Cinéma

  • « Mourir peut attendre » : une sortie réussie pour Daniel Craig

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    Mourir peut attendre.jpgJ’avais 12 ans quand j’ai vu mon premier James Bond, « L’espion qui m’aimait » avec Roger Moore, au cinéma. C’était au Plaza. C’était la première fois que je voyais un film en version originale sous-titrée, à ma plus grande surprise puisque ce n’était pas volontaire. J’en garde, 44 ans plus tard, encore un souvenir lumineux : voir son premier James Bond en anglais dans cette salle magique avec son écran gigantesque, ça ne s’oublie pas ! 

    Depuis lors, j’ai vu tous les James Bond sur grand écran. Alors, après les nombreux reports de « Mourir peut attendre », je ne voulais pas…attendre un jour de plus pour découvrir les nouvelles aventures du plus célèbre agent secret de tous les temps. Et ce malgré le fait que j’avais plutôt été déçu de l’opus précédent « Spectre », qui faisait suite à l’excellent « Skyfall ». 

    Après une entrée en matière sous forme de flashback, qui vous plonge immédiatement dans le film, suivie d’une chasse à l’homme comme il se doit spectaculaire, le générique, qui fait aussi partie de la marque James Bond, offre une première respiration après ce début sur les chapeaux de roue. La demi-heure qui suit sert à mettre en place l’intrigue qui brouille les pistes et, à vrai dire, un peu le spectateur. 

    Mais tout revient dans l’ordre quand on a compris que 007, qui est parti à la retraite, accepte de reprendre du service pour sauver un scientifique qui vient d’être kidnappé. Mais bien évidemment, la mission s’avère bien plus complexe et dangereuse que prévue. James Bond se retrouve à poursuivre le méchant de l’histoire qui détient une arme technologique capable de tuer en se basant sur l’ADN.

    A la lecture du synopsis, pas de doute, les standards d’un James Bond sont respectés. Certes, mais ce vingt-cinquième épisode est plus intimiste, plus noir aussi, dans la lignée de « Skyfall ». Les James Bond girls, à une exception près, sont absentes et la relation de 007 avec Madeleine est au cœur de l’histoire. Les personnages secondaires habituels, M, Q, Monneypenny, sont plus en vue, ce qui renforce ce côté intimiste. L’action est au service du film, bien dosée et plutôt réaliste. On n’oubliera pas de mentionner des pointes d’humour « so british » qui font mouche et bien sûr la musique toujours très attendue dans un James Bond.

    Quant à la fin, après 2h45 que l’on ne voit pas passer, et sans rien dévoiler pour ne pas gâcher le suspense, elle offre une sortie réussie à Daniel Craig qui incarne pour la dernière fois 007. En conclusion, ça valait la peine de ne pas attendre un jour de plus pour découvrir cet opus de très bonne facture ! (4 étoiles)  

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Un « Rouge » qui fait tache

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    Rouge.jpgLe réalisateur Farid Bentoumi a pris comme point de départ un fait réel, à savoir une usine qui rejette ses déchets toxiques dans la Méditerranée. Le gouvernement et la préfecture demandent depuis des années aux propriétaires d’arrêter cette pollution, sans aucun effet. Il faut préciser que cette usine employant 500 personnes, ce qui n’est pas rien dans une région marquée par le chômage, on devine que les autorités ne font pas preuve d’une grande fermeté… 

    Farid Bentoumi a souhaité que son film se déroule dans un lieu naturel, en l’occurrence la montagne, afin que le rouge symbolisant, notamment, la salissure, le sang et la blessure fasse tache, comme la pollution. L’héroïne du film porte à plusieurs reprises des habits rouges.

    Nour est infirmière. Grâce au soutien de son père, elle vient d’être embauchée comme infirmière dans l’usine où il travaille depuis trente ans. C’est un pivot de l’entreprise, il est délégué syndical. Alors que l’usine subit un contrôle sanitaire, Nour découvre que les visites de santé du personnel sont pour ainsi dire inexistantes. Dans le même temps, une journaliste mène l’enquête sur la gestion des déchets, mais peine à obtenir des preuves sur la toxicité de ces derniers. Les deux jeunes femmes vont se rapprocher et petit à petit découvrir que cette usine, pilier de l’économie locale, cache bien des secrets. Nour se trouve alors confrontée à un dilemme : se taire ou trahir son père pour faire éclater la vérité. 

