Cinéma

  • « De son vivant » évite le piège du pathos

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    De son vivant.jpgBenjamin est un professeur de théâtre apprécié. Quand il apprend qu’il a un cancer du pancréas incurable, sa vie s’effondre. Et celle de sa mère avec. Alors que cette dernière refuse obstinément d’admettre la réalité, Benjamin va de son côté se préparer petit à petit à l’inéluctable avec l’aide d’un corps médical bienveillant et plein d’empathie.

    À la lecture de ce synopsis, on aura compris que « De son vivant » est un pur mélodrame et qu’il est préférable de prendre un mouchoir avant d’aller le voir. Mais s’il est effectivement difficile de retenir quelques larmes dans la dernière partie, le film n’est pas plombant pour autant grâce au rôle éminemment positif et humain du Docteur Eddé, joué par Gabriel Sala qui est cancérologue de son état. Mais pas seulement : les scènes où Benjamin enseigne le théâtre à ses élèves, et qui sont autant de miroirs de ce qu’il ressent, sont très réussies. Le duo mère-fils est remarquablement interprété par Catherine Deneuve et Benoît Magimel qui a perdu 60 kilos pour le rôle, quel contraste avec son rôle dans « Amants » ! Après avoir partagé l’affiche de l’excellent « La tête haute », les deux acteurs se retrouvent une nouvelle fois sous la direction d’Emmanuelle Bercot. 

    Si « De son vivant » n’atteint pas les sommets d’émotions de « La tête haute », notamment en raison d’intrigues périphériques (un fils qui sort de nulle part et une amourette bien peu crédible) qui diluent inutilement le cœur du sujet, il n’en demeure pas moins que l’ensemble tient la route, ce qui est à relever pour un mélodrame qui aurait facilement pu tomber dans le piège du pathos. (3 étoiles)

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • « Aline » débute mal, puis...

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    IMG_5245.jpgLa bande-annonce vue et revue jusqu’à l’écœurement, la sortie ayant été repoussée d’un an pour les raisons que l’on ne connaît que trop bien, ne présageait rien de bon. Le début du film confirme cette impression. La mise en place de l’intrigue est laborieuse, lourdingue et pas drôle : on se croirait dans un nouvel épisode des Tuches, c’est tout dire. Les effets spéciaux qui consistent à mettre le visage de Valérie Lemercier sur un corps d’enfant sont ridicules. Bref, on souffre et on s’ennuie ferme tout en se demandant bien comment la critique peut être dans l’ensemble aussi bonne. 

    Et puis, de manière presque miraculeuse, la sauce prend petit à petit au moment où Aline devient une adulte et qu’elle peut enfin vivre au grand jour sa relation avec Guy-Claude, son impresario depuis ses débuts et bien plus âgé qu’elle. Le film entre alors dans une autre dimension et réussit à émouvoir et faire rire en mêlant habilement la vie privée et public de la chanteuse. 

    Le jeu de Valérie Lemercier prend de la consistance, à tel point qu’on a de la peine à imaginer que c’est la même actrice que celle dont le jeu agaçait dans la première demi-heure. D’ailleurs, tous les personnages du film, l’excellente distribution est à 90% québécoise, gagnent en épaisseur sur le plan émotionnel au fur et à mesure que l’histoire devient plus dramatique. Le conte de fées laisse alors la place à un destin plus ordinaire, comme la scène finale, magnifique, le met en évidence. (3 étoiles) 

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Des « Amants » sans grand intérêt

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    Lisa et Simon sont beaux (Pierre Niney est souvent torse nu dans la première partie du film et on voit qu’il a bien travaillé ses abdos) et s’aiment depuis toujours. Simon vit du deal et, un jour, ça tourne mal. Obligés de se séparer pour éviter la case prison, nos deux tourtereaux vont se retrouver « par hasard » trois ans plus tard sur l’île Maurice. Mais, entre-temps, Lisa s’est mariée avec un homme bien plus vieux qu’elle et riche. Dans cette équation à trois, un des deux hommes est de trop…

    Si le début du film éveille une certaine curiosité, il n’en est rien de la suite. C’est la plupart du temps ennuyeux, monté à la hache et sans âme, à tel point que l’on se désintéresse très vite du sort des personnages. Benoit Magimel et Pierre Niney font pourtant de leur mieux pour donner un tant soit peu de crédibilité à un film qui en manque cruellement jusqu’à l’ultime plan. « Heureusement », la troisième partie de « Amants » se déroule à Genève, ce qui donne un semblant d’intérêt à repérer les lieux de tournage. C’est tout dire. 

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  • Critique de 8 films à l'affiche en quelques lignes

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    5 Illusions perdues.jpg5 étoiles. "Illusions perdues." Balzac aurait sans doute fort apprécié l’adaptation très réussie de son roman d’une étonnante actualité alors qu’il a été écrit entre 1837 et 1843. Distribution de haut vol, reconstitution somptueuse, mise en scène brillante, excellente bande son et rythme soutenu pratiquement du début à la fin font d’Illusions perdues un des meilleurs films français de 2021. 

    5 Un triomphe.jpg5 étoiles. "Un triomphe". Un film qui porte bien son titre ! Inspiré d’une histoire vraie, l’histoire de ce comédien en mal de scène qui va faire monter sur les planches une troupe de prisonniers est intelligente, touchante sans être démagogique et super bien jouée. A voir ! (Séance uniquement le samedi 13 novembre à 18 heures au Cinélux).

