Bonn(y)dée - Page 7

  • Du grand au petit écran : un programme 4 étoiles

    Imprimer

    Le Mans 66.jpgLe cœur du film, c’est l’affrontement, qui a vraiment existé, entre le constructeur américain Ford et l’italien Ferrari lors de la course des 24 heures du Mans de 1966. Mais avant de parvenir à ce combat épique filmé de manière grandiose pendant quarante minutes, le réalisateur James Mangold s’intéresse à l’histoire d’amitié tumultueuse entre les deux personnages principaux du film : le pilote Ken Miles et l’ex-pilote reconverti en patron d’écurie Caroll Shelby. 

    « Le Mans 66 » est donc autant une aventure humaine qu’un film sur la course automobile. Ceci dit, celles et ceux qui ne s’intéressent pas à l’épopée automobile n’y trouveront probablement pas leur compte. 

    Pour les autres, en revanche, et si on fait abstraction d’un début qui manque de rythme, ils apprécieront l’excellent jeu de Christian Bale, dans le rôle de Ken Miles, une fin qui ne répond pas aux standards de Hollywood, la reconstitution impeccable des années 60, le suspense et une réalisation « à l’ancienne » de haut vol. James Mangold s’explique à ce propos : « Aujourd’hui, l’action au cinéma se veut généralement spectaculaire et renforcée par des effets numériques. J’ai voulu au contraire quelque chose de profondément analogique, de réel et de brut. Je désirais montrer ce qu’il y a de séduisant dans ces bolides, la mécanique, les moteurs, le danger. Et je voulais que les spectateurs puissent le ressentir aussi. » Objectif atteint.

    Inédit. 4 étoiles. « Le Mans 66 ». RTS 1, lundi 6 septembre, 20h50.

    Le grand bain.jpgBertrand, Marcus, Simon, Laurent, Thierry, John, Basile et Avanish sont des quadragénaires et quinquagénaires mal dans leur peau. Ils ont perdu confiance en eux au fur et à mesure des aléas rencontrés dans leur vie. Ils partagent leur mal-être deux fois par semaine en s’adonnant sous les ordres de Delphine, ancienne gloire des bassins pas au mieux de sa forme elle non plus, à la natation synchronisée, sport féminin par excellence. Ils se moquent des railleries dont ils sont l’objet, car ensemble ils retrouvent le goût de l’effort et un but qui va les mener bien plus loin qu’ils avaient pu l’imaginer.

    La grande force du film est de ne jamais être ridicule alors qu’il aurait été si facile de l’être avec un sujet pareil. L’évidence que le réalisateur aime ses personnages avec leurs défauts et leurs qualités saute aux yeux. Les acteurs le lui rendent d’ailleurs bien. Ils sont tous excellents et au service du collectif. Les personnages sont tous plus attachants les uns que les autres et on a plaisir à les voir retrouver petit à petit leur estime d’eux-mêmes jusqu’à un final où l’émotion est à son maximum. 

    Tout n’est cependant pas parfait dans « Le Grand Bain ». Le début manque en effet un peu de rythme et quelques facilités scénaristiques tirent un peu trop sur la corde sensible. Mais pas de quoi gâcher l’impression générale sur la réussite d’un film très touchant dans lequel on plonge avec bonheur entre drame et comédie.

    4 étoiles. « Le Grand Bain ». TF1, dimanche 5 septembre, 21h05.

    Jason Bourne.jpgToujours traqué par la CIA, qui veut définitivement le faire taire pour éviter que ne soit révélé la manière dont cette dernière surveille tout le monde, et à la recherche d’explications sur son passé, Jason Bourne doit faire face à un méchant XXL qui n’hésite pas à tirer sur tout ce qui bouge pour arriver à ses fins. 

    Collant de près à l’air du temps avec un scénario qui laisse une large place à la surveillance généralisée, ce quatrième volet de la saga Jason Bourne avec Matt Damon en met plein la vue aux amateurs de films d’action. Les poursuites sont haletantes, même si parfois un poil trop longues, et d’un niveau technique époustouflant. Filmées caméra à l’épaule, elles donnent le tournis, mais dans le bon sens du terme. Une suite donc sans grande surprise, mais qui ravira probablement la majorité des fans de Jason Bourne. Et ça ne devrait pas s’arrêter là, la fin laissant toute latitude à de nouvelles aventures.