    La relation père-fille est au cœur du film. Certes, les rebondissements liés à l’enquête tiennent en haleine, tout spécialement dans la seconde partie, mais l’évolution des rapports entre les deux personnages donne tout son intérêt à ce thriller politique, social et écologique. 

    Si on peut reprocher au film un certain manque de rythme dans sa première partie et un côté un peu trop didactique dans son déroulement, on ne manquera pas de souligner le côté visuel très réussi, la remarquable interprétation de Zita Hanrot et Sami Bouajila avec une fin à la hauteur de cette relation père-fille très touchante. (3 étoiles) 

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • « Titane »: à vomir

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    7478FDEE-C95E-48DC-877D-FC42613AECCB.jpegJe m’attendais au pire. Je n’ai pas été déçu! Pourquoi dès lors être allé voir le film? Par curiosité. Et comme chacun le sait, c’est un vilain défaut. En guise de punition, j’ai supporté une histoire sans queue ni tête, mais peut-être que c’est moi qui n’ai rien compris, qui ressemble à un enchaînement de clips, certes bien mis en scène et bien joués par les deux personnages principaux (mais qu’est-ce que Vincent Lindon est venu faire dans cette galère?).

    J’ai hésité à partir après les trente premières minutes d’une violence telle que mes mains ont fait rempart entre l’écran et mes yeux, il est vrai que j’aurais aussi pu simplement les fermer. Je suis quand même resté en me disant que ce film avait reçu la Palme d’or au Festival de Cannes et que le plus dur était passé. 
     
    La seconde partie est effectivement beaucoup moins violente, mais toujours aussi dénuée de sens (l’héroïne est enceinte d’une voiture…) et « tape à l’œil » avec des scènes qui frisent le ridicule - celle du bal des pompiers qu’on croirait tout droit sorti d’un film gay de série Z mérite la…palme - ou qui donnent envie de vomir au sens propre et figuré. 
     
    Comment le jury du Festival de Cannes a-t-il pu décerner sa Palme d’or à un film pareil? Il devait être sous l’emprise de substances hallucinogènes, je ne vois pas d’autres explications. Quoiqu’il en soit, je décerne pour la première fois un 0 étoile à un film qu’il est préférable d’éviter, sauf à vouloir se laisser tenter par la curiosité…
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  • Cinéma: critiques de 7 films à l'affiche

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    IMG_3100.jpg4 étoiles. « Adieu les Cons ». Lorsque Suze Trappet apprend à 43 ans que ses jours sont comptés, elle décide d’entreprendre les démarches pour retrouver l’enfant qu’elle a été forcée d’abandonner quand elle avait 15 ans. Ses recherches vont l’amener à faire la connaissance, dans des circonstances bien particulières, de JB, quinquagénaire dépressif, et de M. Blin, archiviste aveugle à l’enthousiasme débordant. Ce trio détonnant ne va reculer devant aucun obstacle pour tenter de retrouver l’enfant de Suze Trappet. Oscillant constamment entre comédie et drame, « Adieu les Cons » est trépidant, émouvant, tendre, romanesque, drôle, tragique, poétique, délirant, satirique, extravagant, déroutant et absurde. Le long-métrage d’Albert Dupontel tient le cap de la satire sociale du début à la fin en utilisant, suivant les scènes, un ton drôle, dramatique, tragique ou encore émouvant dans une grande cohérence jusqu’à la scène finale tout aussi réussie que celle du début. Alors, certes, le trait est parfois un peu grossier et répétitif, principalement avec le personnage de l’aveugle, mais l’ensemble, porté par une excellente distribution, dégage une indéniable impression positive. Lors de la cérémonie des César 2021, le film a été récompensé à sept reprises. 

    IMG_3105.jpg4 étoiles. « Les enfants du Platzspitz ». Adapté de l’autobiographie de Michelle Halbheer, « Les enfants du Platzspitz » raconte l’histoire de Mia une fille de 11 ans dont la mère est toxicomane. Après la fermeture du Platzspitz, scène emblématique de la drogue zurichoise dans les années 80-90, Mia et sa mère s’installe dans un village de l’Oberland. Contrainte de s’occuper de sa mère, qu’elle aime profondément et qui lutte avec plus ou moins de succès contre sa toxicomanie, Mia va affronter, souvent bien seule, des épreuves d’une grande dureté. La lecture de ce synopsis pourrait en effrayer plus d’un.e, et à raison. Certaines scènes ou situations sont très dures et leur répétition, rendues nécessaires pour comprendre pour quelles raisons Mia a pu supporter l’insupportable, mettent parfois mal à l’aise. Au même titre d’ailleurs que les services sociaux qui sont en-dessous de tout. Mais « Les enfants du Platzspitz », c’est aussi une histoire d’amour déchirante entre une enfant et sa mère et la formidable capacité d’une gosse de 11 ans d’être par moment non plus la mère de sa mère, mais simplement une petite fille avec ses rêves d’enfant. Un film dur et bouleversant, avec dix dernières minutes d’une folle intensité émotionnelle, qu’on n’oublie pas juste après l’avoir vu.