     

    4 La Fracture.jpg4 étoiles. "La fracture". On rit franchement au début, puis on rit jaune et enfin on ne rit plus du tout, la fracture sociale étant bien plus grave que la fracture physique qui conduit un des personnages aux urgences un jour de manifestation des gilets jaunes. Si l’on peut regretter l’accumulation de situations invraisemblables, qui a toutefois comme conséquence positive que la tension ne retombe jamais, on saluera le grand humanisme d’un film qui fait la part belle aux émotions et à ses actrices et acteurs excellents.

    4 Mourir peut attendre.jpg4 étoiles. "Mourir peut attendre". Si dans ce vingt-cinquième épisode les standards d’un James Bond sont respectés, il est néanmoins plus intimiste, plus noir aussi, dans la lignée de « Skyfall ». L’action est au service du film, bien dosée et plutôt réaliste. On n’oubliera pas de mentionner des pointes d’humour « so british » qui font mouche et bien sûr la musique toujours très attendue dans un James Bond.  Quant à la fin, elle offre une sortie réussie à Daniel Craig qui incarne pour la dernière fois 007. Un opus de très bonne facture. 

    3 Julie en 12 chapitres.jpg3 étoiles. "Julie en 12 chapitres". Le portrait de cette jeune femme trentenaire à la recherche d’elle-même est tour à tour drôle, émouvant, tendre, déchirant, satirique, féroce ou encore mélancolique. Si les 12 chapitres sont de qualité inégale, l’ensemble tient parfaitement la route notamment grâce à l’actrice principale, Renate Reinsve, qui a obtenu le prix d’interprétation féminine au dernier Festival de Cannes.

     

    3 Tout nous sourit.jpg3 étoiles. "Tout nous sourit". Ça commence comme une pièce de boulevard forcément pas très subtile, mais plutôt drôle (« ciel mon mari !», « ciel ma femme !», « ciel mes parents !», « ciel mes enfants !»). Et puis, le film glisse gentiment vers une chronique familiale douce-amère plutôt réussie grâce à de bons dialogues et une excellente distribution. (Séances uniquement samedi 13 et dimanche 14 novembre à 13h10 à Balexert).

     

    2 Eiffel.jpg2 étoiles. "Eiffel". L’affiche est un excellent résumé du film : l’histoire d’amour est au centre de l’histoire reléguant la Tour Eiffel au second plan. Et c’est bien dommage, car les quelques trop rares scènes consacrées à sa construction sont spectaculaires grâce à des effets spéciaux bluffants. Quant à la romance, elle flirte le plus souvent avec la mièvrerie et le kitsch, ce dernier atteignant des sommets lors d’une étreinte au premier étage de la Tour Eiffel au coucher de soleil. Décevant.

    2 Tout s'est bien passé.jpg2 étoiles. "Tout s'est bien passé". Le jeu d’André Dussollier et de Sophie Marceau est digne d’éloges. On n’en dira toutefois pas autant du film qui, en mélangeant drame et comédie, manque d’émotions. Plutôt paradoxal pour un long-métrage qui traite du sujet délicat de l’aide au suicide. 

     

     

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • « Mourir peut attendre » : une sortie réussie pour Daniel Craig

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    Mourir peut attendre.jpgJ’avais 12 ans quand j’ai vu mon premier James Bond, « L’espion qui m’aimait » avec Roger Moore, au cinéma. C’était au Plaza. C’était la première fois que je voyais un film en version originale sous-titrée, à ma plus grande surprise puisque ce n’était pas volontaire. J’en garde, 44 ans plus tard, encore un souvenir lumineux : voir son premier James Bond en anglais dans cette salle magique avec son écran gigantesque, ça ne s’oublie pas ! 

    Depuis lors, j’ai vu tous les James Bond sur grand écran. Alors, après les nombreux reports de « Mourir peut attendre », je ne voulais pas…attendre un jour de plus pour découvrir les nouvelles aventures du plus célèbre agent secret de tous les temps. Et ce malgré le fait que j’avais plutôt été déçu de l’opus précédent « Spectre », qui faisait suite à l’excellent « Skyfall ». 

    Après une entrée en matière sous forme de flashback, qui vous plonge immédiatement dans le film, suivie d’une chasse à l’homme comme il se doit spectaculaire, le générique, qui fait aussi partie de la marque James Bond, offre une première respiration après ce début sur les chapeaux de roue. La demi-heure qui suit sert à mettre en place l’intrigue qui brouille les pistes et, à vrai dire, un peu le spectateur. 

    Mais tout revient dans l’ordre quand on a compris que 007, qui est parti à la retraite, accepte de reprendre du service pour sauver un scientifique qui vient d’être kidnappé. Mais bien évidemment, la mission s’avère bien plus complexe et dangereuse que prévue. James Bond se retrouve à poursuivre le méchant de l’histoire qui détient une arme technologique capable de tuer en se basant sur l’ADN.

    A la lecture du synopsis, pas de doute, les standards d’un James Bond sont respectés. Certes, mais ce vingt-cinquième épisode est plus intimiste, plus noir aussi, dans la lignée de « Skyfall ». Les James Bond girls, à une exception près, sont absentes et la relation de 007 avec Madeleine est au cœur de l’histoire. Les personnages secondaires habituels, M, Q, Monneypenny, sont plus en vue, ce qui renforce ce côté intimiste. L’action est au service du film, bien dosée et plutôt réaliste. On n’oubliera pas de mentionner des pointes d’humour « so british » qui font mouche et bien sûr la musique toujours très attendue dans un James Bond.

    Quant à la fin, après 2h45 que l’on ne voit pas passer, et sans rien dévoiler pour ne pas gâcher le suspense, elle offre une sortie réussie à Daniel Craig qui incarne pour la dernière fois 007. En conclusion, ça valait la peine de ne pas attendre un jour de plus pour découvrir cet opus de très bonne facture ! (4 étoiles)  

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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