Bonn(y)dée - Page 3

  • Droit fondamental au logement et à l'alimentation

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    GC 26 novembre 2020.pngAu cours de sa session de cette semaine, le Grand Conseil s'est prononcé sur de nombreux textes en lien avec la crise sanitaire. Il s'est notamment penché sur l'aide sociale relative au logement et à l'alimentation. C'est dans ce cadre que je suis intervenu, au nom de la députation verte, pour rappeler que le droit au logement et à l'alimentation était fondamental.

    Vous trouverez ci-dessous mes deux interventions, la première en lien avec le projet de loi 12821 du Conseil d'Etat qui accorde un crédit de 1,4 millions pour les personnes sans-abri et la deuxième à propos de la motion 2701 qui demande au Conseil d'Etat de revenir rapidement devant le Grand Conseil afin de lui proposer un nouveau crédit pour l'aide alimentaire.

    PL 12821 - permettant de lutter contre le sans-abrisme en période hivernale (ge.ch)

    Mesdames les députées, Messieurs les députés,

    Le droit au logement, comme celui à l’alimentation dont nous parlerons tout à l’heure, est un droit fondamental. Le projet de loi 12821 du Conseil d’Etat va dans ce bon sens.

    En proposant de loger 155 personnes actuellement sans abri dans des chambres d'hôtel durant cinq mois, ce projet de loi permet de trouver une solution pour l'hiver 2020-2021 pour les personnes sans-abri dans un contexte économique très défavorable.

    Ce projet de loi est également un soutien à la Ville de Genève qui porte très largement cette problématique sur ses épaules depuis de nombreuses années. La Ville de Genève l’a même carrément porté à bout de bras quand la crise sanitaire liée au coronavirus a éclaté au printemps 2020 en reprenant intégralement à son compte le pilotage du dispositif d'hébergement d'urgence des personnes sans-abri.

    Ce soutien du canton est donc le très bienvenu en attendant, espérons-le, dans un futur proche, une meilleure répartition du financement des structures d’hébergement. A ce titre, le million de francs obtenu par la Ville de Genève fin octobre 2020 par l'intermédiaire du Fonds intercommunal d'investissements est encourageant.

    La crise sanitaire que nous vivons depuis le printemps a eu, notamment, pour conséquence une augmentation sans précédent du nombre de personnes sans-abri à Genève. Il est donc urgent d’agir maintenant, au moment où les grands froids nocturnes ont fait leur apparition, en votant ce crédit de 1,4 million de francs qui a également comme vertu de venir en aide à une partie du secteur hôtelier genevois, lequel est très durement touché par la crise.

    Il est également important d’accompagner ces personnes confrontées à une grande précarité et vulnérabilité. A ce titre, les Verts expriment leur satisfaction sur le fait que le projet prévoit un accompagnement socio-éducatif quotidien, financé par une fondation privée, pour assurer un indispensable suivi individuel et ainsi garantir que l'accueil hôtelier se passe au mieux.

    En conclusion, les Verts soutiendront bien évidemment ce projet de loi issu d’un partenariat entre le canton de Genève, le Collectif d’associations pour l’urgence sociale, dont l’action est reconnue de longue date, une fondation privée et les hôteliers, dans l’intérêt des personnes sans-abri.

    M 2701 - pour la création d’un crédit unique pour une aide à l’alimentation (ge.ch)

    Mesdames les députées, Messieurs les députés,

    Le 4 juin dernier, notre Grand Conseil a voté une subvention de 5 millions à la Fondation Partage destinée à assurer le droit à l’alimentation. Six mois plus tard, cette subvention est presque totalement dépensée, ce qui n’est pas surprenant compte tenu de la violence de la première vague COVID qui a frappé durement les plus vulnérables de notre société. Et qui continue de les frapper.

    En effet, les conséquences de cette première vague étaient toujours et encore bien présentes quand la deuxième vague a fait son apparition et avec elle une aggravation de la situation non seulement pour les personnes déjà fortement touchées au printemps - qui a oublié les files d’attente aux Vernets pour obtenir un cabas d’une valeur de 20 francs ? - mais également pour celles qui avaient pu surnager. Le droit à l’alimentation, comme celui au logement, est un droit fondamental.

