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  • Du grand au petit écran : « La forme de l’eau », « Jackie »

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    IMG_1703.jpgElisa est nettoyeuse dans un laboratoire gouvernemental ultrasecret en pleine guerre froide à la fin des années 50. Elle est muette et mène une vie solitaire dans un appartement qu’elle partage avec un homosexuel âgé tout aussi seul qu’elle. Sa vie va basculer lorsqu’elle va tomber amoureuse d’une créature emprisonnée au sein de ce laboratoire et en danger de mort en raison des expériences qui sont faites sur elle.

    Conte fantastique érigé en hymne (trop) appuyé à la tolérance (l’héroïne est muette, son colocataire est homosexuel, sa meilleure amie noire et son amoureux une créature à la E.T., n’en jetez plus la coupe est pleine), « La forme de l’eau » a un défaut rédhibitoire : après dix minutes de film, on devine ce qui va arriver jusqu’à la dernière minute. La conséquence est que l’ennui n’est jamais bien loin et qu’on peine franchement à s’intéresser aux péripéties de ce couple hautement improbable.

    Alors, certes, c’est plutôt agréable à regarder avec des couleurs qui font inévitablement penser à « Amélie Poulain » et c’est soigné jusque dans les moindres détails. Les actrices et acteurs sont à la hauteur avec une mention spéciale au méchant « très méchant » de l’histoire, Michael Shannon, et à l’amie d’Elisa, Octavia Spencer, une fois encore formidable. Mais cela ne suffit toutefois pas à susciter ce qui fait la marque des grands films : l’émotion. Tout est tellement prévisible et fait pour tirer sur la corde sensible du spectateur que cela en devient artificiel. Ce qui n'a pas empêché « La forme de l’eau » de recevoir l'Oscar 2018 du meilleur film...

    Inédit. 2 étoiles. « La forme de l’eau ». RTS 1, lundi 10 août, 22h15.

    IMG_1704.jpgDallas, 22 novembre 1963, assassinat du président des Etats-Unis John Fitzgerald Kennedy, sous les yeux de son épouse, Jacqueline Kennedy. Le film s’attache à raconter la semaine de la désormais ex-First Lady qui a suivi cet événement particulièrement traumatisant pour elle et son combat pour que son mari ait le droit à des funérailles grandioses pour marquer l’Histoire.

    Il faut bien reconnaître que le film de Pablo Larrain soigne les détails et est très agréable pour l’œil. Le choix de le tourner en 16 mm pour donner un aspect brut à l’image est une excellente idée qui permet de faciliter l’intégration de séquences d’archives, une belle réussite. Les costumes et les décors sont également à la hauteur. Mais « Jackie » est trop bavard, les allers et retours entre le présent et le passé coupent trop souvent le rythme déjà très lent du film et la musique est par moment insupportable. Mais à ces défauts déjà majeurs, il faut en rajouter un qui est rédhibitoire : le manque d’émotions qui se dégage du film, à l’image de son personnage principal pour lequel on éprouve très peu d’empathie.

    2 étoiles. « Jackie ». RTS 2, dimanche 9 août, 22h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : « Stars 80, la suite »

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    IMG_1574.jpgFort de son succès mérité en 2012, « Stars 80 » alliait en effet avec un certain bonheur retrouvailles des chanteurs des années 80 et une bonne dose d’autodérision, les producteurs ont souhaité remettre le couvert avec une suite quatre ans plus tard.

    Hélas, trois fois hélas, ils auraient mieux fait de s’abstenir tant le résultat est consternant. Le film est une succession de sketchs plus débiles les uns les autres, la palme revenant à ceux qui mettent en scène Jean-Marc Généreux qui n’aurait jamais dû quitter son siège de juré à « Danse avec les stars » tant sa prestation est calamiteuse.

    Tout est tellement mauvais – scénario, jeu des acteurs, mise en scène, montage – que c’en est presque fascinant ! « Stars 80, la suite » fait une toute petite place à celles et ceux qui seraient pourtant censés être les vedettes du film : les artistes. Un comble ! Il n’y a pratiquement rien à sauver dans ce film, si ce n’est le générique du début, c’est tout dire, la scène finale qui peut à la rigueur émouvoir les âmes sensibles et…la bande-son. Autant dès lors écouter Radio Nostalgie !

