Bonn(y)dée - Page 4

  • « Mourir peut attendre » : une sortie réussie pour Daniel Craig

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    Mourir peut attendre.jpgJ’avais 12 ans quand j’ai vu mon premier James Bond, « L’espion qui m’aimait » avec Roger Moore, au cinéma. C’était au Plaza. C’était la première fois que je voyais un film en version originale sous-titrée, à ma plus grande surprise puisque ce n’était pas volontaire. J’en garde, 44 ans plus tard, encore un souvenir lumineux : voir son premier James Bond en anglais dans cette salle magique avec son écran gigantesque, ça ne s’oublie pas ! 

    Depuis lors, j’ai vu tous les James Bond sur grand écran. Alors, après les nombreux reports de « Mourir peut attendre », je ne voulais pas…attendre un jour de plus pour découvrir les nouvelles aventures du plus célèbre agent secret de tous les temps. Et ce malgré le fait que j’avais plutôt été déçu de l’opus précédent « Spectre », qui faisait suite à l’excellent « Skyfall ». 

    Après une entrée en matière sous forme de flashback, qui vous plonge immédiatement dans le film, suivie d’une chasse à l’homme comme il se doit spectaculaire, le générique, qui fait aussi partie de la marque James Bond, offre une première respiration après ce début sur les chapeaux de roue. La demi-heure qui suit sert à mettre en place l’intrigue qui brouille les pistes et, à vrai dire, un peu le spectateur. 

    Mais tout revient dans l’ordre quand on a compris que 007, qui est parti à la retraite, accepte de reprendre du service pour sauver un scientifique qui vient d’être kidnappé. Mais bien évidemment, la mission s’avère bien plus complexe et dangereuse que prévue. James Bond se retrouve à poursuivre le méchant de l’histoire qui détient une arme technologique capable de tuer en se basant sur l’ADN.

    A la lecture du synopsis, pas de doute, les standards d’un James Bond sont respectés. Certes, mais ce vingt-cinquième épisode est plus intimiste, plus noir aussi, dans la lignée de « Skyfall ». Les James Bond girls, à une exception près, sont absentes et la relation de 007 avec Madeleine est au cœur de l’histoire. Les personnages secondaires habituels, M, Q, Monneypenny, sont plus en vue, ce qui renforce ce côté intimiste. L’action est au service du film, bien dosée et plutôt réaliste. On n’oubliera pas de mentionner des pointes d’humour « so british » qui font mouche et bien sûr la musique toujours très attendue dans un James Bond.

    Quant à la fin, après 2h45 que l’on ne voit pas passer, et sans rien dévoiler pour ne pas gâcher le suspense, elle offre une sortie réussie à Daniel Craig qui incarne pour la dernière fois 007. En conclusion, ça valait la peine de ne pas attendre un jour de plus pour découvrir cet opus de très bonne facture ! (4 étoiles)  

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Il était temps!

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    Enfin ! Rare pays d’Europe occidentale à ne pas avoir encore institué le mariage civil pour toutes et tous, la Suisse a franchi le pas. Et avec la manière puisque c’est le peuple, à une large majorité et à l’unanimité des cantons, qui a donné son feu vert. 

    Cette victoire claire et nette démontre que la campagne aux relents homophobes et nauséabonds des référendaires, qui n’ont pas hésité à détourner de manière choquante des images d’enfants pour tenter d’arriver à leurs fins, n’a pas convaincu au-delà du cercle habituel de celles et ceux qui défendent une société bien plus proche du 19ème siècle que du 21ème !

    Ce 26 septembre 2021 est donc à marquer d’une pierre blanche, ou plutôt arc-en-ciel, dans l’avancée pour l’égalité des droits pour toutes et tous dans notre pays. Les couples de même sexe pourront bénéficier des mêmes droits (naturalisation facilitée, accès à la procréation assistée (PMA), adoption) que les couples hétérosexuels. Ni plus. Ni moins. Et sans oublier que des milliers d'enfants qui vivent déjà dans des familles homoparentales seront mieux protégés, ce qui représente un véritable soulagement pour les parents concernés.

    Ainsi, des centaines de milliers de personnes habitant en Suisse ne seront plus dès l’entrée en vigueur de la loi, que l’on espère la plus rapide possible, des citoyennes et citoyens de seconde zone. Il était temps !

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  • Du grand au petit écran : deux films à (re)voir absolument

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    IMG_4547.jpgLes deux réalisateurs d’« Intouchables», Eric Toledano et Olivier Nakache, ont réussi à faire encore plus fort avec « Hors normes». Si le film n'a pas atteint les sommets de fréquentation de son prédécesseur, il n'a par contre rien à lui envier sur le plan des émotions qui est…hors normes ! La genèse du film remonte à 25 ans quand les deux réalisateurs ont rencontré, dans le cadre de leur formation de directeur de colonies de vacances, Stéphane Benhamou, le créateur de l'association Le Silence des Justes, spécialisée dans l'accueil et l'insertion des enfants et adolescents autistes.

