Télévision - Page 5

  • Du grand au petit écran : tout le monde le sait, et pourtant...

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    IMG_3522.jpgGrand Prix du Festival de Cannes 2018, « BlacKkKlansman » est une adaptation de l’autobiographie de Ron Stallworth, policier afro-américain qui au début des années 70 a infiltré le Ku Klux Klan avec l’un de ses collègues. Comment un policier noir a-t-il pu réaliser une prouesse pareille ? 

    C’est ce que le film nous apprend dans une première partie qui s’apparente à une comédie, avec de l’ironie et des charges à peine voilées contre Trump. Au fur et à mesure que le suspense augmente, le film devient plus dramatique, en gardant toutefois une certaine légèreté. Légèreté qui disparaît totalement au cours des cinq dernières minutes qui rappellent les événements de Charlottesville en 2017 et ses manifestations d’extrême droite. « BlacKkKlansman » est donc un film militant qui n’évite pas toujours la caricature. 

    En effet, les membres du Ku Klux Klan en prennent la plupart pour leur grade, mais comment pourrait-il en être autrement quand on est prêt à tuer des gens uniquement en raison de la couleur de leur peau ? La très belle scène en montage alterné, où l’on voit d’un côté les membres du KKK s’enthousiasmer à la vision d’un film muet de 1916 d’un racisme à faire froid dans le dos et de l’autre des étudiants noirs écoutés religieusement un témoin (Harry Belafonte, 91 ans, émouvant) qui raconte les conséquences que ce film a eues sur la condamnation d’un jeune noir en 1917, est à cet égard très explicite.   

    Au final, un film qui n’a pas peur des ruptures de ton, ce qui fait sa force, et qui tient en haleine du début à la fin dans une atmosphère seventies très réussie et avec d’excellents acteurs.

    Inédit. 4 étoiles. « BlacKkKlansman ». RTS 1, lundi 12 juillet, 20h35.
    ARTE, mercredi 14 juillet, 20h55.

    Everybody knows.jpg« Everybody knows » emprunte les codes du thriller psychologique pour mettre en scène un secret familial, pas si secret que ça d’ailleurs, d’où le titre du film, qui va éclater au grand jour à l’occasion d’un mariage.

    L’action de situe en Espagne dans un village où tout se sait, mais sans forcément se dire. C’est sur ce principe de réalité qu’« Everybody knows » est construit, ce qui permet au scénario de jouer sur les sentiments, souvent contradictoires, entre les (trop) nombreux personnages, mais aussi d’y inclure des rebondissements. Pas très original. Ce ne serait pas très grave si ces derniers donnaient un rythme soutenu à l’action et qu’ils étaient un tant soit peu crédibles. 

    Or, force est de constater que le film a des longueurs. Elles sont dues au fait que l’action manque par moment de clarté et de crédibilité et qu’il n’est pas toujours facile de savoir où le réalisateur veut en venir. Le dénouement dans la précipitation de l’intrigue et une fin bâclée en sont d’ailleurs la parfaite illustration. 

    Ceci étant dit, la mise en scène est réussie, la photographie magnifique et la distribution est excellente avec une mention toute particulière pour Javier Bardem qui crève l’écran. Ce n’est déjà pas si mal, mais tout de même insuffisant pour effacer le sentiment de déception qui domine. 

    2 étoiles. « Everybody knows ». France 3, lundi 12 juillet, 21h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran: un parasite à ne pas fuir

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    2B418701-C73D-44BF-93AA-5BE3591EF45C.jpegPalme d’or du Festival de Cannes 2019, « Parasite », long-métrage coréen, a beaucoup d’atouts : un scénario intelligent qui tient le rythme pratiquement du début à la fin avec un énorme coup de théâtre au milieu qui redistribue les cartes, une mise en scène au cordeau, une superbe photographie et une excellente distribution. Si on ajoute à toutes ces qualités, celle d’un film qui commence comme une comédie jubilatoire qui se dirige en cours de route vers le thriller pour finir par flirter avec le film d’horreur, on aura compris que « Parasite » est un film que les cinéphiles ne manqueront pas.