    La motion de Mme Bidaux, qui demande au Conseil d’Etat de revenir devant notre Grand Conseil avec un crédit permettant de poursuivre l’aide à l’alimentation accordée au mois de juin, est donc frappée au coin du bon sens. Concernant un sujet qui relève des besoins vitaux de l’être humain, les collectivités publiques ont la responsabilité, et surtout le devoir, de ne laisser personne sur le bord de la route.

    Ceci dit, il ne faut pas oublier que la précarité dans laquelle se trouve une partie de la population genevoise n’est pas nouvelle. Elle était simplement plus ou moins cachée avant la crise COVID. Cette crise a entraîné un élan de solidarité bienvenu, mais qui ne doit en aucun cas absoudre les collectivités publiques de leur devoir de venir en aide aux plus précarisés de notre société, également hors des périodes de crise.

    Les Verts soutiendront par conséquent avec conviction ce texte et comptent sur le Conseil d’Etat pour qu’il revienne très rapidement devant notre parlement avec un projet de loi qu’ils ne manqueront pas de soutenir.

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  • Du grand au petit écran : un nanar, un film familial et du suspense

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    3.jpg« En eaux troubles » se résume en quelques mots : un Megalodon, un requin préhistorique de 23 mètres, qui ne demandait rien à personne jusqu’à ce qu’une mission sous-marine exploratoire vienne le chatouiller, refait surface, c’est le cas de le dire, et sème la terreur dans les eaux du Pacifique.

    A partir de ce synopsis on ne peut plus simple, « En eaux troubles » aligne un à un tous les clichés possibles et imaginables inhérents à ce genre de film catastrophe : personnage principal mis au ban de la société et devenu alcoolique transformé en moins de deux secondes en héros, sacrifice des uns pour sauver les autres, idylle amoureuse entre le héros et la belle, méchant milliardaire qui va finir par le payer, le Noir qui ne sait pas nager, un enfant et un chien pour lesquels on est censé trembler à l’approche du grand méchant requin, adieu déchirant d’un père à sa fille juste avant de mourir et j’en passe et des pires.

    Le tout est « agrémenté » de dialogues d’une telle pauvreté que ça en est franchement risible. En plus, le Megalodon ne fait même pas peur. Bref ! Une vraie…catastrophe. A tel point que ça en devient mégaridiculement drôle et qu’on applaudit de bon cœur aux exploits invraisemblables du héros. En résumé, un film divertissant dans sa nullité, un nanar dans toute sa splendeur !

    1 étoile. « En eaux troubles ». TF 1, dimanche 22 novembre, 21h05.

    2.jpgDans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, ado de 16 ans qui joue plus souvent qu’à son tour les interprètes indispensables pour ses parents à la tête d’une exploitation agricole. Mais ce bel équilibre familial est menacé quand Paula décide de passer un concours de chant.

    Le début du film est laborieux et a tous les ingrédients de la comédie française bas de gamme. Karin Viard et François Damiens, les parents de Paula, sont à la limite de la caricature et les préoccupations d’ado de Paula franchement pas passionnantes. Et puis l’histoire prend tout à coup corps quand Paula s’inscrit à la chorale dirigée par un prof désabusé (excellent Eric Elmosnino) qui ne jure que par le répertoire de…Michel Sardou.

    A partir de là, l’histoire prend une autre dimension en privilégiant, avec bonheur, l’aspect émotionnel plutôt que comique du film. Au final, sans être un chef d’œuvre « la Famille Bélier » est un agréable divertissement qui donne envie à la fin de la projection de réécouter les chansons de Michel Sardou qui n’en demandait sans doute pas tant !

    3 étoiles. « La Famille Bélier ». France 2, mercredi 25 novembre, 21h05.

    1.jpgNick Dunne a-t-il tué sa femme qui a mystérieusement disparu ? Les preuves s’accumulent contre lui, mais finalement peut-être pas tant que ça…Et si finalement, Nick était plutôt la victime que le bourreau ? Tenu en haleine jusqu’au milieu du film par cette question, le spectateur manipulé de main de maître par le réalisateur David Fincher découvre alors la réponse qui l’emmène dans une deuxième partie encore plus excitante que la première !

