Bonn(y)dée - Page 6

  • « Militant infatigable » (4/4)

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    IMG_1099.jpgDernière partie de mon interview par Muriel Waeger, directrice romande de Pink Cross, publiée dans l’édition de juin 2020 du « Pink Mail », journal de l’association Pink Cross qui paraît 4 fois par an et se définit comme « magazine politique LGBT ». (1)

    Tu es membre d’honneur de Lestime (association lesbienne et féministe de Genève). Comment cela se fait-il ? Pourquoi les thématiques féministes te tiennent-elles à cœur ?

    Quand j’ai commencé à militer au sein de la communauté LGBT au début des années 2000, j’ai été surpris de constater qu’il y avait une certaine méfiance entre les gays et les lesbiennes. Je n’étais à cette époque guère au courant des luttes féministes. De plus, je pratiquais un métier « féminin » : j’étais le seul homme de ma volée sur 34 à avoir choisi d’enseigner aux enfants de 4 à 8 ans. C’était donc une évidence pour moi de militer avec des femmes et de tirer à la même corde pour obtenir l’égalité des droits pour toutes et tous. Aujourd’hui encore dans notre société qui a de la peine à se défaire de tous ces siècles de patriarcat, les femmes doivent se battre pour avoir les mêmes droits que les hommes. Il y a donc une convergence certaine entre les luttes féministes et les revendications de la communauté LGBTI+. L’organisation de la Pride 2004 a été très fédératrice pour rapprocher les lesbiennes et les gays. Cet élan a été poursuivi lors de la campagne pour le partenariat en 2005 et a finalement débouché sur la création de la Fédération genevoise des associations LGBT en 2008. En tant que conseiller municipal de la Ville de Genève, je me suis aussi battu, avec d’autres bien sûr, pour les subventions aux associations LGBT genevoises. Bref ! Tous ces éléments ont fait qu’il y a trois ans, Lestime m’a accordé, nous ne sommes que trois hommes dans ce cas, le statut de membre d’honneur de l’association dont je suis très fier !

    Tu as donc été enseignant, puis directeur d’école. Est-ce que tu penses que les écoles font un meilleur travail de sensibilisation aujourd’hui que quand tu étais enfant ?

    Je connais bien la situation à Genève. Il est évident que depuis une dizaine d’années, grâce à un partenariat entre l’Etat de Genève et la Fédération genevoise des associations LGBT, la sensibilisation aux questions LGBT dans les écoles a fait un pas de géant, puisqu’auparavant il n’y avait rien, ou presque. Malgré ces indéniables progrès, cette sensibilisation est encore trop tributaire du bon vouloir des directions d’école, certaines étant frileuses à l’idée d’aborder la question de l’homosexualité et de la transidentité.

    Que faut-il encore changer dans l’enseignement pour que les personnes LGBTI+ puissent avoir une adolescence comme les autres ?

    Il faut que les directions d’établissement et le personnel enseignant soient formés sur les questions LGBTI+ et qu’elles aient une place obligatoire dans les programmes d’enseignement. Pour lutter contre les discriminations quelles qu’elles soient, l’éducation est primordiale !

    Qu’est-ce qui doit encore changer en Suisse pour que tu puisses arrêter de lutter pour les causes LGBTI+ ?

    Le grand changement que j’attends avec impatience est l’introduction du mariage civil égalitaire pour toutes et tous. Non pas parce que je suis un fan du mariage, mais parce que ce serait symboliquement très fort pour l’égalité des droits pour toutes et tous en Suisse. Une fois cette étape passée, il est probable que je lève un peu le pied. Mais je pense toutefois que tant que j’en aurai l’énergie, je continuerai à lutter pour les causes LGBTI+, qui vont bien au-delà du mariage, d’une manière ou d’une autre. Militant un jour, militant toujours (rires) !

    (1) Pour les trois premières parties, c’est ici :

    https://independance.blog.tdg.ch/archive/2020/06/14/militant-infatigable-1-4-307019.html

    https://independance.blog.tdg.ch/archive/2020/06/21/militant-infatigable-2-4-307152.html

    https://independance.blog.tdg.ch/archive/2020/06/27/militant-infatigable-3-4-307266.html

     

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  • Demandez le programme ! (13 films à l’affiche du 8 au 14 juillet)

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    IMG_9859.jpg5 étoiles. « 1917 ». Pour résumer au mieux le film et les intentions de son réalisateur, Sam Mendes, rien de mieux que de lui laisser la parole : « Le film ne relate pas l’histoire de mon grand-père, mais s’attache plutôt à évoquer son esprit – ce que ces hommes ont subi, leurs sacrifices, et leur foi en quelque chose qui les dépassait. Nos deux protagonistes doivent participer à une mission périlleuse afin de livrer un message vital et de sauver ainsi 1600 soldats. Notre caméra ne les lâche jamais. Je voulais m’attacher à chacun de leur pas et sentir leur souffle. » Le moins que l’on puisse écrire est que, malgré quelques petites longueurs et invraisemblances au niveau du scénario, l’objectif de Sam Mendes est largement atteint. La manière dont « 1917 » est filmé est tout simplement époustouflante et même par moment étouffante, mais dans le bon sens du terme. Alors, bien sûr, le sujet du film n’est pas facile et pourrait retenir celles et ceux qui n’aiment pas les films de guerre. Ce serait toutefois dommage pour les amateurs de cinéma de passer à côté d’un aussi bon film pour cette raison. (seulement le 9 juillet)

