Télévision - Page 2

  • Du grand au petit écran : un nanar, un film familial et du suspense

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    3.jpg« En eaux troubles » se résume en quelques mots : un Megalodon, un requin préhistorique de 23 mètres, qui ne demandait rien à personne jusqu’à ce qu’une mission sous-marine exploratoire vienne le chatouiller, refait surface, c’est le cas de le dire, et sème la terreur dans les eaux du Pacifique.

    A partir de ce synopsis on ne peut plus simple, « En eaux troubles » aligne un à un tous les clichés possibles et imaginables inhérents à ce genre de film catastrophe : personnage principal mis au ban de la société et devenu alcoolique transformé en moins de deux secondes en héros, sacrifice des uns pour sauver les autres, idylle amoureuse entre le héros et la belle, méchant milliardaire qui va finir par le payer, le Noir qui ne sait pas nager, un enfant et un chien pour lesquels on est censé trembler à l’approche du grand méchant requin, adieu déchirant d’un père à sa fille juste avant de mourir et j’en passe et des pires.

    Le tout est « agrémenté » de dialogues d’une telle pauvreté que ça en est franchement risible. En plus, le Megalodon ne fait même pas peur. Bref ! Une vraie…catastrophe. A tel point que ça en devient mégaridiculement drôle et qu’on applaudit de bon cœur aux exploits invraisemblables du héros. En résumé, un film divertissant dans sa nullité, un nanar dans toute sa splendeur !

    1 étoile. « En eaux troubles ». TF 1, dimanche 22 novembre, 21h05.

    2.jpgDans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, ado de 16 ans qui joue plus souvent qu’à son tour les interprètes indispensables pour ses parents à la tête d’une exploitation agricole. Mais ce bel équilibre familial est menacé quand Paula décide de passer un concours de chant.

    Le début du film est laborieux et a tous les ingrédients de la comédie française bas de gamme. Karin Viard et François Damiens, les parents de Paula, sont à la limite de la caricature et les préoccupations d’ado de Paula franchement pas passionnantes. Et puis l’histoire prend tout à coup corps quand Paula s’inscrit à la chorale dirigée par un prof désabusé (excellent Eric Elmosnino) qui ne jure que par le répertoire de…Michel Sardou.

    A partir de là, l’histoire prend une autre dimension en privilégiant, avec bonheur, l’aspect émotionnel plutôt que comique du film. Au final, sans être un chef d’œuvre « la Famille Bélier » est un agréable divertissement qui donne envie à la fin de la projection de réécouter les chansons de Michel Sardou qui n’en demandait sans doute pas tant !

    3 étoiles. « La Famille Bélier ». France 2, mercredi 25 novembre, 21h05.

    1.jpgNick Dunne a-t-il tué sa femme qui a mystérieusement disparu ? Les preuves s’accumulent contre lui, mais finalement peut-être pas tant que ça…Et si finalement, Nick était plutôt la victime que le bourreau ? Tenu en haleine jusqu’au milieu du film par cette question, le spectateur manipulé de main de maître par le réalisateur David Fincher découvre alors la réponse qui l’emmène dans une deuxième partie encore plus excitante que la première !

    4 étoiles. « Gone Girl ». France 3, jeudi 26 novembre, 21h05.

     

     

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : « L’Empereur de Paris » et « Marguerite »

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    IMG_2175.jpgD’après le réalisateur Jean-François Richet, « L’Empereur de Paris » est l’histoire d’un homme qui dit non au déterminisme social. Il est confronté à une situation où nécessité fait loi et très vite se pose la question du prix à payer.

    Voilà qui résume fort bien en deux phrases le sort de François Vidocq qui sous le règne de Napoléon est le seul homme à s’être échappé des plus grands bagnes du pays. Laissé pour mort après sa dernière évasion en compagnie d’un autre condamné, Vidocq tente de se faire oublier en menant une existence de commerçant ambulant. Mais il n’est pas si simple de disparaître quand on est une légende des bas-fonds parisiens. Le passé ne va pas tarder à ressurgir et contraindre Vidocq, pour obtenir sa lettre de grâce, à collaborer avec la police.