    IMG_3084.jpg3 étoiles. « 30 jours max ». Rayane est entré dans la police pour faire comme son père mort dans l’exercice de sa fonction. Mais il est trouillard et accumule les faux pas. Ses collègues n’ont de cesse de se moquer de lui. Toutefois, le jour où son médecin lui apprend qu’il n’a plus que 30 jours à vivre, ses peurs s’envolent. Il décide de vivre pleinement ses deniers jours après avoir tenté d’escroquer un gros bonnet de la drogue (José Garcia) qui ne l’entend bien évidemment pas de cette oreille. Rayane (Tarek Boudali devant et derrière la caméra) va alors prendre tous les risques pour sauver sa grand-mère (Marie-Anne Chazel délirante), mettre à l’ombre ce dangereux malfaiteur et tenter d’attirer l’attention de sa collègue Stéphanie à qui il n’ose pas déclarer sa flamme. Après « Epouse-moi mon pote », comédie pleine de clichés, stupide mais plutôt drôle, le duo Tarek Boudali-Philippe Lacheau remet le couvert, mais en mieux, car moins caricatural. Ceci dit, il n’en reste pas moins que « 30 jours max » s’adresse uniquement à un public qui apprécie les comédies déjantées, délirantes, outrancières avec quelques bonnes idées et sans grande finesse. Si tel est le cas, les éclats de rire sont garantis. 

    IMG_1989.jpg3 étoiles. « Petite sœur » se concentre sur le personnage de Lisa, sœur jumelle de Sven, qui donne tout ce qu’elle a, y compris sa moelle osseuse, pour aider son frère à combattre sa leucémie et ainsi lui permettre de remonter sur la scène berlinoise dont il a été une figure très en vue au cours de sa carrière. Quand bien même le théâtre occupe une place importante dans le film, on pourrait justement lui reprocher sa forme un peu trop théâtrale avec des scènes qui se multiplient et des personnages secondaires pas assez développés. Par moment, surtout dans la première partie, un sentiment d’éparpillement domine et nuit à la fluidité du récit.  Mais heureusement, ce défaut est largement atténué grâce à Nina Hoss présente dans pratiquement toutes les scènes. Elle incarne avec justesse et émotions le rôle de Lisa. Lars Eidinger, dans un rôle qui s’apparente à celui du clown triste, est lui aussi très émouvant. Grâce à leur performance, leur amour fraternel, qui relève du fusionnel et qui balaie tout sur son passage, sonne juste avec comme point d’orgue une magnifique scène qui mêle leurs deux voix sur une version revisitée de Hansel et Gretel.

    Miss.jpg2 étoiles. « Miss ». Le film du réalisateur Ruben Alves déçoit malgré la formidable performance d’Alexandre Wetter. A propos de l’acteur, dont c’est le premier rôle, Ruben Alves précise « qu’il a été frappé par la façon dont il passait avec simplicité et naturel d’un physique assez masculin à une féminité assumée. » Il lui a demandé s’il envisageait une transition, ce à quoi Alexandre Wetter lui a répondu que ce n’était pas le cas, mais qu’il se sentait juste « plus fort en femme ». Cette force se ressent très bien à l’écran, Alexandre Wetter rendant parfaitement crédible son désir d’enfant de devenir Miss France. Il est totalement bluffant dans son rôle, à tel point qu’on en oublie par moment qu’il n’est pas une femme. Pas suffisant toutefois pour faire oublier la faiblesse d’un scénario qui aligne les noix sur un bâton et qui hésite constamment sur la direction à suivre. Alors, certes, « Miss » est un bel hymne à la différence, avec quelques scènes très touchantes et une distribution convaincante, dans ce monde des Miss codifié à l’extrême. Mais malgré ces qualités, c’est un sentiment d’inachevé qui domine avec une dernière scène qui en est la parfaite illustration, si l’on ose dire.

