Bonn(y)dée - Page 2

  • Du grand au petit écran : « La Mule » et « Blade Runner 2049 »

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    IMG_1945.jpgInspiré de la vie de Leo Sharp, vétéran de la seconde guerre mondiale qui est devenu dans les années 80 le transporteur de drogue le plus âgé et le plus efficace du Cartel de Sinaloa, « La Mule » raconte non seulement comment un vieil homme de près de 90 ans en est arrivé à être un passeur de drogues hors normes, mais également comment il en a tiré profit, au sens propre et figuré, pour tenter de recoller les morceaux avec sa famille qu’il avait délaissée tout au long de sa vie.

    Des scènes de « La Mule » sont trop répétitives, d’autres pas toujours crédibles et le scénario ménage peu de surprises. Et puis, il faut attendre les derniers instants du film pour qu’il y ait une prise de conscience du héros sur son implication dans le trafic de drogues. Mieux vaut cependant tard que jamais.

    Mais malgré ces critiques, le film se laisse voir avec un certain plaisir grâce avant tout à l’excellente performance d’acteur de Clint Eastwood qui joue avec conviction un personnage réactionnaire sur les bords et qui pense avant tout à lui. Mais en approchant de la fin de sa vie, il va être capable de se remettre en question et faire preuve d’autodérision. On s’attache à ce vieil homme pince-sans-rire et plein de charme à tel point que malgré son activité on ne peut plus répréhensible, le spectateur espère qu’il échappera à la police. On comprend aussi dès lors fort bien que malgré tous ses défauts, sa famille ait de la peine à l’oublier. Situé quelque part entre comédie, drame et thriller, « La Mule » est un film loin d’être parfait, mais pour lequel on éprouve une indéniable tendresse pour son héros.

    Inédit. 3 étoiles. « La Mule ». RTS 1, lundi 21 septembre, 20h45.

    IMG_1948.jpgK est chasseur de réplicants (sorte d’esclaves créés par les humains) récalcitrants et lui-même réplicant, mais avec un supplément d’âme qui lui viendrait des souvenirs qu’on lui a fabriqués. Il a pour mission de chercher et d’éliminer la personne qui apparemment serait née de la liaison entre un réplicant et un humain car si cela se vérifiait, alors l’équilibre du monde en serait bouleversé.

    A partir de ce synopsis, on pourrait imaginer que « Blade Runner 2049 » est un film d’action qui se déroule dans un univers futuriste – pourquoi faut-il que cet univers, même s’il est en l’occurrence visuellement réussi, soit toujours sombre, à moitié détruit, que la pluie tombe sans arrêt, que les gens soient sales, pauvres et désespérés et que les voitures volent ? – et qui questionne sur la relation entre les humains et les créatures qu’ils ont créés.

    Or, sur l’extrême longueur du film (2h45), il doit y avoir un tiers, et encore, d’actions et les questions existentielles sont à peine effleurées. C’est le sentiment d’un vide abyssal qui domine, une bonne partie du film consistant à suivre K (Ryan Gosling peu concerné) dans ses déplacements. Les coups de corne de brume exagérément forts qui font office de musique, et à la longue insupportables, tiennent « heureusement » le spectateur éveillé. Il y a bien un sursaut au moment où Harrison Ford fait enfin son apparition après 1h45 (!) de film. C’est à n’en pas douter le meilleur moment de « Blade Runner 2049 » dont la fin est aussi décevante que le reste. 

    1 étoile. « Blade Runner 2049 ». France 2, dimanche 20 septembre, 21h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : « Spider-Man : Homecoming » 

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    IMG_1944.jpgDepuis 2002, l’Homme-Araignée tisse sa toile sur le grand écran : première apparition avec l’excellent film de Sam Raimi qui sera suivi de deux autres qui donneront eux-mêmes naissance à deux nouveaux, qui n’ont rien à voir avec les précédents, et qui finiront par accoucher d’une apparition de Spider-Man dans « Captain America – Civil War ». Spidey est donc entré dans l’univers Marvel, et peut à son tour attirer des Avengers dans sa toile comme Iron Man ou Captain America.

    C’est dans ce contexte cinématographique pour le moins complexe que s’inscrit « Spider-Man : Homecoming ». Le célèbre héros a désormais 15 ans (!), avec ses problèmes d’adolescent pubère pas intéressants pour deux sous, l’occasion de tout recommencer avec un mentor qui se nomme Iron Man bien décidé à ne pas (trop) faciliter la vie de l’apprenti Homme-Araignée pour devenir un Avenger à part entière.

    Cette troisième renaissance de Spider-Man est à la hauteur concernant les effets spéciaux, mais c’est le moins que l’on puisse attendre de ce genre de film, et quelques scènes d’action sont réussies, notamment celles avec le Vautour interprété par un Michael Keaton convaincant. Il y a aussi parfois de quoi arracher quelques sourires. Mais ce super-héros-apprenti-qui-se-cherche, avec qui plus est un sacré coup de mou au milieu du film, met à mal la légende de l’Homme-Araignée et finit même par agacer.