    Polar historique qui se déroule dans un Paris napoléonien très bien reconstitué, les costumes et les décors sont superbes, « L’Empereur de Paris » ne manque pas d’action. Trop à vrai dire. Les moments de répit sont en effet rares et les actes de violence se succèdent les uns après les autres sans que leur justification saute aux yeux. Il est fort dommage que le film ne s’intéresse pas aux méthodes de Vidocq qui ont permis toutes ces arrestations. Cela aurait permis de donner plus d’étoffe à un personnage par trop réduit à son côté « bestial » et dont on se désintéresse petit à petit par la faute d’une intrigue manquant de consistance.

    Inédit. 2 étoiles. « L’Empereur de Paris ». RTS 1, lundi 16 novembre, 20h45.

    IMG_2176.jpgParis, 1920. Marguerite Dumont se produit régulièrement devant un cercle d’habitués de la haute bourgeoisie pour donner des récitals. Elle chante tragiquement faux, mais personne n’a jamais osé le lui dire, et surtout pas son mari qui n’en peut plus. Tout cela ne serait pas si grave si un jour Marguerite, flattée par deux jeunes qui la manipulent, ne se mettait pas en tête de se produire devant un vrai public où la vérité pourrait bien alors lui sauter à la...gorge.

    Le film se déroule en cinq actes et commence sous des airs de comédie et d’opéra (entendre chanter faux le fameux air de la Reine de la nuit de « La flûte enchantée » est drôle, mais tout de même éprouvant pour les oreilles) avec la découverte du personnage hors du commun qu’est Marguerite Dumont. Mais au fur et à mesure que l’action évolue, le rire laisse la place à l’émotion et le spectateur s’attache de plus en plus au personnage de Marguerite.

    « Marguerite » est un film soigné avec une superbe lumière. Les costumes et les décors sont somptueux. La distribution est excellente, sans doute tirée par le haut par une Catherine Frot, César 2016 de la meilleure actrice pour ce rôle, merveilleusement émouvante en Marguerite. Librement inspirée de l’histoire de l’américaine Florence Foster Jenkins, « Marguerite » est à l’image de la fleur qui porte son nom : on l’aime d’abord un peu, puis beaucoup et enfin passionnément.

    4 étoiles. « Marguerite ». France 3, vendredi 20 novembre, 23h25.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : « Ocean’s 8 », « Atomic Blonde » et « Get Out »

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    IMG_2089.jpg« Spin-off », on appelle ça une bouture en botanique, de la série à succès « Ocean’s 11, 12, 13 », on y retrouve les mêmes éléments qui ont fait le succès de la série : humour, mise en scène énergique, rythme, raffinement, surprises de dernière minute, entre autres. Il y a toutefois une grande différence : les héros sont remplacés par des héroïnes et on n’y perd pas au change.

    Debbie Ocean, la sœur de Danny Ocean interprété par George Clooney dans la trilogie, a élaboré un plan pour dérober un collier estimé à 150 millions dollars au cours de son incarcération. Le vol devra avoir lieu durant le très renommé Met Ball de New-York. Mais pour arriver à ses fins, Debbie doit s’entourer de complices très qualifiées dans des domaines bien différents.

    La première partie du film se concentre sur la composition de cette équipe de choc alors que la seconde fait la part belle aux péripéties en lien avec ce vol audacieux. Et il y a également un prologue qui tient les spectateurs en haleine jusqu’au bout. Le casting exclusivement féminin donne indéniablement un nouveau souffle à la série. Les actrices sont en effet impeccables. C’est glamour, stylé et élégant, mais pas gratuit car s’inscrivant parfaitement dans l’esprit du film. On ne s’ennuie pas une seconde, un divertissement très plaisant.

    4 étoiles. « Ocean’s 8 ». TF1, dimanche 1er novembre, 21h05.

    IMG_2090.jpgL’agent Lorraine Broughton est une espionne anglaise qui doit se rendre à Berlin la semaine précédant la chute du mur de Berlin pour récupérer avant d’autres une liste où figurent les noms de nombreux espions. Il y a bien évidemment parmi eux une taupe qui n’est pas celle ou celui que l’on croit.