    Avant d'écrire le scénario de leur film, Eric Toledano et Olivier Nakache se sont immergés au sein de deux associations. Toutes les scènes du film ont été vécues par les réalisateurs dans la réalité, y compris la plus stressante dont on ne parlera pas ici pour ne rien dévoiler. Pour faire leur casting, ils ont recruté des acteurs au sein d'une compagnie artistique qui travaille avec des personnes présentant différents troubles. C'est ainsi que, notamment, Benjamin Lesieur, qui est formidable dans le rôle de Joseph, a été engagé. 

    « Hors normes », c'est donc l'histoire de Bruno (Vincent Cassel absolument génial dans un rôle à contre-emploi) et de Malik (Reda Kateb impeccable, comme d'habitude) qui au sein de leurs deux associations respectives forment des jeunes issus de milieux défavorisés pour encadrer des enfants et adolescents qui souffrent d'un grave trouble et dont les institutions publiques ne savent pas que faire. La manière dont ces jeunes sont pris en charge sort des sentiers battus et va leur occasionner des difficultés avec l'administration.

    « Hors normes » est un film d'un grand réalisme rendu encore plus palpable par le fait qu'il a été tourné caméra à l'épaule, avec une scène introductive haletante qui donne le ton. Il est également d'une très forte intensité sur le plan émotionnel, difficile en effet de retenir par moment ses larmes. Ce ne sont pas des larmes de tristesse, ni de joie, quand bien même on rit aussi souvent dans le film, mais des larmes d'optimisme, de courage, d'empathie, de subtilité, en un mot d'humanité. A voir absolument.

    Inédit. 5 étoiles. « Hors normes ». RTS 1, lundi 27 septembre, 21h00.

    Sully.jpgL’amerrissage d’un Airbus A320 sur l’Hudson en plein New-York en janvier 2009 avec 155 passagers à son bord et…155 survivants avait fait sensation. Un véritable miracle qui, pourtant, à y regarder de plus près, est avant tout un exploit humain hors du commun qui va d’ailleurs au-delà du pilote, même si celui-ci joue bien évidemment un rôle central.

    C’est cet aspect de ce fait divers heureux que privilégie un Clint Eastwood inspiré. « Sully » est avant tout une aventure humaine qui montre aussi l’autre côté du décor, à savoir l’enquête ouverte sur le commandant de bord pour savoir s’il n’aurait pas dû privilégier d’autres options que l’amerrissage et ainsi sauver aussi l’appareil.

    Dans le rôle de Chesley « Sully » Sullenberger, Tom Hanks, présent dans pratiquement tous les plans du film, est une fois de plus génial. Il exprime avec peu de mots tous les tourments qui assaillent cet homme qui vient de réaliser quelque chose de fort, peut-être de trop fort. Du grand art.

    Le film mêle très habilement, grâce à un excellent montage et une mise en scène au cordeau, le côté spectaculaire et à grand suspense du film, alors qu’on connaît la fin dès le début du film, la tension est à son comble jusqu’aux dernières minutes, avec celui beaucoup plus intimiste des remises en question du commandant et de l’enquête. « Sully » fait passer le spectateur par toutes les émotions, peur, pleurs, rage, soupir, sourires, et c’est un vrai plaisir à ne surtout pas bouder ! 

    5 étoiles. « Sully ».  TF1, dimanche 26 septembre, 21h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Oui, je le veux! 

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    En Suisse, il faut beaucoup de patience pour que les lois s’adaptent à l’évolution de la société. Tel est le cas avec le mariage civil pour toutes et tous puisqu’il a fallu pas moins de 7 ans pour que le Parlement donne suite à une initiative qui allait dans ce sens ! C’est chose faite depuis le 18 décembre 2020, les deux Chambres ayant approuvé la loi. Ce vote positif a ouvert la voie à un référendum qui a abouti. Le peuple suisse doit donc donner son avis le 26 septembre. 

    Si l’issue du vote ne fait guère de doute, les sondages sont très favorables, il faut tout de même affronter, sans surprise, durant cette campagne l’homophobie plus ou moins latente au sein d’une partie de la population. Certains ne se gênent pas pour exprimer publiquement leur haine envers les personnes homosexuelles à l’image de ce lecteur de La Tribune de Genève qui n’hésite pas à écrire dans sa lettre publiée le 31 août que « cette loi détruit non seulement la famille, mais aussi toute notre civilisation. »

    Rien que ça! 

    C’est tout le contraire puisque la loi permettra aux milliers d’enfants qui vivent dans des familles arc-en-ciel de bénéficier de la même protection que tous les autres enfants. Quant à détruire la civilisation, mieux vaut en rire, l’hétéronormativité a encore de beaux jours devant elle! 

