Télévision - Page 8

  • Du grand au petit écran : « Kingsman: le cercle d'or »

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    IMG_9252.jpgRares sont les suites qui sont à la hauteur du premier épisode. « Kingsman : le cercle d’or » ne fait pas exception à la règle, mais s’en tire toutefois avec les honneurs. Il faut dire qu’il était impossible de recréer l’effet de surprise de l’original qui a beaucoup contribué à son succès.

    On retrouve donc l’élite des espions britanniques en costume trois pièces héritiers à l’humour délirant, aux péripéties plus folles les unes que les autres et aux gadgets incroyables qui vont devoir faire face à une ennemie déjantée qui veut exercer son pouvoir sur le monde en exerçant un horrible chantage. Pour tenter d’y arriver, ils vont s’allier par obligation avec une organisation d’espions américains.

    Dans cette suite de « Kingsman », les éléments qui avaient fait son succès sont toujours bien présents : gadgets, humour très second degré, dérision, clins d’œil à James Bond, scènes d’actions aussi époustouflantes qu’invraisemblables, méchante caricaturale et une distribution de haut vol.

    En effet, outre les rescapés du premier volet, on retrouve dans cette suite Julianne Moore parfaite dans son rôle de méchante (très) allumée, Jeff Bridges, Channing Tatum, Halle Berry et dans son propre rôle Elton John qui fait preuve d’une sacrée dose de dérision et qui est à hurler de rire.

    « Kingsman : le cercle d’or » souffre certes de quelques longueurs en raison d’un scénario qui tourne un peu trop en boucle dans la seconde partie, mais cela ne l’empêche pas toutefois d’atteindre l’objectif poursuivi : divertir agréablement.

    3 étoiles, « Kingsman: le cercle d'or ». RTS 1, lundi 2 décembre, 20h45.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : « Frantz », « Carol » et « Les Innocentes »

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    16F0430E-7955-413D-B67D-FD156C8CE708.jpegPour quelle raison Adrien, un Français, se recueille-t-il sur la tombe d’un soldat allemand, Frantz, mort au front durant la guerre de 14-18 ? Cette question va provoquer de nombreuses réactions, à commencer par celle d’Anna, la fiancée de Frantz, dans cette petite ville d’Allemagne qui tente de se remettre péniblement de la défaite et des immenses pertes humaines causées par la guerre.

    Tourné en noir et blanc, « Frantz » est ce que l’on pourrait appeler un « beau » film. Mise en scène, photographie, lumières, cadrage, décors, costumes, direction d’acteurs, tout est parfait. On se laisse également prendre par l’histoire de cet ancien soldat (Pierre Niney tout en finesse) dont on se demande pendant toute la première partie du film ce qu’il cherche en faisant ce pèlerinage en terrain « ennemi ». « Frantz » est un très bon film à qui il manque juste ce petit supplément d’âme sur le plan émotionnel qui fait la différence entre un très bon film et un excellent.

    4 étoiles, « Frantz ». FRANCE 2, dimanche 24 novembre, 21h05.

     

    7DC78D72-288D-4713-AEFF-7791B927FB39.jpegCarol Aird s’ennuie à mourir dans un mariage bourgeois sans amour. Sa petite fille est son seul rayon de lumière jusqu’au jour où elle fait la connaissance d’une jeune vendeuse (excellente Rooney Mara) qui rêve d’une vie plus trépidante. « Carol » raconte la relation de plus en plus étroite entre ces deux femmes dans le New-York des années 50.

    « Carol » est un délice pour les yeux et les oreilles. La photographie, les décors, les costumes sont superbes. La musique accompagne à merveille ce film très esthétique dans lequel jouent avec brio deux magnifiques actrices. Si la forme est donc très réussie, le fond n’est pas tout à fait à la hauteur. Film avant tout d’ambiance, « Carol » n’évite pas certaines longueurs. Ce n’est toutefois pas trop grave, car elles laissent le temps d’admirer la sublissime Cate Blanchett au sommet de sa beauté et de son art. Rien que pour elle, il vaut la peine de voir le film !

    3 étoiles. « Carol ». ARTE, dimanche 24 novembre, 20h55.