    IMG_3090.jpg2 étoiles. « Mank ». 1941. Herman J. Mankiewicz est choisi par Orson Wells pour écrire le scénario de « Ctizen Kane ». Le réalisateur lui met une forte pression pour que le scénario soit terminé dans les temps alors que Mankiewicz est blessé suite à un accident de voiture et que son alcoolisme est problématique. L’écriture du scénario est le fil rouge de « Mank » qui multiplie les flashbacks dans les années 30 où l’on découvre les relations de Mankiewicz avec le producteur Louis B. Meyer, le magnat William Hearst et sa maîtresse, l’actrice Marion Davis, avec laquelle il se lie d’amitié, et l’élection du gouverneur de Californie en 1934. Autant de flashbacks qui mettent en avant l’évolution d’Hollywood après la Grande Dépression liée au krach boursier de 1929 et qui perdent petit à petit le spectateur. En effet, la complexité du récit, la multiplication des dialogues, les nombreuses références aux personnages des années 30 que seuls les cinéphiles seront à même de comprendre, et encore, ont comme conséquence que le spectateur finit par décrocher malgré une sublime reconstitution en noir et blanc (Oscars 2021 pour la photographie et les décors amplement mérités) qui est un régal pour l’œil, une mise en scène au cordeau et une brillante distribution parfaitement dirigée.    

    IMG_1868.jpg1 étoile. « Tenet ». Le dernier film de Christopher Nolan tient ses promesses en matière de « pur » cinéma : c’est spectaculaire et remarquablement mis en scène. Mais cela ne suffit pas à faire un bon film. Pour sauver le monde, le « protagoniste » doit se battre contre un méchant sans foi ni loi qui a comme seul objectif de détruire la planète. Pour avoir une chance d’accomplir sa mission, il devra se projeter dans une dimension qui dépasse le temps. Pourtant, il ne s’agit pas d’un voyage dans le temps, mais d’un renversement temporel. Ce concept du temps inversé donne à « Tenet » son originalité, car pour le reste il n’a rien à envier à un James Bond, l’humour en moins et la prise de tête en plus. Cette inversion du temps montre en effet ses limites. Elle tourne finalement à l’exercice de style, souligné par une musique assourdissante. « Tenet » abandonne en route ses personnages et surtout le spectateur qui après s’être accroché tant bien que mal à cette histoire indigeste, trop bavarde et longue (2h30) finit par lâcher prise se contentant d’assister à des scènes certes spectaculaires, mais vides de sens et sans aucune émotion.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas désagréable, mais pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Mes dix films préférés de 2020

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    Evidemment, avec les salles de cinéma fermées pendant pratiquement la moitié de l’année, ce classement 2020 n’a qu’une valeur toute relative. Je n’ai en effet vu qu’une trentaine de films contre une soixantaine habituellement. Il y a donc fort à parier que d’autres films auraient pris place dans ce classement. Mais voyons le verre à moitié plein et mettons tout de même en avant quelques très bons films de cette année 2020 marquée par cette pandémie qui a mis, et mettra encore pour quelques temps, ce monde merveilleux du cinéma dans de très grandes difficultés.

    IMG_9859.jpg1. « 1917 ». Pour résumer au mieux le film et les intentions de son réalisateur, Sam Mendes, rien de mieux que de lui laisser la parole : « Le film ne relate pas l’histoire de mon grand-père, mais s’attache plutôt à évoquer son esprit – ce que ces hommes ont subi, leurs sacrifices, et leur foi en quelque chose qui les dépassait. Nos deux protagonistes doivent participer à une mission périlleuse afin de livrer un message vital et de sauver ainsi 1600 soldats. Notre caméra ne les lâche jamais. Je voulais m’attacher à chacun de leur pas et sentir leur souffle. » Le moins que l’on puisse écrire est que, malgré quelques petites longueurs et invraisemblances au niveau du scénario, l’objectif de Sam Mendes est largement atteint. La manière dont « 1917 » est filmé est tout simplement époustouflante et même par moment étouffante, mais dans le bon sens du terme. 

