Bonn(y)dée - Page 4

  • Réponse à ma question: Sept c’est assez, dix c’est trop?

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    Réponse du 28 octobre du Conseil d’Etat à ma question écrite urgente sur la durée de la quarantaine.

    Mesdames et Messieurs les députés,

    En date du 2 octobre 2020, le Grand Conseil a renvoyé au Conseil d’Etat une question écrite urgente qui a la teneur suivante :

     En cas de « contact à haut risque » avec une personne infectée par la COVID-19, les personnes concernées sont en principe mises en quarantaine pour dix jours. En principe, car il y a des exceptions.

    C’est ainsi que les HUG s’appuient dorénavant sur une dérogation fédérale, qui permet d’alléger la quarantaine pour les personnes asymptomatiques revenant d’un pays classé en zone rouge ou ayant côtoyé un.e malade si leur activité est considérée comme essentielle au bon fonctionnement de l’Etat, pour éviter à leurs collaboratrices et collaborateurs la case « quarantaine ».

    Outre le fait qu’il est difficile d’estimer qui est essentiel ou non au bon fonctionnement de l’Etat, cette dérogation crée une confusion supplémentaire dans les esprits concernant les mesures prises pour lutter contre le virus et donne la désagréable impression que ces dernières sont à géométrie variable.

    En effet, ladite dérogation crée une inégalité de traitement entre les habitantes et les habitants du canton qui ne comprennent plus rien. Entre une quarantaine de dix jours et une autre à zéro, on pourrait pourtant imaginer un moyen terme qui serait à même d’apporter une certaine sérénité sur cette question : passer à une quarantaine de sept jours au lieu de dix.

    Le Conseiller d’Etat en charge de la santé, Mauro Poggia, se montre d’ailleurs en faveur de cette solution. Il a déclaré dans la Tribune de Genève du 29 septembre à propos d’une quarantaine ramenée à sept jours que « des éléments médicaux résultant de l’observation de ces derniers mois nous permettent de considérer que le risque de voir une positivité apparaître après sept jours pour les personnes en quarantaine après un contact étroit est réduit à 0.5%. C’est un risque que l’on doit pouvoir prendre socialement. » A noter que la France et la Belgique ont décidé récemment de ramener la quarantaine à sept jours en se basant sur l’expertise des scientifiques et que la task force fédérale COVID-19 en discute actuellement.

    Compte tenu des explications qui précèdent, ma question au Conseil d’Etat, que je remercie par avance pour sa réponse, est toute simple :

    Le Conseil d’Etat envisage-t-il pour les quarantaines imposées aux contacts étroits, les quarantaines de retour d'un pays à risque étant de la compétence fédérale, de ramener prochainement le délai de dix à sept jours ?

    RÉPONSE DU CONSEIL D’ÉTAT

    Les éléments épidémiologiques chiffrés disponibles pour le canton de Genève montrent qu'une quarantaine plus courte, soit de 7 jours plutôt que de 10 jours, n'entraînerait qu'une faible augmentation du risque de contamination, même si en période de très forte circulation virale c'est un risque qu'il faut considérer avec grande attention. En effet, le nombre d'hospitalisations augmente rapidement depuis début octobre.

    Une quarantaine trop longue, cependant, a aussi pour défaut de dissuader les voyageurs de retour de pays à risque de s'annoncer et les personnes ayant été en contact avec une personne infectée de se conformer à la mesure. En conséquence, le fait de réduire la durée de la quarantaine permettrait de maintenir l'effet protecteur de la mesure, tout en augmentant son acceptabilité pour les personnes concernées.

    Les directives fédérales continuant à préconiser des quarantaines de 10 jours pour les voyageurs de retour de pays à risque, les cantons latins ont interpellé la Confédération pour que la durée des quarantaines, celle pour les voyageurs comme celle pour les contacts étroits soit révisée de manière synchrone.

    Au bénéfice de ces explications, le Conseil d’Etat vous invite, Mesdames et Messieurs les Députés, à prendre acte de la présente réponse.

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  • « Miss » : hymne à la différence

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    Miss.jpgReporté de mois en mois en raison de la première vague COVID et stoppé net après être enfin sorti fin octobre à cause de la deuxième, « Miss » devra attendre des jours meilleurs pour, peut-être, connaître, à l’instar de son personnage principal, le succès lors de son retour sur le grand écran.

