Air du temps - Page 7

  • La Suisse d’un autre âge

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    Une fois de plus, le Conseil des Etats a fait preuve de son conservatisme et de son manque de vision sur un sujet de société. Par 26 voix contre 11, il a voté 7 mesures pour durcir l’accès au service civil et donc le rendre moins attractif. Voici les principales :

    • Les civilistes feront au moins 150 jours de service. Dès le premier cours de répétition, les militaires accompliront plus de jours que maintenant.
    • Les militaires attendront 1 an après avoir déposé leur demande d’admission. Entre temps, ils continueront leur service.
    • Les militaires qui déposent leur demande en pleine école de recrues devront terminer deux ans plus vite qu’avant leur affectation de 180 jours.
    • Les cadres militaires admis au service civil feront 1,5 fois plus de jours qu’au service militaire contre 1,1 actuellement.
    • Les médecins ne pourront plus faire le service civil à des postes de médecins.

    IMG_8399.jpgA la lecture de cette liste, l’objectif de la majorité est donc limpide : mettre les bâtons dans les roues à ceux qui veulent continuer de servir leur pays, mais autrement. C’est beaucoup plus simple de procéder de cette manière plutôt que de répondre à la « vraie » question, à savoir les raisons pour lesquelles de plus en plus de jeunes s’engagent pour un service civil plutôt que militaire, dont un bon tiers d’entre eux (2264 sur 6205) après l’école de recrues. Il faut ajouter à ce nombre 428 cadres et spécialistes qui « désertent » l’armée en cours de route. On n’est donc pas très loin de la moitié des demandes d’admission au service civil !

    La preuve que l’armée telle qu’elle est organisée aujourd’hui n’est plus adaptée à notre époque avec un temps de service trop long par rapport à ce qu’elle apporte le plus souvent à un jeune, contrairement au service civil, beaucoup plus formateur et où l’on n’est pas traité comme un simple pion. Avec cette réforme, qui doit encore être votée par le Conseil national, en principe lors de la session d’hiver, on peut faire l’hypothèse que de nombreux jeunes seront tentés d’emprunter la voie bleue et ainsi éviter à l’avenir tout service à la collectivité.

    Un bel autogoal qui sera très vraisemblablement combattu par un référendum si le Conseil national emboîte le pas au Conseil des Etats, ce qui serait le cas dans sa composition actuelle, mais peut-être pas dans sa prochaine si les électrices et électeurs donnent un coup de balai à cette Suisse d’un autre âge !

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  • Mariage égalitaire: raté, mais...

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    D5BA7DBE-414A-487F-B5DC-DC2ADD7F0741.jpegLa décision était très attendue. La Commission des affaires juridiques du Conseil national allait-elle voter en faveur d'un projet de mariage civil pour toutes et tous égalitaire ou au rabais?

    Et bien, malgré le fait que lors de la consultation 97 des participants sur 154 ait approuvé la variante prévoyant le recours au don de sperme, il s'est trouvé 13 commissaires contre 12 à voter en faveur d'un mariage qui n'intègre pas la possibilité de recourir au don de sperme. Ils estiment que "cela empêcherait le projet de trouver une majorité", démontrant, une fois de plus, que les partis de droite ne sont pas en phase avec la société civile, comme cela a été mis en avant dans le communiqué de presse des associations LGBT+ (cf. ci-dessous).

    Gageons que les électrices et électeurs qui sont en faveur de l'égalité des droits pour toutes et tous sauront en tirer les conséquences qui s'imposent lors des élections fédérales du 20 octobre en élisant des candidates et candidats qui feront pencher la balance dans le bon sens lors du vote au Conseil national qui aura lieu après lesdites élections. Avec un vote si serré en commission, tout espoir n'est donc pas perdu!

    Communiqué de presse du 30 août 2019 des associations LGBT+ suisses

    La CAJ-N est contre un mariage égalitaire pour les personnes homosexuelles

    La commission des affaires juridiques du Conseil national (CAJ-N) s’est ce matin exprimée, à une large majorité, en faveur du “mariage pour tous”. La CAJ-N ne veut toutefois pas accorder les mêmes droits aux couples de même sexe qu’aux personnes hétérosexuelles. Cette décision choque les associations LGBT+ qui militent pour l’ouverture d’un mariage civil qui contient les mêmes droits et devoirs que les couples hétérosexuels.