    4 étoiles. « Gone Girl ». France 3, jeudi 26 novembre, 21h05.

     

     

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : « L’Empereur de Paris » et « Marguerite »

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    IMG_2175.jpgD’après le réalisateur Jean-François Richet, « L’Empereur de Paris » est l’histoire d’un homme qui dit non au déterminisme social. Il est confronté à une situation où nécessité fait loi et très vite se pose la question du prix à payer.

    Voilà qui résume fort bien en deux phrases le sort de François Vidocq qui sous le règne de Napoléon est le seul homme à s’être échappé des plus grands bagnes du pays. Laissé pour mort après sa dernière évasion en compagnie d’un autre condamné, Vidocq tente de se faire oublier en menant une existence de commerçant ambulant. Mais il n’est pas si simple de disparaître quand on est une légende des bas-fonds parisiens. Le passé ne va pas tarder à ressurgir et contraindre Vidocq, pour obtenir sa lettre de grâce, à collaborer avec la police.

    Polar historique qui se déroule dans un Paris napoléonien très bien reconstitué, les costumes et les décors sont superbes, « L’Empereur de Paris » ne manque pas d’action. Trop à vrai dire. Les moments de répit sont en effet rares et les actes de violence se succèdent les uns après les autres sans que leur justification saute aux yeux. Il est fort dommage que le film ne s’intéresse pas aux méthodes de Vidocq qui ont permis toutes ces arrestations. Cela aurait permis de donner plus d’étoffe à un personnage par trop réduit à son côté « bestial » et dont on se désintéresse petit à petit par la faute d’une intrigue manquant de consistance.

    Inédit. 2 étoiles. « L’Empereur de Paris ». RTS 1, lundi 16 novembre, 20h45.

    IMG_2176.jpgParis, 1920. Marguerite Dumont se produit régulièrement devant un cercle d’habitués de la haute bourgeoisie pour donner des récitals. Elle chante tragiquement faux, mais personne n’a jamais osé le lui dire, et surtout pas son mari qui n’en peut plus. Tout cela ne serait pas si grave si un jour Marguerite, flattée par deux jeunes qui la manipulent, ne se mettait pas en tête de se produire devant un vrai public où la vérité pourrait bien alors lui sauter à la...gorge.

    Le film se déroule en cinq actes et commence sous des airs de comédie et d’opéra (entendre chanter faux le fameux air de la Reine de la nuit de « La flûte enchantée » est drôle, mais tout de même éprouvant pour les oreilles) avec la découverte du personnage hors du commun qu’est Marguerite Dumont. Mais au fur et à mesure que l’action évolue, le rire laisse la place à l’émotion et le spectateur s’attache de plus en plus au personnage de Marguerite.

    « Marguerite » est un film soigné avec une superbe lumière. Les costumes et les décors sont somptueux. La distribution est excellente, sans doute tirée par le haut par une Catherine Frot, César 2016 de la meilleure actrice pour ce rôle, merveilleusement émouvante en Marguerite. Librement inspirée de l’histoire de l’américaine Florence Foster Jenkins, « Marguerite » est à l’image de la fleur qui porte son nom : on l’aime d’abord un peu, puis beaucoup et enfin passionnément.

    4 étoiles. « Marguerite ». France 3, vendredi 20 novembre, 23h25.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Mariage civil pour toutes et tous : on y est presque !

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    IMG_5233.jpgAprès le vote très net du Conseil national en juin dernier pour ouvrir le mariage aux couples de même sexe au moyen d’une modification de la loi en y incluant le don de sperme pour les couples lesbiens, c’était au tour de la commission des affaires juridiques du Conseil des Etats de se pencher sur la question.

    Mais avant de se prononcer sur le fond, une majorité de la commission avait souhaité savoir si cette modification pouvait se faire sans changer la Constitution. Question ô combien importante, car en cas de référendum, ce qui est plus que probable, il faudrait en cas de changement de la Constitution la majorité du peuple et des cantons.