    5 étoiles. « Parasite ». Palme d’or du Festival de Cannes, « Parasite » est un long-métrage coréen qui a beaucoup d’atouts : un scénario intelligent qui tient le rythme pratiquement du début à la fin avec un énorme coup de théâtre au milieu qui redistribue les cartes, une mise en scène au cordeau, une superbe photographie et une excellente distribution. Si on ajoute à toutes ces qualités, celle d’un film qui commence comme une comédie jubilatoire qui se dirige en cours de route vers le thriller pour finir par flirter avec le film d’horreur, on aura compris que « Parasite » est un film que les cinéphiles ne manqueront pas. « Parasite », c’est l’histoire de la famille Ki-taek dont tous les membres sont au chômage. Un jour, le fils se fait recommander par un camarade d’école pour donner des cours particuliers d’anglais à la fille aînée de la riche famille Park. Une fois dans la place, il réussit à faire engager sa sœur, début d’un engrenage qui va devenir de plus en plus incontrôlable. En résumé, un conte cruel sur le choc des classes réalisé avec très grande classe. (seulement le 13 juillet)

    4 étoiles. « Invisible Man ». Cecilia partage une vie aisée avec un brillant et riche scientifique au comportement très possessif. Ne supportant plus son attitude, elle s’enfuit en demandant de l’aide à sa sœur. Peu de temps après, son beau-frère lui apprend que son mari s’est suicidé. Il lui laisse une part de son immense fortune à condition qu’elle respecte certaines conditions, comme celle de ne pas enfreindre la loi, ce qui va devenir de plus en plus compliqué au fur et à mesure que Cecilia prend conscience qu’elle est harcelée par quelqu’un d’invisible et qui s’attaque à son entourage. Mais comment faire croire une chose pareille sans perdre la raison et passer pour une folle ? Le suspense est à son comble dès le début et, à l’exception d’un petit coup de mou après cette entrée en matière tonitruante, il ne se dément pas jusqu’à une fin qui est la synthèse de plusieurs scènes marquantes du film. Porté par Elisabeth Moss littéralement habitée par son rôle et par une mise en scène qui tient le spectateur en haleine en lui donnant des frissons, « Invisible Man » ravira par conséquent les fans de thriller fantastique avec une bonne dose d’épouvante.

    IMG_0328.jpg4 étoiles. « Judy » est un biopic sur Judy Garland qui s'intéresse tout particulièrement à l'année 1968 et à la série de concerts qu'elle a donnés pendant cinq semaines à Londres dans un cabaret très à la mode de l'époque. Trente ans après être devenue une star planétaire grâce au « Magicien d'Oz », Judy Garland est dans une mauvaise passe. Elle n'a pas d'autre choix que de quitter les Etats-Unis pour Londres afin de subvenir aux besoins de ses enfants. Mais cette séparation à contrecœur, ses échecs sentimentaux, sa dépendance à l'alcool et aux médicaments ainsi que son enfance sacrifiée pour Hollywood sont autant d'obstacles à surmonter pour briller sur scène. A la lecture de ce synopsis, on aura compris que « Judy » n'est pas une comédie musicale, genre dans lequel la star excellait, mais un drame qui raconte sa chute. Ce côté dramatique n'empêche toutefois pas le rire et la musique d'être présents. A ce propos, les performances scéniques et vocales de Renée Zellweger, Oscar de la meilleure actrice 2020, sont remarquables, comme d'ailleurs l'ensemble de son jeu. Si « Judy » n'est pas un film parfait, il y a quelques scènes redondantes et quelques baisses de rythme, il a, outre son actrice principale, une grande qualité : il laisse la place à l'émotion avec, notamment, dix dernières minutes d'une folle intensité qui vous laissent sans voix au moment du générique de fin. (seulement le 13 juillet)

