Bonn(y)dée - Page 3

  • Du grand au petit écran: de l’aventure, du courage et un film gay au milieu de la nuit

    Imprimer

    E8F1892E-69E4-479F-A7D7-0A271043A737.jpegAprès l’énorme succès en 2017 de « Jumanji : Bienvenue dans la jungle », on retrouve donc avec un plaisir certain l’équipe au complet qui retourne dans Jumanji pour secourir l’un des leurs. Mais une fois propulsée dans le jeu, elle va vite avoir des surprises, ce qui ne l’empêchera toutefois pas, pour pouvoir une nouvelle fois sortir indemne du jeu le plus dangereux du monde, d’affronter de nouvelles épreuves peuplées de personnages et de créatures inquiétants dans des décors peu accueillants.

    « Jumanji : Next level » est une « vraie » suite, à savoir que les références au premier épisode sont nombreuses. Du coup, ce que le film gagne en cohérence, il le perd en effet surprise. Pas totalement néanmoins grâce à l’apparition de nouveaux personnages, celui joué par Dany DeVito est hilarant, qui pimentent indéniablement ce second volet.

    Le point fort de cette suite est toujours l’humour qui s’en dégage. On rit souvent de bon cœur non seulement grâce au contraste entre le caractère des personnages et le corps dans lequel ils évoluent dans le jeu, mais aussi grâce aux situations comiques qu’engendre ce décalage. Les dialogues font souvent mouche, les effets spéciaux sont également très réussis et l’action est rondement menée par des comédiens toujours aussi convaincants.

    Par contre, comme lors du film précédent, les scènes « émotions » sont toujours aussi risibles et ridicules. Elles atténuent l’impression générale que, cette fois encore et malgré la surprise en moins, « Jumanji : Next level » est un bon divertissement si on se laisse prendre au jeu, évidemment.

    Inédit. 3 étoiles. «Jumanji : Next level  ». RTS 1, lundi 25 octobre, 20h50.

    5CA3243C-CA48-4685-AC1D-B616381E42EC.jpegLe cœur du film, c’est l’affrontement, qui a vraiment existé, entre le constructeur américain Ford et l’italien Ferrari lors de la course des 24 heures du Mans de 1966. Mais avant de parvenir à ce combat épique filmé de manière grandiose pendant quarante minutes, le réalisateur James Mangold s’intéresse à l’histoire d’amitié tumultueuse entre les deux personnages principaux du film : le pilote Ken Miles et l’ex-pilote reconverti en patron d’écurie Caroll Shelby. 

    « Le Mans 66 » est donc autant une aventure humaine qu’un film sur la course automobile. Ceci dit, celles et ceux qui ne s’intéressent pas à l’épopée automobile n’y trouveront probablement pas leur compte. 

    Pour les autres, en revanche, et si on fait abstraction d’un début qui manque de rythme, ils apprécieront l’excellent jeu de Christian Bale, dans le rôle de Ken Miles, une fin qui ne répond pas aux standards de Hollywood, la reconstitution impeccable des années 60, le suspense et une réalisation « à l’ancienne » de haut vol. James Mangold s’explique à ce propos : « Aujourd’hui, l’action au cinéma se veut généralement spectaculaire et renforcée par des effets numériques. J’ai voulu au contraire quelque chose de profondément analogique, de réel et de brut. Je désirais montrer ce qu’il y a de séduisant dans ces bolides, la mécanique, les moteurs, le danger. Et je voulais que les spectateurs puissent le ressentir aussi. » Objectif atteint.

    4 étoiles. « Le Mans 66 ». France 2, nuit du mardi 26 octobre, 21h05.

    3627074F-D4C7-4E5E-AF38-B9B4A44C5941.jpegFils d’un fermier handicapé suite à une attaque, Johnny se retrouve à devoir gérer seul le domaine familial situé dans le Yorkshire où les conditions climatiques peuvent être fort rudes. Frustré par cette vie très dure, Johnny se saoule tous les soirs au pub du village et connaît des aventures sans lendemain avec des inconnus. Mais quand Georghe, un saisonnier roumain, débarque à la ferme pour donner un coup de main, Johnny va alors éprouver des sentiments jamais ressentis auparavant. Saura-t-il les apprivoiser pour ouvrir son cœur et son esprit à la tendresse et à l’amour que lui offre Georghe et l’assumer dans un milieu peu favorable pour vivre son homosexualité?

