique Fédérale a lancé un référendum, soutenu par les jeunes UDC, qui a abouti. C’est donc la raison pour laquelle le 9 février 2020, le peuple suisse devra se prononcer sur l’inclusion du critère de l’orientation sexuelle dans la norme pénale.

    La haine n’est pas une opinion ! OUI le 9 février !

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  • La haine n’est pas une opinion

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    A7497AC3-F67E-473C-B24C-C76161D3686D.pngDans très exactement deux mois, le peuple suisse aura l’occasion de dire « Stop à la haine ! »

    Malgré des avancées en matière de droits pour les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT) au cours de ces quinze dernières années (partenariat enregistré, adoption de l’enfant du partenaire, abolition de la stérilisation forcée), la Suisse a été reléguée cette année de la 22ème à la 27ème place (sur 49) dans le classement annuel des pays européens en matière de droits LGBT. Ce classement peu flatteur est dû, notamment, au fait que le mariage civil pour toutes et tous n’existe toujours pas en Suisse et que les personnes LGBT ne sont pas protégées par la loi contre les discriminations et les crimes de haine.

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  • Un an sans voiture

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    A4DBAE8C-CF62-441A-B0AF-4A913B2B5669.jpegIl y a un an, j’ai pris la décision de ne plus avoir de voiture. Pour un fils de garagiste, c’était une petite révolution ! La première raison qui m’a poussé à faire ce choix était d’apporter ma pierre à l’édifice à la lutte contre la pollution et au réchauffement climatique. Les transports polluent toujours trop et leurs émissions de CO2 continuent à augmenter. A ce titre, la Commission de l’environnement du Conseil des Etats a récemment exigé du Conseil fédéral qu’il fasse des propositions de mesures supplémentaires dans le secteur des transports pour protéger le climat.

    La deuxième raison était le coût disproportionné de la voiture par rapport à l’utilisation que j’en avais, mes déplacements se faisant essentiellement à vélo, à pied et en train. Il n’empêche que malgré ces deux excellentes raisons, je craignais tout de même une certaine perte de « liberté » sans mon véhicule à quatre roues qui a fait partie de ma vie depuis mes 18 ans.

    Un an plus tard, c’est en fait le sentiment contraire qui m’habite : finies les contraintes que m’imposaient la voiture ! Plus besoin de changer les pneus deux fois par année, d’aller chez le garagiste, de passer la visite, d’acheter la vignette, de payer l’assurance et l’impôt sur le véhicule, de chercher une place introuvable dans le quartier ou encore de perdre son temps durant les trajets, contrairement à ceux effectués en train, et la liste n’est pas exhaustive.

    Certes, mes conditions de vie ont rendu ce choix plus facile que pour d’autres : j’habite en ville où presque la moitié des ménages n’ont pas de voiture (qu’en serait-il si 100% des ménages avaient un véhicule ?!) et où les transports publics sont efficaces, je me rends à mon lieu de travail à vélo et je n’ai pas d’enfants en bas âge. Et pour être totalement transparent, j’ai aussi pu au cours de ces douze derniers mois emprunter à cinq reprises la voiture d’une amie, ce qui m’a évité d’en louer une, et profiter le même nombre de fois du co-voiturage.

    Loin de moi donc l’idée de faire la leçon à qui que ce soit, mais de faire réfléchir celles et ceux qui se trouvent dans ma situation sur l’utilité d’avoir leur propre voiture. Nous avons la chance en Suisse d’avoir un réseau ferroviaire bien développé et à des prix tout à fait abordables, à condition d’avoir le demi-tarif, d’anticiper sa prise de billet et d’être un peu flexible sur les horaires.

    Le réchauffement climatique n’est plus à démontrer, les mois de juillet 2017, 2018 et 2019 ayant été les plus chauds, si l’on excepte 2003, depuis que les relevés existent. Toutes les initiatives individuelles, comme celle dans le cas précis de limiter au maximum ses trajets en voiture, ont donc leur importance pour contenir le mieux possible les conséquences néfastes de ce réchauffement.

    Une version plus courte de ce texte a été publiée comme lettre de lecteur dans l'édition de la Tribune de Genève du 25 septembre. 

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