Télévision - Page 7

  • Du grand au petit écran: « Ôtez-moi d’un doute »

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    983995E2-37DD-4E78-9CE2-0B6E5B3E8A78.jpegErwan est démineur. Cette profession n’a pas été choisie au hasard par la réalisatrice Carine Tardieu, puisqu’Erwan va voir sa vie littéralement exploser quand il va apprendre que son père n’est pas son père biologique. En recherchant son géniteur, alors que dans le même temps sa fille enceinte refuse de lui dire qui est le père de son enfant, Erwan va devoir gérer un conflit de loyauté entre celui qui l’a élevé et celui qui lui a donné la vie. Et ce n’est pas tout, puisqu’il va lui falloir gérer sa relation avec Anna, fille de son père biologique, qui ignore tout de la situation et qui a flashé sur lui.

    La lecture de ce synopsis fait penser à une pièce de boulevard et à une comédie bien lourde dont le cinéma français a le secret. Mais en fait, il n’en est (presque) rien. Malgré le côté « tiré par les cheveux » du scénario, particulièrement la fin qui est décevante, le film est agréable à regarder de bout en bout grâce à l’alternance de scènes tendres, voire émouvantes, et d’autres drôles, voire hilarantes grâce à Esteban qui, dans le rôle de Didier, est franchement génial.

    D’ailleurs, il vaut la peine d’aller voir le film rien que pour lui. Le reste de la distribution est également à la hauteur des attentes : François Damiens, André Wilms et Guy Marchand sont très touchants et Cécile de France apporte son énergie habituelle qui évite au film de tomber par moment dans le mélo. « Ôtez-moi d’un doute » n’est certes pas la comédie du siècle, mais c’est loin d’être désagréable.

    3 étoiles. « Ôtez-moi d’un doute ». France 2, dimanche 19 janvier, 21h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : quatre (très) bons films

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    IMG_9770.jpgMae est engagée chez The Circle, le groupe de nouvelles technologies et de médias sociaux le plus puissant du monde. Elle va petit à petit gravir les échelons au sein de l’entreprise et en devenir une figure emblématique en permettant aux internautes de suivre sa vie en direct grâce à une caméra branchée sur elle en permanence. Cela ne sera pas sans conséquence pour elle-même, pour ses proches et pour ses patrons.

    Faisant inévitablement penser à « The Truman Show » (1998) avec Jim Carrey, mais aussi à « Le prix du danger » (1983) d’Yves Boisset avec Gérard Lanvin, « The Circle » n’est toutefois pas aussi fort sur le plan dramatique que ces deux films. Il n’en demeure pas moins que le sujet est d’une brûlante actualité et qu’il interpelle sur les limites à ne pas dépasser en matière de protection de ses données personnelles et donc de sa sphère privée.

    A ce propos, quelques scènes du film font froid dans le dos et les nombreux commentaires des internautes incrustés directement sur l’écran font rire jaune au même titre que le cynisme du big boss de l’entreprise (Tom Hanks qui fait des apparitions) ou encore la fin plutôt réussie.

    Certes, « The Circle » démarre un peu trop lentement et sa facture est très classique. Il ne creuse pas assez son passionnant sujet, à l’image des seconds rôles insuffisamment développés et exploités, mais il est plutôt efficace, se laisse voir sans déplaisir et fait même un peu réfléchir.

    Inédit. 3 étoiles. « The Circle ». RTS 1, lundi 6 janvier, 20h45.

    IMG_9771.jpgPourquoi Tom est-il aussi agressif envers Damien qui fréquente la même classe que lui au point d’en venir aux mains ? Est-ce une question de différence de classe ? Tom est en effet le fils adopté d’un couple d’agriculteurs alors que la maman de Damien est médecin et son père militaire de carrière. Est-ce parce que Tom habite dans la montagne et qu’il marche plusieurs heures par jour pour se rendre à l’école alors que Damien habite en ville et que c’est sa mère qui l’accompagne en voiture ? Est-ce une question de couleur de peau, Tom étant métis ? Et si cette violence traduisait la peur, celle d’un désir inavouable ?