    Francis Lee, le réalisateur, a choisi de tourner le film dans cette région parce qu’il y a grandi et qu’il s’est demandé ce qu’il se serait passé pour lui s’il y était resté et qu’il y avait rencontré quelqu’un. Ce vécu se voit particulièrement bien à l’écran, le paysage étant le troisième personnage principal du film. Il sert souvent de miroir à la relation des deux hommes qui se construit petit à petit dans cet environnement plutôt hostile.

    « Seule la terre » invite le spectateur à partager l’univers des deux hommes grâce à une caméra qui est, selon le vœu du réalisateur, toujours installée entre les personnages pour qu’ils ne puissent jamais se soustraire au regard de celui-ci. Pari totalement réussi grâce à deux acteurs bouleversants de vérité et à une photographie et un son qui mettent en valeur avec une rare authenticité les paysages du Yorshire. 

    Au final, une magnifique histoire d’amour, dont le seul bémol se résume à quelques petites longueurs dans la seconde partie, et qui aurait mérité une heure de diffusion moins tardive. Ce n’est, hélas, pas la première fois que la RTS relègue un film qui parle d’homosexualité au milieu de la nuit…

    Inédit. 4 étoiles. « Seule la terre ». RTS 1, nuit du mardi 26 au mercredi 27 octobre, 00h45.

    295F80AC-BFAE-425C-8B08-1C1EC73427E3.jpeg« La fille de Brest », c’est l’histoire vraie d’Irène Frachon, pneumologue, qui en 2007 alerte les autorités sanitaires françaises des risques de problèmes cardiaques liés à la prise du Mediator, un antidiabétique. La bombe est lancée. Mais elle va mettre plusieurs années à exploser, le chemin pour faire éclater la vérité étant parsemé d’obstacles. C’est ce long combat à la David contre Goliath que raconte le film aux allures de thriller.

    Porté par l’énergie de son actrice principale Sidse Babett Knudsen (l’héroïne de la série danoise « Borgen » et César du meilleur second rôle 2016 pour « L’Hermine »), « La fille de Brest » ne laisse rien au hasard : crédibilité de la reconstitution de l’affaire, rythme soutenu, suspense, belle distribution et scènes « choc » à l’image des deux autopsies où il faut avoir, c’est le cas de le dire, le cœur bien accroché.

    Le film contient donc tous les éléments pour être captivé du début à la fin. Et pourtant, ce n’est pas toujours le cas en raison d’un côté didactique trop prononcé et de la linéarité du récit qui réserve au final peu de surprises et d’émotions. Malgré ces réserves, « La fille de Brest » est un bel hommage à toutes celles et ceux qui se sont battu (Irène Frachon bien sûr, mais aussi sa famille, ses collègues, une scientifique, une « taupe » appelée joliment « Père Noël », un député, un éditeur, des malades,…) pour sauver des vies et faire indemniser les victimes.

    3 étoiles. « La fille de Brest ». ARTE, mercredi 27 octobre, 20h55.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

    Lien permanent Catégories : Télévision 0 commentaire
  • Du grand au petit écran: un film d'une brûlante actualité, du romanesque et du suspense

    Imprimer

    Grâce à Dieu.jpgComme la Commission Sauvé l’a encore montré dans les conclusions de son rapport publié le 5 octobre dernier, la pédocriminalité au sein de l'Eglise catholique de France est d'une ampleur gigantesque. « Grâce à Dieu » s’attaque à ce fléau du silence qui a fait et fait encore tant de mal aux victimes des prêtres pédophiles. Pour le dénoncer, François Ozon a choisi de prendre le point de vue des victimes en se plaçant résolument du côté humain et non judiciaire ou religieux. Il voulait d’ailleurs à l’origine réaliser un documentaire. 

    Pour atteindre son objectif, le réalisateur a construit son film autour de trois personnages principaux victimes du père Preynat et aux personnalités et aux parcours de vie très différents. Ils vont chacun à leur manière briser le silence, puis unir leurs forces pour libérer la parole en créant l’association « La Parole libérée ». Ils vont également attaquer l’Eglise pour qu’elle reconnaisse qu’elle a caché ce scandale pendant des décennies. 

    Les regards croisés de ces trois hommes, auxquels s’ajoutent ceux d’autres victimes, mais aussi de leur famille, sont le point fort de « Grâce à Dieu ». Chacun joue sa partition à la perfection et donne à l’ensemble une grande cohérence et beaucoup d’émotions sans jamais tomber dans le pathos ou la démonstration, à l’image des flashbacks où tout est suggéré sans pour autant édulcorer le côté insoutenable de l’abus. 

