Télévision - Page 3

  • Du grand au petit écran : « Les Vieux fourneaux »

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    IMG_0640.jpgAdapté de la bande-dessinée française du même nom, le film met en scène trois septuagénaires, Pierrot, Mimile et Antoine, des amis d’enfance, qui vont se retrouver dans leur village natal suite au décès de l’épouse d’Antoine. Cet événement, sous l’œil interrogateur de la petite-fille d’Antoine, va faire remonter, petit à petit, à la surface des secrets que les trois vieux pensaient enfouis à tout jamais.

    « Les Vieux fourneaux » est avant tout une comédie, même si on y sourit plus qu’on y rit, à l’exception du début où les frasques de Pierrot sont plutôt drôles, quoiqu’un peu trop répétitives. Pierrot, c’est Pierre Richard, en pleine forme à 84 ans, bien plus convaincant que ses comparses Roland Giraud et surtout Eddy Mitchell qui semble peu concerné par son rôle. Après un départ sur les chapeaux de roue, le film perd ensuite le rythme en raison d’une intrigue qui prend trop de temps pour se mettre en place et l’ennui n’est pas loin.

    Heureusement, la seconde partie, qui se transforme en une sorte de road movie, est plus réussie. La tendresse laisse avantageusement la place à la pure comédie grâce, notamment, à la touchante performance d’Henri Guybet. La dernière partie du film privilégie carrément l’émotion avec une scène très réussie sous la forme d’un dessin animé qui dénoue l’intrigue. 

    Inédit. 2 étoiles. « Les Vieux fourneaux ». RTS 1, lundi 20 avril, 20h20.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : « Manchester by the Sea », à ne pas manquer

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    « Manchester by the Sea » n'est certes pas un film drôle. Mais est-ce une raison, malgré la période difficile que nous traversons, pour diffuser cet excellent film au milieu de la nuit et risquer ainsi de le manquer malgré le replay? Poser la question, c'est y répondre!

    Lee Chandler est concierge à Boston. Il est taciturne, fuit la compagnie et provoque des bagarres dans les bars quand il a trop bu. Lorsque son frère décède subitement d’une crise cardiaque, il doit retourner à Manchester, une heure et demi de voiture de Boston, pour s’occuper des funérailles et apprendre que son frère l’a désigné comme tuteur de son neveu de 16 ans l’obligeant à se confronter à un passé tragique avec lequel il tente de vivre ou plutôt survivre.

    « Manchester by the Sea » est un film dramatique. On découvre au fur et à mesure, par petites touches grâce à des flashbacks qui s’imbriquent naturellement dans le film, l’histoire de cet homme qu’un événement a brisé. La mission que lui a confiée son frère sera-t-elle l’occasion d’un nouveau départ ou y a-t-il des drames dont on ne se remet pas parce qu’ils sont définitivement trop lourds à porter ?

    « Manchester by the Sea » est un film sans aucune fausse note, parfaitement écrit (Oscar 2017 du meilleur scénario), réalisé, monté et photographié. Malgré son sujet difficile, il ne tombe jamais dans le pathos, tout est fait en finesse à l’image du formidable jeu des acteurs, avec une mention spéciale pour Casey Affleck, époustouflant et bouleversant, qui a reçu l’Oscar 2017 du meilleur acteur pour ce rôle. Un film d’une grande humanité qui aurait mérité, redisons-le, d’être programmé à un horaire bien plus favorable !

    Inédit. 5 étoiles. « Manchester by the Sea ». RTS 1, nuit du jeudi 16 au vendredi 17 avril, 00h30.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : « 3 jours à Quiberon » fait revivre Romy Schneider

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    IMG_0623.jpgInspiré de la dernière interview que Romy Schneider a donné en allemand au magazine Stern quelques mois avant sa mort, « 3 jours à Quiberon » fait revivre la star grâce à l’incroyable performance et ressemblance de Marie Bäumer avec Romy Schneider. C’est troublant et fascinant. C’est indéniablement la grande réussite de ce film en noir et blanc, choix tout à fait pertinent puisque le film passe de l’ombre à la lumière, en privilégiant malheureusement trop souvent le côté sombre.

    C’est ainsi qu’au cours de ces trois jours, on découvre une femme qui traverse une crise existentielle et qui ne sait plus comment concilier sa vie privée, son rôle de mère et sa carrière. Elle en parle en toute liberté et sans filtre, dans des scènes souvent trop longues qui conduisent à l’ennui, à un journaliste et un photographe, le plus souvent sous l’emprise de l’alcool et une cigarette constamment allumée. Quand l’interview s’interrompt, l’actrice, bien éméchée, va dormir avec l’aide indispensable de somnifères pour faire taire ses démons intérieurs.