    Par une toute petite voix d’écart (7 contre 6), la Commission des affaires juridiques du Conseil des États a considéré que l’introduction du mariage civil pour toutes et tous dans la législation ne nécessitait pas de modification de la Constitution. La majorité de la commission a souligné que l’ouverture du droit au mariage aux couples de même sexe dans la loi n’entravait en rien l’accès au mariage prévu dans la Constitution ainsi que la portée et les effets du mariage pour les couples hétérosexuels. C’est ce que rappelle depuis des années les associations homosexuelles, à savoir que le mariage civil pour toutes et tous n’enlèvera aucun droit à qui que ce soit !

    Concernant le don de sperme, la commission est également entrée en matière, par 8 voix contre 1 et 3 abstentions, en se prononçant toutefois pour une réglementation plus précise et différenciée de l’accès au don de sperme pour les couples lesbiens et de ses conséquences sur le lien de filiation, par rapport à la version du Conseil national. Le comité national « Mariage civil pour toutes et tous » a précisé dans un communiqué de presse qu’il analyserait les modifications proposées par la commission dans les jours à venir.

    Cette nouvelle victoire d’étape sur ce très long chemin parlementaire du mariage civil pour toutes et tous, entamé il y a plus de sept ans (!), devrait conduire le Conseil des Etats à suivre la majorité de sa commission et donc à adopter, enfin, cette loi synonyme d’un nouveau pas en direction de l’égalité des droits pour toutes et tous. Egalité devant le mariage qui est soutenue par une large majorité de la population puisqu’un sondage paru cette semaine nous apprend que 82% des personnes interrogées sont en faveur de l'ouverture du mariage, 72% veulent permettre l'adoption et 70% sont en faveur du don de sperme pour les couples de femmes.

    Suite et fin, on ose à peine y croire, lors de la session d’hiver des Chambres fédérales.

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  • « Adieu les Cons » : satire sociale burlesque

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    32575DFC-0B60-49FA-9BCD-5E7F4696FC37.jpegAlbert Dupontel, devant et derrière la caméra, a voulu pour son film mélanger deux genres : le burlesque et le drame. Il déclare à ce propos que les films qui l’ont marqué « véhiculent beaucoup ces deux sentiments, de Chaplin à Terry Gilliam, en passant par Ken Loach. » Malgré le propos grave de son long-métrage qui met en scène « quelqu’un qui veut vivre mais qui ne peut pas et quelqu’un qui pourrait vivre mais qui ne veut pas », il avait comme ambition d’être distrayant et de faire voyager le spectateur.

    Lorsque Suze Trappet apprend à 43 ans que ses jours sont comptés, elle décide d’entreprendre les démarches pour retrouver l’enfant qu’elle a été forcée d’abandonner quand elle avait 15 ans. Ses recherches vont l’amener à faire la connaissance, dans des circonstances bien particulières, de JB, quinquagénaire dépressif, et de M. Blin, archiviste aveugle à l’enthousiasme débordant. Ce trio détonnant ne va reculer devant aucun obstacle pour tenter de retrouver l’enfant de Suze Trappet.

    Oscillant constamment entre comédie et drame, l’excellente première scène donne le ton à tout le film, « Adieu les Cons » est trépidant, émouvant, tendre, romanesque, drôle, tragique, poétique, délirant, satirique, extravagant, déroutant et absurde. Avec tous ces qualificatifs, on pourrait craindre que le film parte dans tous les sens et qu’il perde le spectateur. Tel n’est pas le cas, car le long-métrage d’Albert Dupontel tient le cap de la satire sociale du début à la fin en utilisant, suivant les scènes, un ton drôle, dramatique, tragique ou encore émouvant dans une grande cohérence jusqu’à la scène finale tout aussi réussie que celle du début.

    Alors, certes, le trait est parfois un peu grossier et répétitif, principalement avec le personnage de l’aveugle, mais l’ensemble, porté par une excellente distribution, dégage une indéniable impression positive. A voir à la réouverture des cinémas dans un avenir qu’on espère pas trop éloigné...(4 étoiles)

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas désagréable, mais pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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