    « Parasite », c’est l’histoire de la famille Ki-taek dont tous les membres sont au chômage. Un jour, le fils se fait recommander par un camarade d’école pour donner des cours particuliers d’anglais à la fille aînée de la riche famille Park. Une fois dans la place, il réussit à faire engager sa sœur, début d’un engrenage qui va devenir de plus en plus incontrôlable.

    Le réalisateur Bong Joon Ho qualifie son film « de comédie sans clowns, d’une tragédie sans méchants » qui décrit « ce qui arrive lorsque deux classes se frôlent dans cette société de plus en plus polarisée. » En résumé, un conte cruel sur le choc des classes réalisé avec très grande classe.

    5 étoiles. « Parasite». RTS 1, lundi 28 juin, 20h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran: l’art de mentir et de calculer

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    33D32DD1-D563-4DB5-A0F9-D6A0E5341BC1.jpegArnaqueur professionnel, Roy Courtney a ferré son prochain gros poisson sous les traits de la sémillante Betty McLeish, récemment devenue veuve et dont la fortune se monte à plusieurs millions de livres sterling. Son numéro de charme semble opérer dès la première rencontre et la cible facile à duper.

    Comme on peut facilement s’en douter à la lecture de ce synopsis, il ne va au bout du compte pas être si simple pour Roy Courtney de tromper Betty McLeish, mais pas pour les raisons que le spectateur imagine dans la première partie du film. Et c’est là tout l’intérêt du scénario qui nous emmène sur des voies inattendues et qui maintient le suspense jusque peu avant la fin. C’est certes par moment un peu tiré par les cheveux, mais ça passe tout de même grâce en grande partie à l’excellent duo Hellen Mirren – Ian Mckellen qui vaut à lui tout seul la peine de voir le film. Les regarder jouer au chat et à la souris est en effet un pur bonheur.

    Si la réalisation n’a rien de révolutionnaire, « L’Art du mensonge », et ce malgré un sujet finalement pas aussi léger qu’il en a l’air, est un film qui se laisse voir avec un plaisir certain et permet de commencer sur de bonnes bases l’année cinématographique 2020.

    Inédit. 3 étoiles. « L’Art du mensonge ». RTS 1, lundi 14 juin, 20h45.

    BD74F647-557E-400A-8AE6-67CFE72B501F.jpegLe titre original « Gifted », (sur)douée, résume à lui tout seul le sujet du film qui raconte l’histoire de Mary, une fille de 7 ans qui a un talent hors du commun dans le domaine des mathématiques. Elle vit avec son oncle qui veut lui donner une vie la plus normale possible malgré ce don extraordinaire afin de ne pas revivre le drame qu’il a vécu quelques années auparavant. Mais c’est sans compter avec sa mère qui va faire irruption dans leur vie et tenter, au travers de sa petite-fille, de renouer avec un passé pourtant dévastateur.

    Le moins que l’on puisse écrire est que cette trame ne brille pas par son originalité, même si la question soulevée sur la place à donner aux enfants surdoués est intéressante, et qu’il n’y a pas besoin d’être un génie pour deviner ce qu’il va se passer. Heureusement, les deux interprètes principaux du film tiennent la route et sont l’incontestable point fort du film.

    C’est ainsi que Chris Evans, bien loin du personnage de « Captain America », est touchant dans le rôle de celui qui veut le meilleur pour sa nièce, mais qui doute beaucoup sur les bons choix à faire. Quant à Mckenna Grace, elle est tout simplement bluffante dans le rôle de Mary passant d’une expression à l’autre avec un formidable naturel. Grâce à son duo d’acteurs, et malgré sa faiblesse scénaristique, son côté téléfilm et quelques invraisemblances, « Mary » se laisse donc voir sans déplaisir, mais sans plus. 