    Pour arriver à une telle réussite, il fallait une mise en scène d’une grande maîtrise et des actrices et des acteurs à la hauteur. Toute la distribution, sans exception, mérite des éloges, à commencer bien évidemment par les rôles principaux joués par Melvil Poupaud, Denis Menochet et Swann Arlaud. Mais on n’oubliera pas de mentionner également Bernard Verley, épatant dans le difficile rôle du Père Preynat, ou encore Josiane Balasko et Hélène Vincent, excellentes dans leur rôle de mère d’une victime. Un film en état de grâce.    

    Inédit. 5 étoiles. « Grâce à Dieu ».  France 2, lundi 18 octobre, 21h05.

    La Belle Epoque.jpgAntoine est un entrepreneur d’un genre particulier : il offre la possibilité à chacun de ses clients de se replonger dans le passé. Pour y parvenir, il reconstitue avec son équipe (habilleurs, décorateurs, machinistes, assistants, comédiens) des décors de cinéma dans lesquels ses clients vont pouvoir se projeter dans une époque qu’ils auraient voulu vivre ou revivre. C’est ce qui va arriver à Victor. Sexagénaire désabusé, au chômage et aux relations conflictuelles avec son épouse, il va être projeté dans les années 70 où il va revivre la première rencontre avec celle qui deviendra sa femme jouée par une comédienne qui ne va pas le laisser indifférent.

    « La Belle Epoque » mélange avec bonheur réalité et fiction. C’est le plus souvent ludique et par moment carrément jouissif. On a en effet beaucoup de plaisir à suivre Victor dans son retour vers le passé et de partager avec lui des moments à la fois empreints d’une grande nostalgie, mais également source d’un nouveau départ. Si le film fonctionne très bien, malgré quelques scènes un peu répétitives, il le doit à son originalité, à son inventivité, à une réalisation fluide qui ne perd jamais le spectateur en route, à d’excellents dialogues et à la très grande qualité de ses interprètes. 

    C’est ainsi que Daniel Auteuil est formidable. Le reste de la distribution est à la hauteur, à commencer par Fanny Ardent qui a toujours la grande classe et Pierre Arditi qui est génialement facétieux. Un film tendre, drôle et romanesque.   

    Inédit. 4 étoiles. « La Belle Epoque ». RTS 1, lundi 18 octobre, 20h45.

    Le Mystère Henri Pick.jpgJean-Michel Rouche est un critique littéraire reconnu qui anime une émission télévisuelle consacrée à la littérature. Un jour, il reçoit sur son plateau la veuve d’un auteur totalement inconnu. Le manuscrit de son mari a été découvert par hasard par une jeune éditrice dans une étrange bibliothèque en Bretagne. Publié, il connaît un énorme succès. Mais Jean-Michel Rouche ne croit pas une seule seconde qu’un pizzaïolo breton a pu écrire ce roman. Il décide alors de mener son enquête pour prouver qu’il a raison.

    A mi-chemin entre la comédie et le film policier - on ne parlera pas ici de « thriller » car on ne peut pas dire que l’intrigue mette le spectateur sous tension et il n’y a pas à proprement parler de suspense, mais tout de même un intérêt à connaître la vérité - « Le Mystère Henri Pick » permet de passer un bon moment. 

    Porté par Fabrice Luchini et Camille Cottin qui évoluent tous les deux dans le registre d’une sobriété bienvenue, ce n’est en effet pas leur marque de fabrique, le film est divertissant et les rebondissements, bien que légers, permettent de garder le spectateur en éveil du début à la fin, même si le tout manque un peu de folie.

    3 étoiles. « Le Mystère Henri Pick ». France 2, dimanche 17 octobre, 21h05.

    Le Pont des Espions.jpgD’après l’histoire vraie de James Donovan (excellent Tom Hanks) recruté contre sa volonté par la CIA pour donner l’illusion d’une défense à un espion russe et qui va se retrouver bien malgré lui à devoir accomplir une mission quasi impossible en pleine guerre froide. Brillamment mis en scène par Steven Spielberg, dans une atmosphère parfaitement reconstituée de cette fin des années 50 synonyme de haute tension entre l’Ouest et l’Est, « Le Pont des espions » est un film de haute voltige à l’image des négociations menées par son héros, qui n’a pourtant rien fait pour en être un. Prenant du début à la fin. 