     

    51409C51-922D-4D8B-9A2A-D9A7F914922E.jpegPologne, décembre 1945. Mathilde Beaulieu est une jeune interne de la Croix-Rouge française. Sa mission consiste à soigner les rescapés français avant leur retour au pays. Un jour, une religieuse polonaise paniquée fait irruption dans l’hôpital pour lui demander secours. Réticente à donner son aide dans un premier temps, elle va finir par suivre en secret cette sœur dans son couvent. Elle va découvrir que la plupart d’entre elles sont enceintes, et proche du terme, après un viol collectif commis par des soldats russes à la libération.

    Ce sujet difficile, inspiré de faits réels, est remarquablement traité par la réalisatrice Anne Fontaine. Si « Les Innocentes » est d’une intensité dramatique rare, le film ne tombe en effet jamais dans le pathos ou la violence gratuite. Il est très intelligemment écrit et la distribution féminine est excellente. La foi, la maternité, la loyauté, la mort, l’amour et le rapport au corps sont au cœur de ce film profondément humain. « Les Innocentes » est une très grande réussite à l’image de sa fin inattendue et pleine d’espoir.

    5 étoiles, « Les Innocentes ». FRANCE 2, dimanche 24 novembre, 22h55.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : « La promesse de l’aube », « Petit paysan » et 2 autres films

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    IMG_9172.jpgAdapté du roman autobiographique éponyme de Romain Gary, « La promesse de l’aube » raconte la vie du double lauréat du prix Goncourt de son enfance en Pologne dans les années 20 à son adolescence à Nice jusqu’à ses années estudiantines à Paris et son dur vécu pendant la seconde guerre mondiale. Mais « La promesse de l’aube » raconte avant tout comment une mère par son amour, sa volonté, ses rêves et son esprit libre a façonné son fils en grand écrivain.

    « La promesse de l’aube » est à la fois une comédie et une tragédie où par moment la réalité et la fiction s’entremêlent en faisant régner une douce folie dans cette relation mère-fils hors normes. C’est un film d’aventure dans le sens où l’action et le dépaysement ne manquent pas, mais c’est aussi une aventure humaine parfois un peu laborieuse, surtout dans la première partie, et qui manque d’âme.

    Le jeu de Charlotte Gainsbourg n’est pas étranger à ce constat, car il agace tant il paraît excessif. « La promesse de l’aube » devient bien plus intéressant à partir du moment où l’excellent Pierre Niney entre en scène et où le héros prend, par la force des choses, ses distances physiques, mais pas psychiques, avec sa mère. Au final, un film de très bonne facture sur la forme, mais qui n’arrive que trop rarement à émouvoir.

    3 étoiles. « La promesse de l’aube », RTS 1, lundi 18 novembre, 20h45.

    IMG_9173.jpgCe « Petit paysan » se nomme Pierre. Il a la trentaine et toute sa vie est organisée autour de ses vaches. Ses relations se résument à celles qu’il a avec sa sœur vétérinaire et avec ses parents dont il a repris l’exploitation. Sa mère a beau essayer de forcer le destin pour faire entrer la boulangère dans la vie de Pierre, rien n’y fait, les vaches ont toute son attention. Alors, quand il va découvrir que l’une de ses bêtes est infectée par une maladie contagieuse, il ne va pas hésiter, pour sauver son troupeau, à enfreindre les règles et accumuler les mensonges dans ce qui ressemble fort à une fuite en avant.

    Hubert Charuel, dont c’est le premier long-métrage, est lui-même fils de paysan. Il avait dix ans quand la crise de la vache folle s’est déclarée. Ce n’est donc pas un hasard si « Petit paysan » a un côté film documentaire renforcé par le fait que les acteurs ne sont pas tous professionnels. Il n’y a là rien de bien gênant, même si du coup la réalisation et la mise en scène ne font pas preuve d’une folle originalité.