    Mais rien n’est moins sûr, car le film du réalisateur Ruben Alves déçoit malgré la formidable performance d’Alexandre Wetter. A propos de l’acteur, dont c’est le premier rôle, Ruben Alves précise « qu’il a été frappé par la façon dont il passait avec simplicité et naturel d’un physique assez masculin à une féminité assumée. » Il lui a demandé s’il envisageait une transition, ce à quoi Alexandre Wetter lui a répondu que ce n’était pas le cas, mais qu’il se sentait juste « plus fort en femme ».

    Cette force se ressent très bien à l’écran, Alexandre Wetter rendant parfaitement crédible son désir d’enfant de devenir Miss France. Il est totalement bluffant dans son rôle, à tel point qu’on en oublie par moment qu’il n’est pas une femme. Pas suffisant toutefois pour faire oublier la faiblesse d’un scénario qui aligne les noix sur un bâton et qui hésite constamment sur la direction à suivre.

    Si le film est pétri de bons sentiments, de personnages attachants, mais dont on peine à comprendre les liens qui les unissent, il est difficile au final de savoir quelles étaient les véritables intentions du réalisateur. Ce dernier déclare qu’il n’a pas voulu réaliser un film sur les Miss France. Pourtant, la moitié du film leur est consacrée, avec des scènes parfois fort ennuyeuses, sans qu’on arrive à savoir si c’est du premier ou du second degré : le message est brouillé, à l’image du personnage joué par Isabelle Nanty qui déteste les Miss France, quoique.

    Alors, certes, « Miss » est un bel hymne à la différence, avec quelques scènes très touchantes et une distribution convaincante, dans ce monde des Miss codifié à l’extrême. Mais malgré ces qualités, c’est un sentiment d’inachevé qui domine avec une dernière scène qui en est la parfaite illustration, si l’on ose dire. (2 étoiles)

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas désagréable, mais pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : « Ocean’s 8 », « Atomic Blonde » et « Get Out »

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    IMG_2089.jpg« Spin-off », on appelle ça une bouture en botanique, de la série à succès « Ocean’s 11, 12, 13 », on y retrouve les mêmes éléments qui ont fait le succès de la série : humour, mise en scène énergique, rythme, raffinement, surprises de dernière minute, entre autres. Il y a toutefois une grande différence : les héros sont remplacés par des héroïnes et on n’y perd pas au change.

    Debbie Ocean, la sœur de Danny Ocean interprété par George Clooney dans la trilogie, a élaboré un plan pour dérober un collier estimé à 150 millions dollars au cours de son incarcération. Le vol devra avoir lieu durant le très renommé Met Ball de New-York. Mais pour arriver à ses fins, Debbie doit s’entourer de complices très qualifiées dans des domaines bien différents.

    La première partie du film se concentre sur la composition de cette équipe de choc alors que la seconde fait la part belle aux péripéties en lien avec ce vol audacieux. Et il y a également un prologue qui tient les spectateurs en haleine jusqu’au bout. Le casting exclusivement féminin donne indéniablement un nouveau souffle à la série. Les actrices sont en effet impeccables. C’est glamour, stylé et élégant, mais pas gratuit car s’inscrivant parfaitement dans l’esprit du film. On ne s’ennuie pas une seconde, un divertissement très plaisant.

    4 étoiles. « Ocean’s 8 ». TF1, dimanche 1er novembre, 21h05.

    IMG_2090.jpgL’agent Lorraine Broughton est une espionne anglaise qui doit se rendre à Berlin la semaine précédant la chute du mur de Berlin pour récupérer avant d’autres une liste où figurent les noms de nombreux espions. Il y a bien évidemment parmi eux une taupe qui n’est pas celle ou celui que l’on croit.

    « Atomic Blonde » possède un rythme effréné, ce qui a pour conséquence qu’on ne voit pas le temps passé, et est filmé comme un clip géant des années 80 avec une musique omniprésente (Nick Cave, Iggy Pop, David Bowie, New Order, Depeche Mode…). Des filtres caméra donnent à de nombreuses scènes une ambiance de boîte de nuit, le tout sur un fond d’hémoglobine dominant. « Atomic Blonde » est plutôt séduisant sur les plans visuel et auditif.
    Charlize Theron se glisse sans problème dans le rôle de cette espionne à qui rien ni personne ne résistent, à tel point qu’on en oublierait presque les nombreuses invraisemblances du scénario, à commencer par celle que Lorraine est toujours en vie à la fin du film. Pas sûr que James Bond et Jason Bourne survivraient à ce traitement. Réservé aux amatrices et amateurs du genre.