    4 étoiles. « Dunkerque ». Mai 1940. 400 000 soldats anglais sont pris en tenaille entre la mer du Nord et l’armée allemande sur les plages de Dunkerque. Pour éviter un massacre à grande échelle et rapatrier les troupes de sa Majesté, il va falloir compter sur les troupes françaises, sur la Royal Air Force et enfin sur la flotte militaire et…civile anglaise. Pour raconter cet épisode de la seconde guerre mondiale, Christopher Nolan, le réalisateur, entre autres, de la trilogie Batman, d’Inception et d’Interstellar, a pris trois angles d’attaque avec des espaces-temps différents qui se rejoindront à la fin du film : une semaine pour les événements qui se déroulent sur terre, un jour pour ceux qui ont lieu sur mer et une heure pour ceux qui ont comme décor le ciel. Il n’y a pas de temps mort dans « Dunkerque » et très peu de dialogues. Le film met en scène, sans hémoglobine, avec brio, et par moments émotion, ces soldats pris au piège sur terre et sur mer, le danger venant en premier lieu du ciel. A ce propos, les combats aériens sont à couper le souffle. « Dunkerque » est un blockbuster, mais avec toutefois l’ambition d’être également un film d’auteur. Ambition réussie grâce à une maîtrise technique époustouflante, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard, une narration originale et, pour couronner le tout, une très belle distribution. (les 9, 11 et 13 juillet)

    3 étoiles. « Queen & Slim ». En rentrant en voiture suite à leur premier rendez-vous, Queen et Slim, deux Afro-américains, sont arrêtés par un policier blanc pour une infraction mineure au code de la route. L’attitude déplacée de ce dernier va conduire Slim, en position de légitime défense, à tuer le policier. Forcés de fuir, sachant que la justice ne leur donnerait aucune chance de se défendre, les deux fugitifs vont, au fur et à mesure de leur périple, apprendre à se découvrir et constater que leur histoire tragique résonne fortement aux oreilles d’une partie de la population qui n’hésite pas à les élever au rang de héros. « Queen & Slim » n’est pas un film parfait. Les invraisemblances, même pour du cinéma, sont nombreuses, le temps peut paraître parfois un peu long et la fin est « too much ». Mais ces défauts ne doivent pas servir d’excuse pour ne pas aller voir ce film : le destin de Queen et de Slim vous prend la plupart du temps aux tripes avec les deux premières scènes, la rencontre dans le café suivie par le contrôle de police d’une folle intensité, qui posent toutes les bases de ce film romantique, politique, à suspense, beau esthétiquement et fort bien joué.

    IMG_0371.jpg3 étoiles. « Dark Waters ». L’avocat Rob Bilott, qui a vécu une partie de son enfance dans cette région, est interpellé par un paysan dont les bêtes meurent les unes après les autres après avoir eu un comportement extrêmement agressif et présentant de graves anomalies physiques. L’avocat découvre assez rapidement que ce sont les rejets toxiques de l’usine du puissant groupe chimique DuPont, premier employeur de la région, qui sont les responsables de cette pollution mortelle. Mais pour le prouver, il va devoir affronter de nombreux obstacles qui vont mettre en péril sa carrière, sa vie de famille et sa santé. Film-enquête, qui se déroule sur près de deux décennies, sur un des plus gros scandales industriels et environnementaux de ces quarante dernières années, « Dark Waters » expose avec une grande précision et beaucoup de sérieux, les tenants et aboutissants de cette sordide affaire. A tel point que le film, après un début captivant et enlevé, prend des allures de documentaire, ce qui n’est pas sans conséquence sur son rythme qui connaît une nette baisse de régime dans sa deuxième partie. Mais malgré cette faiblesse, les questions que soulèvent le film, et notamment celle de la complexité du combat de la justice contre d’énormes intérêts financiers, ne laisseront personne indifférent.

    3 étoles. « Richard Jewell ». Le film est inspiré d'une histoire vraie. Le 27 juillet 1996, pendant les Jeux Olympiques d'Atlanta, un vigile du nom de Richard Jewell découvre un sac suspect dans un parc où ont lieu des concerts. Il donne aussitôt l'alarme et fait évacuer les lieux sauvant ainsi de nombreuses vies. Héros d'un jour, il devient pourtant trois jours plus tard le principal suspect de l'attentat aux yeux du FBI. Les deux points forts du film sont incontestablement de s'attacher, d'une part, au point de vue de Richard Jewell et de son évolution au fur et à mesure que les accusations se précisent à son encontre et, d'autre part, au duo qu'il forme avec son avocat. La relation entre les deux hommes au cours du film est remarquablement mise en scène et interprétée par Paul Walter Hauser et Sam Rockwell. On peut d'ailleurs y ajouter Kathy Bates, excellente dans le rôle de la mère de Richard Jewell, elle aussi fortement ébranlée par la folie médiatique et la chasse aux sorcières dont est victime son fils. Toutefois, et malgré toutes ces qualités, on reste un peu sur sa faim, car le film n'arrive pas suffisamment à susciter de l'empathie et de l'émotion pour son héros. Mais on saura gré à Clint Eastwood d'avoir réalisé un film tout en nuances sur cet Amérique prompte à célébrer ses héros un jour et à les vouer aux gémonies le lendemain. (seulement le 8 juillet)