    « Atomic Blonde » possède un rythme effréné, ce qui a pour conséquence qu’on ne voit pas le temps passé, et est filmé comme un clip géant des années 80 avec une musique omniprésente (Nick Cave, Iggy Pop, David Bowie, New Order, Depeche Mode…). Des filtres caméra donnent à de nombreuses scènes une ambiance de boîte de nuit, le tout sur un fond d’hémoglobine dominant. « Atomic Blonde » est plutôt séduisant sur les plans visuel et auditif.
    Charlize Theron se glisse sans problème dans le rôle de cette espionne à qui rien ni personne ne résistent, à tel point qu’on en oublierait presque les nombreuses invraisemblances du scénario, à commencer par celle que Lorraine est toujours en vie à la fin du film. Pas sûr que James Bond et Jason Bourne survivraient à ce traitement. Réservé aux amatrices et amateurs du genre.

    2 étoiles. « Atomic Blonde ». France 2, dimanche 1er novembre, 23h00.

    IMG_2091.jpgCouple mixte, Chris et Rose filent le parfait amour. L'envie de présenter Chris à ses parents est donc une évidence pour Rose qui ne leur a toutefois pas dit que son amoureux était Noir, ce qui n'est pas sans inquiéter Chris. Tranquillisé par Rose qui l'assure que ce n'est pas un problème pour ses géniteurs, les deux amoureux partent en week-end rencontrer la belle famille qui vit dans une magnifique propriété et dans un univers très "Blanc". Si l'accueil est effectivement chaleureux, Chris va toutefois petit à petit être déstabilisé par des détails qui mis bout à bout ont de quoi créer de l'angoisse...

    « Get Out » est un film qui fait monter crescendo la pression grâce à une mise en scène à la hauteur, un rythme soutenu, un peu d'humour et des pics de stress soulignés par une musique qui fait tout son effet. Et bien évidemment grâce également à un scénario intelligent qui tire sur la satire tout en respectant les codes du thriller horrifique dont une fin qui fait honneur aux meilleurs films d'horreur, y compris dans son outrance. Les amateurs du genre y trouveront sans problème leur compte.

    4 étoiles. « Get Out », RTL 9, lundi 2 novembre, 20h50.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran: du rire, de l'émotion et du suspense

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    IMG_2022.jpgAprès le triomphe de « Intouchables », les réalisateurs Olivier Nakache et Eric Toledano ont enchainé avec « Samba ». Comme dans leur précédent film, c’est un duo improbable qui est au centre de l’intrigue. La bande-annonce laissait d’ailleurs à penser que le rire allait jaillir de cette opposition de style. Ce n’est pas vraiment le cas. Il y a certes quelques bons gags dans « Samba », mais l’humour n’est pas au cœur du film qui privilégie l’émotion. Omar Sy et Charlotte Gainsbourg, lui en clandestin sans cesse à l’affût pour sa survie et elle en assistante sociale qui essaye de refaire surface après un burn-out, sont craquants et crédibles, ce qui n’était pas gagné d’avance. « Samba » est donc une comédie romantique et sociale, la dure réalité de la vie quotidienne des clandestins est largement mise en avant dans le film, qui malgré quelques petites longueurs mérite d’être vu.

    3 étoiles. « Samba ». France 2, dimanche 11 octobre, 21h05.

     

    IMG_2023.jpg« Pentagon Papers », nom du document de 7000 pages émanant du département de la défense détaillant l’implication politique et militaire américaine dans la guerre du Vietnam, raconte l’histoire de Katharine Graham, directrice du Washington Post, et de son rédacteur en chef Ben Bradlee qui vont se retrouver confronter au gré des circonstances à un dilemme monumental : publier ou non des extraits dans le journal de ce document au risque de tout perdre, y compris leur liberté.

    Résumé de cette manière, on imagine que « Pentagon Papers » fera la part belle au drame avec une énorme tension et un suspense par moment insoutenable. Tel est bien le cas, mais hélas seulement dans la deuxième moitié du film. Avant d’y parvenir, il aura fallu affronter une mise en place du contexte qui à vouloir être trop démonstrative et didactique (que de paroles !) en devient laborieuse et franchement ennuyeuse.

    Mais heureusement, le film décolle quand il entre dans le vif du sujet et devient franchement intéressant. On se met alors à apprécier la mise en scène, la reconstitution minutieuse d’une rédaction du début des années 70 et le côté résolument féministe du film incarné par une Meryl Streep, comme toujours excellente. Au final, et malgré cette seconde partie plutôt réussie, le bilan est globalement décevant pour un film dont on attendait beaucoup plus sur le…papier.