    2 étoiles. « Atomic Blonde ». France 2, dimanche 1er novembre, 23h00.

    IMG_2091.jpgCouple mixte, Chris et Rose filent le parfait amour. L'envie de présenter Chris à ses parents est donc une évidence pour Rose qui ne leur a toutefois pas dit que son amoureux était Noir, ce qui n'est pas sans inquiéter Chris. Tranquillisé par Rose qui l'assure que ce n'est pas un problème pour ses géniteurs, les deux amoureux partent en week-end rencontrer la belle famille qui vit dans une magnifique propriété et dans un univers très "Blanc". Si l'accueil est effectivement chaleureux, Chris va toutefois petit à petit être déstabilisé par des détails qui mis bout à bout ont de quoi créer de l'angoisse...

    « Get Out » est un film qui fait monter crescendo la pression grâce à une mise en scène à la hauteur, un rythme soutenu, un peu d'humour et des pics de stress soulignés par une musique qui fait tout son effet. Et bien évidemment grâce également à un scénario intelligent qui tire sur la satire tout en respectant les codes du thriller horrifique dont une fin qui fait honneur aux meilleurs films d'horreur, y compris dans son outrance. Les amateurs du genre y trouveront sans problème leur compte.

    4 étoiles. « Get Out », RTL 9, lundi 2 novembre, 20h50.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • COVID-19 : une prise de conscience bien tardive

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    Quand je suis tombé malade, il y a dix jours, je me suis d’abord dit que c’était un simple refroidissement, comme j’en ai eu tellement de fois. Pour me conforter dans mon opinion, je me suis dit que j’avais fait attention aux gestes barrière, que je ne m’étais jamais autant lavé et désinfecté les mains de ma vie et que j’avais porté le masque là où il le fallait. Et je ne parle même pas de mes déplacements qui se font à vélo ou à pied. Malgré toutes ces précautions, ce foutu virus m’a rattrapé, comme tant d’autres. Heureusement, mes symptômes n’ont pas été plus graves que ceux d’une grosse crève. Mais il aurait pu en être autrement.

    Quand on a attrapé le (la) COVID-19, la perception qu’on en a devient très différente. Il y a un sentiment de culpabilité qui vous assaille : qu’ai-je fait pour l’attraper ? à qui ai-je bien pu le donner ? quelqu’un pourrait-il être gravement malade à cause de moi ? Pensées totalement irrationnelles, puisque vous ne vous êtes pas donné le virus à vous-même. Il n’empêche. C’est un sentiment très désagréable.

    Quand on a attrapé le (la) COVID-19, on a de la peine à comprendre les raisons pour lesquelles nos autorités fédérales mettent tant de temps pour prendre de vraies mesures, et non pas des mesurettes, comme celles annoncées lors de la pitoyable conférence de presse du Conseil fédéral de dimanche dernier. Heureusement, les cantons romands ont redressé la barre cette semaine, mais probablement pas suffisamment. Il aurait fallu avoir le courage de tout fermer pendant deux semaines, à l’image du Pays de Galles. La situation en Suisse est très grave. La santé de la population et de celles et ceux qui travaillent dans le monde médical doit primer. Le Conseil fédéral va finir par s'en rendre compte, mais ce sera bien tard.

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  • Du grand au petit écran: du rire, de l'émotion et du suspense

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    IMG_2022.jpgAprès le triomphe de « Intouchables », les réalisateurs Olivier Nakache et Eric Toledano ont enchainé avec « Samba ». Comme dans leur précédent film, c’est un duo improbable qui est au centre de l’intrigue. La bande-annonce laissait d’ailleurs à penser que le rire allait jaillir de cette opposition de style. Ce n’est pas vraiment le cas. Il y a certes quelques bons gags dans « Samba », mais l’humour n’est pas au cœur du film qui privilégie l’émotion. Omar Sy et Charlotte Gainsbourg, lui en clandestin sans cesse à l’affût pour sa survie et elle en assistante sociale qui essaye de refaire surface après un burn-out, sont craquants et crédibles, ce qui n’était pas gagné d’avance. « Samba » est donc une comédie romantique et sociale, la dure réalité de la vie quotidienne des clandestins est largement mise en avant dans le film, qui malgré quelques petites longueurs mérite d’être vu.