    Le film d’André Téchiné brosse avec pudeur, émotion, justesse et beauté le portrait de deux adolescents qui se cherchent, au sens propre et figuré, dans le décor magnifique des Pyrénées, le temps de l’année scolaire. Il est porté par deux jeunes acteurs excellents, avec une mention spéciale pour Kacey Mottet Klein dont la palette pour exprimer ses sentiments est impressionnante. Sandrine Kiberlain, qui a le très beau rôle de mère à la fois bienveillante, mais également cadrante quand il le faut, est également à la hauteur. Si le film comporte des longueurs, quelques scènes et personnages secondaires n’apportent pas grand-chose de plus à l’histoire, il n’en demeure pas moins que « Quand on a 17 ans » est globalement une réussite.

    Inédit. 4 étoiles. « Quand on a 17 ans ». RTS 1, jeudi 9 janvier, 23h20.

    IMG_9772.jpgFaire entrer le spectateur dans le film en une fraction de seconde n’est pas courant. C’est pourtant le cas de « La loi du marché » qui s’ouvre sur un plan de profil de Thierry qui fait part pendant quelques minutes à son placeur, le plus souvent hors champ, de son désarroi après sa période de chômage qui s’approche gentiment de la fin. Le ton du film est donné avec cette première scène : criant de vérité.

    Et ce sera le cas durant tout le film, à tel point d’ailleurs que par moment l’on a plus l’impression de voir un reportage qu’un film de fiction. Impression renforcée par le jeu des acteurs qui jouent leur propre rôle face au formidable professionnel qu’est Vincent Lindon, récompensé par le prix d’interprétation au Festival de Cannes.

    Mais « La loi du marché » est bel et bien une fiction, certes « réaliste », avec une tension dramatique dans sa deuxième partie quand Thierry retrouve un emploi de vigile dans un supermarché. Confronté de par sa nouvelle fonction à une certaine détresse humaine qui le renvoie à sa situation personnelle et à un dilemme moral, Thierry sera-t-il prêt à tout pour garder son emploi ? C’est tout l’enjeu de ce film hautement recommandable.

    4 étoiles. « La Loi du marché », France 3, jeudi 9 janvier, 21h05.

    IMG_9773.jpgSandra, Marion Cotillard bouleversante, a deux jours et une nuit pour convaincre la majorité de ses 16 collègues de renoncer à leur prime de 1000 euros pour qu’elle ne soit pas licenciée. Entre espoir et désespoir, le film tient en haleine le spectateur tout en l’interpellant à chaque fois que l’héroïne rencontre un.e de ses collègues : qu’aurais-je fait à sa place ? A noter une fin à la hauteur de ce film vraiment excellent à voir ou à revoir.

    5 étoiles. « Deux jours, une nuit ». Arte, mercredi 8 janvier, 21h00.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : Jack Sparrow, Ethan Hunt, Atomic Blonde, Barbara

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    IMG_9519.jpg« Pirates des Caraïbes : la vengeance de Salazar » est plaisant dans sa première partie. On a un réel plaisir à retrouver Jack Sparrow encore plus déjanté que d’habitude. Les premières minutes sont à la fois drôles et spectaculaires, à l’image de la scène de la condamnation à mort de Jack très réussie. La mise en place de l’intrigue est également intéressante avec la découverte de l’inquiétant Capitaine Salazar (Javier Bardem, excellent) et de sa bande de pirates prisonniers du Triangle du Diable. Les effets spéciaux pour donner vie, si on ose dire, à ces morts-vivants et leur bateau sont époustouflants. Il en est de même pour les premières batailles sur les flots.