    La CAJ-N devait aujourd’hui prendre la décision d’ouvrir le mariage civil aux couples de même sexe. Bien qu’elle ait voté en faveur de l’ouverture du mariage, celui-ci ne comprendra pas les mêmes droits et devoirs que celui des couples hétérosexuels.

    « Les enfants des couples de même sexe ne devraient, ainsi, toujours pas avoir accès aux mêmes droits que les enfants de couples hétérosexuels. Devoir procéder à des absurdités administratives, longues et onéreuses qui mettent le bien supérieur de l’enfant en danger en cas de décès ou divorce du parent biologique est tout simplement scandaleux. » s’offusque Muriel Waeger, Directrice romande de Pink Cross et de la LOS.

    Bien que beaucoup de partis se soient positionnés pour une ouverture complète du mariage civil pour toutes et tous, une majorité de la commission, probablement composée de membres du PDC, de l’UDC et du PBD, partis qui n’ont pas donné un préavis favorable lors de la consultation, estime que l’ouverture doit se faire en plusieurs étapes. En d’autres termes, les couples de femmes devront attendre 20 ans de plus pour avoir les mêmes droits que les personnes hétérosexuelles.

    « Les premières réponses positives des organisations civiles, notamment des femmes catholiques suisses et de Pro Familia étaient très réjouissantes, et allaient dans le sens d’une ouverture complète du mariage civil, mais les membres de la CAJ-N sont plus lents à la détente. Ils n’ont apparemment pas compris que ce n’est pas uniquement une question d’égalité, mais par dessus tout de protection des enfants. Être en faveur de l’égalité, c’est mettre sur un pied d’égalité tous les couples, y compris pour la PMA » s’énerve Didier Bonny, co-président de la Fédération romande des associations LGBT+.

    Muriel Waeger, Directrice romande de Pink Cross et de la LOS ajoute : « La majorité de la commission des affaires juridiques du Conseil national n’est plus en phase avec la société civile. Nous encourageons les citoyens et citoyennes à aller voter en octobre. Il faut que le Conseil national soit à nouveau une représentation du peuple et qu’il prenne les positions de la société civile au sérieux. Les adaptations nécessaires doivent être faites dans la loi afin que l’ouverture du mariage civil soit égalitaire !”

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  • Pas de citoyen.ne.s de deuxième catégorie!

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    IMG_7071.PNGDiscours que j'ai prononcé en tant que co-président de la Fédération romande des associations LGBT à l'arrivée de la Marche des Fiertés au parc des Bastions le 6 juillet dans le cadre de la Geneva Pride 2019. Cette manifestation a connu un énorme succès avec, notamment, 35 000 personnes qui ont défilé, un record. Bravo à toutes celles et ceux qui ont œuvré pour que cet événement, qui n'était pas revenu à Genève depuis 2011, soit une réussite.

    C’est un grand honneur, au nom de la Fédération romande des associations LGBT dont j’assure la co-présidence avec Maya Burkhalter, de prendre la parole pour clore les discours dans le cadre de cette Pride romande 2019.

    L’année dernière, les associations romandes LGBT ont décidé de se fédérer afin que leur voix ait plus de poids, notamment, sur le plan politique. L’union fait la force, c’est bien connu. Je voudrais profiter de cette prise de parole pour remercier toutes les associations qui font, jour après jour, et souvent avec des moyens financiers fort limités, un formidable travail pour que les personnes LGBTIQ aient des lieux où elles peuvent, entre autres, se rencontrer, avoir des conseils, être soutenues, assister à des événements ou encore s’engager pour, qu’enfin, leurs droits soient les mêmes que pour tout le monde. Nous ne sommes pas des citoyens et des citoyennes de deuxième catégorie !

    Permettez-moi de rendre tout particulièrement hommage aux associations membres de la Fédération romande en les citant par ordre alphabétique : Alpagai, Asile LGBT, Dialogai, EPICENE, Juragai, Les Klamydia’s, Le PAV, Lestime, Lilith, LWork, Sarigai, Togayther, Vogay, Think Out et 360. Je n’oublie pas toutes les autres, à commencer par les faitières nationales qui sont membres consultatifs de la Fédération.