    2 étoiles. « Pentagon Papers ». France 2, dimanche 11 octobre, 23h05.

    IMG_2024.jpgYassine, jeune étudiant marocain, fait la fierté de sa famille qui s’est cotisée pour qu’il puisse faire des études à Paris. Suite à un malheureux concours de circonstances, Yassine rate son examen et se retrouve dès lors sans statut légal. Pour remédier à cette situation, il se marie avec son meilleur ami Frédéric, pourtant déjà en couple avec sa copine. Soupçonné par un fonctionnaire d’avoir fait un mariage blanc, ils vont alors devoir s’inventer une vraie vie de couple homosexuel pour lui faire croire que leur histoire est vraie.

    Pas difficile d’imaginer à partir de ce synopsis que les quiproquos et les situations loufoques vont s’enchaîner avec de nombreux gags parfois très drôles. Ce n’est certes pas un humour subtil, les clichés sont légions et l’histoire est cousue de fil blanc. Pour ce genre de comédie, plus les traits sont grossiers (à ne pas confondre avec la vulgarité dont le film est pratiquement dépourvu) et plus ça fonctionne. Alors oui, bien sûr, avec cet esprit les gays, mais aussi les immigrés, les aveugles, les obèses, les riches émirs du Qatar, etc., sont outrancièrement caricaturés, mais pas de quoi toutefois crier à l’homophobie. Au final, « Epouse-moi mon pote » est un film qui tient ses promesses : stupide et drôle.

    2 étoiles. « Epouse-moi mon pote ». M6, mardi 13 octobre, 21h05.

    IMG_2025.jpgKenneth Branagh signe cette nouvelle adaptation en jouant également le célèbre détective Hercule Poirot qui apparaît dans plus de 50 nouvelles et la moitié des romans d’Agatha Christie. Le personnage d’Hercule Poirot est particulièrement développé aussi bien sur le plan psychologique que sur celui de l’apparence. Il est d’ailleurs à relever que du point de vue formel, le film n’est pas loin d’être irréprochable avec de magnifiques décors et costumes, des mouvements de caméra spectaculaires et une mise en scène qui tire le maximum de ce huis-clos ferroviaire.

    Mais ce bel emballage ne suffit pourtant pas à susciter un véritable intérêt pour l’enquête que mène le célèbre détective suite au meurtre qui a été commis dans l’Orient-Express. L’ennui guette rapidement et semble contagieux : les actrices et acteurs, pourtant pour la plupart très connus, ne paraissent, eux non plus, guère concernés par les événements. Au moment où la vérité éclate, on se dit qu’on aurait tout aussi bien pu rester sur le quai de gare ou manqué le train tant monté dans cet Orient-Express n’était pas indispensable.

    2 étoiles. « Le crime de l’Orient-Express ». RTS 1, mardi 13 octobre, 21h00.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : « Le Jeu », « Detroit » et « Blade Runner 2049 »

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    IMG_1969.jpgLe temps d’un dîner, des amis décident de jouer à un jeu qui consiste à poser son téléphone portable au milieu de la table. A chaque fois qu’une notification sera envoyée, le message devra être partagé avec les autres. Un jeu qui va se révéler très dangereux pour les participants et virer petit à petit à un jeu de massacre.

    Après un démarrage un peu lent avec l’arrivée échelonnée des invités, le film prend son rythme de croisière quand il est l’heure de passer à table. Il s’emballe quand le jeu commence. Il y a du rythme, de l’action, c’est drôle et l’on se réjouit à l’avance de la catastrophe qui ne va pas manquer d’arriver avec les premiers messages. Et l’on n’est pas déçu. Le rire devient alors jaune, c’est grinçant à souhait, un régal. Les acteurs sont excellents avec une mention spéciale à Grégory Gadebois, le seul célibataire présumé de la bande, et Suzanne Clément, géniale dans ses excès. 