    C’est à tel point pathétique que le journaliste va finir par être mal à l’aise et le spectateur avec lui. Il y a heureusement quelques scènes radieuses et empreintes de bienveillance, particulièrement celles avec le photographe et l’amie de Romy venue lui rendre visite, qui évitent de tomber complètement dans la déprime après avoir vu le film à éviter.

    Inédit. 2 étoiles. « 3 jours à Quiberon ». ARTE, mercredi 15 avril, 20h55.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : « Au revoir là-haut »

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    IMG_0383.jpgAdapté à l’écran un roman de près de 600 pages qui a été récompensé par le Prix Goncourt en 2013, tout en gardant son esprit sans en faire pour autant un film fleuve, relevait du défi. Albert Dupontel, devant et derrière la caméra, l’a relevé avec brio en s’associant avec l’auteur du livre, Pierre Lemaitre.

    Edouard Péricourt et Albert Maillard se sont connus dans les tranchées de la première guerre mondiale sous le commandement de l’ignoble lieutenant Pradelle. Edouard, dessinateur de talent, est gravement blessé au visage lors d’une bataille peu avant l’armistice. Albert, à qui Edouard a sauvé la vie juste avant sa blessure, va alors faire tout son possible pour soutenir son ami au plus mal physiquement et moralement jusqu’au jour où Edouard a l’idée de monter une arnaque aux monuments aux morts qui va déclencher des rebondissements en cascade.

    « Au revoir là-haut » est un film de grande qualité grâce à son scénario - qui mêle comédie, tragédie et poésie - son esthétisme, sa lumière, ses décors, sa mise en scène, ses masques magnifiques, qui permettent à Edouard le défiguré d’exprimer ses sentiments, sa créativité et bien évidemment ses personnages, tous remarquablement interprétés, qui ne laissent pas indifférents qu’ils soient du côté des « gentils » ou des « méchants ».

    Mis à part quelques longueurs par-ci, par-là qui font parfois retomber l’émotion, « Au revoir là-haut » est un film magnifique aussi bien du point de vue du fond, d’une grande actualité malgré que l’action se passe il y a un siècle, que de celui de la forme, très réussie.

    4 étoiles. « Au revoir là-haut ». France 2, dimanche 5 avril, 21h00.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : « Tu ne tueras point »

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    IMG_0486.jpgEnvie de voir un film qui vous prend aux tripes ? Alors, « Tu ne tueras point » est pour vous. A une condition toutefois : ne pas être une âme sensible, car les scènes de bataille de la deuxième partie du film sont d'un réalisme hallucinant, par moment à la limite du supportable.

    Basé sur une histoire vraie, « Tu ne tueras point » raconte l'histoire de Desmond Doss, un jeune homme qui veut absolument s'engager dans l'armée américaine pour servir son pays au cours de la seconde guerre mondiale tout en refusant de porter une arme, sa foi le lui interdisant.

    La première partie du film est consacrée à l'enfance de Desmond, ce qui permet de comprendre les fondements de son objection de conscience, et à sa rencontre avec la femme de sa vie. Elle va être à l'origine, de par son métier d'infirmière, de l'engagement que Desmond souhaite avoir au sein de l’armée : soldat sanitaire pour sauver des vies. Seulement, même dans cette fonction, refuser de porter une arme revient à être un objecteur de conscience. Avant de pouvoir aller sur les champs de bataille, Desmond va tout d'abord devoir se battre, sans violence, contre les idées reçues de ses camarades et les instances militaires qui veulent s'en débarrasser. Vainqueur de ce combat, Desmond pourra alors, dans la deuxième partie du film, remplir la mission qu'il s'est fixée avec l'aide de Dieu.

    « Tu ne tueras point » est un film qui ne laisse pas indifférent, et ce bien au-delà de la dureté des scènes de bataille qui montrent bien l'horreur de la guerre. Il questionne sur la foi qui peut renverser les montagnes, sur la violence intériorisée et ce que l'on peut en faire, sur le besoin de s'engager malgré sa différence, sur l'absurdité de la guerre. Le film de Mel Gibson, 6 nominations aux Oscars 2017, n'est pas parfait. On peut lui reprocher quelques longueurs, un brin de manichéisme et d'appuyer un peu trop sur la foi de Desmond.

    Mais ces défauts sont largement compensés par des images à couper le souffle, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard, un montage brillant, des acteurs excellents, à commencer par Andrew Garfield qui donne toute sa crédibilité à ce soldat venu d'ailleurs, un suspense par moment insoutenable et des émotions tout au long du film qui finissent par vous clouer sur votre siège au moment du générique de fin.

    Inédit. 4 étoiles. « Tu ne tueras point ». France 3, jeudi 26 mars, 21h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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