    3 étoiles. « Les Misérables ». Stéphane effectue son premier jour de service au sein de la brigade Anti-Criminalité de Montfermeil dans la banlieue parisienne. Tout en faisant la connaissance de ses nouveaux co-équipiers, dont les manières d’agir ne manquent pas de le surprendre, Stéphane se rend très rapidement compte des tensions qui règnent au sein du quartier qui est une vraie poudrière. Et il va pourvoir le vérifier lorsque l’interpellation d’un adolescent tourne mal. Malgré une mise en scène brillante du début à la fin, « Les Misérables » est lent au démarrage, on est à la limite de l’ennui. Cette entrée en matière un peu pénible est renforcée par le fait qu’il est difficile d’avoir de l’empathie pour l’un ou l’autre des personnages. L’objectif du réalisateur de renvoyer dos à dos la police et les habitants du quartier est donc atteint, mais avec comme conséquence un manque évident d’émotions. Mais heureusement, le film prend une toute autre dimension au moment où le drame se joue. La tension et le suspense deviennent alors par moment insoutenables grâce à une mise en scène qui de brillante devient carrément grandiose. A ce titre, les amateurs d’un cinéma virtuose apprécieront à leur juste valeur les géniales trente dernières minutes qui méritent à elles toutes seules d’aller voir le film, malgré qu’il ne convainque pas totalement sur le fond. (seulement le 11 juillet)  

    IMG_0740.jpg3 étoiles. « A Star is born ». Jackson Maine (Bradley Cooper, également le réalisateur) est un chanteur et musicien renommé aux addictions nombreuses. Il entend un soir par hasard dans un bar Ally (Lady Gaga, convaincante), chanteuse reléguée à l’anonymat malgré son indéniable talent d’interprète, mais également d’auteure-compositrice. Il tombe amoureux d’elle, et réciproquement, et va la propulser sur le devant de la scène en chantant en duo avec elle lors de ses concerts. Alors que le succès d’Ally est grandissant, Jackson a de son côté de plus en plus de peine à gérer ses démons intérieurs qui l’emmènent au bord du gouffre, malgré l’amour inconditionnel de celle qui est devenue sa femme. Le scénario n’est pas le point fort du film, tout particulièrement dans sa partie médiane où ça patine sec. Mais, heureusement, la manière « d’habiller » cette trame sans grandes surprises est plutôt réussie, à commencer par l’aspect musical. C’est ainsi que les performances musicales ont été enregistrées dans les conditions du direct et les séquences sur scène filmées en adoptant le point de vue des interprètes ce qui donne l’impression au spectateur d’être sur scène. Les chansons sont de qualité et les voix de Bradley Cooper et de Lady Gaga se marient fort bien à l’image de leur couple qui est crédible. Au final, un film pas dénué de défauts, mais qui se laisse toutefois regarder et écouter avec un certain plaisir. (seulement le 14 juillet)

    2 étoiles. « Un ami extraordinaire ». Basé sur une histoire vraie, « Un ami extraordinaire » raconte la rencontre en 1998 entre Fred Rogers, présentateur américain d’une émission de télévision pour enfants entre 1968 et 2001, et Lloyd Vogel, journaliste contraint par sa rédactrice en cheffe de brosser le portrait de ce héros de l’Amérique qui ne l’inspire pas du tout. Mais Lloyd va découvrir au fur et à mesure des entretiens que lui accorde Fred Rogers que ce dernier n’est pas adulé par son public depuis si longtemps par hasard. Il va même jouer les thérapeutes et aider Lloyd à régler ses comptes avec le passé avant qu’il ne soit trop tard. A la lecture de ce synopsis, on aura compris que tous les éléments sont là pour faire de « Un ami extraordinaire » un mélodrame sirupeux dont le cinéma américain a le secret. A vrai dire, tel est bien le cas. Mais une fois son âme d’enfant retrouvée et le ton gentiment agaçant de Fred Rogers intégré, on peut se laisser embarquer par ce conte moderne par moment émouvant par les thèmes qu’il aborde : la famille, la paternité, l’abandon, le deuil, le pardon, la compassion. Rien donc de bien extraordinaire, contrairement à son titre, dans ce film, à la distribution impeccable, mais beaucoup d’humanité. Et c’est déjà pas mal.

    2 étoiles. « Interstellar ». Sur la forme le film est plutôt agréable à l’œil (moins aux oreilles, avec une musique omniprésente et fatigante), mais les images dans l’espace n’ont rien de révolutionnaires. Quant au fond, il utilise les grosses ficelles émotionnelles dont le cinéma américain a le secret en y mêlant des dialogues philosophico-scientifiques auxquels on ne comprend rien ou presque. Cela n’empêche toutefois pas de suivre l’histoire, avec ses gentils et ses méchants et ses nombreuses références à l’espace-temps tordu dans tous les sens au cours du film, d’un ancien pilote de la NASA qui part à la recherche d’une autre Terre, la nôtre étant à l’agonie. Un long (près de 3 heures !) divertissement pas désagréable, mais pas indispensable. (du 10 au 13 juillet)