    Le spectateur est donc plongé dans le monde de Pierre, avec une caméra qui filme le plus souvent en gros plans, et partage avec lui ses angoisses en étant prêt à lui pardonner des actes pourtant répréhensibles. Porté par Swan Arlaud, absolument formidable, et Sara Giraudeau, « Petit Paysan » est un film sensible, touchant, parfois drôle, virant au thriller agricole avec un vrai suspense dans sa deuxième partie. Un premier film réussi.

    3 étoiles. « Petit paysan », RTS 1, nuit du jeudi au vendredi 22 novembre, 0h15.

    IMG_9174.jpgBasé sur une histoire vraie, « Imitation Game » raconte le parcours d’Alan Turing, mathématicien de génie, spécialiste en cryptologie, qui se voit confier au début de la seconde guerre mondiale par le gouvernement britannique la mission de percer avec sa petite équipe le secret d’Enigma, la machine de cryptage allemande réputée inviolable.

    Si le film relate logiquement les différentes étapes de cette quête, entre espoir et désespoir, il s’attache tout particulièrement à la personnalité d’Alan Turing, être aussi brillant qu’emprunté dans ses relations sociales. L’action se déroule principalement pendant la guerre. Mais plusieurs scènes de son passé de collégien et l’enquête à laquelle il est soumise au début des années 50, liée à son homosexualité, viennent éclairer à bon escient cette période de la vie d’Alan Turing et permettent ainsi de mieux comprendre le personnage.

    Remarquablement interprété, avec une mention spéciale à Benedict Cumberbatch, « Imitation Game » réussit à la fois à brosser avec subtilité le portrait d’Alan Turing et à raconter une histoire non dénuée de suspense avec un montage très réussi. On regrettera toutefois que dans la toute dernière partie du film la descente aux enfers d’Alan Turing soit trop précipitée et manque par conséquent de consistance. Mais ce bémol mis à part, ce film est à recommander.

    4 étoiles, « Imitation Game ». FRANCE 3, jeudi 21 novembre, 21h05.

    IMG_9175.jpgDans son rôle de mère et veuve qui accueille à bras ouverts sa fille de 40 ans contrainte de retourner dans le domicile familial après avoir tout perdu, Josiane Balasko est parfaite. A la fois drôle, émouvante et espiègle, elle donne une grande crédibilité à son personnage de mère dévouée, mais aussi de femme d’un certain âge qui n’entend pas pour autant renoncer à sa vie intime dont ses enfants ignorent tout. Le potentiel comique de cette double vie est fort bien exploité dans le film et conduit à des scènes vraiment très drôles.

    Il y a certes des facilités scénaristiques, spécialement la fin digne d’un happy end à l’américaine, et la mise en scène n’est pas très inventive. Mais ces défauts n’empêchent pas de passer un bon moment grâce à des dialogues bien écrits alternant entre humour vache et doux-amer, des scènes à pleurer de rire et des quiproquos bien trouvés. « Retour chez ma mère » est donc une comédie familiale plutôt réussie.

    3 étoiles. « Retour chez ma mère ». RTS 1, samedi 16 novembre, 21h00.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : « Le sens de la fête » (et 3 autres films)

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    IMG_8448.jpgL’histoire de Max, organisateur de fêtes fatigué par trente ans de service, que l’on suit pendant 24 heures, durant lesquelles toutes les tuiles possibles et inimaginables vont lui tomber dessus à l’occasion d’un mariage organisé dans un château du 17ème siècle, est dans l’ensemble très réussie.

    La scène d’introduction mérite à elle seule le détour et confirme, pour celles et ceux qui en doutaient encore, l’énorme talent de Jean-Pierre Bacri qui est tout simplement exceptionnel. Omniprésent, et le plus souvent filmé caméra à l’épaule ce qui renforce l’impression qu’il est au four et au moulin, il est à la fois drôle, ironique, caustique, jaloux, bougon, tendre, émouvant, touchant, excédé, désabusé, liste non exhaustive, dans son rôle de chef d’une équipe qui compte en son sein bien des bras cassés. Il est entouré par une distribution au diapason dans ce film chorale où chacun a sa place pour le meilleur et pour le pire, comme il se doit bien entendu pour un mariage.

