Cinéma

  • « La méthode Williams », pas qu’une histoire de tennis (et 10 films à l’affiche)

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    IMG_5394.jpgPas besoin d’être fan de tennis pour apprécier « La méthode Williams », car comme l’indique Will Smith qui tient le rôle du père des sœurs Williams « ce n’est pas vraiment un film sur le tennis, c’est un film sur la famille, sur la confiance en l’autre, sur l’amour qui triomphe de nombreux obstacles. » A commencer par ceux de la pauvreté et de la couleur de peau dans un monde très blanc et favorisé que Richard Williams va surmonter avec ses deux filles qu’il avait destinées à être des championnes de tennis avant même leur naissance ! Et quelles championnes puisque Serena et Venus Williams ont remporté à elles deux 30 titres du Grand Chelem. 

    « La méthode Williams » raconte le parcours hors normes de cet homme des premiers entraînements de ses filles jusqu’au moment où Venus fait ses débuts sur le circuit professionnel à 14 ans. Si le film est classique dans sa forme et comporte quelques scènes un peu trop répétitives, il est touchant, parfois drôle, mais aussi agaçant, tant la personnalité de Richard Williams est complexe, et spectaculaire à l’image de la dernière demi-heure qui met en scène le deuxième match d’anthologie chez les professionnelles de Venus contre la numéro un mondiale de l’époque. En résumé, un film d’une grande humanité avec de jeunes actrices très convaincantes. (4 étoiles). 

    Toujours à l’affiche

    Illusions perdues.jpg5 étoiles. « Illusions perdues ». Balzac aurait sans doute fort apprécié l’adaptation très réussie de son roman d’une étonnante actualité alors qu’il a été écrit entre 1837 et 1843. Distribution de haut vol, reconstitution somptueuse, mise en scène brillante, excellente bande son et rythme soutenu pratiquement du début à la fin font d’Illusions perdues un des meilleurs films français de 2021. (Uniquement le mardi 4 janvier à 20h30 aux cinémas du Grütli).

     

     

     

     

     

    House of Gucci.jpg4 étoiles. « House of Gucci ». La chute de la maison Gucci, sous l’angle familiale ou de celui du couple formé par Maurizio Gucci et Patrizia Reggiani, tient en haleine avec au menu passion, ambition, trahison et vengeance. Certes, il y a bien ici ou là quelques imprécisions au niveau du scénario et les acteurs qui parlent anglais, dans la version originale, avec l’accent italien, c’est un peu agaçant. Mais l’ensemble est enlevé grâce à une mise en scène et une reconstitution de l’époque qui ne laissent rien au hasard. C’est un vrai plaisir pour les yeux tant les décors, les coiffures, les bijoux et les costumes sont magnifiques, mais aussi pour les oreilles grâce à une excellente bande-son. Et last but not least, la distribution est à la hauteur avec une Lady Gaga qui crève l’écran.

     

     

    Madres Paralelas.jpg4 étoiles. « Madres paralelas ». Janis, 40 ans, et Ana, pas encore majeure, sont sur le point d’accoucher. Elles se retrouvent dans la même chambre. Le père de leur enfant est aux abonnés absents, mais pas pour les mêmes raisons. Si la première se réjouit d’avoir son premier enfant, il n’en est pas de même pour la seconde visiblement traumatisée. Janis essaye de l’épauler tant bien que mal durant ces heures qui précèdent l’accouchement, ce qui va créer un lien fort entre elles. Il va perdurer bien au-delà de la naissance des deux enfants, mais d’une manière totalement inattendue. S’appuyant sur une histoire qui tient le spectateur en haleine du début à la fin, et ce malgré quelques facilités scénaristiques, un côté mondain un brin agaçant et un montage parfois trop abrupt, « Madres paralelas » traite avec brio les thèmes de la maternité et de la descendance et dégage une grande force émotionnelle qui se dégage du film.

     

    Les choses humaines.jpg 4 étoiles. « Les choses humaines » raconte l’histoire d’Alexandre et de Mila, le premier étant accusé par la seconde de l’avoir violée. Le film est construit en trois parties (« lui », « elle » et le procès) afin que, selon le réalisateur Yvan Attal, le spectateur prenne le temps de s’attacher aux deux personnages et puisse par la suite se mettre à la place du jury. Et le moins que l’on puisse écrire est que l’objectif est atteint. En tant que spectateur, on est acteur du film tant des sentiments contradictoires se bousculent au fur et à mesure que l’intrigue avance. L’intérêt du film n’est pas de savoir s’il y a eu viol ou non, mais de comprendre comment et pourquoi il a pu se produire. Jeux de pouvoir, pari stupide, arrogance, sexisme ordinaire, consentement présumé sont quelques-unes des clés. Porté par une brillante distribution et quelques scènes d’une folle intensité pendant le procès, « Les choses humaines » ne laisse pas indifférent.