    Et puis, au milieu du film, le soufflé retombe : l’intrigue n’avance guère, les rebondissements sont prévisibles, les combats de pirates se répètent, Johnny Depp caricature à outrance son personnage et le dernier quart d’heure est d’un ennui mortel, certes de circonstance compte tenu du thème du film ! Un cinquième épisode qui, au final, se nourrit des précédents en reprenant ce qui a fait leur succès : des personnages caricaturaux et attachants, de l’action, des effets spéciaux bluffants, une musique assourdissante et de l’humour. Sans doute suffisant pour satisfaire les fans, les autres passeront leur chemin. (2 étoiles)

    2 étoiles. « Pirates des Caraïbes : la vengeance de Salazar ». M6, dimanche 29 décembre, 21h05.

    IMG_9520.jpgOn retrouve pour la sixième fois Tom Cruise dans la peau d'Ethan Hunt. Sa mission va consister à réparer les dégâts qu'il a lui-même provoqués en refusant de sacrifier un membre de son équipe avec comme conséquence un vol de plutonium qui a permis à de dangereux terroristes de fabriquer trois bombes nucléaires. Il s'agira bien évidemment pour Hunt et son équipe d'éviter que l'irréparable ne se produise. Ce scénario, dont l'originalité n'est certes pas la première des vertus, est le prétexte à des scènes d'action plus incroyables les unes que les autres. Et tant pis pour les invraisemblances qui sont inhérentes à ce genre de film.

    Ce sixième opus est sans doute plus dramatique que les précédents, Ethan Hunt se retrouvant à plusieurs reprises confronté à son passé et à ses sentiments. Cela n'empêche toutefois pas des notes d'humour, également caractéristiques de la série. Tom Cruise est fidèle à lui-même. Il est toujours très crédible dans son rôle, à tel point qu'on dirait que le temps n'a pas prise sur lui au même titre d'ailleurs que le thème musical toujours aussi génial dans ses différentes déclinaisons. On ne voit pas passer les 2h30 du film, c'est tout dire.

    4 étoiles. « Mission impossible : Fallout ». RTS 1, mercredi 1er janvier, 21h00.

    IMG_9521.jpgL’agent Lorraine Broughton est une espionne anglaise qui doit se rendre à Berlin la semaine précédant la chute du mur de Berlin pour récupérer avant d’autres une liste où figurent les noms de nombreux espions. Il y a bien évidemment parmi eux une taupe qui n’est pas celle ou celui que l’on croit.

    « Atomic Blonde » possède un rythme effréné, ce qui a pour conséquence qu’on ne voit pas le temps passé, et est filmé comme un clip géant des années 80 avec une musique omniprésente (Nick Cave, Iggy Pop, David Bowie, New Order, Depeche Mode…). Des filtres caméra donnent à de nombreuses scènes une ambiance de boîte de nuit, le tout sur un fond d’hémoglobine dominant. « Atomic Blonde » est plutôt séduisant sur les plans visuel et auditif.

    Charlize Theron se glisse sans problème dans le rôle de cette espionne à qui rien ni personne ne résistent, à tel point qu’on en oublierait presque les nombreuses invraisemblances du scénario, à commencer par celle que Lorraine est toujours en vie à la fin du film. Pas sûr que James Bond et Jason Bourne survivraient à ce traitement. Réservé aux amatrices et amateurs du genre.

    2 étoiles. « Atomic Blonde ». RTS 1, mercredi 1er janvier, 23h20.

    IMG_9522.jpgMathieu Amalric rend hommage à Barbara dans un film dans le film qui met en scène une actrice qui joue la célèbre chanteuse. On la voit ainsi travailler son rôle, sa voix, ses chansons, ses partitions, ses gestes, ses scènes à apprendre, le tout se mêlant à sa propre vie de femme et à des images de Barbara qui apparaît de temps à autre grâce à des archives, sans que l’on soit toutefois toujours forcément sûr que ce soit bien elle et pas l’actrice.

