Télévision - Page 2

  • Du grand au petit écran : « Confident royal »

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    IMG_0987.jpgUne fois de plus, la réalité dépasse la fiction et fournit au cinéma une histoire qu'il n'aurait pas osé imaginer. En 1887, la Reine Victoria, en fin de règne, fait la connaissance d’un serviteur indien, Abdul Karim. Ce dernier, venu du « sous-continent » colonisé par les Britanniques pour remettre de manière folklorique un présent à la souveraine à l’occasion de son jubilé d’or pour ses 50 ans de règne, va rapidement côtoyer de très près la reine tombée sous son charme pour le plus grand désespoir de la Maison royale. 

    Sous ces airs plutôt légers, les situations comiques sont nombreuses, « Confident royal » aborde pourtant des thèmes qui sont toujours d’actualité sur les différences sociales, religieuses ou d’origine. Voir la monarque, au caractère bien trempé, adopter une attitude empreinte de compréhension et de tolérance face à Abdul le musulman est souvent jubilatoire. Il faut dire que contrairement à la Cour qui fait preuve d’hypocrisie à son égard, Abdul est la fraîcheur incarnée et prend la reine comme elle est et cherche avant tout à partager avec elle. 

    Ce duo, qui a construit une complicité hautement improbable dans la réalité, la reproduit à l’écran grâce au talent reconnu de Judi Dench, une fois encore remarquable, mais aussi à celui d’Ali Sazal qui rend crédible le fait que la reine Victoria soit tombée sous son charme. Les décors sont à la hauteur et les personnages qui les entourent, bien qu’un peu caricaturaux, plutôt convaincants dans leur couardise face à la reine quand il s’agit de tenter de lui faire comprendre que la présence d’Abdul est incongrue.

    Si l’on peut reprocher au film d’être un peu répétitif sur la longueur et de laisser sur sa faim le spectateur sur la suite de la vie d’Abdul après cet épisode « victorien », il convient de souligner que « Confident royal » allie divertissement et réflexion avec subtilité. Et c’est déjà beaucoup.

    Inédit. 4 étoiles. « Confident royal ». RTS 1, lundi 15 juin, 20h45.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : « Pentagon Papers »

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    IMG_0941.jpgLe film a tout pour plaire : un réalisateur chevronné, Steven Spielberg, deux acteurs principaux prestigieux, Meryl Streep et Tom Hanks, et un sujet passionnant, la liberté d’expression. Dans le contexte américain actuel, avec un Donald Trump qui ne se gêne pas d’attaquer les médias, le rapprochement avec les événements qui se sont déroulés en 1971 est vite fait. Et Steven Spielberg ne s’en cache pas.

    « Pentagon Papers », nom du document de 7000 pages émanant du département de la défense détaillant l’implication politique et militaire américaine dans la guerre du Vietnam, raconte l’histoire de Katharine Graham, directrice du Washington Post, et de son rédacteur en chef Ben Bradlee qui vont se retrouver confronter au gré des circonstances à un dilemme monumental : publier ou non des extraits dans le journal de ce document au risque de tout perdre, y compris leur liberté.

    Résumé de cette manière, on imagine que « Pentagon Papers » fera la part belle au drame avec une énorme tension et un suspense par moment insoutenable. Tel est bien le cas, mais hélas seulement dans la deuxième moitié du film. Avant d’y parvenir, il aura fallu affronter une mise en place du contexte qui à vouloir être trop démonstrative et didactique (que de paroles !) en devient laborieuse et franchement ennuyeuse.

    Mais heureusement, le film décolle quand il entre dans le vif du sujet et devient franchement intéressant. On se met alors à apprécier la mise en scène, la reconstitution minutieuse d’une rédaction du début des années 70 et le côté résolument féministe du film incarné par une Meryl Streep, comme toujours excellente. Au final, et malgré cette seconde partie plutôt réussie, le bilan est globalement décevant pour un film dont on attendait beaucoup plus sur le…papier.

    Inédit. 2 étoiles. « Pentagon Papers ». RTS 1, lundi 8 juin, 20h40.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran: « La La Land »

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    74FC8804-5560-4442-8960-7DB6F3444A54.jpeg6 Oscars 2017, mais pas celui de meilleur film, un battage médiatique énorme, des critiques pour la plupart élogieuses et pourtant « La La Land » n’est pas le chef d'œuvre annoncé. Cet hommage aux comédies musicales des années cinquante est esthétiquement une réussite: la photographie, les costumes et les décors nous font replonger dans l'âge d'or des comédies musicales avec un côté moderne puisque l'action se passe de nos jours. La musique, les chansons et les danses sont plutôt entraînantes. Ryan Gosling et Emma Stone sont craquants et très investis dans leur rôle de pianiste de jazz et de comédienne à la poursuite de leur rêve.

    Mais « La La land » est à l'image de la vie de ses deux héros: il y a des hauts et des bas. Un début sur les chapeaux de roue, puis ça patine dans le mélo avant de reprendre son envol pour se terminer avec une fin qui tire en longueur et qui n’assume pas le conte de fées jusqu'au bout. « La La Land » ne manque donc pas de qualités, sans pour autant susciter un fol enthousiasme. Il y manque indéniablement ce qui fait la marque des tout grands films: de l'émotion.

    3 étoiles. « La La Land ». RTS 2, jeudi 4 juin, 20h55.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : « Primaire »

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    IMG_0873.jpgFlorence est passionnée par son métier et gère le mieux qu’elle peut son rôle d’enseignante et de mère divorcée d’un enfant qui est dans sa propre classe, ce qui n’est d’ailleurs pas sans poser certains problèmes. Cet équilibre sera rompu quand Sacha, un élève en difficulté en raison de sa situation familiale, fera son apparition dans la vie de Florence remettant en question ce en quoi elle croit.