    Le film est bien écrit, avec tout de même quelques invraisemblances, et les dialogues sont souvent jouissifs. Il a également du rythme malgré une petite baisse au milieu, mais celle-ci est en lien avec les événements qui sont suspendus durant la fête suite à gros souci dont on ne parlera pas ici pour ne rien dévoiler. Il y a des scènes à pleurer de rire et d’autres émouvantes, à l’image d’une fin très réussie. « Le sens de la fête » est une comédie humaine, certes pleine de bons sentiments, pétillante comme du champagne et ça fait du bien !

    INEDIT. 4 étoiles. « Le sens de la fête », RTS 1, lundi 16 septembre, 20h45.

    IMG_8350.jpgLa famille Payan est constamment au bord du gouffre. Alors quand celle qui tient tant bien que mal tout son petit monde en équilibre tombe enceinte à 49 ans, la menace d’y tomber définitivement se profile. « Le petit locataire » dresse le portrait d’une famille déjantée, mais sans tomber dans la caricature, et brinquebalante qui veille pourtant, à sa manière, les uns sur les autres. On s’engueule, puis on se réconcilie, avant de recommencer. C’est souvent drôle, parfois même hilarant, vachard sans être toutefois méchant, mais aussi émouvant.

    Malgré son côté « too much », on s’attache à cette famille qui vit simplement et dont on suit les péripéties avec plaisir. Il y a certes des petites baisses de rythme en chemin et des situations un peu trop répétitives, mais l’ensemble tient la route grâce tout particulièrement à une distribution qui mérite tous les éloges. Karin Viard, égale à elle-même, est remarquablement entourée par Philippe Rebbot, qui excelle dans son rôle de mari qui se donne de la peine et en a beaucoup, par Hélène Vincent, qui dans son rôle de grand-mère un peu à l’ouest est à la fois drôle et touchante, et par le reste des comédiens tous à la hauteur. De quoi passer un bon moment, sans se prendre la tête.

    3 étoiles. « Le petit locataire », France 2, dimanche 15 septembre, 21h05.

    IMG_8449.jpgMatthieu a 33 ans. Sa mère n’a jamais voulu lui dire qui était son père. Il finit par le savoir quand un ami de ce dernier l’appelle pour lui apprendre que son géniteur, un Québécois, est décédé et qu’il a un paquet à lui envoyer de sa part. Matthieu décide alors d’aller chercher lui-même à Montréal le colis et de faire ainsi la connaissance de ses deux demi-frères qui ignorent bien évidemment tout de son existence. La réalité qu’il va découvrir sur place n’est pas celle qu’il attendait et son séjour prend une tournure inattendue.

    « Le fils de Jean » fait partie de ces films français que l’on aime aimer. L’histoire est bien écrite et réserve des (jolies) surprises, les dialogues sont percutants. Philippe Lioret, le réalisateur, crée une vraie atmosphère grâce à des décors naturels magnifiques et sa façon de filmer au plus près les personnages qui les rend encore plus attachants.

    Les acteurs sont tous formidables, avec une mention spéciale à Pierre Deladonchamps bouleversant dans son jeu tout en finesse caractérisé par des expressions du visage qui en disent bien plus long que des mots et Gabriel Arcand en médecin bourru qui cache plus ou moins bien ses blessures.

    Et puis, il y a de la délicatesse, de l’humanité et donc de l’émotion. Un facteur de réussite essentiel à ce genre de film qui n’est pas sans rappeler les magnifiques œuvres de Claude Sautet. De l’émotion, mais sans pathos, juste ce qu’il faut pour sortir de la salle de cinéma avec les yeux humides en étant content d’avoir fait le bon choix en visionnant « le Fils de Jean ».

    5 étoiles. « Le fils de Jean ». France 3, jeudi 19 septembre, 21h05.

    IMG_8450.jpg« Pride » est l’histoire vraie d’un groupe militant de gays et lesbiennes qui en 1984, sous l’ère Thatcher, décide de soutenir les mineurs en grève au pays de Galles où quand les minorités s’entraident. Le film raconte cette rencontre improbable, alternant les moments drôles et douloureux, pour la plus grande joie des spectateurs qui apprécient les films qui font la part belle aux émotions. Magnifiquement interprété, « Pride » démontre que l’engagement collectif peut soulever des montagnes et faire évoluer positivement les mentalités. Et ça fait du bien.