    IMG_0992.jpg1 étoile. « La Bonne épouse ». Paulette van der Beck est la femme du directeur d’une école ménagère qui apprend à ses étudiantes à devenir de parfaites épouses. Elle est aidée dans sa tâche par sa belle-sœur et par une bonne sœur. La mort de son mari, la découverte que celui-ci a joué leur argent aux courses, le retour de son premier amour et le vent de liberté qui souffle sur la France à l’approche de Mai 68 vont faire vaciller ses certitudes. Histoire de l’émancipation des femmes en accéléré, « La Bonne épouse » laisse pour le moins perplexe. Il n’est en effet pas crédible une seule seconde que le personnage joué par Juliette Binoche, qui fait preuve d’un beau sens de l’autodérision et qui tient tout le film sur ses épaules, puisse se remettre en question aussi soudainement et entraîne avec elle sa belle-sœur, Yolande Moreau qui une fois de plus joue les demeurées jusqu’à la caricature, ainsi que la bonne sœur qui est tout d’un coup touchée par la grâce du féminisme. On frise souvent le ridicule. Alors, certes, il y a bien quelques scènes où l’on sourit, parfois jaune, notamment au moment du reportage télévisuel en noir et blanc qui montre bien la condition des femmes il y a soixante ans, mais ce n’est de loin pas suffisant pour faire oublier que le tout sonne faux.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas désagréable, mais pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran: « Mary »

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    94D0AFEE-AEE9-4B30-967C-578771DB10FD.jpegLe titre original « Gifted », (sur)douée, résume à lui tout seul le sujet du film qui raconte l’histoire de Mary, une fille de 7 ans qui a un talent hors du commun dans le domaine des mathématiques. Elle vit avec son oncle qui veut lui donner une vie la plus normale possible malgré ce don extraordinaire afin de ne pas revivre le drame qu’il a vécu quelques années auparavant. Mais c’est sans compter avec sa mère qui va faire irruption dans leur vie et tenter, au travers de sa petite-fille, de renouer avec un passé pourtant dévastateur.

    Le moins que l’on puisse écrire est que cette trame ne brille pas par son originalité, même si la question soulevée sur la place à donner aux enfants surdoués est intéressante, et qu’il n’y a pas besoin d’être un génie pour deviner ce qu’il va se passer. Heureusement, les deux interprètes principaux du film tiennent la route et sont l’incontestable point fort du film.

    C’est ainsi que Chris Evans, bien loin du personnage de « Captain America », est touchant dans le rôle de celui qui veut le meilleur pour sa nièce, mais qui doute beaucoup sur les bons choix à faire. Quant à Mckenna Grace, elle est tout simplement bluffante dans le rôle de Mary passant d’une expression à l’autre avec un formidable naturel. Grâce à son duo d’acteurs, et malgré sa faiblesse scénaristique, son côté téléfilm et quelques invraisemblances, « Mary » se laisse donc voir sans déplaisir, mais sans plus. 

    2 étoiles. « Mary». RTS 1, lundi 6 juillet, 20h50.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • « Militant infatigable » (3/4)

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    Troisième partie de mon interview par Muriel Waeger, directrice romande de Pink Cross, publiée dans l’édition de juin 2020 du « Pink Mail », journal de l’association Pink Cross qui paraît 4 fois par an et se définit comme « magazine politique LGBT ». (1)

    Parmi tes nombreuses activités, tu as aussi été président du Groupe sida Genève (GSG) pendant six ans. Pourquoi t’es-tu engagé en faveur de la lutte contre le sida ?

    Quand l’épidémie du sida a débuté dans les années 80, j’étais un jeune adulte. J’ai été très touché par tout ce que j’ai lu et vu comme reportages sur cette maladie. Je trouvais choquant que l’on puisse non seulement mourir suite à un acte sexuel, mais également que l’on soit discriminé, rejeté parce qu’on était séropositif. Avec le recul, je me dis que si j’avais commencé à vivre ma vie d’homosexuel à 18 ans plutôt qu’à 34, je ne serais peut-être plus là aujourd’hui. Quand l’opportunité s’est présentée de m’engager concrètement dans la lutte contre le sida, cela m’a dès lors paru une évidence.

    Tu as également milité, en tant que représentant du GSG, au niveau international avec Coalition Plus, coalition internationale d’ONG communautaires de lutte contre le sida. Qu’est-ce que ces 5 ans t’ont appris ?

    Grâce à cet engagement, j’ai tout d’abord fait la connaissance de personnes formidables qui s’engagent jour après jour pour la lutte contre le sida et avec des moyens fort différents suivant les pays. Ensuite, grâce à ces voyages, j’ai pu appréhender des réalités qui sont bien loin de celles que nous connaissons dans les pays dits riches. On a trop tendance à oublier que si le sida s’apparente dorénavant chez nous à une maladie chronique, il tue encore un million de personnes dans le monde chaque année !