     

    IMG_5409.jpg4 étoiles. « Don’t look up ». Après avoir découvert qu'une comète tueuse fonce sur la Terre, deux astronomes paniqués se lancent dans une tournée médiatique et politique pour prévenir l'humanité que sa fin est proche. Mais ils ont beaucoup de peine à se faire entendre. Le film, à l’humour grinçant, est un miroir qui renvoie une image à peine déformée d’un monde qui va à sa perte en se voilant la face non seulement sur les changements climatiques, mais aussi sur les inégalités sociales. Une satire réussie portée par une distribution de luxe (Leonardo DiCaprio, Jennifer Lawrence, Meryl Streep, Cate Blanchett…) qui est à voir au cinéma (uniquement le lundi 3 janvier à 11h05 au cinéma Empire) ou sur Netflix.

     

     

    Mourir peut attendre.jpg4 étoiles. « Mourir peut attendre ». Après une entrée en matière sous forme de flashback suivie d’une chasse à l’homme comme il se doit spectaculaire, la demi-heure qui suit sert à mettre en place l’intrigue qui brouille les pistes et, à vrai dire, un peu le spectateur. Mais tout revient dans l’ordre quand on a compris que 007, qui est parti à la retraite, accepte de reprendre du service pour sauver un scientifique qui vient d’être kidnappé. Mais bien évidemment, la mission s’avère bien plus complexe et dangereuse que prévue. James Bond se retrouve à poursuivre le méchant de l’histoire qui détient une arme technologique capable de tuer en se basant sur l’ADN. Si les standards d’un James Bond sont respectés, ce vingt-cinquième épisode est plus intimiste, plus noir aussi, dans la lignée de « Skyfall ». L’action est au service du film, bien dosée et plutôt réaliste. On n’oubliera pas de mentionner des pointes d’humour « so british » qui font mouche et bien sûr la musique toujours très attendue dans un James Bond. Quant à la fin, après 2h45 que l’on ne voit pas passer, elle offre une sortie réussie à Daniel Craig qui incarne pour la dernière fois 007. 

    Aline.jpg3 étoiles. « Aline ». La mise en place de l’intrigue est laborieuse, lourdingue et pas drôle. Les effets spéciaux qui consistent à mettre le visage de Valérie Lemercier sur un corps d’enfant sont ridicules. Bref, on souffre et on s’ennuie ferme. Et puis, de manière presque miraculeuse, la sauce prend petit à petit au moment où Aline devient une adulte et qu’elle peut enfin vivre au grand jour sa relation avec Guy-Claude, son impresario depuis ses débuts et bien plus âgé qu’elle. Le film entre alors dans une autre dimension et réussit à émouvoir et faire rire en mêlant habilement la vie privée et public de la chanteuse. Le jeu de Valérie Lemercier prend de la consistance. D’ailleurs, tous les personnages du film gagnent en épaisseur sur le plan émotionnel au fur et à mesure que l’histoire devient plus dramatique. Le conte de fées laisse alors la place à un destin plus ordinaire comme la scène finale, magnifique, le met en évidence.

     

    De son vivant.jpg3 étoiles. « De son vivant ». Benjamin est un professeur de théâtre apprécié. Quand il apprend qu’il a un cancer du pancréas incurable, sa vie s’effondre. Et celle de sa mère avec. Alors que cette dernière refuse obstinément d’admettre la réalité, Benjamin va de son côté se préparer petit à petit à l’inéluctable avec l’aide d’un corps médical bienveillant et plein d’empathie. « De son vivant » est un pur mélodrame et s’il est difficile de retenir quelques larmes dans la dernière partie, le film n’est pas plombant pour autant grâce au rôle éminemment positif et humain du Docteur Eddé, joué par Gabriel Sala qui est cancérologue de son état. Mais pas seulement : les scènes où Benjamin enseigne le théâtre à ses élèves, et qui sont autant de miroirs de ce qu’il ressent, sont très réussies. Si « De son vivant » n’atteint pas toujours les sommets d’émotions attendus, notamment en raison d’intrigues périphériques qui diluent inutilement le cœur du sujet, il n’en demeure pas moins que l’ensemble tient la route, ce qui est à relever pour un mélodrame qui aurait facilement pu tomber dans le piège du pathos.