    4 étoiles. « Jason Bourne ». France 2, dimanche 5 septembre, 21h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

    Lien permanent Catégories : Télévision 0 commentaire
  • Le droit à une vie digne

    Imprimer

    37B9F5A6-C31A-4735-A323-2A130F481971.pngMon intervention au Grand Conseil sur la politique publique "cohésion sociale" dans le cadre de l'examen des comptes 2020 du canton de Genève.

    Mesdames les députées, Messieurs les députés,

    Genève, une des villes les plus riches du monde, a attiré l’attention de la planète entière au printemps 2020 avec ses files interminables de familles et de personnes en attente d’un sac de provisions et de produits de première nécessité. Des images qui ont choqué et qui resteront gravées dans nos mémoires.

    Compte tenu de ce qui précède, les dispositifs d'aide sociale ont été fortement mis à contribution à partir du printemps 2020 et les Vertes et les Verts tiennent à remercier toutes les employées et tous les employés qui n’ont pas compté leurs heures pour faire face à cette crise.

    Parmi les personnes qui ont subi de plein fouet la crise, certaines se trouvaient déjà en situation de précarité avant celle-ci. Cela ne manque pas de questionner sur l’efficacité de notre filet social qui ne joue pas suffisamment son rôle dès qu’il y a un avis de tempête. Cette réalité, dénoncée régulièrement par la gauche au sein de ce Parlement et trop souvent ignorée par la droite, a tout à coup surgi comme le nez au milieu de la figure.  D'autres personnes, notamment les petit-e-s indépendant-e-s ont plongé dans la précarité suite aux aléas de la conjoncture économique devant chercher de l’aide auprès de l’Hospice général dont les prestations brutes versées aux usagers et usagères ont augmenté de 23,6 millions de francs.

    Pour parer au plus pressé, quatre lois ont été votées par notre Parlement :

    • 5 millions de francs à la Fondation Partage pour assurer l'aide alimentaire d'urgence et des produits de première nécessité;
    • 4 millions de francs au Collectif d'associations pour l'urgence sociale, destinés à financer l'hébergement de personnes sans-abri dans des structures hôtelières durant l'hiver 2020-2021;
    • 12 millions de francs pour soutenir des personnes en situation de précarité ne bénéficiant d'aucune autre aide de l’État ;
    • 15 millions de francs pour indemniser les personnes ayant subi une perte de revenus en raison des mesures de lutte contre l'épidémie de coronavirus. Cette loi a été attaquée par référendum retardant de plusieurs mois l’aide aux personnes précaires alors que le Parlement a voté comme une seule femme et un seul homme tous les projets de loi pour l’aide aux entreprises. Ce référendum de la honte a été balayé à une écrasante majorité le 7 mars dernier.

    Ce sont donc 33.4 millions qui ont été votés par notre Parlement. Faut-il dès lors en conclure que tout va bien dans le meilleur des mondes ? Évidemment que non. Dans une société riche comme la nôtre, on ne devrait pas devoir voter en urgence des lois pour l’aide alimentaire, les personnes sans-abri ou les travailleurs et travailleuses précaires. Toutes les personnes qui vivent sur notre territoire devraient avoir le droit à l’alimentation, au logement et à une vie digne, crise sanitaire ou non. Il y a donc encore beaucoup de travail à réaliser en amont. C’est la raison pour laquelle les Vertes et les Verts s’abstiendront sur cette politique publique.

    Lien permanent Catégories : Grand Conseil 1 commentaire
  • Du grand au petit écran : des histoires de luttes

    Imprimer

    IMG_4144.jpgBertrand, Marcus, Simon, Laurent, Thierry, John, Basile et Avanish sont des quadragénaires et quinquagénaires mal dans leur peau. Ils ont perdu confiance en eux au fur et à mesure des aléas rencontrés dans leur vie. Ils partagent leur mal-être deux fois par semaine en s’adonnant sous les ordres de Delphine, ancienne gloire des bassins pas au mieux de sa forme elle non plus, à la natation synchronisée, sport féminin par excellence. Ils se moquent des railleries dont ils sont l’objet, car ensemble ils retrouvent le goût de l’effort et un but qui va les mener bien plus loin qu’ils avaient pu l’imaginer.

    La grande force du film est de ne jamais être ridicule alors qu’il aurait été si facile de l’être avec un sujet pareil. L’évidence que le réalisateur aime ses personnages avec leurs défauts et leurs qualités saute aux yeux. Les acteurs le lui rendent d’ailleurs bien. Ils sont tous excellents et au service du collectif. Les personnages sont tous plus attachants les uns que les autres et on a plaisir à les voir retrouver petit à petit leur estime d’eux-mêmes jusqu’à un final où l’émotion est à son maximum. 