    Inédit. 1 étoile. « Stars 80, la suite ». TF1, jeudi 6 août, 21h05.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : « C’est tout pour moi », « Toni Erdmann »

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    IMG_1382.jpgNawell Madani, devant et derrière la caméra, s’inspire de son propre parcours pour mettre en scène sa découverte du monde de la danse et du stand-up à Paris après avoir quitté sa Belgique natale.

    Depuis toute petite, Lila, issue d’un milieu modeste, veut devenir danseuse contre l’avis paternel. Elle débarque à Paris pour réaliser son rêve. Elle va toutefois vite se rendre compte qu’il est difficile de passer du rêve à la réalité. Mais Lila est une femme qui a de l’ambition et qui est prête à tout pour voir son nom en haut de l’affiche et retrouver la fierté de son père.

    A l’image de la vie de son héroïne, il y a des hauts et des bas dans « C’est tout pour moi ». Ils correspondent presque exactement à l’état d’esprit de Lila : quand elle est en pleine euphorie le film est dynamique, drôle et même touchant, mais quand elle est au creux de la vague l’ennui guette.

    Et comme les hauts et les bas, avec une tendance à tirer un peu trop sur la corde sensible particulièrement dans la relation père-fille, se succèdent régulièrement, cela finit par lasser au point de se désintéresser petit à petit du destin de Lila. Pas désagréable, mais pas indispensable.

    Inédit. 2 étoiles. « C’est tout pour moi ». France 2, dimanche 26 juillet, 21h05.

    IMG_1383.jpg« Toni Erdmann » plaît par son originalité, son imprévisibilité, ses scènes qui font rire jaune, le plus souvent, ou à gorge déployée (il vaut la peine de voir le film rien que pour le brunch d’anniversaire), sa relation père-fille émouvante, son côté déjanté et loufoque (par exemple la scène de sexe ou quand l’héroïne chante, fort bien d’ailleurs, une chanson de Whitney Houston), sa critique sociale et son couple d’acteurs, à commencer par Peter Simonischek parfaitement crédible dans le rôle très complexe de Toni Erdmann.

    Beaucoup de qualités donc pour un film inclassable qui mélange comédie, satire et drame social. Pourtant, et peut-être à cause de ce mélange des genres, le film ne convainc pas totalement sur sa longueur excessive (2h42), son propos en devenant répétitif. Il n’en demeure pas moins que « Toni Erdmann » est une œuvre cinématographique qui mérite une attention particulière.

     3 étoiles. « Toni Erdmann ». ARTE, mercredi 29 juillet, 20h55. 

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran: « Mary »

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    94D0AFEE-AEE9-4B30-967C-578771DB10FD.jpegLe titre original « Gifted », (sur)douée, résume à lui tout seul le sujet du film qui raconte l’histoire de Mary, une fille de 7 ans qui a un talent hors du commun dans le domaine des mathématiques. Elle vit avec son oncle qui veut lui donner une vie la plus normale possible malgré ce don extraordinaire afin de ne pas revivre le drame qu’il a vécu quelques années auparavant. Mais c’est sans compter avec sa mère qui va faire irruption dans leur vie et tenter, au travers de sa petite-fille, de renouer avec un passé pourtant dévastateur.

    Le moins que l’on puisse écrire est que cette trame ne brille pas par son originalité, même si la question soulevée sur la place à donner aux enfants surdoués est intéressante, et qu’il n’y a pas besoin d’être un génie pour deviner ce qu’il va se passer. Heureusement, les deux interprètes principaux du film tiennent la route et sont l’incontestable point fort du film.

    C’est ainsi que Chris Evans, bien loin du personnage de « Captain America », est touchant dans le rôle de celui qui veut le meilleur pour sa nièce, mais qui doute beaucoup sur les bons choix à faire. Quant à Mckenna Grace, elle est tout simplement bluffante dans le rôle de Mary passant d’une expression à l’autre avec un formidable naturel. Grâce à son duo d’acteurs, et malgré sa faiblesse scénaristique, son côté téléfilm et quelques invraisemblances, « Mary » se laisse donc voir sans déplaisir, mais sans plus. 