    Spider-Man, No Way Home.jpg2 étoiles. « Spider-Man: No Way Home ». A la fin de l’opus précédent, et pour la première fois de son histoire, Peter Parker, alias Spider-Man, était démasqué. Impossible dès lors pour lui de vivre incognito sa vie de super-héros. Pour tenter de remédier à cette situation délicate, il demande de l’aide à Doctor Strange afin qu’il efface de la mémoire de la planète entière que Peter Parker est Spider-Man. Mais les choses ne vont pas se dérouler comme prévu et Spider-Man va alors devoir affronter son passé avec quelques surprises à la clé. On n’en dira pas plus, car ce serait dévoilé ce qui fait l’intérêt, le seul à vrai dire, de ce nouveau volet de l’homme-araignée qui met, plutôt habilement, les fans dans sa poche en rendant hommage à l’héritage de Spider-Man. Mais pour le reste, rien de bien nouveau : les scènes d’action sont attendues, tout comme les effets spéciaux, la mort d’un des personnages, comme certaines autres scènes d’ailleurs, traine en longueur et les deux ami.e.s de Peter Parker font de la figuration. En résumé, c’est sans doute le moins mauvais Spider-Man de la franchise avec Tom Holland, mais pas de quoi toutefois se précipiter au cinéma à moins d’être un véritable fan. 

    Titane.jpg0 étoile. « Titane ». Je m’attendais au pire. Je n’ai pas été déçu ! Pourquoi dès lors être allé voir le film ? Par curiosité. Et comme chacun le sait, c’est un vilain défaut. En guise de punition, j’ai supporté une histoire sans queue ni tête, mais peut-être que c’est moi qui n’ai rien compris, qui ressemble à un enchaînement de clips, certes bien mis en scène et bien joués par les deux personnages principaux. J’ai hésité à partir après les trente premières minutes d’une rare violence. Je suis quand même resté en me disant que ce film avait reçu la Palme d’or au Festival de Cannes et que le plus dur était passé. La seconde partie est effectivement beaucoup moins violente, mais toujours aussi dénuée de sens (l’héroïne est enceinte d’une voiture…) et « tape à l’œil » avec des scènes qui frisent le ridicule ou qui donnent envie de vomir au sens propre et figuré. Comment le jury du Festival de Cannes a-t-il pu décerner sa Palme d’or à un film pareil ? Quoiqu’il en soit, un film qu’il est préférable d’éviter, sauf à vouloir se laisser tenter par la curiosité… (Uniquement le dimanche 2 janvier aux cinémas du Grütli)

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire, 0 étoile : à éviter

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  • « Spider-Man : No Way Home » : pour les fans (et 7 films à l’affiche)

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    Spider-Man, No Way Home.jpgIl ne faut jamais dire « jamais plus ».  Après le dernier Spider-Man en date (2017) d’une rare indigence, « Spider-Man : Homecoming », il n’était pas question que j’aille voir la suite. Et pourtant, à la lecture de critiques étonnamment bonnes, je me suis dit qu’il serait finalement dommage de manquer apparemment le meilleur des trois Spider-Man avec Tom Holland.

    A la fin de l’opus précédent, et pour la première fois de son histoire, Peter Parker, alias Spider-Man, était démasqué. Impossible dès lors pour lui de vivre incognito sa vie de super-héros. Pour tenter de remédier à cette situation délicate, il demande de l’aide à Doctor Strange afin qu’il efface de la mémoire de la planète entière que Peter Parker est Spider-Man. Mais les choses ne vont pas se dérouler comme prévu et Spider-Man va alors devoir affronter son passé avec quelques surprises à la clé. 

    On n’en dira pas plus, car ce serait dévoilé ce qui fait l’intérêt, le seul à vrai dire, de ce nouveau volet de l’homme-araignée qui met, plutôt habilement, les fans dans sa poche en rendant hommage à l’héritage de Spider-Man. Mais pour le reste, rien de bien nouveau : les scènes d’action sont attendues, tout comme les effets spéciaux, la mort d’un des personnages, comme certaines autres scènes d’ailleurs, traine en longueur et les deux ami.e.s de Peter Parker font de la figuration. 