    Inédit. 2 étoiles. « Spider-Man : Homecoming ». RTS 2, vendredi 18 septembre, 20h15.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • « Police » : quatre acteurs formidables (et 7 films à l’affiche)

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    IMG_1915.jpgAdapté du roman éponyme d’Hugo Boris paru en 2016, « Police » met en scène Virginie, Aristide et Erik, policière et policiers de leur état, qui vont être confrontés, au cours d’une mission pour laquelle ils n’ont pas été formés, à leur propre vérité. Anne Fontaine, la réalisatrice, explique à ce propos : « J’ai eu envie de suivre leur cheminement intérieur, partager leurs questionnements. Comment réagirait-on à leur place si on nous ordonnait de renvoyer un demandeur d’asile dans son pays ? Comme le lecteur du roman, le spectateur devait pouvoir naviguer avec ses propres interrogations sur la transgression, la désobéissance. »

    Le cas de conscience concernant le renvoi du requérant d’asile, qui va créer de fortes tensions entre les trois collègues dans une sorte de huis-clos à haute tension dans une voiture, n’occupe toutefois que la seconde partie du film. Mais si la première partie se concentre sur les histoires personnelles de Virginie, Aristide et Erik et montre différentes interventions humainement complexes dans lesquelles ils sont impliqués, elle n’est bien évidemment pas sans lien avec ce qui va se passer par la suite. Cette première partie est en effet essentiel pour comprendre les réactions que chaque protagoniste va avoir face au demandeur d’asile.

    Si « Police » n’évite pas quelques longueurs, survole par moment son sujet en ayant recours à des facilités scénaristiques et laisse sur sa faim avec une conclusion qui n’en est pas vraiment une, il a tout de même de nombreuses qualités.

    C’est ainsi que la mise en scène est à la hauteur, avec notamment plusieurs scènes qui sont tournées sous trois angles différents et qui permettent d’avoir le point de vue de chacun en fonction de là où il se trouve.  Le choix de filmer le plus souvent les personnages en gros plan leur donne par ailleurs une grande crédibilité. Crédibilité renforcée par quatre acteurs qui sont formidables. Le duo composé de Virginie Efira et d’Omar Sya a un charme fou. Grégory Gadebois incarne à merveille le flic qui s’accroche désespérément aux règles pour ne pas sombrer définitivement. Quant à Payman Maadi, dans un rôle quasi muet, il exprime magnifiquement la douleur de celui qui n’a pas d’autre choix que de subir. Au final, un film pas complètement abouti, mais qui vaut tout de même la peine d’être vu. (3 étoiles)

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  • COVID-19 : où est la cohérence ?

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    IMG_1924.jpgLa situation dans laquelle se trouve notre pays, avec cette crise sanitaire qui n’en finit pas, est compliquée à gérer pour nos autorités. Entre intérêts économiques et préoccupations sanitaires, le pilotage à vue semble de mise. L’inscription cette semaine sur la liste rouge de certaines régions de France, et pas du pays dans son ensemble, en est une preuve évidente.

    Mais ce n’est qu’un exemple parmi d’autres de l’incohérence qui règne actuellement en matière de mesures liées au COVID-19. Ainsi, passer ses vacances dans le canton de Vaud (151 cas par 100 000 habitants, record suisse) ne coïncide pas avec quarantaine à son retour. Par contre, se rendre à Paris, où l’incidence est pratiquement la même (144 cas par 100 000 habitants), signifie devoir rester dix jours en quarantaine à son retour.

    Et puis, en vivant dans le canton de Genève, où l’incidence est de 117 cas par 100 000 habitants soit deux fois plus que la norme acceptable par la Confédération pour ne pas être mis en quarantaine à son retour d’un pays sur liste rouge, tout va bien. Toutefois, si on suivait la logique jusqu’au bout, toute la population genevoise devrait être mise en quarantaine pendant dix jours…On comprend bien les raisons pour lesquelles ce scénario n’est pas envisageable d’un point de vue économique. Et ce d’autant plus que nos autorités n’arrêtent pas de répéter qu’en gardant ses distances, en portant un masque et en se lavant les mains régulièrement, il y a peu de risques d'attraper le virus.

    Mais alors pour quelle raison mettre en quarantaine d’office les personnes qui reviennent de pays sur liste rouge alors que plusieurs cantons de Suisse devraient l'être également (Vaud, Fribourg, Genève et Zürich) ? Ne suffirait-il pas qu’elles gardent leurs distances, qu’elles portent le masque et se lavent les mains régulièrement ?  Il est difficile de trouver de la cohérence dans toutes ces mesures. Et il ne faut dès lors pas s’étonner que la population se pose de plus en plus de questions à son sujet.

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  • « Tenet » : un exercice de style vide de sens (et 6 films à l’affiche)

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    IMG_1868.jpgAttendu comme le Messie pour faire revenir du monde dans les salles de cinéma, le dernier film de Christopher Nolan (« Dunkerque », « Inception », « Interstellar », notamment) tient ses promesses en matière de « pur » cinéma : c’est spectaculaire et remarquablement mis en scène. Mais cela ne suffit pas à faire un bon film.

    Pour sauver le monde, le « protagoniste » doit se battre contre un méchant sans foi ni loi qui a comme seul objectif de détruire la planète. Pour avoir une chance d’accomplir sa mission, il devra se projeter dans une dimension qui dépasse le temps. Pourtant, il ne s’agit pas d’un voyage dans le temps, mais d’un renversement temporel.

    Ce concept du temps inversé donne à « Tenet » son originalité, car pour le reste il n’a rien à envier à un James Bond, l’humour en moins et la prise de tête en plus. Cette inversion du temps montre en effet ses limites. Elle tourne finalement à l’exercice de style, souligné par une musique assourdissante. « Tenet » abandonne en route ses personnages et surtout le spectateur qui après s’être accroché tant bien que mal à cette histoire indigeste, trop bavarde et longue (2h30) finit par lâcher prise se contentant d’assister à des scènes certes spectaculaires, mais vides de sens et sans aucune émotion. (1 étoile)

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