    Le mariage civil pour toutes et tous n’enlève aucun droit à qui que ce soit. Il permet par contre de faire un pas important en direction de l’égalité des droits, ce qui parait une évidence en démocratie! 

    Lettre de lecteur parue dans la Tribune de Genève du 7 septembre 2021

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  • Du grand au petit écran : un programme 4 étoiles

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    Le Mans 66.jpgLe cœur du film, c’est l’affrontement, qui a vraiment existé, entre le constructeur américain Ford et l’italien Ferrari lors de la course des 24 heures du Mans de 1966. Mais avant de parvenir à ce combat épique filmé de manière grandiose pendant quarante minutes, le réalisateur James Mangold s’intéresse à l’histoire d’amitié tumultueuse entre les deux personnages principaux du film : le pilote Ken Miles et l’ex-pilote reconverti en patron d’écurie Caroll Shelby. 

    « Le Mans 66 » est donc autant une aventure humaine qu’un film sur la course automobile. Ceci dit, celles et ceux qui ne s’intéressent pas à l’épopée automobile n’y trouveront probablement pas leur compte. 

    Pour les autres, en revanche, et si on fait abstraction d’un début qui manque de rythme, ils apprécieront l’excellent jeu de Christian Bale, dans le rôle de Ken Miles, une fin qui ne répond pas aux standards de Hollywood, la reconstitution impeccable des années 60, le suspense et une réalisation « à l’ancienne » de haut vol. James Mangold s’explique à ce propos : « Aujourd’hui, l’action au cinéma se veut généralement spectaculaire et renforcée par des effets numériques. J’ai voulu au contraire quelque chose de profondément analogique, de réel et de brut. Je désirais montrer ce qu’il y a de séduisant dans ces bolides, la mécanique, les moteurs, le danger. Et je voulais que les spectateurs puissent le ressentir aussi. » Objectif atteint.

    Inédit. 4 étoiles. « Le Mans 66 ». RTS 1, lundi 6 septembre, 20h50.

    Le grand bain.jpgBertrand, Marcus, Simon, Laurent, Thierry, John, Basile et Avanish sont des quadragénaires et quinquagénaires mal dans leur peau. Ils ont perdu confiance en eux au fur et à mesure des aléas rencontrés dans leur vie. Ils partagent leur mal-être deux fois par semaine en s’adonnant sous les ordres de Delphine, ancienne gloire des bassins pas au mieux de sa forme elle non plus, à la natation synchronisée, sport féminin par excellence. Ils se moquent des railleries dont ils sont l’objet, car ensemble ils retrouvent le goût de l’effort et un but qui va les mener bien plus loin qu’ils avaient pu l’imaginer.

    La grande force du film est de ne jamais être ridicule alors qu’il aurait été si facile de l’être avec un sujet pareil. L’évidence que le réalisateur aime ses personnages avec leurs défauts et leurs qualités saute aux yeux. Les acteurs le lui rendent d’ailleurs bien. Ils sont tous excellents et au service du collectif. Les personnages sont tous plus attachants les uns que les autres et on a plaisir à les voir retrouver petit à petit leur estime d’eux-mêmes jusqu’à un final où l’émotion est à son maximum. 

    Tout n’est cependant pas parfait dans « Le Grand Bain ». Le début manque en effet un peu de rythme et quelques facilités scénaristiques tirent un peu trop sur la corde sensible. Mais pas de quoi gâcher l’impression générale sur la réussite d’un film très touchant dans lequel on plonge avec bonheur entre drame et comédie.

    4 étoiles. « Le Grand Bain ». TF1, dimanche 5 septembre, 21h05.

    Jason Bourne.jpgToujours traqué par la CIA, qui veut définitivement le faire taire pour éviter que ne soit révélé la manière dont cette dernière surveille tout le monde, et à la recherche d’explications sur son passé, Jason Bourne doit faire face à un méchant XXL qui n’hésite pas à tirer sur tout ce qui bouge pour arriver à ses fins. 

    Collant de près à l’air du temps avec un scénario qui laisse une large place à la surveillance généralisée, ce quatrième volet de la saga Jason Bourne avec Matt Damon en met plein la vue aux amateurs de films d’action. Les poursuites sont haletantes, même si parfois un poil trop longues, et d’un niveau technique époustouflant. Filmées caméra à l’épaule, elles donnent le tournis, mais dans le bon sens du terme. Une suite donc sans grande surprise, mais qui ravira probablement la majorité des fans de Jason Bourne. Et ça ne devrait pas s’arrêter là, la fin laissant toute latitude à de nouvelles aventures.

    4 étoiles. « Jason Bourne ». France 2, dimanche 5 septembre, 21h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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