    Tout n’est cependant pas parfait dans « Le Grand Bain ». Le début manque en effet un peu de rythme et quelques facilités scénaristiques tirent un peu trop sur la corde sensible. Mais pas de quoi gâcher l’impression générale sur la réussite d’un film très touchant dans lequel on plonge avec bonheur entre drame et comédie.

    Inédit. 4 étoiles. « Le Grand Bain ». RTS 1, lundi 30 août, 20h50.

    IMG_4145.jpgSofia et Paul décident de s’installer dans une petite maison de la banlieue parisienne qui a toujours fait rêver Sofia quand elle habitait enfant dans ce quartier à la population essentiellement émigrée. Devenue avocate, elle a épousé un batteur punk-rock qui a une certaine tendance à se laisser vivre et à ne rien aimer. Leur fils Corentin fréquente l'école publique du quartier. Mais quand ses copains partent les uns après les autres dans le privé et que Corentin semble en souffrir, les certitudes de ses parents sur les bienfaits de l’école publique vacillent. Et le film avec.

    En effet, les scènes cocasses du début (l’exercice « intrusion » à hurler de rire grâce à Baya Kasmi professeure qui utilise un langage absolument pas en rapport avec la situation ou encore la tentative d’inscription dans une école catholique) laissent petit à petit la place à une comédie sociale qui tourne en rond et oscille entre bons sentiments et critique d’une société qui aurait tout à gagner à vivre ensemble, à l’image d’une fin qui atteint des sommets de ridicule. Décevant.

    Inédit. 2 étoiles. « La lutte des classes ». France 2, dimanche 22 août, 21h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

    Lien permanent Catégories : Télévision 0 commentaire
  • Un « Rouge » qui fait tache

    Imprimer

    Rouge.jpgLe réalisateur Farid Bentoumi a pris comme point de départ un fait réel, à savoir une usine qui rejette ses déchets toxiques dans la Méditerranée. Le gouvernement et la préfecture demandent depuis des années aux propriétaires d’arrêter cette pollution, sans aucun effet. Il faut préciser que cette usine employant 500 personnes, ce qui n’est pas rien dans une région marquée par le chômage, on devine que les autorités ne font pas preuve d’une grande fermeté… 

    Farid Bentoumi a souhaité que son film se déroule dans un lieu naturel, en l’occurrence la montagne, afin que le rouge symbolisant, notamment, la salissure, le sang et la blessure fasse tache, comme la pollution. L’héroïne du film porte à plusieurs reprises des habits rouges.

    Nour est infirmière. Grâce au soutien de son père, elle vient d’être embauchée comme infirmière dans l’usine où il travaille depuis trente ans. C’est un pivot de l’entreprise, il est délégué syndical. Alors que l’usine subit un contrôle sanitaire, Nour découvre que les visites de santé du personnel sont pour ainsi dire inexistantes. Dans le même temps, une journaliste mène l’enquête sur la gestion des déchets, mais peine à obtenir des preuves sur la toxicité de ces derniers. Les deux jeunes femmes vont se rapprocher et petit à petit découvrir que cette usine, pilier de l’économie locale, cache bien des secrets. Nour se trouve alors confrontée à un dilemme : se taire ou trahir son père pour faire éclater la vérité. 

    La relation père-fille est au cœur du film. Certes, les rebondissements liés à l’enquête tiennent en haleine, tout spécialement dans la seconde partie, mais l’évolution des rapports entre les deux personnages donne tout son intérêt à ce thriller politique, social et écologique. 

    Si on peut reprocher au film un certain manque de rythme dans sa première partie et un côté un peu trop didactique dans son déroulement, on ne manquera pas de souligner le côté visuel très réussi, la remarquable interprétation de Zita Hanrot et Sami Bouajila avec une fin à la hauteur de cette relation père-fille très touchante. (3 étoiles) 

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

    Lien permanent Catégories : Cinéma 0 commentaire
  • Du grand au petit écran : Freddie Mercury, un Bonhomme et une Madame

    Imprimer

    IMG_4025.jpg« Bohemian Rhapsody » est un film très sage dans sa mise en scène, à l’exact opposé de celui sur lequel il se centre principalement. Il raconte en quelques épisodes et de manière très linéaire la vie du groupe et de son leader de ses débuts en 1970 jusqu’à sa performance lors du Live Aid de juillet 1985 à Wembley. L’accent est particulièrement mis sur Freddie Mercury, ses excès, ses errances, ses questionnements, notamment sur son orientation sexuelle, mais aussi ses traits de génie, sa générosité et sa recherche de l’amitié et de l’amour. Rami Malek est un Freddie Mercury plus vrai que nature et sa performance est bluffante.