    Qu’est-ce qui t’a le plus frappé dans ces voyages ?

    Quand que je suis allé au Burundi, j’ai pu suivre pendant une semaine l’équipe de l’association locale de lutte contre le sida. J’ai pu constater au gré de mes rencontres à quel point la corrélation était forte entre droit des personnes et risque de contamination. Les personnes LGBT n’ont aucun droit au Burundi où l’homosexualité est punissable de trois ans d’emprisonnement. Cette situation pousse les personnes LGBT à la clandestinité, à l’usage de drogues et à la prostitution. Dans un tel contexte, il est très difficile de leur venir en aide, mais c’est pourtant ce que fait l’association locale en allant à leur rencontre pour faire de la prévention.

    Tu es engagé depuis plus de 20 ans. Qu’est-ce qui te donne envie de continuer à lutter ?

    Je crois tout d’abord que quand on est militant, on le reste toute sa vie ! Ensuite, l’égalité des droits pour toutes et tous n’est de loin pas encore acquise, il y a donc toujours de quoi lutter. Enfin, j’apprécie de me retrouver avec d’autres personnes qui proviennent d’horizons différents, de plusieurs générations et avec lesquelles je partage mes combats, c’est motivant et enrichissant, mais aussi parfois complexe, pour rester poli (rires).

    (1) Pour les deux premières parties, c’est ici :

    https://independance.blog.tdg.ch/archive/2020/06/14/militant-infatigable-1-4-307019.html

    https://independance.blog.tdg.ch/archive/2020/06/21/militant-infatigable-2-4-307152.html

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  • « Queen & Slim » : d’une brûlante actualité (et 9 films à l’affiche)

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    IMG_1106.jpgSorti en février, et toujours à l’affiche après la pause forcée des cinémas, « Queen & Slim » a donc été tourné bien avant les dramatiques événements en lien avec le meurtre de George Floyd le 25 mai dernier. S’il est d’une brûlante actualité par l’histoire qu’il raconte, le film met avant tout en exergue les fortes tensions qui existent entre la police et les Afro-américains aux Etats-Unis.

    En rentrant en voiture suite à leur premier rendez-vous, Queen et Slim, deux Afro-américains, sont arrêtés par un policier blanc pour une infraction mineure au code de la route. L’attitude déplacée de ce dernier va conduire Slim, en position de légitime défense, à tuer le policier. Forcés de fuir, sachant que la justice ne leur donnerait aucune chance de se défendre, les deux fugitifs vont, au fur et à mesure de leur périple, apprendre à se découvrir et constater que leur histoire tragique résonne fortement aux oreilles d’une partie de la population qui n’hésite pas à les élever au rang de héros.

    « Queen & Slim » n’est pas un film parfait. Les invraisemblances, même pour du cinéma, sont nombreuses, le temps peut paraître parfois un peu long et la fin est « too much ». Mais ces défauts ne doivent pas servir d’excuse pour ne pas aller voir ce film : le destin de Queen et de Slim vous prend la plupart du temps aux tripes avec les deux premières scènes, la rencontre dans le café suivie par le contrôle de police d’une folle intensité, qui posent toutes les bases de ce film romantique, politique, à suspense, beau esthétiquement et fort bien joué. (3 étoiles)

    A l’affiche du mercredi 1er au mardi 7 juillet

    4 étoiles. « Invisible Man ». Cecilia partage une vie aisée avec un brillant et riche scientifique au comportement très possessif. Ne supportant plus son attitude, elle s’enfuit en demandant de l’aide à sa sœur. Peu de temps après, son beau-frère lui apprend que son mari s’est suicidé. Il lui laisse une part de son immense fortune à condition qu’elle respecte certaines conditions, comme celle de ne pas enfreindre la loi, ce qui va devenir de plus en plus compliqué au fur et à mesure que Cecilia prend conscience qu’elle est harcelée par quelqu’un d’invisible et qui s’attaque à son entourage. Mais comment faire croire une chose pareille sans perdre la raison et passer pour une folle ? Le suspense est à son comble dès le début et, à l’exception d’un petit coup de mou après cette entrée en matière tonitruante, il ne se dément pas jusqu’à une fin qui est la synthèse de plusieurs scènes marquantes du film. Porté par Elisabeth Moss littéralement habitée par son rôle et par une mise en scène qui tient le spectateur en haleine en lui donnant des frissons, « Invisible Man » ravira par conséquent les fans de thriller fantastique avec une bonne dose d’épouvante.