    4 étoiles. « Pride », RTS 1, jeudi 19 septembre, 23h50.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : Deneuve, Frot, Viard et du frisson

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    IMG_8349.jpgClaire, mère célibataire d’un fils étudiant en médecine, approche la cinquantaine. Elle est passionnée par son métier de sage-femme, mais mène une vie sans éclat jusqu’au jour où le passé frappe à sa porte sous la forme de Béatrice, une ancienne maîtresse de son père décédé qui s’est enfuie du jour au lendemain quand Claire était adolescente, lui faisant beaucoup de mal. Claire pourra-t-elle pardonner pour renouer les liens avec cette femme égoïste, fantasque et gravement malade ?

    Ce duo est magnifiquement interprété par Catherine Frot, une sage-femme très sage, et Catherine Deneuve, femme insouciante et centrée sur elle-même, qui sont excellentes. Leur jeu est très complémentaire, un vrai plaisir. Olivier Gourmet trouve également fort bien sa place entre ses deux monuments du cinéma français.

    Quant au film en lui-même, on peut sans doute lui reprocher d’être un peu long et parfois répétitif, défaut largement compensé par la délicatesse et la subtilité dont il fait preuve. Il est de plus fort bien écrit avec d’excellents dialogues et quelques scènes d’une intense émotion. Un film français de qualité.

    INEDIT. 4 étoiles. « Sage femme », RTS 1, lundi 9 septembre, 20h45 et France 3, jeudi 12 septembre, 21h05.

    IMG_8350.jpgLa famille Payan est constamment au bord du gouffre. Alors quand celle qui tient tant bien que mal tout son petit monde en équilibre tombe enceinte à 49 ans, la menace d’y tomber définitivement se profile. « Le petit locataire » dresse le portrait d’une famille déjantée, mais sans tomber dans la caricature, et brinquebalante qui veille pourtant, à sa manière, les uns sur les autres. On s’engueule, puis on se réconcilie, avant de recommencer. C’est souvent drôle, parfois même hilarant, vachard sans être toutefois méchant, mais aussi émouvant.

    Malgré son côté « too much », on s’attache à cette famille qui vit simplement et dont on suit les péripéties avec plaisir. Il y a certes des petites baisses de rythme en chemin et des situations un peu trop répétitives, mais l’ensemble tient la route grâce tout particulièrement à une distribution qui mérite tous les éloges. Karin Viard, égale à elle-même, est remarquablement entourée par Philippe Rebbot, qui excelle dans son rôle de mari qui se donne de la peine et en a beaucoup, par Hélène Vincent, qui dans son rôle de grand-mère un peu à l’ouest est à la fois drôle et touchante, et par le reste des comédiens tous à la hauteur.

    De quoi passer un bon moment, sans se prendre la tête.

    INEDIT. 3 étoiles. « Le petit locataire », RTS 2, jeudi 12 septembre, 21h.

    IMG_8351.jpgCouple mixte, Chris et Rose filent le parfait amour. L'envie de présenter Chris à ses parents est donc une évidence pour Rose qui ne leur a toutefois pas dit que son amoureux était Noir, ce qui n'est pas sans inquiéter Chris. Tranquillisé par Rose qui l'assure que ce n'est pas un problème pour ses géniteurs, les deux amoureux partent en week-end rencontrer la belle famille qui vit dans une magnifique propriété et dans un univers très "Blanc". Si l'accueil est effectivement chaleureux, Chris va toutefois petit à petit être déstabilisé par des détails qui mis bout à bout ont de quoi créer de l'angoisse...

    « Get out » est un film qui fait monter crescendo la pression grâce à une mise en scène à la hauteur, un rythme soutenu, un peu d'humour et des pics de stress soulignés par une musique qui fait tout son effet. Et bien évidemment grâce également à un scénario intelligent qui tire sur la satire tout en respectant les codes du thriller horrifique dont une fin qui fait honneur aux meilleurs films d'horreur, y compris dans son outrance. Les amateurs du genre y trouveront sans problème leur compte.