    IMG_0156.jpg2. « La Communion ». Daniel, 20 ans, est enfermé dans un centre de détention pour des jeunes délinquants. Il se découvre une vocation spirituelle, mais il lui est impossible d'accéder aux études de séminariste en raison de son passé sulfureux. Libéré sur parole, il est envoyé dans une petite ville au fin fond de la Pologne. Alors qu'il se recueille dans l'église de son nouveau lieu d'habitation, les circonstances vont l'amener à se faire passer pour un prêtre et reprendre au pied levé la tête d'une paroisse qui peine à faire son deuil suite à un tragique accident survenu quelques mois auparavant. Ces sermons font sourire, voire même rire, et sont émouvants, à l'image du film qui laisse une grande place aux émotions. Ils sont de plus remarquablement bien interprétés par un acteur, Bartosz Bielena, en état de grâce. 

    IMG_1385.jpg3. « Eté 85 ». L’été de ses 16 ans, Alexis, lors d’une sortie en mer sur la côte normande, chavire avec son dériveur. Il est sauvé par David, 18 ans, qui le séduit très rapidement. Commence alors une romance entre les deux jeunes hommes qui va se révéler avec le temps moins idyllique qu’elle en a l’air de prime abord. Le film, très bien écrit, est construit sur le principe des flashbacks qui ne lui enlèvent rien à sa lisibilité. Il ménage un réel suspense qui ajoute un intérêt certain à cette histoire d’amour adolescente qui n’en manque pas au demeurant. La mise en scène ne laisse rien au hasard, les images sont soignées, la lumière donne tout son éclat à la romance et les deux jeunes acteurs sont formidables. Les seconds rôles, tenus par des actrices et acteurs de renom, ne sont pas en reste.

    IMG_0328.jpg4. « Judy » est un biopic sur Judy Garland qui s'intéresse tout particulièrement à l'année 1968 et à la série de concerts qu'elle a donnés pendant cinq semaines à Londres dans un cabaret très à la mode de l'époque. Trente ans après être devenue une star planétaire grâce au « Magicien d'Oz », Judy Garland est dans une mauvaise passe. Elle n'a pas d'autre choix que de quitter les Etats-Unis pour Londres afin de subvenir aux besoins de ses enfants. Mais cette séparation à contrecœur, ses échecs sentimentaux, sa dépendance à l'alcool et aux médicaments ainsi que son enfance sacrifiée pour Hollywood sont autant d'obstacles à surmonter pour briller sur scène. Si « Judy » n'est pas un film parfait, il y a quelques scènes redondantes et quelques baisses de rythme, il a, outre son actrice principale, une grande qualité : il laisse la place à l'émotion avec, notamment, dix dernières minutes d'une folle intensité qui vous laissent sans voix au moment du générique de fin.

    IMG_1788.jpg5. « Les enfants du Platzspitz » raconte l’histoire de Mia une fille de 11 ans dont la mère est toxicomane. Après la fermeture du Platzspitz, scène emblématique de la drogue zurichoise dans les années 80-90, Mia et sa mère s’installe dans un village de l’Oberland. Contrainte de s’occuper de sa mère, qu’elle aime profondément et qui lutte avec plus ou moins de succès contre sa toxicomanie, Mia va affronter, souvent bien seule, des épreuves d’une grande dureté. Certaines scènes ou situations sont très dures et leur répétition, rendues nécessaires pour comprendre pour quelles raisons Mia a pu supporter l’insupportable, mettent parfois mal à l’aise. Au même titre d’ailleurs que les services sociaux qui sont en-dessous de tout. Mais « Les enfants du Platzspitz », c’est aussi une histoire d’amour déchirante entre une enfant et sa mère et la formidable capacité d’une gosse de 11 ans d’être par moment non plus la mère de sa mère, mais simplement une petite fille avec ses rêves d’enfant. Un film dur et bouleversant, avec dix dernières minutes d’une folle intensité émotionnelle. 

    Adieu les Cons.jpg6. « Adieu les Cons ». Lorsque Suze Trappet apprend à 43 ans que ses jours sont comptés, elle décide d’entreprendre les démarches pour retrouver l’enfant qu’elle a été forcée d’abandonner quand elle avait 15 ans. Ses recherches vont l’amener à faire la connaissance de JB, quinquagénaire dépressif, et de M. Blin, archiviste aveugle à l’enthousiasme débordant. Ce trio détonnant ne va reculer devant aucun obstacle pour tenter de retrouver l’enfant de Suze Trappet. Oscillant constamment entre comédie et drame, « Adieu les Cons » est trépidant, émouvant, tendre, romanesque, drôle, tragique, poétique, délirant, satirique, extravagant, déroutant et absurde. Le long-métrage d’Albert Dupontel tient le cap de la satire sociale du début à la fin. Alors, certes, le trait est parfois un peu grossier et répétitif, principalement avec le personnage de l’aveugle, mais l’ensemble, porté par une excellente distribution, dégage une indéniable impression positive.