    Difficile de se laisser emporter par un film qui mélange constamment fiction et réalité et qui part dans tous les sens. Alors certes, Jeanne Balibar est convaincante dans son rôle d’actrice qui joue Barbara au point de se confondre avec son modèle. Il y a également quelques scènes réussies, particulièrement celles qui laissent un peu de place aux chansons de Barbara, c’est le moins qu’on pouvait attendre d’un film sur la chanteuse. Mais le tout manque de cohérence et surtout d’émotion. Barbara méritait mieux (1 étoile).

    1 étoile. « Barbara », RTS 1, nuit du jeudi 2 au vendredi 3 janvier, 00h30.

    IMG_8255.jpgDans le volet final de cette trilogie débutée en 2011, César, leur très charismatique chef, doit défendre les Singes contre une armée humaine prête à tout, y compris à sacrifier les siens, pour les exterminer. De l’issue de cet affrontement dépendra non seulement la survie de chaque espèce, mais aussi l’avenir de la planète. « La Planète des Singes – Suprématie » est un film sombre. Le film donne une large place aux démons intérieurs qui agitent non seulement César, qui tente toujours de faire la part des choses entre le bien et le mal malgré le drame personnel qu’il endure au début du film, mais aussi le Colonel à la personnalité bien plus complexe qu’il en a l’air.

    Cette approche psychologique intéressante, déjà bien présente dans l’épisode précédent, a pourtant son revers de la médaille : elle ralentit par moment trop l’action. En effet, si le début du film est très réussi, son milieu connaît un sacré coup de mou. Heureusement, la dernière partie est un bon équilibre entre psychologie et action. Dommage donc que « La Planète des Singes – Suprématie » pêche par sa longueur (2h20) et quelques invraisemblances scénaristiques, car autrement c’est un film de qualité : les effets spéciaux sont toujours aussi bluffants – les singes sont plus…humains que jamais avec un jeu du regard des acteurs formidable, mention particulière à Andy Serkis dans le rôle de César – les décors, la photographie, la bande-son et bien évidemment la mise en scène sont remarquables.

    3 étoiles. « La Planète des Singes – Suprématie ». France 2, jeudi 2 janvier, 23h30.

    IMG_9393.jpgDonner à Dieu une apparence humaine, en l’occurrence Benoît Poelvoorde sensationnel, était déjà casse-gueule. Mais en plus en faire un type insupportable, le risque de blasphème n’était pas loin. Et pourtant, rien de tout cela dans le film de Jaco van Dormael, car si Dieu est parfaitement abject, mais tellement drôle, son épouse (Yolande Moreau pratiquement muette, mais dont le langage corporel est génial) et surtout sa fille Ea (Pili Groyne remarquable) font preuve de beaucoup…d’humanité !

    C’est d’ailleurs en quittant le royaume des cieux pour échapper à son horrible père qu’Ea, après avoir semé la zizanie sur Terre en balançant par SMS les dates de décès de tout le monde pour se venger de son géniteur, va faire écrire un tout nouveau Testament, fruit de sa rencontre avec six personnages, les six nouveaux apôtres.

    Six évangiles qui sont surréalistes, et donc complètement déjantées, et portées par de formidables acteurs dont Catherine Deneuve qui, dans un petit rôle, donne une fois de plus toute l’étendue de son talent en bourgeoise désabusée qui donne libre cours à ses fantasmes. Le film est truffé de gags très drôles qui tombent fort à propos quand son rythme menace de baisser. Les clins d’œil bibliques sont hilarants. La fin est à l’image du reste du film, très réussie.