    INEDIT. 4 étoiles. « Get out », RTS 1, nuit du vendredi 13 septembre au samedi 14 septembre, 0h25.

    IMG_8352.jpg« Les figures de l’ombre » raconte l’histoire hors du commun de trois scientifiques afro-américaines qui ont grandement contribué au début des années 60 à la conquête de l’espace. Elles y sont parvenues grâce à leurs extraordinaires compétences, car le moins que l’on puisse écrire est que le contexte ne leur était guère favorable.

    Confrontée à la double discrimination d’être femme et noire dans un Etat, la Virginie, qui à cette époque avait des lois ségrégationnistes, elles ont réussi à se faire une place au sein de la NASA non seulement grâce à leur intelligence, mais également grâce à leur patience et leur détermination. Des destins individuels qui ont aussi fait avancer la cause des femmes, des Noirs et de l’égalité des droits.

    Quant au film en-lui-même, il est un peu à l’image d’une fusée dont il est beaucoup question dans « Les figures de l’ombre ». Il démarre très fort avec une première scène jouissive qui montre avec humour et dérision le caractère et le brio de ces trois femmes ainsi que le contexte dans lequel elles évoluent. La montée se poursuit avec intérêt jusqu’à la mise en orbite qui ralentit un peu trop le rythme avant que celui-ci ne s’emballe à nouveau quand il s’agit de redescendre sur Terre.

    Au final, un film à la réalisation et mise en scène certes classiques, mais soignées, porté par une excellente distribution, avec du suspense, de l’émotion, une bande originale remarquable et un contexte qui fait réfléchir sur la différence, et pas seulement sur celle d’hier.

    4 étoiles. « Les figures de l’ombre ». France 2, dimanche 8 septembre, 21h05.

    IMG_8353.jpgDavid est veuf et père d’une fillette de quelques mois. Claire est inconsolable d’avoir perdu sa meilleure amie d’enfance disparue si jeune. David et Claire vont se rapprocher l’un de l’autre au moment où cette dernière va découvrir que David aime se travestir en femme. Miroir de la disparue pour l’une, mère de substitution et besoin d’être en accord avec soi-même pour l’autre, Virginia prend petit à petit corps dans celui de David en exerçant une attraction de plus en plus forte sur Claire.

    Le film de François Ozon est parfois drôle, mais jamais caricatural, et souvent émouvant, comme dans la formidable scène dans la discothèque sur la chanson de Nicole Croisille « une femme avec toi ». Il interpelle le spectateur sur la question du genre, de la différence et de la confusion des sentiments. Spectateur qui se demande où le film va finalement l’emmener, les rebondissements étant nombreux. Les acteurs, Romain Duris et Anaîs Moustier en tête, sont à la hauteur comme d’ailleurs la fin du film.

    4 étoiles. « Une nouvelle amie ». ARTE, lundi 9 septembre, 20h50.

    IMG_8354.jpgDifficile de rester neutre face à ce film, qui raconte l’histoire vraie de Chris Kyle tireur d’élite particulièrement redoutable ayant officié en Irak entre 2004 et 2009, tant les valeurs qui y sont véhiculées peuvent être ressenties très différemment par les uns et les autres. Patriotisme, virilité et héroïsme dans tous les sens du terme pourront sans doute plaire à ceux qui aiment les films de guerre bien réalisés et bien joués, comme c’est le cas d’« American Sniper ».

    Mais pour les autres, il faudra une fois de plus assister aux scènes où le héros est humilié par ses formateurs, constater que si le tireur d’élite américain protège les siens, celui de l’adversaire est juste le dernier des salopards ou encore entrevoir les failles du héros presqu’aussi vite balayées afin de retourner au combat. Il y a bien ici ou là des réflexions sur l’utilité de la guerre, quelques rares remises en question du héros ou encore quelques scènes qui montrent les suites dévastatrices du combat pour les vétérans, mais elles ne sauraient remettre en question l’impression générale du film : une ode à la grande Amérique. Décevant.

    1 étoile. « American Sniper ». RTS 1, lundi 9 septembre, 22h40.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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