    2 étoiles. « Mary». RTS 1, jeudi 17 juin, 21h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : du fantastique, du rire et de l'aventure

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    IMG_1703.jpgElisa est nettoyeuse dans un laboratoire gouvernemental ultrasecret en pleine guerre froide à la fin des années 50. Elle est muette et mène une vie solitaire dans un appartement qu’elle partage avec un homosexuel âgé tout aussi seul qu’elle. Sa vie va basculer lorsqu’elle va tomber amoureuse d’une créature emprisonnée au sein de ce laboratoire et en danger de mort en raison des expériences qui sont faites sur elle.

    Conte fantastique érigé en hymne (trop) appuyé à la tolérance (l’héroïne est muette, son colocataire est homosexuel, sa meilleure amie noire et son amoureux une créature à la E.T., n’en jetez plus la coupe est pleine), « La forme de l’eau » a un défaut rédhibitoire : après dix minutes de film, on devine ce qui va arriver jusqu’à la dernière minute. La conséquence est que l’ennui n’est jamais bien loin et qu’on peine franchement à s’intéresser aux péripéties de ce couple hautement improbable. 

    Alors, certes, c’est plutôt agréable à regarder avec des couleurs qui font inévitablement penser à « Amélie Poulain » et c’est soigné jusque dans les moindres détails. Les actrices et acteurs sont à la hauteur avec une mention spéciale au méchant « très méchant » de l’histoire, Michael Shannon, et à l’amie d’Elisa, Octavia Spencer, une fois encore formidable. Mais cela ne suffit toutefois pas à susciter ce qui fait la marque des grands films : l’émotion. Tout est tellement prévisible et fait pour tirer sur la corde sensible du spectateur que cela en devient artificiel. Ce qui n’a pas empêché « La forme de l’eau » de recevoir l’Oscar 2018 du meilleur film… 

    2 étoiles. « La forme de l’eau ». France 2, dimanche 30 mai, 21h05.

    Dans son rôle de mère et veuve qui accueille à bras ouverts sa fille de 40 ans contrainte de retourner dans le domicile familial après avoir tout perdu, Josiane Balasko est parfaite. A la fois drôle, émouvante et espiègle, elle donne une grande crédibilité à son personnage de mère dévouée, mais aussi de femme d’un certain âge qui n’entend pas pour autant renoncer à sa vie intime dont ses enfants ignorent tout. Le potentiel comique de cette double vie est fort bien exploité dans le film et conduit à des scènes vraiment très drôles. 

    Il y a certes des facilités scénaristiques, spécialement la fin digne d’un happy end à l’américaine, et la mise en scène n’est pas très inventive. Mais ces défauts n’empêchent pas de passer un bon moment grâce à des dialogues bien écrits alternant entre humour vache et doux-amer, des scènes à pleurer de rire et des quiproquos bien trouvés. « Retour chez ma mère » est donc une comédie familiale plutôt réussie.

    3 étoiles. « Retour chez ma mère ». TF1, dimanche 30 mai, 21h05.

    Lors d’une expédition sur Mars, une terrible tempête oblige l’équipe à décoller précipitamment de la planète rouge. L’astronaute Mark Watney (Matt Damon), après avoir été heurté violemment par un objet, perd le contact avec ses camarades qui n’ont pas d’autre choix que de le laisser, le pensant mortellement blessé. Les aventures d’un homme seul, dans ce qui ressemble à un désert orange, pourraient a priori retenir celles et ceux qui auraient peur de s’ennuyer. Or, il n’en est rien. Il y a de l’action en permanence et le suspense, à la limite du soutenable dans la dernière partie, est présent de bout en bout. Les décors sont grandioses et la réalisation de Ridley Scott, un grand habitué des super productions, excellente. 

    La distribution est au diapason avec de nombreux seconds rôles auxquels on s’attache facilement. D’ailleurs, le côté « humain » du film prend le dessus sur son côté production américaine à gros budget, c’est tout dire. Le patriotisme souvent agaçant dans ce genre de film n’est pas complètement absent, il ne faut tout de même pas rêver, mais reste très acceptable : pour avoir une chance de sauver Mark, les USA devront même compter sur la Chine. Un excellent spectacle cinématographique qui risque toutefois de souffrir de son passage du grand au petit écran.  