    2 étoiles. « Mary». RTS 1, lundi 6 juillet, 20h50.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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  • Du grand au petit écran : « Dalida », « Jason Bourne », « Hippocrate »

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    IMG_1095.jpgLa première chose que l’on a envie d’écrire, c’est à quel point la performance de Sveva Alviti dans le rôle-titre est époustouflante. Elle ne joue pas Dalida, elle l’est. Une vraie résurrection. Le film privilégie la femme à la chanteuse, même si, bien évidemment, il y a des liens étroits entre les deux. C’est ainsi que le biopic démarre par le premier drame de sa vie d’adulte en 1967 avec le suicide de Luigi Tenco suivi de sa propre tentative de suicide deux mois plus tard.

    A partir de cet événement traumatisant, le film fait des incursions dans le passé pour mieux éclairer le présent. Un parti pris réussi qui permet également de mettre les chansons de Dalida au service de son histoire et non le contraire, comme cela aurait été le cas si le film avait eu pour ambition de retracer uniquement la remarquable carrière de Dalida. Il n’en a pas été de même dans sa vie privée où elle n’a pas trouvé la stabilité qu’elle aurait souhaitée. Cet aspect de la vie de Dalida est fort bien retracé et met en lumière les drames qui l’ont marquée à jamais jusqu’à la pousser à mettre fin à ses jours, tant la vie lui était insupportable.

    Si « Dalida » est parfois un peu pesant en raison des événements dramatiques qui ont émaillé la vie de la chanteuse, et sur deux heures ça fait beaucoup, il n’en demeure pas moins que le film est à l’image de son héroïne : flamboyant, touchant, émouvant, intelligent, divertissant, entraînant, réjouissant. On ajoutera enfin qu’il est également un régal pour l’œil, car il est soigné dans les moindres détails au niveau des décors et des costumes.

    4 étoiles. « Dalida ». RTS 2, dimanche 28 juin, 22h00.

    IMG_1096.jpgToujours traqué par la CIA, qui veut définitivement le faire taire pour éviter que ne soit révélé la manière dont cette dernière surveille tout le monde, et à la recherche d’explications sur son passé, Jason Bourne doit faire face à un méchant XXL qui n’hésite pas à tirer sur tout ce qui bouge pour arriver à ses fins.

    Collant de près à l’air du temps avec un scénario qui laisse une large place à la surveillance généralisée, ce quatrième volet de la saga Jason Bourne avec Matt Damon en met plein la vue aux amateurs de films d’action. Les poursuites sont haletantes, même si parfois un poil trop longues, et d’un niveau technique époustouflant. Filmées caméra à l’épaule, elles donnent le tournis, mais dans le bon sens du terme. Une suite donc sans grande surprise, mais qui ravira probablement la majorité des fans de Jason Bourne. Et ça ne devrait pas s’arrêter là, la fin laissant toute latitude à de nouvelles aventures.

     4 étoiles. « Jason Bourne ». RTS 1, lundi 29 juin, 22h20.

    IMG_1097.jpgComme son titre l’indique, il est question de médecine dans ce film et plus particulièrement du premier stage comme interne de Benjamin Barois (Vincent Lacoste convaincant à l’image de toute la distribution du film avec une mention spéciale pour Reda Kateb) dans le service de son père. Face à la dure réalité de la vie hospitalière, Benjamin va se trouver rapidement confronté à ses limites, à ses craintes, mais également à celles de ses patients, de leur famille et de ses collègues écrasés par de lourdes responsabilités que le manque de moyens ne fait qu’exacerber.

    On est loin d’« Urgences » (avec tout de même un petit clin d’œil au générique de la célèbre série médicale américaine), de « Grey’s anatomy » ou encore de « Docteur House », que le personnel regarde à la TV, dans « Hippocrate ». La réalité est décrite sans fioritures et c’est une véritable immersion dans le monde hospitalier auquel a le droit le spectateur pour le meilleur, le soulagement de la vieille dame dans sa douleur par exemple, et pour le pire, la couverture d’une erreur médicale due à un matériel défectueux, autre exemple. Certes, le film n’est pas parfait, tout particulièrement dans sa dernière partie où les rebondissements s’enchainent de manière cette fois peu réalistes, mais cela ne doit pas gâcher l’envie de le voir.

    3 étoiles. « Hippocrate ». FRANCE 4, mercredi 1er juillet, 21h00.

    5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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