    Ce parti pris n’empêche toutefois pas le film de s’intéresser également aux relations au sein du groupe et c’est heureux, car les moments mettant en scène les quatre musiciens sont les plus réussis. On n’en dira pas autant de ceux qui se focalisent sur le chanteur qui frisent parfois le mélo et ont tendance à se répéter. L’ennui guette. Mais grâce à la musique, qui occupe la place attendue dans le film, ces lourdeurs s’effacent rapidement pour laisser la place à des chansons connues par tout le monde, ou presque. Les vingt dernières minutes mettent une pêche d’enfer. 

    En résumé, si « Bohemian Rhapsody » est plutôt décevant dans sa partie intimiste, l’hommage à la musique de Queen est réussi. Largement suffisant pour passer un bon moment et donner envie de réécouter illico presto les classiques du groupe.

    Inédit. 3 étoiles. « Bohemian Rhapsody ». RTS 1, lundi 23 août, 20h45.

    IMG_4026.jpgLa vie de Piotr et Marylin, jeune couple qui vit dans la banlieue lilloise, va être bouleversée suite à un accident de voiture qui occasionne un grave traumatisme crânien à Piotr. S’il n’a aucune séquelle physique, il n’a par contre plus toute sa tête et fait de plus preuve d’une hypersexualité difficilement gérable et fort embarrassante suivant les moments où elle s’exprime. L’amour que Marylin porte à Piotr sera-t-il suffisant pour que le couple surmonte les nombreux obstacles qui se dressent devant lui ?
    Tour à tour drôle, tendre, touchant, questionnant, embarrassant voire dérangeant (les scènes de sexe sont sans filtre) et émouvant, « Bonhomme » ne laisse pas indifférent. Le film est porté par un duo d’acteurs remarquable : Nicolas Duvauchelle et Ana Girardot rendent cette relation pourtant improbable tout à fait crédible. 

    Certes, tout n’est pas parfait dans « Bonhomme », à commencer par un scénario qui fait trop souvent appel aux mêmes ressorts. L’hypersexualité de Piotr finit par lasser, même si paradoxalement elle a des conséquences auxquelles on ne s’attend pas forcément, et les problèmes de Marylin avec son employeur sont répétitifs. Mais ces défauts n’empêchent pas le film de dégager une incroyable vitalité et un optimisme à toute épreuve qui font le plus grand bien.

    Inédit. 3 étoiles. « Bonhomme ». France 3, lundi 23 août, 22h50.

    Madame.jpgMadame, c’est Caroline, la grand-mère du réalisateur Stéphane Riethauser. Ils engagent un dialogue cinématographique intergénérationnel très intime sur les thèmes du genre, de la sexualité et de la transmission de l’identité. Grâce à des images d’archives familiales de qualité tournées par Stéphane Riethauser lui-même, qui voulait à la base « simplement » garder des souvenirs de sa grand-mère avant son décès, et par son père qui aurait voulu être cinéaste, « Madame » est bien plus qu’un documentaire. C’est une véritable œuvre cinématographique. 

    Comment autrement expliquer le fait que le spectateur est captivé dès la première minute et jusqu’à la dernière par cette histoire d’une grand-mère qui s’est battue toute sa vie durant contre le patriarcat et de son petit-fils qui s’est également battu pour s’accepter en tant qu’homosexuel dans un milieu tout aussi hostile que celui dans lequel sa grand-mère évoluait ? 

    Ces deux récits de vie aux croisements multiples sont remarquablement mis en scène grâce à un montage qui mérite toutes les louanges : il permet de tenir en haleine le public alors que les films et les photos de famille des autres lassent en principe très vite leur auditoire, comme le relevait Stéphane Riethauser dans une interview. Et s’il n’en est rien, c’est parce que le film parle à chacune et chacun d’entre nous d’une façon ou d’une autre et qu’il arrive à produire ce qui est la marque d’un grand film : de l’émotion.

    5 étoiles. « Madame », RTS 2, lundi 23 août, 23h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

    Lien permanent Catégories : Télévision 0 commentaire