    4 étoiles. « Le Pont des Espions ».  M6, mardi 19 octobre, 23h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

    Lien permanent Catégories : Télévision 0 commentaire
  • Revue 2021: un bon cru

    Imprimer

    IMG_4708.jpgCette cuvée 2021 de la Revue était très attendue après une année « blanche », pandémie oblige, et un changement au niveau de la production, Frédéric Hohl ayant repris les rênes de cette institution genevoise. 

    Après un prologue sur les vicissitudes que connaît le Casino-Théâtre de Genève concernant son piteux état (on est toujours aussi mal assis, mais des travaux sont prévus prochainement, avec notamment le changement des sièges, alléluia), cette 129ème édition démarre très fort avec une intervention…d’Alain Berset sur un écran géant qui recommande, entre autres, au public de ne pas rire pour éviter la transmission du virus. Il n’y a bien sûr rien de mieux pour que ce dernier s’éclaffe, et ce d’autant plus que le Conseiller fédéral est joué par un Laurent Deshusses génial. Il l’est d’ailleurs tout au long du spectacle, que ce soit quand il joue Guy Parmelin qui reçoit Poutine et Biden ou quand il imite les différents numéros du cirque Knie dans un monologue à couper le souffle, au sens propre et figuré. Laurent Deshusses est une raison à lui tout seul d’aller voir cette Revue 2021. 

    Mais il y en a d’autres. Relevons tout d’abord que l’ensemble des sketchs est de bonne facture quand bien même ceux qui ont trait au sexisme (harcèlement, langage inclusif, 50 ans du vote des femmes) ne sont pas vraiment aboutis. La mise en scène, des décors ingénieux, les chorégraphies, les costumes et une distribution de grande qualité sont à la hauteur de ce qu’on peut attendre d’un tel spectacle. 

    Et puis, le rythme est excellent, voilà qui change de certaines éditions précédentes qui traînaient inutilement en longueur. Si cette Revue 2021 est plus sociétal que politique, plusieurs scènes mêlant habilement les deux, nos politiciennes et politiciens sont, comme il se doit, égratignés. A commencer par la toute nouvelle Conseillère d’Etat Fabienne Fischer qui fait une entrée remarquée dans la Revue ! 

    Enfin, on ne saurait conclure cette critique sans parler de Manuela, le personnage bien connu de nettoyeuse espagnole. Elle est le fil rouge de cette Revue pour le plus grand bonheur du public. Portée par sa créatrice au mieux de sa forme, Claude-Inga Barbey chante en plus fort bien, elle est synonyme d’éclats de rire à chacune de ses nombreuses apparitions. Il est même carrément impossible de retenir ses larmes (de rire) dans le sketch « Un bon coup de balai s’impose ! » 

    En résumé, cette Revue 2021 permet de passer une bonne soirée. Par les temps qui courent, il serait dommage de s’en priver !  

    Lien permanent Catégories : Air du temps 0 commentaire
  • Du grand au petit écran : un programme varié

    Imprimer

    IMG_4693.jpgJean-Michel Rouche est un critique littéraire reconnu qui anime une émission télévisuelle consacrée à la littérature. Un jour, il reçoit sur son plateau la veuve d’un auteur totalement inconnu. Le manuscrit de son mari a été découvert par hasard par une jeune éditrice dans une étrange bibliothèque en Bretagne. Publié, il connaît un énorme succès. Mais Jean-Michel Rouche ne croit pas une seule seconde qu’un pizzaïolo breton a pu écrire ce roman. Il décide alors de mener son enquête pour prouver qu’il a raison.

    A mi-chemin entre la comédie et le film policier - on ne parlera pas ici de « thriller » car on ne peut pas dire que l’intrigue mette le spectateur sous tension et il n’y a pas à proprement parler de suspense, mais tout de même un intérêt à connaître la vérité - « Le Mystère Henri Pick » permet de passer un bon moment. 

    Porté par Fabrice Luchini et Camille Cottin qui évoluent tous les deux dans le registre d’une sobriété bienvenue, ce n’est en effet pas leur marque de fabrique, le film est divertissant et les rebondissements, bien que légers, permettent de garder le spectateur en éveil du début à la fin, même si le tout manque un peu de folie.

    Inédit. 3 étoiles. « Le Mystère Henri Pick ». RTS 1, lundi 11 octobre, 20h45.