    En résumé, c’est sans doute le moins mauvais Spider-Man de la franchise avec Tom Holland, mais pas de quoi toutefois se précipiter au cinéma à moins d’être un véritable fan. Last but not least, il semblerait que ce troisième épisode soit également le dernier, comme la fin du film le laisse à penser. Mais devant l’énorme succès qu’il rencontre de par le monde, il est permis d’en douter. Et j’éviterai d’écrire que je n’irai pas, le cas échéant, le voir… (2 étoiles)

    Toujours à l’affiche

    Illusions perdues.jpg5 étoiles. « Illusions perdues ». Balzac aurait sans doute fort apprécié l’adaptation très réussie de son roman d’une étonnante actualité alors qu’il a été écrit entre 1837 et 1843. Distribution de haut vol, reconstitution somptueuse, mise en scène brillante, excellente bande son et rythme soutenu pratiquement du début à la fin font d’Illusions perdues un des meilleurs films français de 2021. (Uniquement le mardi 4 janvier à 20h30 aux cinémas du Grütli)

     

     

    House of Gucci.jpg4 étoiles. « House of Gucci ». La chute de la maison Gucci, sous l’angle familiale ou de celui du couple formé par Maurizio Gucci et Patrizia Reggiani, tient en haleine avec au menu passion, ambition, trahison et vengeance. Certes, il y a bien ici ou là quelques imprécisions au niveau du scénario et les acteurs qui parlent anglais, dans la version originale, avec l’accent italien, c’est un peu agaçant. Mais l’ensemble est enlevé grâce à une mise en scène et une reconstitution de l’époque qui ne laissent rien au hasard. C’est un vrai plaisir pour les yeux tant les décors, les coiffures, les bijoux et les costumes sont magnifiques, mais aussi pour les oreilles grâce à une excellente bande-son. Et last but not least, la distribution est à la hauteur avec une Lady Gaga qui crève l’écran.

     

    Madres Paralelas.jpg4 étoiles. « Madres paralelas ». Janis, 40 ans, et Ana, pas encore majeure, sont sur le point d’accoucher. Elles se retrouvent dans la même chambre. Le père de leur enfant est aux abonnés absents, mais pas pour les mêmes raisons. Si la première se réjouit d’avoir son premier enfant, il n’en est pas de même pour la seconde visiblement traumatisée. Janis essaye de l’épauler tant bien que mal durant ces heures qui précèdent l’accouchement, ce qui va créer un lien fort entre elles. Il va perdurer bien au-delà de la naissance des deux enfants, mais d’une manière totalement inattendue. S’appuyant sur une histoire qui tient le spectateur en haleine du début à la fin, et ce malgré quelques facilités scénaristiques, un côté mondain un brin agaçant et un montage parfois trop abrupt, « Madres paralelas » traite avec brio les thèmes de la maternité et de la descendance et dégage une grande force émotionnelle qui se dégage du film. 

    Les choses humaines.jpg4 étoiles. « Les choses humaines » raconte l’histoire d’Alexandre et de Mila, le premier étant accusé par la seconde de l’avoir violée. Le film est construit en trois parties (« lui », « elle » et le procès) afin que, selon le réalisateur Yvan Attal, le spectateur prenne le temps de s’attacher aux deux personnages et puisse par la suite se mettre à la place du jury. Et le moins que l’on puisse écrire est que l’objectif est atteint. En tant que spectateur, on est acteur du film tant des sentiments contradictoires se bousculent au fur et à mesure que l’intrigue avance. L’intérêt du film n’est pas de savoir s’il y a eu viol ou non, mais de comprendre comment et pourquoi il a pu se produire. Jeux de pouvoir, pari stupide, arrogance, sexisme ordinaire, consentement présumé sont quelques-unes des clés. Porté par une brillante distribution et quelques scènes d’une folle intensité pendant le procès, « Les choses humaines » ne laisse pas indifférent.

    Aline.jpg3 étoiles. « Aline ». La mise en place de l’intrigue est laborieuse, lourdingue et pas drôle. Les effets spéciaux qui consistent à mettre le visage de Valérie Lemercier sur un corps d’enfant sont ridicules. Bref, on souffre et on s’ennuie ferme. Et puis, de manière presque miraculeuse, la sauce prend petit à petit au moment où Aline devient une adulte et qu’elle peut enfin vivre au grand jour sa relation avec Guy-Claude, son impresario depuis ses débuts et bien plus âgé qu’elle. Le film entre alors dans une autre dimension et réussit à émouvoir et faire rire en mêlant habilement la vie privée et public de la chanteuse. Le jeu de Valérie Lemercier prend de la consistance. D’ailleurs, tous les personnages du film gagnent en épaisseur sur le plan émotionnel au fur et à mesure que l’histoire devient plus dramatique. Le conte de fées laisse alors la place à un destin plus ordinaire comme la scène finale, magnifique, le met en évidence.

