Cinéma

  • « Invisible Man » : un thriller avec une bonne dose d’épouvante

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    Dernier film vu avant que les salles de cinéma ne deviennent...invisibles.

    IMG_0471.jpgCecilia partage une vie aisée avec un brillant et riche scientifique au comportement très possessif. Ne supportant plus son attitude, elle s’enfuit en demandant de l’aide à sa sœur. Peu de temps après, son beau-frère lui apprend que son mari s’est suicidé. Il lui laisse une part de son immense fortune à condition qu’elle respecte certaines conditions, comme celle de ne pas enfreindre la loi, ce qui va devenir de plus en plus compliqué au fur et à mesure que Cecilia prend conscience qu’elle est harcelée par quelqu’un d’invisible et qui s’attaque à son entourage. Mais comment faire croire une chose pareille sans perdre la raison et passer pour une folle ?

    Le réalisateur Leigh Whannel voulait avec ce film « évoquer ces femmes victimes de violence qu’on ne prend pas au sérieux et qui tentent de prouver que quelque chose d’affreux leur est arrivé sans parvenir à en convaincre qui que ce soit. » Cette problématique est au cœur du film dès les premières minutes lorsque Cecilia prend d’énormes précautions pour s’enfuir de chez elle sans que son mari violent s’en aperçoive. Le suspense est à son comble dès le début et, à l’exception d’un petit coup de mou après cette entrée en matière tonitruante, il ne se dément pas jusqu’à une fin qui est la synthèse de plusieurs scènes marquantes du film.

    Porté par Elisabeth Moss littéralement habitée par son rôle et par une mise en scène qui tient le spectateur en haleine en lui donnant des frissons, « Invisible Man » ravira par conséquent les fans de thriller fantastique avec une bonne dose d’épouvante. (4 étoiles)

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas désagréable, mais pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • « Dark Waters » : justice contre intérêts financiers

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    IMG_0371.jpgTiré d’une histoire vraie, « Dark Waters » se déroule sur près de deux décennies et raconte le combat de Rob Bilott, avocat spécialisé dans la défense des industries chimiques et qui, ironie du sort, va mener un combat sans merci contre l’une d’elle.

    Rob Bilott, qui a vécu une partie de son enfance dans cette région, est interpellé par un paysan dont les bêtes meurent les unes après les autres après avoir eu un comportement extrêmement agressif et présentant de graves anomalies physiques. L’avocat découvre assez rapidement que ce sont les rejets toxiques de l’usine du puissant groupe chimique DuPont, premier employeur de la région, qui sont les responsables de cette pollution mortelle. Mais pour le prouver, il va devoir affronter de nombreux obstacles qui vont mettre en péril sa carrière, sa vie de famille et sa santé.

    Film-enquête sur un des plus gros scandales industriels et environnementaux de ces quarante dernières années, « Dark Waters » expose avec une grande précision et beaucoup de sérieux, à l’image de son excellent interprète principal Mark Ruffalo, les tenants et aboutissants de cette sordide affaire. A tel point que le film, après un début captivant et enlevé, prend des allures de documentaire, ce qui n’est pas sans conséquence sur son rythme qui connaît une nette baisse de régime dans une deuxième partie qui fait écho à la très grande patience dont les protagonistes ont dû faire preuve pour avoir une réponse de la justice.

    Mais malgré cette faiblesse, les questions que soulèvent le film, et notamment celle de la complexité du combat de la justice contre d’énormes intérêts financiers, ne laisseront personne indifférent. (3 étoiles)

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas désagréable, mais pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • « Judy » : place à l'émotion (et 10 films à l'affiche)

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    IMG_0328.jpgQue celles et ceux qui s'attendent en allant voir « Judy » à un film qui retrace sa vie d'actrice-chanteuse célèbre, et le côté fantasmé qui va inévitablement avec, passent leur chemin, ils seront très certainement déçus.

    En effet, « Judy » est un biopic sur Judy Garland qui s'intéresse tout particulièrement à l'année 1968 et à la série de concerts qu'elle a donnés pendant cinq semaines à Londres dans un cabaret très à la mode de l'époque. Trente ans après être devenue une star planétaire grâce au « Magicien d'Oz », Judy Garland est dans une mauvaise passe. Elle n'a pas d'autre choix que de quitter les Etats-Unis pour Londres afin de subvenir aux besoins de ses enfants. Mais cette séparation à contrecœur, ses échecs sentimentaux, sa dépendance à l'alcool et aux médicaments ainsi que son enfance sacrifiée pour Hollywood sont autant d'obstacles à surmonter pour briller sur scène.

    A la lecture de ce synopsis, on aura compris que « Judy » n'est pas une comédie musicale, genre dans lequel la star excellait, mais un drame qui raconte sa chute. Ce côté dramatique n'empêche toutefois pas le rire et la musique d'être présents. A ce propos, les performances scéniques et vocales de Renée Zellweger, qui s'est entraînée pendant un an avec un coach vocal, sont remarquables, comme d'ailleurs l'ensemble de son jeu qui lui a permis de décrocher l'Oscar, largement mérité, de la meilleure actrice 2020.