    IMG_4694.jpgNeïla Salah a grandi dans la banlieue et aimerait devenir avocate. Inscrite dans une université parisienne réputée, elle va être confrontée dès le premier jour à Pierre Mazard, professeur de droit cynique et coutumier de provocations et dérapages plus que limites. Sous la menace d’un renvoi de l’université, il va alors, pour tenter de se racheter une conduite, prendre sous son aile, à son cœur défendant, Neïla pour la préparer au concours d’éloquence.

    « Le Brio » s’appuie sur un schéma cinématographique bien connu, à savoir la confrontation entre deux personnages que tout oppose, mais qui vont petit à petit s’apprivoiser avec des hauts et des bas. En cela, il n’est pas très original et le scénario n’évite pas toujours l’écueil de la facilité et de certains clichés, comme par exemple avec la scène finale décevante. 

    Mais ce défaut n’est de loin pas rédhibitoire, car les dialogues sont très bien écrits, ce qui est quand même mieux pour un film qui parle de l’art de la rhétorique. Ils sont également fort bien interprétés par Daniel Auteuil, au mieux de sa forme dans un rôle de professeur qu’on adore détester, et par Camélia Jordana, plus connue jusqu’ici en tant que chanteuse, qui lui donne la réplique à la fois avec de l’aplomb, mais aussi avec une grande finesse. La mise en scène, plutôt inventive pour éviter au spectateur de se lasser de ces joutes verbales, et de l’émotion bien dosée font de « Le Brio » un film tout à fait recommandable. 

    4 étoiles. « Le Brio ».  France 2, dimanche 10 octobre, 21h05.

    La planète des singes.jpgDans le volet final de cette trilogie débutée en 2011, César, leur très charismatique chef, doit défendre les Singes contre une armée humaine prête à tout, y compris à sacrifier les siens, pour les exterminer. De l’issue de cet affrontement dépendra non seulement la survie de chaque espèce, mais aussi l’avenir de la planète. « La Planète des Singes – Suprématie » est un film sombre. Il donne une large place aux démons intérieurs qui agitent non seulement César, qui tente toujours de faire la part des choses entre le bien et le mal malgré le drame personnel qu’il endure au début du film, mais aussi le Colonel à la personnalité bien plus complexe qu’il en a l’air. 

    Cette approche psychologique intéressante, déjà bien présente dans l’épisode précédent, a pourtant son revers de la médaille : elle ralentit par moment trop l’action. En effet, si le début du film est très réussi, son milieu connaît un sacré coup de mou. Heureusement, la dernière partie est un bon équilibre entre psychologie et action. Dommage donc que « La Planète des Singes – Suprématie » pêche par sa longueur (2h20) et quelques invraisemblances scénaristiques, car autrement c’est un film de qualité : les effets spéciaux sont toujours aussi bluffants – les singes sont plus…humains que jamais avec un jeu du regard des acteurs formidable, mention particulière à Andy Serkis dans le rôle de César – les décors, la photographie, la bande-son et bien évidemment la mise en scène sont remarquables.

    3 étoiles. « La Planète des Singes – Suprématie ». C8, lundi 11 octobre, 21h20.

    Nous finirons ensemble.jpgDéprimé, Max tente de se ressourcer dans sa maison au bord de mer avec sa nouvelle compagne. Sa bande d’amis, qu’il n’a pas vu depuis plus de trois ans, débarque pour lui faire une surprise à l’occasion de son soixantième anniversaire. Et le moins que l’on puisse écrire est que l’accueil est glacial. 

    Le ton est plus grave dans cette suite des « Petits mouchoirs ». Guillaume Canet a voulu que « Nous finirons ensemble » soit plus cynique. Le réalisateur fait un état des lieux plutôt morose, une partie des potes de la bande ayant perdu leurs illusions. Mais ce n’est pas pour autant que le film est déprimant. 

    En effet, on rit souvent, mais un peu plus jaune, et on est touché par « ces personnages imparfaits, enfermés dans leur problème », selon la définition de Guillaume Canet, qui vont malgré tout essayer de surmonter tous ensemble les blessures du passé. Evidemment, c’est sans doute plus facile de le faire dans un endroit idyllique et quand l’argent n’est pas un problème aussi important qu’il en a l’air, faiblesse certaine d’un scénario qui évacue un peu facilement cette problématique.