    IMG_0129.jpg7. « La Fille au Bracelet ». Lise,18 ans, est assignée à résidence et porte depuis deux ans un bracelet, car elle est accusée d'avoir tué sa meilleure amie. Si la procureure est persuadée de sa culpabilité, la défense va s'attacher à démontrer que les éléments dont dispose l'accusation ne reposent que sur des jugements de valeur. Pour construire son scénario, Stéphane Demoustier, le réalisateur, a assisté à des procès et l’a tourné dans le tribunal de Nantes. Il précise qu’il a souhaité faire « un film sur l'interprétation des faits, sur le doute. » Et le moins que l'on puisse écrire est que cette volonté d'insinuer le doute est très réussie. En effet, le scénario permet d'interpréter les différentes preuves qui sont présentées dans un sens ou dans un autre et de maintenir le doute jusqu'au bout. Doute également savamment entretenu grâce à la remarquable performance de Mélanie Guers qui, dans le rôle de Lise, crève l'écran, comme d'ailleurs Chiara Mastroianni époustouflante dans la scène où elle témoigne au procès de sa fille. 

    IMG_0118.jpg8. « La Voie de la Justice ».  Après ses études à la prestigieuse université de Harvard, Bryan Stevenson aurait pu se lancer dans une carrière lucrative. Il décide de n’en rien faire en se rendant en Alabama pour défendre des prisonniers condamnés à tort et/ou qui n’ont pas eu droit à une assistance juridique digne de ce nom. C’est ainsi qu’il est amené à se pencher sur le cas emblématique de Walter McMillan, condamné à mort en 1987 pour le meurtre d’une jeune fille de 18 ans alors que les preuves contre lui sont quasi inexistantes. Malgré un sujet souvent traité et une réalisation très classique empreinte par moment d’une certaine lenteur, « La Voie de la Justice » arrive tout de même à captiver le spectateur. Il y parvient grâce à ses deux personnages principaux et ses seconds rôles qui donnent également tout leur relief à cette histoire qui dénonce une justice qui criminalise trop facilement de manière arbitraire les hommes afro-américains. C’est également un plaidoyer contre la peine de mort. Un film émouvant et d’une grande humanité.

    IMG_1258.jpg9. « Tout Simplement Noir ». JP, un acteur raté de 40 ans qui a tout de même une petite notoriété sur internet grâce à des vidéos comiques, décide d’organiser une marche de contestation d’hommes noires à Paris. Mais pour que cette initiative soit un succès, il faut qu’il puisse rallier à son projet des personnalités noires connues. Pour Jean-Pascal Zadi, également acteur principal, le film est né « de l’envie de faire une œuvre collégiale, drôle et porteuse d’un message. On voulait fédérer un maximum de personnalités noires autour de ce projet et avoir le plaisir de les voir s’éclater à l’écran. » Et il faut bien dire que c’est le plus souvent réussi, voire excellent comme, par exemple, la scène totalement délirante entre Fabrice Eboué et Lucien Jean-Baptiste. En résumé, une comédie drôle et pas bête du tout sur un sujet pourtant casse-gueule. Plutôt rare dans l’univers de la comédie française.

    IMG_0471.jpg10. « Invisible Man ». Cecilia partage une vie aisée avec un brillant et riche scientifique au comportement très possessif. Ne supportant plus son attitude, elle s’enfuit en demandant de l’aide à sa sœur. Peu de temps après, son beau-frère lui apprend que son mari s’est suicidé. Il lui laisse une part de son immense fortune à condition qu’elle respecte certaines conditions, comme celle de ne pas enfreindre la loi, ce qui va devenir de plus en plus compliqué au fur et à mesure que Cecilia prend conscience qu’elle est harcelée par quelqu’un d’invisible et qui s’attaque à son entourage. Mais comment faire croire une chose pareille sans perdre la raison et passer pour une folle ? Porté par Elisabeth Moss littéralement habitée par son rôle et par une mise en scène qui tient le spectateur en haleine en lui donnant des frissons, « Invisible Man » remplit largement son contrat auprès des fans de thriller fantastique avec une bonne dose d’épouvante. 

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