    4 étoiles. « Dunkerque ». Mai 1940. 400 000 soldats anglais sont pris en tenaille entre la mer du Nord et l’armée allemande sur les plages de Dunkerque. Pour éviter un massacre à grande échelle et rapatrier les troupes de sa Majesté, il va falloir compter sur les troupes françaises, sur la Royal Air Force et enfin sur la flotte militaire et…civile anglaise. Pour raconter cet épisode de la seconde guerre mondiale, Christopher Nolan, le réalisateur, entre autres, de la trilogie Batman, d’Inception et d’Interstellar, a pris trois angles d’attaque avec des espaces-temps différents qui se rejoindront à la fin du film : une semaine pour les événements qui se déroulent sur terre, un jour pour ceux qui ont lieu sur mer et une heure pour ceux qui ont comme décor le ciel. Il n’y a pas de temps mort dans « Dunkerque » et très peu de dialogues. Le film met en scène, sans hémoglobine, avec brio, et par moments émotion, ces soldats pris au piège sur terre et sur mer, le danger venant en premier lieu du ciel. A ce propos, les combats aériens sont à couper le souffle. « Dunkerque » est un blockbuster, mais avec toutefois l’ambition d’être également un film d’auteur. Ambition réussie grâce à une maîtrise technique époustouflante, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard, une narration originale et, pour couronner le tout, une très belle distribution. (les 1, 4, 5 et 6 juillet)

    3 étoiles. « Dark Waters ». L’avocat Rob Bilott, qui a vécu une partie de son enfance dans cette région, est interpellé par un paysan dont les bêtes meurent les unes après les autres après avoir eu un comportement extrêmement agressif et présentant de graves anomalies physiques. L’avocat découvre assez rapidement que ce sont les rejets toxiques de l’usine du puissant groupe chimique DuPont, premier employeur de la région, qui sont les responsables de cette pollution mortelle. Mais pour le prouver, il va devoir affronter de nombreux obstacles qui vont mettre en péril sa carrière, sa vie de famille et sa santé. Film-enquête, qui se déroule sur près de deux décennies, sur un des plus gros scandales industriels et environnementaux de ces quarante dernières années, « Dark Waters » expose avec une grande précision et beaucoup de sérieux, les tenants et aboutissants de cette sordide affaire. A tel point que le film, après un début captivant et enlevé, prend des allures de documentaire, ce qui n’est pas sans conséquence sur son rythme qui connaît une nette baisse de régime dans sa deuxième partie. Mais malgré cette faiblesse, les questions que soulèvent le film, et notamment celle de la complexité du combat de la justice contre d’énormes intérêts financiers, ne laisseront personne indifférent.

    3 étoiles. « La Mule ». Inspiré de la vie de Leo Sharp, « La Mule » raconte non seulement comment un vieil homme de près de 90 ans en est arrivé à être un passeur de drogues hors normes, mais également comment il en a tiré profit, au sens propre et figuré, pour tenter de recoller les morceaux avec sa famille qu’il avait délaissée tout au long de sa vie. Après le ratage de son précédent film, « Le 15h17 pour Paris », Clint Eastwood ne pouvait que faire mieux. Et tel est, heureusement, le cas. Il y a certes des scènes trop répétitives, d’autres peu crédibles et le scénario ménage peu de surprises. Mais malgré ces critiques, le film se laisse voir avec un certain plaisir grâce avant tout à l’excellente performance d’acteur de Clint Eastwood qui joue avec conviction un personnage réactionnaire sur les bords et qui pense avant tout à lui. Mais en approchant de la fin de sa vie, il va être capable de se remettre en question et faire preuve d’autodérision. On s’attache à ce vieil homme pince-sans-rire et plein de charme à tel point que malgré son activité on ne peut plus répréhensible, le spectateur espère qu’il échappera à la police. Situé quelque part entre comédie, drame et thriller, « La Mule » est un film loin d’être parfait, mais pour lequel on éprouve une indéniable tendresse pour son héros. (les 4 et 6 juillet)

    3 étoiles. « Sorry We Missed You ».  Ricky, Abby et leurs deux enfants vivent à Newcastle. Ricky enchaîne les boulots mal payés et son épouse est aide à domicile. S'ils veulent avoir une chance d'améliorer leurs conditions de vie, il est temps de prendre des risques. Une opportunité semble se présenter grâce à la révolution numérique. Ricky va acheter une camionnette afin de devenir chauffeur-livreur à son compte. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres et Ricky et sa famille vont l'apprendre à leurs dépens. A la lecture de ce synopsis, on aura compris que Ken Loach est fidèle à son cinéma en dénonçant les injustices sociales et cette société qui n'hésite pas à broyer les humains à l'aide des nouvelles technologies au nom du profit. Et avec des dommages collatéraux très importants sur la vie de famille, en l'occurrence. Si « Sorry We Missed You » ne retrouve pas le superbe équilibre entre critique sociétale et émotion qui prévalait dans le formidable « Moi, Daniel Blake », il n'en demeure pas moins qu'un film de Ken Loach vaut toujours la peine d'être vu, même quand il n'est pas totalement réussi, car il renvoie à une réalité qui ne peut qu'interpeller. (seulement le 7 juillet)