    5 étoiles, « Seul sur Mars ». TMC, lundi 31 mai, 21h15.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : pour tous les goûts, ou presque

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    Everybody knows.jpg« Everybody knows » emprunte les codes du thriller psychologique pour mettre en scène un secret familial, pas si secret que ça d’ailleurs, d’où le titre du film, qui va éclater au grand jour à l’occasion d’un mariage.

    L’action de situe en Espagne dans un village où tout se sait, mais sans forcément se dire. C’est sur ce principe de réalité qu’« Everybody knows » est construit, ce qui permet au scénario de jouer sur les sentiments, souvent contradictoires, entre les (trop) nombreux personnages, mais aussi d’y inclure des rebondissements. Pas très original. Ce ne serait pas très grave si ces derniers donnaient un rythme soutenu à l’action et qu’ils étaient un tant soit peu crédibles. 

    Or, force est de constater que le film a des longueurs. Elles sont dues au fait que l’action manque par moment de clarté et de crédibilité et qu’il n’est pas toujours facile de savoir où le réalisateur veut en venir. Le dénouement dans la précipitation de l’intrigue et une fin bâclée en sont d’ailleurs la parfaite illustration. 

    Ceci étant dit, la mise en scène est réussie, la photographie magnifique et la distribution est excellente avec une mention toute particulière pour Javier Bardem qui crève l’écran. Ce n’est déjà pas si mal, mais tout de même insuffisant pour effacer le sentiment de déception qui domine. 

    Inédit. 2 étoiles. « Everybody knows ». RTS 1, lundi 24 mai, 20h55.

    IMG_1944.jpgDepuis 2002, l’Homme-Araignée tisse sa toile sur le grand écran : première apparition avec l’excellent film de Sam Raimi qui sera suivi de deux autres qui donneront eux-mêmes naissance à deux nouveaux, qui n’ont rien à voir avec les précédents, et qui finiront par accoucher d’une apparition de Spider-Man dans « Captain America – Civil War ». Spidey est donc entré dans l’univers Marvel, et peut à son tour attirer des Avengers dans sa toile comme Iron Man ou Captain America.

    C’est dans ce contexte cinématographique pour le moins complexe que s’inscrit « Spider-Man : Homecoming ». Le célèbre héros a désormais 15 ans (!), avec ses problèmes d’adolescent pubère pas intéressants pour deux sous, l’occasion de tout recommencer avec un mentor qui se nomme Iron Man bien décidé à ne pas (trop) faciliter la vie de l’apprenti Homme-Araignée pour devenir un Avenger à part entière. 

    Cette troisième renaissance de Spider-Man est à la hauteur concernant les effets spéciaux, mais c’est le moins que l’on puisse attendre de ce genre de film, et quelques scènes d’action sont réussies, notamment celles avec le Vautour interprété par un Michael Keaton convaincant. Il y a aussi parfois de quoi arracher quelques sourires. Mais ce super-héros-apprenti-qui-se-cherche, avec qui plus est un sacré coup de mou au milieu du film, met à mal la légende de l’Homme-Araignée et finit même par agacer.

    2 étoiles. « Spider-Man : Homecoming ». TF 1, dimanche 23 mai, 21h05.

    IMG_6487.jpgMai 1940. 400 000 soldats anglais sont pris en tenaille entre la mer du Nord et l’armée allemande sur les plages de Dunkerque. Pour éviter un massacre à grande échelle et rapatrier les troupes de sa Majesté, il va falloir compter sur les troupes françaises pour qu’elles empêchent le plus longtemps possible la Wehrmacht d’avancer, sur la Royal Air Force pour combattre les avions de chasse allemands prêts à larguer leurs bombes et enfin sur la flotte militaire et…civile anglaise. 
    Pour raconter cet épisode relativement peu connu de la seconde guerre mondiale, Christopher Nolan, le réalisateur, entre autres, de la trilogie Batman, d’Inception et d’Interstellar, a pris trois angles d’attaque avec des espaces-temps différents qui se rejoindront à la fin du film : une semaine pour les événements qui se déroulent sur terre, un jour pour ceux qui ont lieu sur mer et une heure pour ceux qui ont comme décor le ciel. 