    Sara Forestier est très convaincante dans le rôle de cette enseignante attachée non seulement à transmettre des connaissances, mais également à mettre en place les conditions pour que chacun trouve sa place au sein de la classe. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si une élève autiste occupe un rôle en vue dans le film.

    Il y a certes quelques facilités scénaristiques, mais le film est dans l’ensemble crédible et rend hommage à cette profession difficile d’enseignant. On suit donc avec plaisir - on rit souvent grâce à des situations comiques et à des dialogues qui font mouche - et parfois émotion cette classe de CM2 (élèves de 10-11 ans) jouée par des enfants confondants de naturel, la palme revenant à l’acteur qui joue le fils de Florence, absolument épatant.

    3 étoiles. « Primaire ». RTS 2, jeudi 28 mai, 20h55.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran: « Baby Driver », « Wonder Woman », « Le Brio »

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    2A61A190-F630-4832-BAE6-7355ADAFE6E6.jpegBaby a une dette envers un grand patron du crime qu’il doit rembourser en mettant ses qualités de conducteur hors du commun au service de braqueurs de banque. Pour être le meilleur dans son domaine, il roule au rythme endiablé de sa propre playlist, un comportement qui cache un drame vécu dans son enfance. Le jour où il rencontre la fille de ses rêves, Baby cherche à mettre un terme à ses activités criminelles. Mais pas facile de se faire oublier du milieu quand on possède des qualités comme les siennes. 

    Film d’action avec des courses poursuite, spécialement la première qui vaut le déplacement à elle toute seule, très spectaculaires, « Baby Driver » tient la route, notamment grâce à une bande-son omniprésente qui joue un rôle à part entière. Alors, certes, le scénario n’est pas d’une folle originalité et l’histoire d’amour est franchement nunuche à tel point qu’on se demande s’il ne faut pas la prendre au second degré, à l’image des gangsters qui sont des caricatures d’eux-mêmes. Divertissant.
     
    Inédit. 3 étoiles. « Baby Driver ».  RTS 1, lundi 25 mai, 20h40.
     
    80EC691B-2040-4B42-9105-BFEBA8D75706.jpegDiana est la fille de la reine des Amazones et vit sur une île paradisiaque à l’abri des regards. Elle est entraînée durement pendant sa jeunesse afin de devenir une guerrière imbattable au cas où les Amazones seraient attaquées, ce que craint sa mère qui lui a caché ses véritables origines. Mais avant de régler ses comptes avec le passé, Diana va affronter le monde réel et utiliser ses super pouvoirs au service de la paix.
     
    « Wonder Woman » commence gentiment dans une ambiance kitsch assumée pour souligner le côté mythologique des origines des Amazones, puis prend tout son sens au fur et à mesure que l’histoire avance rendant d’autant plus jubilatoire l’arrivée totalement décalée de Diana dans le Londres très masculin de 1918. Femme libérée et en tenue légère, Diana se trouve plongée dans un monde qui est son exact opposé, ce qui donne lieu à des scènes fort drôles tout en permettant à l’intrigue d’avancer d’un bon pas. On ne s’ennuie en effet pas une seconde durant les deux heures et vingt minutes que dure le film, les rebondissements étant nombreux et parfois inattendus. Le seul reproche que l’on peut faire est que la confrontation finale pourrait durer facilement cinq minutes de moins. 
     
    Pour le reste, les effets spéciaux sont à la hauteur de ce que l’on peut attendre d’un film de super héroïne, les scènes d’action sont captivantes et s’intègrent fort bien avec des scènes plus intimes sans mièvrerie, les personnages secondaires sont très sympathiques ou très inquiétants et enfin Gal Gadot est une Wonder Woman très crédible et à la plastique irréprochable, comme il se doit pour le personnage. « Wonder Woman » est donc un très bon divertissement.

    4 étoiles. « Wonder Woman ».  RTS 1, samedi 23 mai, 22h15.

    4BEA3CA6-AE07-49AB-AD23-BA734BA3B596.jpegNeïla Salah a grandi dans la banlieue et aimerait devenir avocate. Inscrite dans une université parisienne réputée, elle va être confrontée dès le premier jour à Pierre Mazard, professeur de droit cynique et coutumier de provocations et dérapages plus que limites. Sous la menace d’un renvoi de l’université, il va alors, pour tenter de se racheter une conduite, prendre sous son aile, à son cœur défendant, Neïla pour la préparer au concours d’éloquence.

    « Le Brio » s’appuie sur un schéma cinématographique bien connu, à savoir la confrontation entre deux personnages que tout oppose, mais qui vont petit à petit s’apprivoiser avec des hauts et des bas. En cela, il n’est pas très original et le scénario n’évite pas toujours l’écueil de la facilité et de certains clichés, comme par exemple avec la scène finale décevante. 

    Mais ce défaut n’est de loin pas rédhibitoire, car les dialogues sont très bien écrits, ce qui est quand même mieux pour un film qui parle de l’art de la rhétorique. Ils sont également fort bien interprétés par Daniel Auteuil, au mieux de sa forme dans un rôle de professeur qu’on adore détester, et par Camélia Jordana, plus connue jusqu’ici en tant que chanteuse, qui lui donne la réplique à la fois avec de l’aplomb, mais aussi avec une grande finesse. La mise en scène, plutôt inventive pour éviter au spectateur de se lasser de ces joutes verbales, et de l’émotion bien dosée font de « Le Brio » un film tout à fait recommandable.

    4 étoiles. « Le Brio», France 2, dimanche 24 mai, 21h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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