    2 étoiles. « Un ami extraordinaire ». Basé sur une histoire vraie, « Un ami extraordinaire » raconte la rencontre en 1998 entre Fred Rogers, présentateur américain d’une émission de télévision pour enfants entre 1968 et 2001, et Lloyd Vogel, journaliste contraint par sa rédactrice en cheffe de brosser le portrait de ce héros de l’Amérique qui ne l’inspire pas du tout. Mais Lloyd va découvrir au fur et à mesure des entretiens que lui accorde Fred Rogers que ce dernier n’est pas adulé par son public depuis si longtemps par hasard. Il va même jouer les thérapeutes et aider Lloyd à régler ses comptes avec le passé avant qu’il ne soit trop tard. A la lecture de ce synopsis, on aura compris que tous les éléments sont là pour faire de « Un ami extraordinaire » un mélodrame sirupeux dont le cinéma américain a le secret. A vrai dire, tel est bien le cas. Mais une fois son âme d’enfant retrouvée et le ton gentiment agaçant de Fred Rogers intégré, on peut se laisser embarquer par ce conte moderne par moment émouvant par les thèmes qu’il aborde : la famille, la paternité, l’abandon, le deuil, le pardon, la compassion. Rien donc de bien extraordinaire, contrairement à son titre, dans ce film, à la distribution impeccable, mais beaucoup d’humanité. Et c’est déjà pas mal.

    2 étoiles. « Interstellar ». Sur la forme le film est plutôt agréable à l’œil (moins aux oreilles, avec une musique omniprésente et fatigante), mais les images dans l’espace n’ont rien de révolutionnaires. Quant au fond, il utilise les grosses ficelles émotionnelles dont le cinéma américain a le secret en y mêlant des dialogues philosophico-scientifiques auxquels on ne comprend rien ou presque. Cela n’empêche toutefois pas de suivre l’histoire, avec ses gentils et ses méchants et ses nombreuses références à l’espace-temps tordu dans tous les sens au cours du film, d’un ancien pilote de la NASA qui part à la recherche d’une autre Terre, la nôtre étant à l’agonie. Un long (près de 3 heures !) divertissement pas désagréable, mais pas indispensable. (les 2, 4, 5 et 6 juillet)

    2 étoiles. « Once Upon A Time…in Hollywood ». L’histoire de Rick Dalton, star de la télévision des années 50 sur le déclin, et de sa fidèle doublure, est très bien reconstituée. Les décors, la lumière et la photographie sont superbes. On se croirait vraiment dans le Hollywood de la fin des années 60. Le film est bourré de références cinématographiques et télévisuelles à ces années-là, américaines évidemment, qui parleront aux quinquagénaires et plus, avec un plaisir certain. Du côté de la distribution, rien à redire non plus : Leonardo Di Caprio et Brad Pitt sont très bons, même si le premier est desservi par des scènes de « film dans le film » qui n’en finissent pas, surtout dans la première partie. Les moments les plus réussis du film mettent le plus souvent en scène Brad Pitt. C’est tout particulièrement le cas lorsqu’il est en contact avec les hippies, avec son chien ou encore lors des vingt dernières minutes qui s’apparentent à un film d’horreur. A ce propos, que dire de cette fin très réussie sur un plan cinématographique, mais qui ne respecte pas du tout la réalité de l’épisode tragique auquel elle fait référence et qui a marqué durablement les esprits ? Au final, un film formellement impeccable, mais très inégal dans le fond avec des scènes jubilatoires et d’autres où on s’ennuie ferme. (seulement le mercredi 1er juillet)

    1 étoile. « La Bonne épouse ». Paulette van der Beck est la femme du directeur d’une école ménagère qui apprend à ses étudiantes à devenir de parfaites épouses. Elle est aidée dans sa tâche par sa belle-sœur et par une bonne sœur. La mort de son mari, la découverte que celui-ci a joué leur argent aux courses, le retour de son premier amour et le vent de liberté qui souffle sur la France à l’approche de Mai 68 vont faire vaciller ses certitudes. Histoire de l’émancipation des femmes en accéléré, « La Bonne épouse » laisse pour le moins perplexe. Il n’est en effet pas crédible une seule seconde que le personnage joué par Juliette Binoche, qui fait preuve d’un beau sens de l’autodérision et qui tient tout le film sur ses épaules, puisse se remettre en question aussi soudainement et entraîne avec elle sa belle-sœur, Yolande Moreau qui une fois de plus joue les demeurées jusqu’à la caricature, ainsi que la bonne sœur qui est tout d’un coup touchée par la grâce du féminisme. On frise souvent le ridicule. Alors, certes, il y a bien quelques scènes où l’on sourit, parfois jaune, notamment au moment du reportage télévisuel en noir et blanc qui montre bien la condition des femmes il y a soixante ans, mais ce n’est de loin pas suffisant pour faire oublier que le tout sonne faux.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas désagréable, mais pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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