    Ce choix de départ donne une très grande densité à l’action de la première seconde du film à sa quasi fin, cette dernière n’étant pas tout à fait à la hauteur du reste avec un côté héroïque qui s’accorde mal avec un film qui, justement, ne met pas particulièrement en avant un personnage plutôt qu’un autre. Il n’y a pas de temps mort dans « Dunkerque » et très peu de dialogues. Le film met en scène avec brio, et par moments émotion, ces soldats pris au piège sur terre et sur mer, le danger venant en premier lieu du ciel. A ce propos, les combats aériens sont à couper le souffle. 

    « Dunkerque » est un blockbuster, mais avec toutefois l’ambition d’être également un film d’auteur. Ambition réussie grâce à une maîtrise technique époustouflante, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard, une narration originale et, pour couronner le tout, une très belle distribution. Impressionnant.

    4 étoiles. « Dunkerque ». RTS 1, lundi 24 mai, 21h05.

    Blade runner 2049.jpgK est chasseur de réplicants (sorte d’esclaves créés par les humains) récalcitrants et lui-même réplicant, mais avec un supplément d’âme qui lui viendrait des souvenirs qu’on lui a fabriqués. Il a pour mission de chercher et d’éliminer celui ou celle qui apparemment serait né.e de la liaison entre un réplicant et un humain car si cela se vérifiait, alors l’équilibre du monde en serait bouleversé. 

    A partir de ce synopsis, on pourrait imaginer que « Blade Runner 2049 » est un film d’action qui se déroule dans un univers futuriste – pourquoi faut-il que cet univers, même s’il est en l’occurrence visuellement réussi, soit toujours sombre, à moitié détruit, que la pluie tombe sans arrêt, que les gens soient sales, pauvres et désespérés et que les voitures volent ? – et qui questionne sur la relation entre les humains et les créatures qu’ils ont créées. 

    Or, sur l’extrême longueur du film (2h45), il doit y avoir un tiers, et encore, d’actions et les questions existentielles sont à peine effleurées. C’est le sentiment d’un vide abyssal qui domine, une bonne partie du film consistant à suivre K (Ryan Gosling peu concerné) dans ses déplacements. Les coups de corne de brume exagérément forts qui font office de musique, et à la longue insupportables, tiennent « heureusement » le spectateur éveillé. Il y a bien un sursaut au moment où Harrison Ford fait enfin son apparition après 1h45 (!) de film. C’est à n’en pas douter le meilleur moment de « Blade Runner 2049 » dont la fin est aussi décevante que le reste.

    1 étoile. « Blade Runner 2049 ». TMC, lundi 24 mai, 21h15.

    Victoria.jpgVictoria est une superwoman qui évolue sur le fil du rasoir : avocate, deux enfants qu’elle élève seule tant bien que mal et des aventures sans lendemain, il n’en faut pas beaucoup plus pour que ce fragile équilibre soit rompu. Et c’est ce qui arrive quand son ami Vincent se voit accusé de meurtre et que Sam, un ex-dealer qu’elle a jadis défendu avec succès, s’immisce peu à peu dans sa vie. 

    La grande force de « Victoria », c’est sa direction d’acteurs. Ils sont tous impeccables qu’ils aient les rôles principaux ou secondaires. On a un plaisir jubilatoire à les voir jouer avec leur langage corporel et des dialogues percutants. Il y a des scènes loufoques et hilarantes, mais aussi d’autres où l’on rit jaune, car le drame n’est jamais très loin à l’image des hauts et des bas de son héroïne. Hauts et bas également présents dans le film avec un début poussif, quelques scènes répétitives et un « happy end » convenu. Mais pas de quoi toutefois gâcher la bonne impression générale. 

    3 étoiles. « Victoria ». RTS 2, jeudi 27 mai, 21h40.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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