    5 étoiles, « Le tout nouveau Testament ». ARTE, nuit du mardi 31 décembre au mercredi 1er janvier, 01h20.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : un très beau cadeau de Noël de la RTS

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    IMG_9437.jpgEté 1983, Lombardie. Elio, 17 ans, passe ses vacances dans une magnifique villa en compagnie de ses parents dont il est proche. Son père est un éminent professeur spécialiste de la culture gréco-romaine et sa mère traductrice. Il a grandi dans un milieu ouvert aux autres et a reçu une excellente éducation. Au cours de cet été, il va s’éveiller au désir de l’autre. Ce sera tout d’abord avec son amie Marzia, puis de manière de plus en plus irrésistible avec le séduisant Oliver, étudiant américain venu travailler auprès de son père.

    Luca Guadagnino, le réalisateur, fait de cette histoire simple, adaptée du roman éponyme d’André Aciman paru en 2007, un film qui se déguste comme une friandise. C’était d’ailleurs le but du réalisateur qui a déclaré que son film « ne devait pas être perçu comme une œuvre hyper-intellectualisée, mais comme une histoire d’amour attendrissante et exaltante. C’est une boîte de chocolats dans laquelle on pioche avec gourmandise. »

    Une belle métaphore pour illustrer un film lumineux, dans tous les sens du terme. La bande originale de « Call me by your name » est également un délice pour les oreilles. Quant à l’interprétation, elle est irréprochable, avec une mention toute particulière pour le jeune Timothée Chalamet d’une justesse incroyable jusqu’au dernier plan d’une folle intensité émotionnelle.

    En résumé, « Call me by your name » est beau, bouleversant, délicat, émouvant, érotique, fin, humain, intense, juste, romantique, sensible, sensuel, solaire, subtile et plus encore. Un très beau cadeau de Noël de la RTS à ne pas manquer !

    5 étoiles. « Call me by your name ». RTS 2, lundi 23 décembre, 21h05.

    IMG_9438.jpgKenneth Branagh signe cette nouvelle adaptation en jouant également le célèbre détective Hercule Poirot qui apparaît dans plus de 50 nouvelles et la moitié des romans d’Agatha Christie. Le réalisateur-comédien a apporté un soin tout particulier à son personnage en rassemblant toutes les descriptions faites par Agatha Christie dans ses écrits.

    Et force est de constater que cela se voit à l’écran, le personnage d’Hercule Poirot étant particulièrement développé aussi bien sur le plan psychologique que sur celui de l’apparence. Il est d’ailleurs à relever que du point de vue formel, le film n’est pas loin d’être irréprochable avec de magnifiques décors et costumes, des mouvements de caméra spectaculaires et une mise en scène qui tire le maximum de ce huis-clos ferroviaire.

    Mais ce bel emballage ne suffit pourtant pas à susciter un véritable intérêt pour l’enquête que mène le célèbre détective suite au meurtre qui a été commis dans l’Orient-Express. L’ennui guette rapidement et semble contagieux : les actrices et acteurs, pourtant pour la plupart très connus, ne paraissent, eux non plus, guère concernés par les événements. Au moment où la vérité éclate, on se dit qu’on aurait tout aussi bien pu rester sur le quai de gare ou manqué le train tant monté dans cet Orient-Express n’était pas indispensable.

    2 étoiles. « Le crime de l’Orient-Express ». RTS 1, mercredi 25 décembre, 21h00.

    IMG_9439.jpg« M. et Mme Aldeman » raconte l’histoire de Sarah et Victor, de leur rencontre en 1971 à la mort de ce dernier, première scène du film, durant les 45 ans où ils se sont côtoyés. On la découvre au travers d’une interview-vérité que donne Sarah à un journaliste après les funérailles de Victor, écrivain célèbre, qui n’était peut-être pas en fin de compte celui que le public imaginait.

    Amours, secrets, trahisons, ambitions et retournements de situation se bousculent dans ce film mené tambours battants la plupart du temps avec des moments jouissifs : les rencontres familiales, la chasse, le gigolo pour n’en citer que quelques uns sans dévoiler une partie de l’intrigue.