    Toutes et tous ensemble, avec le soutien indispensable de nos allié.e.s, nous allons devoir nous mobiliser prochainement pour que le 9 février 2020 soit un jour à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire des droits LGB : gagner le plus largement possible la votation sur la révision de la norme pénale antiraciste qui inclue dorénavant l’orientation sexuelle, mais, hélas, pas l’identité de genre. Elle a été attaquée par référendum par un petit parti réactionnaire qui a utilisé des méthodes malhonnêtes pour arriver à ses fins.

    Montrons aux référendaires que la Suisse d’aujourd’hui est prête à faire, à une large majorité, un nouveau pas en direction de l’égalité des droits pour toutes et tous. Merci d’avance pour votre soutien engagé, que vous pouvez apporter financièrement dès aujourd’hui en mettant de l’argent dans des urnes qui se trouvent sur plusieurs stands, et un seul mot d’ordre : « Mêmes devoirs, mêmes droits ! ».

    Photo: Carlos Serra

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  • Geneva Pride 2019, c'est parti!

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    IMG_6883.JPGDiscours que j'ai prononcé en tant que co-président de la Fédération romande des associations LGBT à l'occasion de la soirée d'ouverture du 29 juin des festivités de la Geneva Pride qui dureront jusqu'au 7 juillet prochain.

    L’année dernière, les associations romandes LGBT ont décidé de se fédérer afin que leur voix ait plus de poids non seulement au sein d’une communauté LGBT helvétique, forcément majoritairement alémanique, mais également sur le plan politique. L’union fait la force, c’est bien connu. C’est ainsi que le 1er septembre 2018 est née la Fédération romande des associations LGBT qui compte à ce jour 15 associations membres (Alpagai, Asile LGBT, Dialogai, EPICENE, Juragai, Les Klamydia’s, Le PAV, Lestime, Lilith, LWork, Sarigai, Togayther, Vogay, Think Out, 360) qui couvrent l’ensemble de la Suisse romande.

    La Fédération a, notamment, comme objectifs de permettre une collaboration efficace entre les associations membres en vue de la promotion de l’égalité des droits, de la santé physique et psychique des personnes quelles que soient leur orientation sexuelle ou leur identité de genre et de lutter contre toutes formes de discriminations. Il est également dans ses prérogatives de valider le choix du lieu où se déroule la Pride romande.

    Une transition toute trouvée pour faire un peu d’Histoire, puisqu’en tant que membre du comité d’organisation des deux Pride précédentes qui ont eu lieu à Genève, j’ai retrouvé dans mes archives les discours qui avaient été prononcés lors de la partie officielle. Je vous en livre quelques extraits qui vous permettront de constater que ces discours sont loin d’avoir perdu de leur pertinence.

    DISCOURS PRIDE 2004

    « Dans ce pays, depuis la dépénalisation de l’homosexualité, la Constitution fédérale interdit les discriminations basées sur le mode de vie. De même, la reconnaissance des droits des couples de même sexe suit son chemin, il y a quelques jours, la loi fédérale sur le partenariat a été votée à une écrasante majorité par l’Assemblée fédérale.

    Après avoir gagné bien des batailles contre les discriminations, traversé les traumatismes du sida, la Pride a-t-elle encore une raison d’être ? La Pride est une expression de liberté et de citoyenneté. A un moment où ceux qui cultivent la peur, le repli, la méfiance à l’égard des minorités et des différences tiennent le haut du pavé sur les fronts de la sécurité, de l’emploi, de l’économie et de l’immigration, cette liberté est précieuse.

    En particulier, celles et ceux qui s’expriment contre le partenariat pour les personnes de même sexe sont malheureusement les mêmes que ceux qui voudraient revenir à une époque où le mariage était la seule alternative pour deux personnes désirant vivre ensemble. Nous sommes confiants : le peuple ne souscrira pas à une philosophie qui voudrait nous faire revenir à une époque où la liberté, l’égalité des droits et la solidarité n’étaient pas à l’ordre du jour.

    Plus que jamais, la Pride fait donc face à l’urgence – à l’urgence des menaces de retour à l’ordre moral, à l’urgence de ne pas nous renfermer sur nous-mêmes, de continuer à cultiver l’espoir et l’utopie. »

    Cette dernière phrase a été prononcée il y a 15 ans et elle est toujours d’actualité.

    DISCOURS PRIDE 2011

    « L'idée de relancer une Pride en Romandie après 3 ans d'absence nous a semblé nécessaire il n'y a que quelques mois, ce qui nous a occasionné quelques belles nuits d'insomnie. Le temps nous était certes compté, mais il faut également bien constater que les obstacles, notamment logistiques, sont de plus en plus nombreux quand il s’agit d’organiser une manifestation de cette envergure.