    « Le Jeu » part du principe que les invités ont tous des choses à se reprocher et/ou à cacher et…les spectateurs dans la salle également. Ils en sont du coup également les acteurs et se demandent forcément au fur et à mesure que le jeu dérape si toute vérité est bonne à dire…Le film, et sa fin décevante en forme de pirouette, se garde d’ailleurs bien de prendre position en rattrapant in extremis ses personnages au bord du gouffre. Dommage que le dérapage ne soit pas incontrôlé jusqu’au bout.

    Inédit. 3 étoiles. « Le Jeu ». RTS 1, lundi 28 septembre, 20h45.

    IMG_1867.jpgEn juillet 1967 et pendant cinq jours, Detroit connaît des émeutes d’une rare violence qui causent la mort de 43 personnes et en blessent 467 autres. L'évènement déclencheur est une descente de police dans un bar clandestin symbole de la culture noire. Les pillages, les incendies et les tirs d'armes à feu prennent une telle ampleur que les forces policières de la ville sont complètement débordées, avec comme conséquence une intervention de l’armée et de la garde nationale du Michigan pour rétablir l’ordre.

    Bien que ces émeutes ne puissent être qualifiées de raciales, puisque des Blancs y ont aussi participé et y ont été tués (10 sur les 43), ces cinq jours de guérilla urbaine ont mis à jour les tensions raciales existantes, notamment du côté de la police qui a pu faire preuve d’une rare brutalité à l’encontre d’Afro-américains.

    En se basant sur des faits réels, « Detroit » illustre ces tensions raciales et cette violence policière gratuite au travers d’un épisode particulièrement violent qui se déroule l’espace d’une nuit dans un motel où trois policiers débarquent à la recherche d’un sniper. Ils vont faire connaître l’horreur à ses occupants.

    Il y a trois parties dans « Detroit ». La première met en scène le contexte des émeutes et les personnages qui se trouveront pris au piège par la suite dans le motel, la deuxième, qui est pour ainsi dire un huis clos, qui raconte les événements de cette nuit d’horreur, et la troisième qui voit se dérouler l’enquête et le procès.

    « Detroit » est un film violent, particulièrement sur le plan psychologique. La tension qui y règne, spécialement dans la deuxième partie, est par moment à la limite du supportable. La manière de filmer de Kathryn Bigelow, 3 ou 4 caméras qui tournent en même temps autour des acteurs en mouvement, et des acteurs irréprochables donnent une impression de réalisme qui fait froid dans le dos. Un film coup de poing, âmes sensibles s’abstenir, formellement irréprochable et essentiel parce qu’il a des résonances politiques toujours bien actuelles aux Etats-Unis.

    4 étoiles. « Detroit ». ARTE, dimanche 27 septembre, 20h55 et jeudi 1er octobre, 23h40.

    IMG_1948.jpgK est chasseur de réplicants (sorte d’esclaves créés par les humains) récalcitrants et lui-même réplicant, mais avec un supplément d’âme qui lui viendrait des souvenirs qu’on lui a fabriqués. Il a pour mission de chercher et d’éliminer la personne qui apparemment serait née de la liaison entre un réplicant et un humain car si cela se vérifiait, alors l’équilibre du monde en serait bouleversé.

    A partir de ce synopsis, on pourrait imaginer que « Blade Runner 2049 » est un film d’action qui se déroule dans un univers futuriste – pourquoi faut-il que cet univers, même s’il est en l’occurrence visuellement réussi, soit toujours sombre, à moitié détruit, que la pluie tombe sans arrêt, que les gens soient sales, pauvres et désespérés et que les voitures volent ? – et qui questionne sur la relation entre les humains et les créatures qu’ils ont créés.

    Or, sur l’extrême longueur du film (2h45), il doit y avoir un tiers, et encore, d’actions et les questions existentielles sont à peine effleurées. C’est le sentiment d’un vide abyssal qui domine, une bonne partie du film consistant à suivre K (Ryan Gosling peu concerné) dans ses déplacements. Les coups de corne de brume exagérément forts qui font office de musique, et à la longue insupportables, tiennent « heureusement » le spectateur éveillé. Il y a bien un sursaut au moment où Harrison Ford fait enfin son apparition après 1h45 (!) de film. C’est à n’en pas douter le meilleur moment de « Blade Runner 2049 » dont la fin est aussi décevante que le reste.

    1 étoile. « Blade Runner 2049 ». France 2, dimanche 27 septembre, 22h50.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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