    Nicolas Bedos et Doria Tillier, qui forment un couple dans la « vraie » vie et sont également co-auteurs du film, sont convaincants en Victor et Sarah et fort bien entourés. A commencer par Pierre Arditi, drôlissime dans le rôle du père de Victor, et Denis Podalydès, psychologue de Victor, dont la dernière scène est hilarante.

    En résumé, une première partie à pleurer de rire, à condition toutefois d’apprécier l’humour noir et par moment très second degré, et une deuxième plus émouvante où les francs éclats de rire du début laissent petit à petit la place à un rire plus jaune, parfois à la limite, il est vrai. Une comédie romantique au vitriol que les amateurs du genre apprécieront.

    4 étoiles. « M. et Mme Aldeman », RTS 1, nuit du jeudi 26 au vendredi 27 décembre, 00h40.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : « Jalouse » et « Le tout nouveau Testament »

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    IMG_9392.jpgEntre drame et comédie, on y rit souvent jaune, « Jalouse » brosse le portrait d’une femme constamment au bord de la crise de nerfs parce que le bonheur des autres lui est insupportable, à commencer par celui de sa fille, jeune femme de 18 ans resplendissante, amoureuse et brillante danseuse. Tout son entourage va être tour à tour victime de son mal être jusqu’à ce qu’un événement particulièrement grave lui fasse prendre conscience qu’elle a dépassé les limites, quoique…  

    Cette femme dans la cinquantaine rongée par la jalousie a les traits de Karin Viard qui excelle dans ce rôle où elle est à la fois drôle, émouvante et souvent odieuse. Elle est très à l’aise dans des situations aussi bien comiques que tragicomiques qui se succèdent à un bon rythme, malgré quelques répétitions inutiles. Elle arrive à rendre crédible un personnage caricatural, condition nécessaire pour faire rire, mais également touchant. Les dialogues sont le plus souvent incisifs et percutants.

    Malgré le fait que Karin Viard soit de pratiquement tous les plans, les seconds rôles existent bel et bien grâce à un scénario qui les met à un moment ou à un autre en valeur et grâce également à leurs interprètes tous à la hauteur. Les réalisateurs David et Stéphane Foenkinos voulaient faire un film dont le ton oscille sans cesse entre la comédie et le portrait intime. Objectif indéniablement atteint avec toutefois comme conséquence que ces fréquents changements de ton, surtout dans la première partie, mettent un peu trop de distance entre le spectateur et l’héroïne du film.

    3 étoiles, « Jalouse ». RTS 1, mardi 17 décembre, 21h00.

    IMG_9393.jpgDonner à Dieu une apparence humaine, en l’occurrence Benoît Poelvoorde sensationnel, était déjà casse-gueule. Mais en plus en faire un type insupportable, le risque de blasphème n’était pas loin. Et pourtant, rien de tout cela dans le film de Jaco van Dormael, car si Dieu est parfaitement abject, mais tellement drôle, son épouse (Yolande Moreau pratiquement muette, mais dont le langage corporel est génial) et surtout sa fille Ea (Pili Groyne remarquable) font preuve de beaucoup…d’humanité !

    C’est d’ailleurs en quittant le royaume des cieux pour échapper à son horrible père qu’Ea, après avoir semé la zizanie sur Terre en balançant par SMS les dates de décès de tout le monde pour se venger de son géniteur, va faire écrire un tout nouveau Testament, fruit de sa rencontre avec six personnages, les six nouveaux apôtres.

    Six évangiles qui sont surréalistes, et donc complètement déjantées, et portées par de formidables acteurs dont Catherine Deneuve qui, dans un petit rôle, donne une fois de plus toute l’étendue de son talent en bourgeoise désabusée qui donne libre cours à ses fantasmes. Le film est truffé de gags très drôles qui tombent fort à propos quand son rythme menace de baisser. Les clins d’œil bibliques sont hilarants. La fin est à l’image du reste du film, très réussie.

    5 étoiles, « Le tout nouveau Testament ». ARTE, mercredi 18 décembre, 20h55.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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