    De son vivant.jpg3 étoiles. « De son vivant ». Benjamin est un professeur de théâtre apprécié. Quand il apprend qu’il a un cancer du pancréas incurable, sa vie s’effondre. Et celle de sa mère avec. Alors que cette dernière refuse obstinément d’admettre la réalité, Benjamin va de son côté se préparer petit à petit à l’inéluctable avec l’aide d’un corps médical bienveillant et plein d’empathie. « De son vivant » est un pur mélodrame et s’il est difficile de retenir quelques larmes dans la dernière partie, le film n’est pas plombant pour autant grâce au rôle éminemment positif et humain du Docteur Eddé, joué par Gabriel Sala qui est cancérologue de son état. Mais pas seulement : les scènes où Benjamin enseigne le théâtre à ses élèves, et qui sont autant de miroirs de ce qu’il ressent, sont très réussies. Si « De son vivant » n’atteint pas toujours les sommets d’émotions attendus, notamment en raison d’intrigues périphériques qui diluent inutilement le cœur du sujet, il n’en demeure pas moins que l’ensemble tient la route, ce qui est à relever pour un mélodrame qui aurait facilement pu tomber dans le piège du pathos.

    Titane.jpg0 étoile. « Titane ». Je m’attendais au pire. Je n’ai pas été déçu ! Pourquoi dès lors être allé voir le film ? Par curiosité. Et comme chacun le sait, c’est un vilain défaut. En guise de punition, j’ai supporté une histoire sans queue ni tête, mais peut-être que c’est moi qui n’ai rien compris, qui ressemble à un enchaînement de clips, certes bien mis en scène et bien joués par les deux personnages principaux. J’ai hésité à partir après les trente premières minutes d’une rare violence. Je suis quand même resté en me disant que ce film avait reçu la Palme d’or au Festival de Cannes et que le plus dur était passé. La seconde partie est effectivement beaucoup moins violente, mais toujours aussi dénuée de sens (l’héroïne est enceinte d’une voiture…) et « tape à l’œil » avec des scènes qui frisent le ridicule ou qui donnent envie de vomir au sens propre et figuré. Comment le jury du Festival de Cannes a-t-il pu décerner sa Palme d’or à un film pareil ? Quoiqu’il en soit, un film qu’il est préférable d’éviter, sauf à vouloir se laisser tenter par la curiosité… (Uniquement le dimanche 2 janvier à 21h15 aux cinémas du Grütli)

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire, 0 étoile : à éviter

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  • « Les choses humaines » ne laisse pas indifférent

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    Les choses humaines.jpgAdapté du roman éponyme de Karine Tuil, « Les choses humaines » raconte l’histoire d’Alexandre et de Mila, le premier étant accusé par la seconde de l’avoir violée. Le film est construit en trois parties (« lui », « elle » et le procès) afin que, selon le réalisateur Yvan Attal, le spectateur prenne le temps de s’attacher aux deux personnages et puisse par la suite se mettre à la place du jury. Pour le garçon, il avait envie de souligner l’aspect touchant de sa personnalité, malgré la violence de ce dont on l’accuse. Concernant la fille, il voulait instiller une once de doute sur son témoignage, absolument pas pour la rendre antipathique, mais pour mettre en lumière toute la complexité de juger.

    Et le moins que l’on puisse écrire est que l’objectif est atteint. En tant que spectateur, on est acteur du film tant des sentiments contradictoires se bousculent au fur et à mesure que l’intrigue avance. Sentiments exacerbés par le fait que les parents des deux jeunes sont liés entre eux, la jeune femme étant la fille du compagnon de la mère du jeune homme. Face à ce drame, les deux familles vacillent sous le choc à la recherche d’une vérité qui prend des formes différentes au gré des événements, des convictions des uns et des autres ou encore de leur mode de vie parfois très éloigné. C’est ainsi que la mère de Mila est très religieuse alors que le père d’Alexandre est un présentateur de télévision vedette qui aime séduire les femmes.