    En résumé, on retrouve dans cette suite une bonne partie des ingrédients, plutôt intelligemment recyclés, qui ont fait le succès des « Petits mouchoirs ». Certes, tout n’est pas parfait, notamment l’apparition du personnage joué par José Garcia qui n’apporte pas grand-chose à l’histoire et une fin un peu trop facile, mais il n’en demeure pas moins que l’on passe un bon moment. 

    3 étoiles. « Nous finirons ensemble ». M6, mardi 12 octobre, 21h05.

    Hippocrate.jpgComme son titre l’indique, il est question de médecine dans ce film et plus particulièrement du premier stage comme interne de Benjamin Barois (Vincent Lacoste convaincant à l’image de toute la distribution du film avec une mention spéciale pour Reda Kateb) dans le service de son père. Face à la dure réalité de la vie hospitalière, Benjamin va se trouver rapidement confronté à ses limites, à ses craintes, mais également à celles de ses patients, de leur famille et de ses collègues écrasés par de lourdes responsabilités que le manque de moyens ne fait qu’exacerber.

    On est loin d’« Urgences » (avec tout de même un petit clin d’œil au générique de la célèbre série médicale américaine), de « Grey’s anatomy » ou encore de « Docteur House », que le personnel regarde à la TV, dans « Hippocrate ». La réalité est décrite sans fioritures et c’est une véritable immersion dans le monde hospitalier auquel a le droit le spectateur pour le meilleur, le soulagement de la vieille dame dans sa douleur par exemple, et pour le pire, la couverture d’une erreur médicale due à un matériel défectueux, autre exemple. 

    Certes, le film n’est pas parfait, tout particulièrement dans sa dernière partie où les rebondissements s’enchainent de manière cette fois peu réalistes, mais cela ne doit pas gâcher l’envie de le voir.

    3 étoiles. « Hippocrate ». ARTE, mercredi 13 octobre, 20h55.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

    Lien permanent Catégories : Télévision 0 commentaire
  • Soutien individuel aux locataires en raison de la crise COVID-19

    Imprimer

    Mon intervention du 8 octobre au Grand Conseil genevois sur le soutien individuel aux locataires risquant la résiliation de leur bail en raison des effets de la crise du COVID-19 sur leurs revenus.

    C8F373A6-958B-44C8-A765-2E7F542DFAC9.jpegMesdames les députées, 
    Messieurs les députés,

    Le projet de loi 12889 (1) a été co-signé par sept Vertes et Verts démontrant que le soutien individuel aux locataires risquant la résiliation de leur bail en raison des effets de la crise du COVID-19 sur leurs revenus était une préoccupation importante pour le groupe écologiste. 
    Toutefois, à la fin des travaux de commission, ses deux commissaires ont refusé le projet de loi sans aucun état d’âme, tant il avait été dénaturé par la droite. 
    Et pourtant, la gauche qui, rappelons-le, ne détient que six sièges sur quinze en commission, a fait preuve d’ouverture dès le début de l’examen de ce projet de loi pour que ce dernier ne soit pas, comme c’est trop souvent le cas à la commission des affaires sociales, balayé par la majorité. 

    C’est ainsi que pour tenter de trouver une majorité, elle a tendu la main au MCG pour que, je résume, cette aide ne soit pas une source de surendettement pour les bénéficiaires et que ces derniers aient leur domicile sur le territoire et la République de Genève. Principes auxquels la gauche aurait sans doute pu se rallier si la machine parlementaire ne s’était pas emballée avec une pluie d’amendements, merci le PLR, visant à vider de toutes substances le projet de loi jusqu’à le rendre inacceptable pour tout le monde après huit séances de commission, comme Mme Haller l’a démontré de manière magistrale dans son rapport. 

    Mais pour les locataires qui auraient eu besoin d’un soutien individuel pour éviter la résiliation de leur bail tout n’est pas perdu : grâce à l’initiative du PLR et de la majorité de droite qui l’a soutenu lors de la session du mois de juillet, ils n’auront plus de toit mais pourront participer à une fête « post Covid ». 

    Elle n’est pas belle la vie ? 

    Compte tenu de ce qui précède, vous aurez compris que la députation verte entrera en matière sur le projet de loi tel qu’il avait été déposé.

    P.S. Le projet de loi a été refusé par 49 voix (UDC, MCG, PLR, PDC) contre 37 (EAG, PS, Verts).

    (1) https://ge.ch/grandconseil/data/texte/PL12889A.pdf

    Lien permanent Catégories : Grand Conseil 0 commentaire