    Pourquoi de nos jours organiser encore des Pride ? Pour faire la fête, oui, c'est une bonne raison, et d’ailleurs nous avons tout fait pour que la fête soit belle. Mais c'est aussi une question de visibilité, voire même de réconfort pour toutes celles et tous ceux qui ne peuvent pas vivre leur différence au grand jour, et qui, peut-être, en nous voyant défiler aujourd'hui se sentiront moins seul-e-s. Rappelons que les tentatives de suicide chez les jeunes homosexuel-le-s et transgenres sont de 5 à 7 fois plus nombreuses que chez les jeunes hétéros. Et puis la Pride romande a toujours porté des messages politiques.

    La Suisse a encore quelques progrès à faire afin que la population Lesbienne, Gay, Bi, Trans, Intersexe et Queer ait les mêmes droits que les autres citoyens et citoyennes de ce pays, particulièrement dans les trois domaines qui sont au cœur de nos revendications cette année : l'inscription du délit d'homophobie dans la loi fédérale, le droit à l'adoption pour les familles arc-en-ciel et la fin de la stérilisation forcée pour les personnes trans. »

    Huit ans plus tard, force est de constater que ces trois revendications ne sont pas restées lettre morte et que les choses avancent. Mais que le chemin est long et sinueux pour obtenir ce qui devrait être une évidence : mêmes devoirs, mêmes droits !

    Pour finir, un grand merci à toutes celles et tous ceux qui se sont investi.e.s pour que non seulement cet événement ait lieu, mais pour qu’il soit également une réussite ! Excellente Pride 2019 à toutes et tous !

    Photo: Carlos Serra

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  • Mêmes devoirs, mêmes droits

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    Texte publié dans Le Courrier du 24 juin 2019.

    Depuis le début des années 2000, les associations romandes LGBT se réunissaient deux fois par année pour échanger sur leurs activités respectives et confronter leurs points de vue en fonction de l’actualité. Des rencontres riches, mais qui ne pouvaient pas déboucher sur des prises de position communes étant donné l’absence de statuts.

    L’année dernière, les associations romandes LGBT ont décidé de palier à ce manque et de se fédérer afin que leur voix ait plus de poids non seulement au sein d’une communauté LGBT helvétique, forcément majoritairement alémanique, mais également sur le plan politique. L’union fait la force, c’est bien connu. C’est ainsi que le 1er septembre 2018 est née la Fédération romande des associations LGBT qui compte à ce jour 15 associations membres (Alpagai, Asile LGBT, Dialogai, EPICENE, Juragai, Les Klamydia’s, Le PAV, Lestime, Lilith, LWork, Sarigai, Togayther, Vogay, Think Out, 360) qui couvrent l’ensemble de la Suisse romande.

    La Fédération a, notamment, comme objectifs de permettre une collaboration efficace entre les associations membres en vue de la promotion de l’égalité des droits, de la santé physique et psychique des personnes quelles que soient leur orientation sexuelle ou leur identité de genre et de lutter contre toutes formes de discriminations. Il est également dans ses prérogatives de valider le choix du lieu où se déroule la Pride romande.

    Depuis sa création, la Fédération romande s’est montrée très active en raison d’un agenda politique chargé sur les questions LGBT. C’est ainsi qu’elle a participé à deux consultations sur le plan fédéral dont celle sur le mariage civil pour toutes et tous qui vient de prendre fin le 21 juin. La Fédération romande a donné un avis très favorable à cet avant-projet de loi, mais à la condition que soit choisie la variante avec accès au don de sperme. Elle est, en effet, fermement opposée à un mariage qui ne soit pas égalitaire, les droits ne se découpant pas en tranches.

    Elle va également mettre toutes ses forces dans la bataille aux côtés des faîtières LGBT nationales afin que la révision de la norme pénale antiraciste qui inclue dorénavant l’orientation sexuelle, mais, hélas, pas l’identité de genre, soit largement soutenue par le peuple lors de la votation qui aura lieu le 9 février prochain. Nous avons les mêmes devoirs, nous voulons les mêmes droits.

    Didier Bonny, co-président de la Fédération romande des associations LGBT

    Plus d'infos: http://www.federationlgbt-romandie.org/

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