    L’intérêt du film n’est pas de savoir s’il y a eu viol ou non, mais de comprendre comment et pourquoi il a pu se produire. Jeux de pouvoir, pari stupide, arrogance, sexisme ordinaire, consentement présumé sont quelques-unes des clés. Porté par une brillante distribution et quelques scènes d’une folle intensité pendant le procès, « Les choses humaines » ne laisse pas indifférent. (4 étoiles)

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas désagréable, mais pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Almodovar dresse des portraits de femmes avec brio

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    401DB78F-48D0-4C3F-BB67-781E4B46E8F4.jpeg« Madres paralelas » est à la fois un drame sentimental et historique quand bien même le destin des deux mères dont il est question dans le film prend le pas sur l’évocation des charniers franquistes. A ce propos, Pedro Almodovar précise que « de façon à développer cette trame (celle des deux mères), il a décidé de laisser pour la fin l’ouverture de la fosse commune. Il espère malgré tout que ce qu’il montre de ce sujet aidera à mettre en lumière un problème urgent et toujours actuel de la société espagnole. »

    Janis, 40 ans, et Ana, pas encore majeure, sont sur le point d’accoucher. Elles se retrouvent dans la même chambre. Le père de leur enfant est aux abonnés absents, mais pas pour les mêmes raisons. Si la première se réjouit d’avoir son premier enfant, il n’en est pas de même pour la seconde visiblement traumatisée. Janis essaye de l’épauler tant bien que mal durant ces heures qui précèdent l’accouchement, ce qui va créer un lien fort entre elles. Il va perdurer bien au-delà de la naissance des deux enfants, mais d’une manière totalement inattendue.

    S’appuyant sur une histoire qui tient le spectateur en haleine du début à la fin, et ce malgré quelques facilités scénaristiques, un côté mondain un brin agaçant et un montage parfois trop abrupt, « Madres paralelas » traite avec brio les thèmes de la maternité et de la descendance. 

    Pedro Almodovar dresse, en effet, avec maestria plusieurs portraits de femmes parmi lesquels bien évidement ceux des deux personnages principaux, mais également celui de la mère d’Ana ou encore ceux de ces femmes qui attendent depuis des décennies de pouvoir enfin enterrer leur mari, leur père, leur grand-père ou encore leur arrière-grand-père enlevés à leur affection de façon brutal pendant la guerre civile. Pour y parvenir, il peut compter sur Penelope Cruz au sommet de son art, mais également sur Milena Smit dans le rôle d’Ana. Leur interprétation tout en nuances participe incontestablement à la grande force émotionnelle qui se dégage du film. (4 étoiles)

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • « De son vivant » évite le piège du pathos

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    De son vivant.jpgBenjamin est un professeur de théâtre apprécié. Quand il apprend qu’il a un cancer du pancréas incurable, sa vie s’effondre. Et celle de sa mère avec. Alors que cette dernière refuse obstinément d’admettre la réalité, Benjamin va de son côté se préparer petit à petit à l’inéluctable avec l’aide d’un corps médical bienveillant et plein d’empathie.

    À la lecture de ce synopsis, on aura compris que « De son vivant » est un pur mélodrame et qu’il est préférable de prendre un mouchoir avant d’aller le voir. Mais s’il est effectivement difficile de retenir quelques larmes dans la dernière partie, le film n’est pas plombant pour autant grâce au rôle éminemment positif et humain du Docteur Eddé, joué par Gabriel Sala qui est cancérologue de son état. Mais pas seulement : les scènes où Benjamin enseigne le théâtre à ses élèves, et qui sont autant de miroirs de ce qu’il ressent, sont très réussies. Le duo mère-fils est remarquablement interprété par Catherine Deneuve et Benoît Magimel qui a perdu 60 kilos pour le rôle, quel contraste avec son rôle dans « Amants » ! Après avoir partagé l’affiche de l’excellent « La tête haute », les deux acteurs se retrouvent une nouvelle fois sous la direction d’Emmanuelle Bercot. 

    Si « De son vivant » n’atteint pas les sommets d’émotions de « La tête haute », notamment en raison d’intrigues périphériques (un fils qui sort de nulle part et une amourette bien peu crédible) qui diluent inutilement le cœur du sujet, il n’en demeure pas moins que l’ensemble tient la route, ce qui est à relever pour un mélodrame qui aurait facilement pu tomber dans le piège du pathos. (3 étoiles)

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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