    3 étoiles. « Samba ». France 2, dimanche 11 octobre, 21h05.

     

    IMG_2023.jpg« Pentagon Papers », nom du document de 7000 pages émanant du département de la défense détaillant l’implication politique et militaire américaine dans la guerre du Vietnam, raconte l’histoire de Katharine Graham, directrice du Washington Post, et de son rédacteur en chef Ben Bradlee qui vont se retrouver confronter au gré des circonstances à un dilemme monumental : publier ou non des extraits dans le journal de ce document au risque de tout perdre, y compris leur liberté.

    Résumé de cette manière, on imagine que « Pentagon Papers » fera la part belle au drame avec une énorme tension et un suspense par moment insoutenable. Tel est bien le cas, mais hélas seulement dans la deuxième moitié du film. Avant d’y parvenir, il aura fallu affronter une mise en place du contexte qui à vouloir être trop démonstrative et didactique (que de paroles !) en devient laborieuse et franchement ennuyeuse.

    Mais heureusement, le film décolle quand il entre dans le vif du sujet et devient franchement intéressant. On se met alors à apprécier la mise en scène, la reconstitution minutieuse d’une rédaction du début des années 70 et le côté résolument féministe du film incarné par une Meryl Streep, comme toujours excellente. Au final, et malgré cette seconde partie plutôt réussie, le bilan est globalement décevant pour un film dont on attendait beaucoup plus sur le…papier.

    2 étoiles. « Pentagon Papers ». France 2, dimanche 11 octobre, 23h05.

    IMG_2024.jpgYassine, jeune étudiant marocain, fait la fierté de sa famille qui s’est cotisée pour qu’il puisse faire des études à Paris. Suite à un malheureux concours de circonstances, Yassine rate son examen et se retrouve dès lors sans statut légal. Pour remédier à cette situation, il se marie avec son meilleur ami Frédéric, pourtant déjà en couple avec sa copine. Soupçonné par un fonctionnaire d’avoir fait un mariage blanc, ils vont alors devoir s’inventer une vraie vie de couple homosexuel pour lui faire croire que leur histoire est vraie.

    Pas difficile d’imaginer à partir de ce synopsis que les quiproquos et les situations loufoques vont s’enchaîner avec de nombreux gags parfois très drôles. Ce n’est certes pas un humour subtil, les clichés sont légions et l’histoire est cousue de fil blanc. Pour ce genre de comédie, plus les traits sont grossiers (à ne pas confondre avec la vulgarité dont le film est pratiquement dépourvu) et plus ça fonctionne. Alors oui, bien sûr, avec cet esprit les gays, mais aussi les immigrés, les aveugles, les obèses, les riches émirs du Qatar, etc., sont outrancièrement caricaturés, mais pas de quoi toutefois crier à l’homophobie. Au final, « Epouse-moi mon pote » est un film qui tient ses promesses : stupide et drôle.

    2 étoiles. « Epouse-moi mon pote ». M6, mardi 13 octobre, 21h05.

    IMG_2025.jpgKenneth Branagh signe cette nouvelle adaptation en jouant également le célèbre détective Hercule Poirot qui apparaît dans plus de 50 nouvelles et la moitié des romans d’Agatha Christie. Le personnage d’Hercule Poirot est particulièrement développé aussi bien sur le plan psychologique que sur celui de l’apparence. Il est d’ailleurs à relever que du point de vue formel, le film n’est pas loin d’être irréprochable avec de magnifiques décors et costumes, des mouvements de caméra spectaculaires et une mise en scène qui tire le maximum de ce huis-clos ferroviaire.

    Mais ce bel emballage ne suffit pourtant pas à susciter un véritable intérêt pour l’enquête que mène le célèbre détective suite au meurtre qui a été commis dans l’Orient-Express. L’ennui guette rapidement et semble contagieux : les actrices et acteurs, pourtant pour la plupart très connus, ne paraissent, eux non plus, guère concernés par les événements. Au moment où la vérité éclate, on se dit qu’on aurait tout aussi bien pu rester sur le quai de gare ou manqué le train tant monté dans cet Orient-Express n’était pas indispensable.

    2 étoiles. « Le crime de l’Orient-Express ». RTS 1, mardi 13 octobre, 21h00.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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