    Littéralement habitée par son rôle, la comédienne permet de comprendre toute la complexité d'une vie de star jetée dans le bain d'Hollywood dès son enfance et les pressions qui font oublier qui vous êtes vraiment. Les flashbacks, minutieusement reconstitués, sur son adolescence sont à ce titre des plus éclairants et écœurants. Si « Judy » n'est pas un film parfait, il y a quelques scènes redondantes et quelques baisses de rythme, il a, outre son actrice principale, une grande qualité: il laisse la place à l'émotion avec, notamment, dix dernières minutes d'une folle intensité qui vous laissent sans voix au moment du générique de fin. (4 étoiles)

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  •  « Baghdad in My Shadow » : l'ombre du passé (et 9 films à l'affiche)

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    67C39718-F747-43AA-BFB2-DA8520E55E7A.jpegRéalisé par le Zurichois d'origine irakienne Samir, « Baghdad in My Shadow » a été présenté pour la première fois au festival de Locarno l'année dernière. Le film raconte l'histoire de trois exilés irakiens à Londres et montre comment le passé politique, idéologique et culturel est attaché comme une ombre, d'où le titre du film, à leur vie. Samir touche à trois tabous fondamentaux de la société arabe: l'athéisme, la libération de la femme et l'homosexualité. Tous les personnages de « Baghdad in My Shadow » sont inspirés de personnes réelles.

    Au café Abu Nawas, à Londres, lieu de rendez-vous prisé par les Iraquiens en exil, se côtoient Amal, une architecte irakienne qui a dû fuir son ex-mari, le poète Taufiq, qui s'occupe de son neveu Nasser qui succombe chaque jour un peu plus à l'influence d'un prédicateur islamiste, et Muhanad qui a fui Baghdad pour échapper aux menaces dont il était l'objet en raison de son orientation sexuelle. Cette petite communauté se retrouve menacée quand l'ex-mari d'Amal arrive à Londres et que la radicalisation de Naseer devient inquiétante.

     « Baghdad in My Shadow » est un drame qui s'apparente à un thriller. On découvre au fur et à mesure que l'intrigue avance les différentes pièces du puzzle au cours de l'interrogatoire auquel est soumis Taufiq. Selon la police, il en sait en effet bien plus qu'il ne veut bien le dire sur le meurtre de l'attaché culturel irakien. Cette interrogatoire, qui est le fil rouge du film, est très régulièrement entrecoupé par des flashbacks. Si ces derniers contribuent indéniablement à entretenir le suspense, leur trop grand nombre se fait parfois au détriment de la fluidité du récit, au même titre d'ailleurs que le recours trop fréquent au ralenti, ce qui empêche l'émotion d'être vraiment au rendez-vous. Dommage, car les thèmes abordés, même si le trait paraît tout de même par moment un peu forcé, ne laissent évidemment pas indifférents. (2 étoiles)

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  • « Richard Jewell » : tout en nuances (et 9 films à l'affiche)

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    IMG_0253.jpgOn connaît la fascination de Clint Eastwood pour les héros. Elle a donné d'excellents films, « Sully » et « Invictus » notamment, mais aussi des nettement moins bons comme « American Sniper » ou « Le 15h17 pour Paris ». Qu'en est-il alors de « Richard Jewell »?

    Le film est inspiré d'une histoire vraie. Le 27 juillet 1996, pendant les Jeux Olympiques d'Atlanta, un vigile du nom de Richard Jewell découvre un sac suspect dans un parc où ont lieu des concerts. Il donne aussitôt l'alarme et fait évacuer les lieux sauvant ainsi de nombreuses vies. Héros d'un jour, il devient pourtant trois jours plus tard le principal suspect de l'attentat aux yeux du FBI. A ce propos, Clint Eastwood explique que « les gens se sont empressés de l'accuser et pendant longtemps il est resté trop naïf et idéaliste pour se rendre compte qu'il devait sauver sa peau. C'est pour cela que je voulais faire ce film, pour réhabiliter l'honneur de Richard. Le jour où il a commis un acte héroïque, il l'a payé au prix fort et a été jeté en pâture aux lions. »

    Les deux points forts du film sont incontestablement de s'attacher, d'une part, au point de vue de Richard Jewell et de son évolution au fur et à mesure que les accusations se précisent à son encontre et, d'autre part, au duo qu'il forme avec son avocat. La relation entre les deux hommes au cours du film est remarquablement mise en scène et interprétée par Paul Walter Hauser et Sam Rockwell. On peut d'ailleurs y ajouter Kathy Bates, excellente dans le rôle de la mère de Richard Jewell, elle aussi fortement ébranlée par la folie médiatique et la chasse aux sorcières dont est victime son fils.

    Toutefois, et malgré toutes ces qualités, on reste un peu sur sa faim, car le film n'arrive pas suffisamment à susciter de l'empathie et de l'émotion pour son héros. Mais on saura gré à Clint Eastwood d'avoir réalisé un film tout en nuances sur cet Amérique prompte à célébrer ses héros un jour et à les vouer aux gémonies le lendemain. (3 étoiles)

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